Glossaire Vendée Globe
C 1 terme

Jean-François Coste (juin 1951 - juillet 2026).
Né à Paris, il habitait dans le 4ème arrondissement.
Décès à l'âge de 75 ans du skipper Jean-François Coste qui participa au 1er Vendée Globe en 1989-90


UNE : Jean-François Coste à son arrivée aux Sables-d'Olonne, le 8 mai 1990, acclamé par la foule
Skipper Jean-Francois Coste - © Photo AFP (Frank Perry 8 mai 1990)



Jean-François Coste, skipper, était passionné de voile.
Il avait navigué "sur toutes les mers du monde et sur tous les grands bateaux :
Pen Duick III, Pen Duick VI, Côte d'Or, avec Eric Tabarly, mais aussi avec Poupon, Lamazou, Gahinet, Riguidel et bien d'autres.
Né à Paris, il ne peut vivre que dans sa ville natale, à New-York ou en mer..."

(Sources : Voiles et Voiliers - 1989).


Il souhaitait participer à la course que venait de créer Philippe Jeantot : le Vendée Globe Challenge.
Coste avait fait partie des équipes d'Eric Tabarly sur Pen Duick VI, avec notamment Titouan Lamazou et Philippe Poupon dont il était devenu très proche, et comme ces derniers avient décidé de faire le Vendée Globe Challenge, il voulait lui aussi y prendre part.
La fameuse course au large, sans assistance, sans escale et en solitaire. Avec un départ et une arrivée aux Sables-d'Olonne.
Il ne manquait à Jean-François Coste pour participer à la course que....le bateau.
Coste ayant donc déjà navigué avec Eric Tabarly émit l'idée d'emprunter le Pen Duick III (une goélette de 17,45m, en aluminium dessinée par Eric Tabarly en 1967, et construite aux Ateliers de La Perrière), un bateau dont il était tombé follement amoureux. L'accord est établi en toute confiance entre les deux marins, avec un prêt d'une année en échange de sa remise en état et de travaux d'amélioration. Tabarly avait déjà prêté à d'autres marins et formateurs le Pen Duick III.
"C'était un rêve qui se réalisait, un rêve qui le tenait depuis sa première rencontre avec Pen-Duick III lors de sa mise à l'eau en 1968" (Sources : Patrick Benoiton - Magazine Bateaux)
Il ne reste plus à Coste qu'à améliorer au mieux le bateau pour le tour du monde (la goélette subit des contrôles et des modifications au chantier de Villeneuve-sur-Seine près de Paris).
Le sponsoring est déjà dans l'air ; voilà Pen Duick III transformé en "Cacharel" !
Le départ pour les 13 concurrents est donné le  à 15 h 15 par Éric Tabarly à 15h15 au lieu de 15h en raison du retard de certains concurrents, d'un coup de canon tiré de la corvette grise de la Marine nationale .


Palmarès et Classement final

Jean-François Coste n'avait pas forcément le bateau le mieux adapté à ce genre de course. Il sera cependant à l'arrivée, 7ème, alors que 6 autres skippers n'ont pas pu finir la course, essentiellement pour des raisons d'avaries (pour Guy Bernardin, c'est une rage de dents qui le fit abandonner).

#NomNom du bateauArrivé leTemps
1Titouan LamazouÉcureuil d'Aquitaine II109 j 08 h 48 min 50 s
2Loïck PeyronLada Poch110 j 1 h 18 min 6 s
3Jean-Luc Van Den Heede36.15 MET112 j 1 h 14 min 0 s
4Philippe JeantotCrédit Agricole IV113 j 23 h 47 min 47 s
5Pierre FollenfantTBS-Charente Maritime114 j 21 h 9 min 6 s
6Alain GautierGenerali Concorde132 j 13 h 1 min 48 s
7Jean-François CosteCacharel163 j 1 h 19 min 20 s

Film documentaire par Jean-François Coste : "Paroles de solitaires"

En 1995 Coste réalise un film documentaire dont le titre est Paroles de solitaires.
Le film, d'une durée de 52 mn, a été écrit et réalisé par Jean-François Coste. Il comprend les rushs des skippers inscrits aux deux premières éidtions du Vendée Globe.

(Production Ellipse documentaires (Groupe Canal+) - Co-Production : Ultramarine -
Diffusion : La Sept ARTE - Distribution : Point du Jour (PDJ) créée en 1988).

(((Depuis : PDJ a fusionné en 1997 avec Ellipse documentaires en PDJ Productions détenue par Ellipse Programme (filiale de Canal+). La distribution était assurée par Point du Jour international.
PDJ Productions qui fournissait reportages, magazines et documentaires à divers chaînes de télévision, a été radiée en 2019))).


Jean-François Coste ne participa qu'à la 1ère édition du Vendée Globe en 1989-90.
Selon plusieurs sources concordantes, il était très proche du père Michel Jaouen (décédé en 2016), un curé né à Ouessant, et qui avait mis en place des navigations en mer, parfois jusqu'aux Antilles, pour des jeunes délinquants et toxicomanes qu'il voulait sortir de leurs addictions. (Ass. Bel Espoir AJD Aumonerie de la Jeunesse délinquante, créée en 1951 avec une base nautique à l'Aber Wrac'h).
Et Jean-François Coste a ensuite suivi dans la même optique en participant à des camps d'intégration pour la jeunesse dans le centre de la France (en Sologne).
* https://www.belespoir.com/michel-jaouen.html
https://www.belespoir.com/on-parle-de-nous.html


L'arrivée aux Sables-d'Olonne le 8 mai 1990
Patrick Benoiton décrit dans un article paru dans le numéro de Juin 1990 de "Bateaux", l'arrivée de Jean-François Coste (courts extraits à titre d'informations) :
- "Une centaine de bateaux, du pneumatique au carferry, l'accompagnent pour ses derniers milles"
- "pour que le spectacle soit plus fort, il s'est légèrement détourné pour pouvoir hisser son spinnaker"
- "Jean Bousquet, (PDG de Cacharel), son sponsor, a même fait venir un groupe de tziganes pour que son arrivée soit une vraie fête".
- "A son passage, entre les jetées de l'entrée du port, c'est un tonnerre d'applaudissements, quelques 50.000 personnes sont venues pour l'accueillir, autant que pour les premiers."
- "C'était un rêve qui se réalisait, un rêve qui le tenait depuis sa première rencontre avec Pen-Duick III lors de sa mise à l'eau en 1968".
(Sources : Patrick Benoiton, Magazine Bateaux Juin 1990 - DR).


LA DÉPÊCHE DE L'AFP - 8 mai 1990

LES SABLES D OLONNE 8 aout - " J arrive un peu en retard sur Titouan " a declare le navigateur Jean-Francois Coste, a la barre de " Cacharel " , le vieux " Pen- Duick III " d Eric Tabarly, qui a pris, mardi, la 10-eme place du Vendee Globe Challenge.

Jean-Francois Coste, le dernier concurrent de cette course sans escale et en solitaire, naviguant sous spi, a franchi la ligne d arrivee a 17 h 35, apres 163 jours 2 heures et 20 minutes de course (bien 20 minutes). En effet, le depart des treize navigateurs avait ete donne a 15 h 15, mais des le lendemain, le parisien avait du faire demi-tour pour reparer son pilote automatique.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes -120.000 selon les observateurs, plus que pour Jean Luc Van den Heede, s etaient amassees sur les remblais et les deux jetees, qui encadrent le chenal, pour le saluer. Avec une brume assez dense, alors que l horizon se confond tres vite avec la mer, les spectateurs n ont decouvert qu au dernier instant, le dernier des " baroudeurs " de cette course autour du monde.

Decontracte, en bras de chemise, Coste a alors pu echanger quelques propos : " C est tres impressionant. Heureusement que je ne suis pas arrive premier. Tous les gens qui sont la ne sont pas la pour moi. En fait, ils viennent aplaudir la mer et toutes ses grandes aventures. ca m a beaucoup touche " , a-t-il ajoute d une voix calme et posee.

Au sud ouest de l ile d Yeu au petit matin, Coste a joue toute la journee a cache-cache pour " boucler " les derniers milles, a cause notamment de vents fluctuants de 2 a 6 noeuds et d une mer legerement hachee.

A 16 heures, le skipper a pu faire la jonction avec les premiers bateaux, une flotille de plusieurs dizaines d embarcations de peche et de plaisance, qui venaient a sa rencontre, a 6 ou 7 milles du port. Sur une des vedettes, les " amis " : Titouan Lamazou, Alain Gautier et Eric Lasnier de " meteo mer " qui etait le " routeur " de ces trois concurrents. S etait egalement porte a sa rencontre, M. Jean Bousquet, le maire de Nimes et sponsor du concurrent.

" Un port est fait pour accueillir des bateaux, et des bateaux pour courir la mer " . " Merci les Sables. c etait sympa " , a lance Coste de son ketch qui aura navigue 200.000 milles en 22 ans.

Notes : 8 mai 1990 - 7ème place et non 10ème.
(Le Reporter sablais, 11 juillet 2026, avec AFP)
(décès de Jean-François Coste - 9 juillet 2026, à 75 ans)

J 1 terme

Jeantot Philippe
Il est né en 1952, fut plongeur de la Comex, navigateur à la voile et chef d'entreprise, double vainqueur du BOC Challenge en 1982-1983 et 1986-1987 à bord de ses voiliers Crédit Agricole I et III, vainqueur de la Course de l'Aurore en 1985.
Mais il est surtout connu comme créateur du Vendée Globe.
Adopté par les Vendéens et ayant fait des Sables-d'Olonne son port d'attache, il se lance dans un défi gigantesque, à savoir organiser une course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
Ainsi prend vie le rêve ultime du marin qu'il a imaginé en compagnie de Bertie Reed et de Guy Bernardin.

En 1989-1990, il participe donc à la première édition du Vendée Globe Challenge qu'il a également co-organisé, et termine à la 4ème place.
Il va ensuite se consacrer entièrement à l'organisation du Vendée Globe et à son entreprise Jeantot Marine, un chantier naval installé aux Sables-d'Olonne spécialisé dans les catamarans de croisière.
Pour des raisons judiciaires, Philippe Jeantot va ensuite être contraint de céder la célèbre course autour du monde au département de la Vendée.
Sources : Archives des Sables-d'Olonne


Le Reporter sablais :
A l’actif de Philippe Jeantot un très grand nombre de premières:
– en tant que plongeur avec le record de l’opération Janus ( Comex)
– avec la première édition du BOC Challenge où il domine toute la course sur un bateau qu’il « bricolait » encore le jour du départ.
– puis ce sera le temps des catamarans géants ….. où déjà la polémique sur la longueur fait rage. La limite ayant été fixé à 18m pour l’OSTAR, Philippe Jeantot « tronçonne » l’arrière de son bateau… Ce qui entraînera un chavirage en plein Atlantique. Pour ne pas abandonner son bateau, il organise le premier retournement de bateau en pleine mer.
– et puis, en raison de son envie d’aller toujours plus loin, jusqu’au bout ses rêves, il crée le Vendée Globe Challenge en 1989, la course en solitaire sans escale et sans assistance au départ des Sables-d'Olonne. En 2024, la 10ème édition a été fêtée (la course est organisée tous les 4 ans).
Cette épopée est, dès la première édition la plus grande aventure maritime du siècle dernier et elle continue aujourd’hui a être la plus populaire !

Audiovisuel : Olivier Champeaux a réalisé en 2007, un très beau film témoignage de 52 mn sur Philippe Jeantot. Ce dernier revient sur sa vie maritime, ses courses, ses passions, la création du Vendée Globe Challenge, et sur ses rêves.
Film de Olivier Champeaux (cofondateur de Sailing News TV). Imagili / Sailing News TV.


Le Reporter sablais
Samedi 2 novembre 2024

Ce fut un moment vraiment magique durant lequel le créateur du Vendée Globe, Philippe Jeantot, s'est laissé aller à délivrer des impressions et même parfois des confidences.
Rien de secret mais les sentiments d'un très grand skipper, d'un organisateur de courses au large et aussi, à ses débuts d'un plongeur sous-marin.
Et aussi les sentiments d'un homme, tout simplement, qui a connu une vie de rêve parfois marquée par des moments douloureux.
Philippe Jeantot n'était pas revenu aux Sables-d'Olonne depuis 2003, 21 ans.
Il s'est dit ému, on l'a senti heureux, en fait c'est bien plus que cela, il est métamorphosé depuis l'invitation qui lui a été faite par le maire des Sables-d'Olonne.
Il s'est rendu compte que beaucoup pensaient encore à lui, l'aimaient même, il a compris qu'il n'était pas du tout tombé dans l'oubli, en tout cas aux Sables-d'Olonne. Il ne s'y attendait pas.
C'est, dit-il, le contenu de la lettre du maire qui l'a bouleversé car, pour la première fois depuis longtemps, il a ressenti un sentiment sincère.
Sans doute a-t-il parcouru des chemins tortueux, mais toujours est-il qu'il est le créateur du Vendée Globe et qu'à ce titre il a participé à la notoriété de la Ville des Sables-d'Olonne.
C'est pour cela, et uniquement pour cela, que le maire a souhaité rendre hommage à Philippe Jeantot.
Un quai porte désormais son nom à Port-Olona.
Une reconnaissance pour ce skipper au joli palmarès, un hommage à l'organisateur du Vendée Globe.
Philippe Jeantot l'a dit à plusieurs reprises ; il n'était pas prévu qu'il devienne organisateur de courses.
C'est à la suite d'un pari entre trois amis, autour d'une bière, à Sydney, qu'il a décidé en 1987 d'organiser le premier Vendée Globe de 1989, un peu sous la pression de nombreux skippers de l'époque.
Il l'organisa aussi car il avait envie de participer à une course autour du monde sans escales. D'ailleurs, il porta alors une double casquette en participant à la première course tout en étant organisateur !
Les échanges avec lui, en début de matinée furent passionnants, magiques.
La fièvre continua à 11h lors de l'inauguration du quai qui porte désormais son nom, à laquelle participèrent d'anciens skippers, d'anciens préparateurs, des passionnés de l'époque aussi. Rencontres, anecdotes, sourires ont émaillé cette inauguration.
Il y avait du monde mais pas la grande foule ; qu'importe, les meilleurs étaient là et Philippe Jeantot était aux anges. C'est bien là l'essentiel.
Malgré un visage encore marqué par les séquelles de son accident de parapente en 2004, Philippe Jeantot avait ce matin les traits d'un visage doux et rayonnant.
Ce n'était pas dû à l'air de la mer, mais bien au soutien et à la reconnaissance des Sablais.


Questions-Réponses Philippe Jeantot
Recueilli par Le Reporter sablais le 2 novembre 2024
- Je ne suis pas revenu aux Sables-d'Olonne depuis 2003, cela fait 21 ans.
Ça a beaucoup changé ; et quand on voit tous ces bateaux (Imoca) au ponton, c'est impresionnant ; je suis très surpris.
- En 2003, j'avais envie de tourner la page, de démarrer une nouvelle vie.
J'ai cherché un pays où vivre avec mon bateau, dans des conditions favorables, en vivant à l'année sur mon bateau. Et il n'y a pas beaucoup d'endroits possibles. Je voulais éviter les cyclones ou les tornades. Aux Antilles, c'est impossible pendant 3 ou 4 mois dans l'année où on peut craindre un cyclone qui briserait le bateau. Je suis donc en Thaïlande, c'est une nouvelle vie.
- Je vis simplement : la mer, le bateau, les plongées, les copains. Je suis parfaitement heureux.
- L'impression d'être oublié ? : Ce n'est pas important. Ce que j'ai fais - la création du Vendée Globe - je l'ai fais pour moi, en fait. J'ai créé le Vendée Globe pour y participer ! C'est malgré moi que je l'ai organisé et que j'ai continué à l'organiser.
- Non, je n'ai pas de regrets. Aujourd'hui, je n'aurais pas aimé être organisateur ; ce n'était pas mon métier. A l'époque, cela n'avait pas la même grandeur. J'ai été l'organisateur durant 4 éditions, et après j'ai tourné la page.
- Au début, ce n'était pas une (course du type du) Vendée Globe qui était prévu ; c'était un défi entre 3 copains qui s'étaient promis de faire un tour du monde en solitaire et sans escales, un peu dans l'esprit de Moitessier.
- Mais il n'y avait pas d'argent, pas de médias, pas d'organisation. Ensuite l'idée a germé, et plein de coureurs (skippers) ont voulu se greffer sur le projet. Au début, j'ai dit non et puis après j'ai fini par dire oui.
De 3 copains, on s'est retrouvé à 13 concurrents. Et là, je suis devenu organisateur malgré moi car on m'avait dit que si cette course partait de France, il faudrait (obligatoirement) de la sécurité, un PC Course etc...
- Mais avec quel argent ? Il n'y en avait pas. J'étais copain avec le maire des Sables-d'Olonne d'alors, Louis Guédon. Je savais qu'il allait nous accueillir sur les pontons pendant plusieurs mois gratuitement. J'avais donc dit aux copains : on se retrouve aux Sables-d'Olonne.
- Mais il n'y avait rien. Il a donc fallu que je cherche des sponsors pour financer l'opération. J'étais coureur, je construisais mon bateau, et je suis aussi devenu organisateur. J'y ai passé énormément de temps. Et c'est ça qui m'a handicapé dans ce 1er Vendée Globe car je n'ai pas pu m'entraîner et préparer mon bateau comme j'aurais voulu le faire. Je passais beaucoup de temps à Paris pour trouver des sponsors afin de pouvoir financer ce que l'on me demandait : PC Course, personnel au PC, balises Argos, communications etc... Tout cela n'était pas prévu au départ !
- Et pour ce départ (1989), on partait dans l'inconnu. Les 13 marins qui sont partis étaient cependant des marins très expérimentés qui avaient déjà fait des tours du monde en solitaire ou en équipage, sur des bateaux qui à l'époque étaient révolutionnaires. Mais aujourd'hui (en comparaison avec les Imoca actuels), ils paraissent comme des "reliques". L'évolution en 20 ou 30 ans est extraordinaire ! On est passé de 250 milles par jour à 500 milles ; la vitesse a doublé en l'espace de 30 ans !
- Tous les 4 ans, j'avais un oeil sur le Vendée Globe mais là où j'habite, il n'y a pas la couverture médiatique qu'il y a en France. Je ne regarde pas la télévision, je n'écoute pas la radio. Les journaux sont écrits en Thaï que je n'arrive pas à lire. J'avais quelques infos mais je n'ai pas suivi au quotidien.
- Les nouveaux Imoca ? : Je n'ai pas navigué dessus mais d'après ce que je sais, c'est très violent ; les skippers sont sanglés et portent des casques.
A mon époque, on était loin de ça. Nous, on passait plus de temps à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'habitacle !
- Evolution technologique : C'est l'ordre des choses, dans la vie on modifie, on fait des progrès, on découvre certaines choses, on apprend du passé ; donc ça va plus vite, ça va plus loin, ça va plus haut...
- Vous connaissez les skippers de cette édition ? Certains sont très jeunes : Non c'est vrai je ne les connais pas, uniquement Jean Le Cam. Je suis content pour eux, ils vont vivre une expérience extraordinaire même si les conditions ont changé, même si les bateaux sont devenus beaucoup plus violents, brutaux.
Jean Le Cam a fait des choix autres que ceux d'autres skippers, il n'est pas parti sur le choix de mettre des foils pour son bateau ; on verra à l'arrivée...
- Quel message voulez vous transmettre aux 40 skippers ? : Qu'ils franchissent la ligne d'arrivée ! En tant que coureur, organisateur pour le 1er Vendée Globe lorsqu'on est parti les bateaux accompagnateurs nous ont suivi pendant 5 ou 10 milles au large et ont fait demi-tour. Ce jour-là, il y avait un vent d'Est glacial. On me l'a dit après, il y avait un silence de mort lors du départ et tous les gens se disaient : "Combien vont revenir?". Pour eux, on partait au suicide, cette course n'avait jamais été faite (NDLR : sans escales) ; il y avait 13 concurrents au départ, et les gens disaient : "Est-ce qu'il y en a au moins un qui va revenir?".
- Votre retour aux Sables ? : C'est de l'émotion, ça me fait très plaisir. Je suis très ému et heureux. je remercie monsieur le maire qui a pris cette initiative.
- Toutes les histoires en Vendée, elles sont oubliées maintenant ? (NDLR : contentieux au sein du Vendée Globe en 2023) : Oui, c'est oublié, j'ai la mémoire courte, ce qui s'est passé il y a 20 ans... il est passé beaucoup d'eau sous les ponts depuis et j'ai oublié ! On parle d'autres choses, aujourd'hui on parle des 40 bateaux qui sont là, qui vont partir faire le Vendée Globe.
- Y a-t-il un skipper que vous aimeriez voir remporter le Vendée Globe ? : Je ne les connais pas (NDLR : à part Jean Le Cam qu'il connaît). Ah Jean Le Cam évidemment ; après 6 Vendée Globe s'il finissait premier ce serait une consécration. Jean Le Cam, je l'ai eu comme équipier sur "Crédit Agricole II". je le connais bien, je l'ai connu de près, un mec que j'ai apprécié. Effectivement, si lui gagnait le Vendée Globe ce serait pour lui extraordinaire.
- Victoire : Avec l'argent qui est en cause, la victoire devient un objectif. Quand on faisait le BOC Challenge, Robin Knox-Johnston disait : "Tous les skippers qui passent la ligne d'arrivée sont des vainqueurs", et moi c'est ce que je pense !
- 3 étapes : Une course comme le Vendée Globe, il y a trois étapes, même si c'est une course sans escales :
* 1)  - Amener un bateau sur la ligne de départ ; beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce que ça représente : trouver un sponsor, construire un bateau, le mettre au point, le règler. C'est déjà une première victoire.
* 2) - Ensuite, faire le tour du monde, franchir la ligne d'arrivée : 2ème victoire. Pour tous les concurrents, du 1er au dernier !
* 3) - Evidemment, arriver en 1er c'est la cerise sur le gâteau. Il n'y en a qu'un de premier, mais tous les autres ont quand même gagné les deux autres étapes : amener un bateau et terminer la course. C'est quand même (déjà) pas mal !



L 1 terme

Titouan Lamazou (né Antoine Lamazou)
Il est né le 11 juillet 1955 à Casablanca (Maroc), dans une famille d’origine béarnaise, près de Pau.

Son père, ingénieur et exerçant dans le secteur pétrolier, souvent à l’étranger.
Titouan suivra ses études aux Collège et Lycée de Pau. Après un passage aux Beaux-Arts de Luminy à Marseille de 1971 à 1974 (avec le peintre et navigateur Yvon Le Corre), puis aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence, Titouan se met à voyager dès l’âge de 20 ans, comme équipier sur des bateaux, au milieu des années 1970.
Il sera pendant deux ans l’équipier d’Eric Tabarly sur Pen Duick VI, et naviguera autour du monde avec lui. Pendant six mois ils navigueront par étapes entre Los Angeles et Auckland, dont des étapes sur des îles de Polynésie, ce qui influencera à jamais Titouan puisqu’il ira y habiter.
Eric Tabarly sollicitera Titouan Lamazou pour l’illustration du Guide de la manoeuvre qu'il rédigeait. Puis, en 1978, ce seront les carnets « Les Goélettes d’Amérique ». Titouan poursuit avec la réalisation de nombreux « Carnets de voyage ».
En 1982, ce sera « Sous les toits de verre » et « Un hiver berbère », ouvrages illustrés montrant la vie berbère et les habitations, à la suite d’un voyage dans l’Atlas marocain avec sa compagne Karin Huet. En 1983, naît leur fille Zoé.

1986 voit un retour à la navigation de Titouan Lamazou avec le bateau « Ecureuil d’Aquitaine ». Il participe à toutes les épreuves du circuit international des courses au large : le BOC Challenge, la Québec-Saint-Malo, la C-Star, etc.
En 1990, il remporte sur « Écureuil d'Aquitaine II » la première édition du Vendée Globe, puis la Route du Rhum la même année.
Titouan est sacré Champion du Monde de course au large pour la période 1986-1990.
En 1991, il fonde, avec Florence Arthaud, le Trophée Jules-Verne, première course sans limite de taille pour les navires, et lance la construction de Tag Heuer, le plus grand monocoque de course jamais réalisé en matériaux composites.
La goélette de 43,60 mètres de long subit des dégâts importants lors de sa première sortie, le 27 mars 1993.
Elle ne participera jamais à une course et ce projet sera le dernier de la carrière de navigateur de Titouan.

À partir de 1996, Titouan se consacre entièrement à l'écriture et à la peinture.
Il réalise de beaux portraits de femmes avec « Femmes du Monde ».
En février 2000, il a un fils prénommé Loup, né de son union avec l'actrice-réalisatrice Géraldine Danon.

En octobre 2021, il publie un livre avec sa fille Zoé intitulé « Escales en Polynésie ».
En 2024, Titouan Lamazou est revenu aux Sables-d’Olonne à l’occasion de la 10ème édition du Vendée Globe (1ère édition en 1989 mais la course n’a lieu que tous les 4 ans). Une exposition de ses dernières oeuvres a eu lieu au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix sous le nom de « Titouan Lamazou / Sous les Etoiles ».
Sources Wikipedia + Le Reporter sablais

V 2 termes

Vendée Arctique Les Sables-d'Olonne
Il s'agit d'une course au large en "solitaire, sans escale et sans assistance" sur bateau monocoque IMOCA (60 pieds).
Le départ et l'arrivée se font aux Sables-d'Olonne (Vendée).
L'édition 2020 fut organisée par la classe Imoca le 4 juillet 2020, comme une course qualificative, pour remplacer The Transat (prévue en mai 2020) et la New-York-Vendée-Les Sables-d'Olonne (prévue en juin 2020) qui n'avaient pu être organisée en raison du Covid (confinement di 17 mars au 10 mai 2020).
La Vendée Arctique est désormais organisée depuis 2022 par la SAEM Vendée, un organisme qui dépend du département de la Vendée.
La Course Vendée Arctique est la première des cinq courses qualificatives pour la sélection au Vendée Globe 2028 ; les candidats au VG 2028 doivent terminer une des cinq courses (sans dépasser le double du temps effectué par le vainqueur) ; les sélections dépendent ensuite du classement dans la classe Imoca sur la période 2024-2028 (18 courses).


La 1ère édition (20 concurrents) s'est déroulée en 2020 avec un départ le 4 juillet à 15h30 - soit peu de temps avant le départ du Vendée Globe en novembre 2020 - et le vainqueur fut Jérémie Beyou sur Charal, en 10 jours 5 heures 14 minutes 8 secondes.
Skippers : Fabrice Amedeo, Yannick Bestaven, Jérémie Beyou, Arnaud Boissières, Manuel Cousin, Clarisse Cremer, Charlie Dalin, Samantha Davies, Kevin Escoffier, Clément Giraud, Boris Hermann, Isabelle Joschke, Miranda Merron, Giancarlo Pedote, Thomas Ruyant, Damien Seguin, Kojiro Shiraishi, Sébastien Simon, Maxime Sorel, Armel Tripon.


La 2ème édition (25 concurrents), avec un départ le 12 mai 2022 à 17h00, fut remportée par Charlie Dalin sur Apivia en 4 jours 9 heures 20 minutes et 26 secondes (parcours réduit en raison de la météo).
Elle se déroule désormais 2 ans avant le Vendée Globe, la première organisation en 2020 ayant été jugée trop proche du départ du Vendée Globe, 4 mois avant le départ du Vendée Globe, à une période où les skippers sont très occupés par leurs préparatifs.
Cette deuxième édition a été fortement altérée par une météo dégradée empêchant le passage à l'Est de l'Islande.
Le parcours de 3500 milles est ramené à 1250 milles.
Skippers (dans l'ordre d'arrivée): Charlie Dalin, Jérémie Beyou, Thomas Ruyant, Benjamin Ferré, Louis Burton, Guirec Soudée, Alan Roura, Louis Duc, Damien Seguin, Nicolas Lunven, Banjamin Dutreux, Giancarlo Pedote, Pip Hare, Eric Bellion, Sébastien Marsset, Antoine Cornic, Romain Attanasio, Conrad Colman, Fabrice Amedeo, Kojiro Shiraishi (Abandons : Szabolcs Weöres, Isabelle Joschke, Denis Van Weynbergh, Arnaud Boissières, Manuel Cousin).


La 3ème édition (9 concurrents) fut lancée le dimanche 7 juin 2026. à 13h02. En 2020 et 2022 le parcours était imposé; désormais le franchissement de la ligne du Cercle polaire s'effectuant où le souhaite latéralement le skipper (contre 62° N - 25° O lors de la 1ère édition).
Les 9 skippers : Ambrogio Beccaria, Arnaud Boissières, Elodie Bonafous, Francesca Clapcich, Manuel Cousin, Violette Dorange, Nicolas d'Estais, Sam Goodchild, Corentin Horeau (8 bateaux à foils et 1 à dérives droites, celui de Nicolas d'Estais surnommé "Café Joyeux").
Le podium de l'édition 2026 est le suivant :
- Ambrogio Beccaria. Imoca : Allagrande Mapei - Temps de course : 8j 14h 05min 50s
- Sam Goodchild. Imoca : MACIF - Temps de course : 8 jours, 15 heures, 20 minutes et 53 secondes / Écart au premier : 1 heure, 15 minutes et 03 secondes

- Violette Dorange. Imoca : Initiatives Coeur - Temps de course : 8 jours, 16 heures, 21 minutes et 53 secondes / Écart au premier : 2 heures, 16 minutes et 3 secondes.


 

Vendée Globe
C'est une course au large à la voile autour du monde dont le départ et l’arrivée s’effectuent aux Sables-d’Olonne (Vendée). Elle a lieu tous les 4 ans, avec un départ un dimanche de novembre, à 13h02 très précisément.
Lors de sa création par Philippe Jeantot en 1989, elle portait alors le nom de Vendée Globe Challenge.
La 1ère édition a vu la participation de 13 skippers ; le vainqueur fut Titouan Lamazou.
La 10ème édition a eu lieu en 2024 avec 40 skippers.
Le record de vitesse est détenu par le vainqueur de 2024, Charlie Dalin, sur l’Imoca « Macif santé prévoyance », en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes.
Le nombre de participants ne dépasse plus le chiffre de 40, comme désormais prévu au règlement, notamment pour des raisons techniques - emplacements - de gestion et de suivi par la direction de course.
Elle est effectuée en solitaire, sans escale et sans assistance sur des voiliers monocoques de la classe IMOCA (60 pieds).
Assistance : des contacts radios sont désormais possibles avec l’équipe technique (à terre) du skipper en cas d’avarie, et selon les règles du Réglement de la course.
Des règles ont été établies et élargies afin d’apporter le maximum de sécurité aux skippers durant une course réputée difficile au point d’être surnommée « l’Everest des Mers » ; par exemple, les skippers devant faire le tour de l’Antarctique, il est désormais prévu une ligne mouvante à ne pas franchir afin d'éviter une proximité dangereuse avec des icebergs.
Le Vendée Globe a une renommée incroyable et, Français comme étrangers, accourent aux Sables-d’Olonne à chque édition durant le Village qui précède la course.
L'organisation permet de se promener librement sur le ponton du Vendée Globe et d'apercevoir les skippers sur leur Imoca ou de les écouter lors de conférences ou dédicaces.
La passion pour la course au large est soutenue et le Vendée Globe contribue fortement à maintenir le rêve du navigateur tel que l’a décrit Bernard Moitessier dans « Le Long chemin ».

 


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