. Vendée - Hommage des Poilus à Clemenceau décédé le 24 novembre 1929 Georges Clemenceau est décédé le 24 novembre 1929, un dimanche à 1h45 du matin, à son domicile parisien de la rue Franklin, au RDC. Le soir même il fut transporté à Mouchamps où il fut inhumé le lundi après-midi. Le Journal La Croix du 25 novembre 1929 nous apprend qu'à l'heure des obsèques, les canons ont tonné dans toute la France. Auparavant, tous les drapeaux des édifices publics furent mis en berne. La séance de la Chambre a été levée après les éloges funèbres prononcées par Fernand Bouisson et par André Tardieu. Georges Clemenceau avait fait savoir qu'il ne souhaitait pas d'obséques nationales. Il rédigea son testament le 28 mai 1929: "Ceci est mon testament : - Je veux être enterré au Colombier à côté de mon père. Mon corps sera conduit de la maison mortuaire au lieu d’inhumation sans aucun cortège. Aucune ablation ne sera pratiquée. Ni manifestation, ni invitation, ni cérémonie. - Autour de ma fosse, rien qu’une grille de fer, sans nom, comme pour mon père. Dans mon cercueil, je veux qu’on place ma canne à pomme de fer qui est de ma jeunesse, et le petit coffret recouvert de peau de chèvre qui se trouve au coin de l’étage supérieur de mon armoire à glace. On y laissera le petit livre qui y fut déposé par la main de ma chère maman. - Enfin, on y joindra deux bouquets de fleurs desséchées qui sont sur la cheminée de ma chambre qui donne accès dans le jardin. On mettra le petit bouquet dans l’obus qui contient le grand, et le tout sera déposé à côté de moi." Ph. B-L . Petite plongée dans les archives vendéennes et sablaises. Le Journal des Sables, daté du vendredi 6 décembre 1929, titre sur l' "Hommage des Poilus à Clemenceau." On y apprend que le dimanche précédent "les Anciens Combattants ont rendu magnifiquement hommage à la mémoire de Georges Clemenceau" célébrant l'artisan de la Victoire, celui qui jamais ne désespéra tandis que les Poilus tenaient au front. En prenant le pouvoir, le "Tigre" montra que puisque "l'avant" pratiquait le devoir national, alors "l'arrière" pouvait en faire autant. Clemenceau était connu pour avoir des manières rudes - ses détracteurs parlant même de façons de faire d'un dictateur.... -: en prenant le pouvoir, il imposa "silence aux défaitistes, en incarcérant les traîtres de l'Intérieur." La manifestation d'Hommage eut lieu à l'Arc de Triomphe: "(...) Des Champs-Elysées à l'Etoile, la garnison de Paris fit le double cordon d'honneur encercla de bleu horizon la place magnifique au centre de laquelle les pouvoirs publics assemblèrent leurs plus hauts représentants. (...) Les Anciens Combattants, au nombre de trente mille - "un fleuve humain de cinq kilomètres sur huit rangs" - passèrent une seconde fois sous l'arche sacrée, en mémoire de celui qui seconda infatigablement leur effort." "La ville des Sables a été représentée à cette émouvante cérémonie du souvenir par quelques-uns de nos concitoyens" précise le journaliste du Journal des Sables, ajoutant que "nombreux sont les Sablais et Chaumois qui combattirent dans les meilleurs régiments d'attaque." Les Vendéens sont venus à Paris rendre hommage à Georges Clemenceau, "un homme de chez eux, enfant de cette terre de Vendée, où les hommes ont un amour profond de leur pays et sont prêts à tous les sacrifices, même à l'ultime pour le sauver." Les Anciens prisonniers de guerre Vendéens étaient représentés par leur président, Richard. . Hommage des Vendéens à Mouchamps "Gars du bocage et du marais, tous étaient là; glorieux rescapés de la plus grande des guerres, accourant des villes et des campagnes, ils venaient, répondant à l'élan de leur coeur généreux, en un pieux pèlerinage rendre hommage à celui, qui, par sa ténacité et son amour de la patrie, leur permettait de respirer librement l'air du pays natal" raconte avec emphase le journaliste. . A droite des deux tombes, jumelles, un cèdre de l'Atlas, planté par le père de Georges Clemenceau en 1848. Puis, le lecteur a droit à la chronologie des événements: - "A 13h30, le cortège automobile se forma rapidement et se rendit à la Mancelière." De toutes les directions affluaient les anciens combattants, les mutilés, les Officiers de réserve du XI° corps, représentant l'Union nationale. Quarante sections étaient présentes avec deux mille membres. Mais, par suite de l'état des chemins, il fallut mettre pied à terre, pour un cortège avec drapeau en tête. Des paysans disséminés sur le parcours se découvraient religieusement devant le cortège! - C'est à 14h qu'eut lieu l'arrivée sur la tombe. "Porte-drapeau et officiers en tenue entourent la stèle, alors que la foule se groupe dans l'enclos. Le Colonel Gomart, Président de l'UNC de Vendée commande: "Ouvrez le ban! - au drapeau! - une minute de silence ! - fermez le ban!" "Pas de discours" précise le rédacteur "mais un recueillement général, une minute poignante entre toutes, empreinte d'une tristesse infinie, un hommage muet d'une portée sans nom." . Clemenceau souhaitait, selon son testament, être enterré "sans manifestation, ni invitation, ni cérémonie". La stèle de Minerve, réalisée par le sculpteur Sicard et installée par Clemenceau, domine deux tombes, celle de Clemenceau et celle de son père, tous deux enterrés dans le Bois du Colombier, à Mouchamps. (...) "A l'issue de la cérémonie, une gerbe fut déposée au nom de l'Union nationale des Officiers de Réserve par le Commandant Burgelin, Président de la Fédération du XI° corps. (...) Le retour s'effectua par Rochetrejoux et tous vinrent se grouper autour du monument aux morts de Mouchamps où une silence fut observée." Le Général de Gaulle vient se recueillir en 1946 Plus tard viendront se recueillir sur la tombe : - le général de Gaulle, en 1946, qui fit référence à Clemenceau au micro de la BBC: "il ne pourra y dormir tranquille qu'après la victoire" - les présidents Vincent Auriol (1951), Édouard Herriot (1955) et François Mitterrand (1987) . . Philippe Brossard-Lotz Le Reporter sablais (Sources: Le Journal des Sables)