Fusion au Pays des Olonnes : la partie de ping-pong continue

Nous l’avons annoncé dès hier soir, le Conseil municipal des Sables d’Olonne a voté à l’unanimité moins une voix la fusion à deux entre les communes des Sables d’Olonne et d’Olonne-sur-Mer*. 
Il reste au Conseil municipal d’Olonne-sur-Mer d’en faire autant, demain vendredi, pour que le processus de fusion soit effectif. Mais il se fera à deux et non à trois communes comme prévu initialement. Depuis quelques jours, on assiste à une partie de ping-pong entre les intervenants par le biais des médias et réseaux sociaux. Chronologie !

En mai-juin 2015, Didier Gallot signait un éditorial dans La Lettre des Sables d’Olonne au titre évocateur : Pourquoi la fusion ? . Puis à l’automne 2015, Yannick Moreau alors maire d’Olonne-sur-Mer démissionne de son poste – tout en restant au conseil municipal et à la présidence de la Communauté de communes – afin, dit-il, de se consacrer pleinement au projet de fusion. Un projet qui doit prendre environ deux années, ce qui explique le choix d’aboutir à une fusion au 1er janvier 2018.
Le 12 octobre 2015 a lieu la réunion dite de la dernière chance : elle conduit à une impasse. Les uns  – Olonne-sur-Mer et Les Sables d’Olonne – souhaitant fixer un calendrier impératif avec une fusion au 1er janvier 2018, tandis que Joël Mercier entend poursuivre sans précipitation, selon lui, à partir d’un projet de développement raisonné qui prendrait en compte toutes les problématiques.

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Nov-Déc : « La Lettre des Sables d’Olonne » datée nov-déc 2015, récemment parue, comprend un éditorial signé Didier Gallot qui précise : « 2016, c’est encore le lancement de la fusion avec la commune d’Olonne-sur-Mer, fusion dont la date a été fixée au 1er janvier 2018. Désormais, les agents des collectivités seront épaulés par deux cabinets spécialisés qui vont aider à la mise en place pratique de cette union. »

Puis paraissait l’ordre du jour du Conseil municipal des Sables d’Olonne du mercredi 9 décembre 2015 avec les trois points suivants à l’ordre du jour : point n°9 « Motion pour la fusion des Communes d’Olonne-sur-Mer et Les Sables d’Olonne », et points 10 et 11 « Conventions pour des missions d’assistance relatives à cette fusion. »

 

fusion_ChateauPetite fusion à deux
Le même jour, dans la Newsletter du Château d’Olonne, Joël Mercier, maire du Château d’Olonne, soutenu par tous ses adjoints et conseillers délégués – répondait à ses deux voisins par un titre très critique : « Intercommunalité – Petite fusion à deux et à grand vitesse, quel gâchis! » Prenant acte de la décision des deux autres communes, il considère que les partenaires Sablais et Olonnais « renoncent au projet d’une solide et cohérente union négociée et projetée à trois. »
Mettant en avant le fait qu’aucun candidat aux municipales n’a jamais émis l’hypothèse d’une fusion à deux, il affirme que « L’Union ne se décrète pas, elle se construit. » Il ajoute qu’il ne cesse de répéter qu’il est pour une union à trois, totale, mais « à partir d’un projet élaboré » à « soumettre à référendum courant 2018. »  Par ailleurs, Joël Mercier pose les questions suivantes: « Pourquoi cette date du 1er janvier 2018, pourquoi tout bâcler ? », estimant qu’en tant que Maire du Château d’Olonne il veut « être l’ambassadeur du projet de la Commune nouvelle auprès de la population castelonnaise à qui il reviendra, comme promis, le droit de choisir son destin. »

Avant la fin du mandat
Il ajoute que l’accord du 13 octobre 2014 n’a pas fixé une échéance au 1er janvier 2018 mais seulement « avant la fin du mandat », une fois dessiné un projet ambitieux pour le développement de l’agglomération,« sitôt le projet écrit et validé par la population », et cela après avoir regardé « les divergences et écarts à aplanir », après avoir imaginé « où seraient placées nos écoles, nos logements sociaux » et après avoir fixé « des caps en matière de fiscalité, d’urbanisme, d’investissement, etc. »

Joël Mercier ajoute : « Tout au long de cette année 2015, nos voisins ne veulent qu’une chose, la date de la fusion. L’échéance du 1er janvier 2018 est leur condition sine qua non à la poursuite de notre travail. Au contraire, (…) l’équipe municipale du Château d’Olonne demande à travailler avec ardeur à l’essentiel, au projet. Mais de projet ambitieux, négocié et partagé, nos collègues ne veulent pas entendre parler. La motion est restée lettre morte. Pas une ligne de ce projet n’est écrite à ce jour. »

Une fin de non recevoir !
Joël Mercier affirme en conclusion qu’au lendemain de l’échec du 12 octobre 2015, il considère que le choix de fusion à deux est si périlleux qu’il demande expressément à ses collègues de se raviser pour, dit-il, éviter « l’échec total d’une grande ambition. » Fin novembre, il tente à nouveau de renouer le dialogue, sans succès : il lui est opposé une fin de non recevoir.

Le soir même de la parution de cette Tribune écrite par Joël Mercier, se déroulait le Conseil municipal des Sables d’Olonne qui a donc validé le projet de fusion avec la seule commune d’Olonne-sur-Mer.

Fusion, parlons vrai !
Mais Yannick Moreau ne pouvait laisser prospérer les arguments de Joël Mercier sans répliquer. Ce qui a été fait ce matin même dans une Tribune portant le titre de « Fusion, Parlons vrai ! »

Il y rappelle que le retard pris dans le projet de fusion a déjà fait perdre 6 millions d’euros de dotations publiques aux trois communes (Note de la Publication : l’Etat a prévu des dotations pour inciter aux regroupements).
Il précise également que si la fusion à deux est désormais en cours pour la date du 1er janvier 2018, rien « n’empêche la commune du Château d’Olonne de fusionner dans 25 mois, le 1er janvier 2018, avec Les Sables d’Olonne et Olonne sur Mer, » c’est-à-dire de se rallier à la nouvelle Commune des Sables d’Olonne créée au 1er janvier 2018.
Ajoutant que ce processus n’empêche donc nullement « une consultation des habitants du Château qui reste largement souhaitable et réalisable dans les mois qui viennent. »

Plus loin, il se veut plus critique en soulignant que la logique de réunification des trois communes est freinée par « un vrai manque de volonté du maire du Château d’Olonne et de ses adjoints (….) » tout le monde ayant bien compris « que les élus du Château d’Olonne, quoi qu’ils en disent a posteriori, ont repoussé et repoussent toujours à plus tard la fusion inéluctable des 3 communes des Olonnes. »

Et pour preuve, il présente plusieurs exemples qu’il considère comme symboliques :
– les multiples décisions non concertées concernant l’acquisition d’un logiciel spécifique pour le service jeunesse, la non-acquisition d’un logiciel déjà exploité par les services techniques des Sables d’Olonne et d’Olonne-sur-Mer
– la non-concertation concernant le vote isolé de nouveaux abattements fiscaux en 2014
– la décision unilatérale d’augmenter le tarif des tickets de cantine accentuant encore les différences avec les communes voisines
– la création soudaine et non concertée d’un poste de cadre à l’office de tourisme du Château d’Olonne.

Yannick Moreau reste cependant ouvert et ne ferme pas la porte à l’arrivée du Château d’Olonne : « La fusion à 3 est inéluctable. Qu’elle se réalise en une fois au 1er janvier 2018, ou en deux temps si la ville du Château d’Olonne préfère prendre plus de temps pour réfléchir, elle se fera. (…) La municipalité du Château est libre de refuser de rejoindre la dynamique enclenchée par Les Sables et Olonne. Mais qu’elle l’assume au lieu de se plaindre des conséquences de la décision libre que le maire, sa 1ère adjointe et leur équipe ont prise librement. »

Mais Yannick Moreau précise que l’échéance doit être au 1er janvier 2018, ou alors « après les élections municipales de 2020 » comme pour mieux affirmer qu’il n’est pas question que les choix du Château d’Olonne viennent compromettre le calendrier d’une fusion prévue impérativement au 1er janvier 2018.

 

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

*Lire notre article : http://www.lereportersablais.com/les-sables-dolonne-la-fusion-a-2-communes-est-lancee/

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