Ce n'est pas la première fois que Yannick Moreau prend des décisions radicales. Il y a quelques années, il avait déjà annoncé qu'il souhaitait aller dans le privé, c'est-à-dire quitter ses fonctions publiques pour vivre autre chose.Il a beau avoir la peau tannée, Yannick Moreau est un homme comme les autres, subissant le poids des fonctions, des attaques ou tout simplement la frustration de subir les choses. Prenons l'exemple de son mandat de député que l'on aurait pu imaginer comme gratifiant et passionnant. Et pourtant, malgré l'intérêt des dépôts de proposition de loi, des question écrites, ce mandat lorsqu'on est dans le camp de l'opposition peut développer une frustration dont l'origine est le sentiment de ne pas pouvoir agir sur le cours des événements. Les attaques, qui n'en subit pas ? Mais, au bout de 17 ans de mandat depuis la mairie d'Olonne, on peut imaginer que la coupe est pleine. L'épisode de la fusion à trois, qui s'est accompagné d'une guerre quasi-permanente avec d'autres camps municipaux, n'a pas été un long fleuve tranquille... Malgré cela, Yannick Moreau semblait à chaque fois rebondir. Bien qu'elle fut envisagée de longue date, son élection à la tête de l'ANEL Ass. des Elus des littoraux sembla inconséquente tant il était déjà très pris par ses mandats de maire et de président de l'Agglo. Sa passion pour la mer, sa volonté de défendre la pêche, ses liens avec d'autres élus du littoral ne suffisaient pas à expliquer cette décision. D'aucuns y voyaient déjà un strapontin pour un futur maroquin de la Mer. Mais les prétendants sur le littoral sont nombreux. D'autres, dont nous sommes, le voyaient plutôt s'approcher de candidats à la future présidentielle dont il partageait les idées. David Lisnard était de ceux-là. Quelles que soient ses décisions d'aujourd'hui, nous restons convaincus que toute proposition au sein de ce courant serait sérieusement étudiée par Yannick Moreau. Mais, à ce jour, Yannick Moreau - après avoir transmis les responsabilités de maire et président d'Agglo - n'envisage qu'une vie privée après sa vie publique. Ce projet de vie privée met donc d'office au rencart toute activité politique.... Démission d'un maire La démission est considérée comme un empêchement ; la suppléance est alors assurée par un des adjoints, dans leur ordre de nomination, donc a priori par le 1er adjoint s'il n'est pas lui-même aussi démissionnaire. Aux Sables-d'Olonne, pour la mairie, il s'agit d'Armel Pécheul. Et pour l'Agglo, le 1er Vice-président qui est Albert Bouard. Ces derniers possédent alors la plénitudes des fonctions. Le maire démissionnaire ne peut pas désigner l'élu qui va le remplacer. La nomination doit se faire dans l'ordre des nominations : 1er adjoint, 1er Vice-Président etc... La démission doit cependant être acceptée par le Préfet, qui est en droit de la refuser. C'est, non pas la date de démission, mais la date d'acceptation par le Préfet qui détermine l'entrée en vigueur de la démission. Sans réponse du Préfet dans les deux mois, le refus est implicite (allant de soi, convenu) sans même que le Préfet ait besoin de motiver sa décision. Si la démission est acceptée par le Préfet, elle est irrévocable. Le Maire peut démissionner de son seul mandat de maire, il reste alors conseiller municipal ; ou il peut se démettre des deux mandats à la fois. En cas de nouvelle demande de démission en lettre recommandée après un refus du Préfet, celle-ci devient effective un mois après le nouvel envoi. Le Conseil doit se réunir dans les 15 jours suivant la démission afin de procéder à l'élection du nouveau maire et des adjoints. En effet, la démission du maire entraîne de fait celle des adjoints. Il ne s'agit donc pas d'une nouvelle élection auprès des électeurs, mais d'une élection interne durant laquelle sont élus le nouveau maire et de nouveaux adjojnts parmi les conseillers municipaux actuels. Maires et élus : des démissions nombreuses Nous ne dirons pas que la décision est étonnante. On le sait, de plus en plus d'élus et surtout de maires, démissionnent, éreintés par les contraintes, les difficultés de l'exercice du mandat. Pourtant, malgré cela, il n'y a pas si longtemps Yannick Moreau semblait envisager sereinement une candidature aux prochaines élections municipales. Nous ne disons pas ici qu'il l'a annoncé officiellement, mais cela paraissait une évidence au regard de ses propos. Alors, qu'est-ce qui a bien pu changer la donne ? En si peu de temps ! Nous ne voyons qu'une chose. Si l'on prend les causes personnelles des démissions des maires - mais aussi des autres élus - on retient que le mandat empiète souvent sur la vie personnelle, mais il y a aussi souvent les incivilités et les violences avec parfois des répercussions sur un entourage familial pouvant se retrouver lui aussi victime. Or, il y a peu, Yannick Moreau annonçait qu'il avait été à nouveau victime d'une menace de mort. Cela s'était passé le 26 avril 2024, sur une boîte mail, puis à nouveau, récemment, par courrier. Au cours des quatre dernières années, disait Yannick Moreau, j’ai été victime de 10 faits d’injure, diffamation ou menaces dont 2 menaces de mort. Le maire dénonçait alors "la violence inacceptable du débat politique dans notre pays. (...). C’est inacceptable. J’ai beau avoir de l’expérience je ne m’y habitue pas. La violence et l’intimidation de dépositaires de l’autorité publique n’ont pas leur place dans notre pays. Cela ne peut plus durer !" Cette deuxième menace de mort a-t-elle été le déclencheur de la décision subite prise par Yannick Moreau, fatigué, usé, par l'inacceptable comportement de certains. A-t-il ainsi voulu protéger ses proches des tourments que peuvent engendrer ces comportements ? En tout cas, il a décidé de prendre du champ, de s'éloigner d'une vie publique, certes attrayante et passionnante, mais qui met certainement à mal sa vie de famille. Philippe Brossard-Lotz Le Reporter sablais lereportersablais@gmail.com