Les Sables-d'Olonne. Le coût réel de l'organisation du Vendée Globe pour le département de la Vendée Extraits du rapport de la Cour Régionale des Comptes (...) Des dépenses de communication qui sont significativement plus élevées que celles des autres départements La Vendée est le 6ème département qui consacre le plus de dépenses en matière de communication (Source : retraitement des comptes de gestion, fonction 022 et 023, hors Paris) sur la période 2019-2024 : 30 M€ soit trois fois plus que la moyenne des départements (hors Paris et Outre-Mer) (Source : ofgl). Rapporté en euros par habitants, le département est même le 2ème : 42,66 € par habitant contre 17,45 € en moyenne (hors Paris et outre-mer). Le tiers de ce budget est affecté à la SEM Vendée Images, société gestionnaire de TV Vendée, télévision locale, soit un montant annuel de 1,6 M€. Selon les comptes 2021/2022 de la société, la subvention départementale représente 68 % des produits enregistrés (En 2023, 75 % des produits de la SEM proviennent de collectivités : le département, la région, etc.) Le département souligne que le financement d’une télévision locale est « une spécificité vendéenne ». Même en retraitant cette dépense, le budget communication reste deux fois supérieur à la moyenne des départements (hors Paris et Outre-mer). La stratégie de communication telle qu’exposée à la chambre s’articule autour de deux impératifs : assurer la communication des services et aides que le département apporte aux vendéens (actions sociales, routes, préservation de l’environnement, etc.) et assurer la promotion de sa politique sportive et culturelle. Le département déploie une politique active de communication qui s’appuie sur le journal départemental (11 parutions annuelles auxquelles s’ajoutent quatre suppléments), le site internet et les réseaux sociaux. 5.4.2 Les frais de manifestation et de représentation sont en forte augmentation Les frais de manifestation et de représentation sont en nette augmentation sur la période passant de 2,96 M€ en 2019 à 4,8 M€ en 2024. 20 % des dépenses relèvent de dépenses de communication. Ces frais comprennent les « fêtes et cérémonies » nationales ou locales, événements publics que la collectivité organise ou auxquels elle participe (compte 6232), les « foires et expositions » au cours desquels la collectivité est représentée (compte 6233), tout événement constitutif de « réceptions » organisé par la collectivité (compte 6234) et les repas de travail ou frais « divers » justifiés par un intérêt local, non rattachables à l’un des événements précédents et réglés directement à un prestataire (compte 6238). Globalement, les dépenses ont augmenté de plus de 60 % sur la période contrôlée. Cette forte augmentation est principalement liée au Vendée Globe, d’une part avec la participation à la SEM Vendée, organisatrice de la course au large, et d’autre part avec les fêtes et cérémonies que cet événement génère. L’année 2024 a particulièrement été riche en événements avec l’organisation des Floralies, le passage de la Flamme Olympique et le Vendée Globe. Par ailleurs, les dépenses liées au marché de communication passé avec la SA Vendée cyclisme qui gère les intérêts sportifs d’une équipe cycliste professionnelle a augmenté, passant de 800 000 € de dépenses annuelles de 2019 à 2022, à 900 000 € en 2023, puis 1 000 000 € en 2024. Selon le département, l’augmentation des dépenses s’explique par l’augmentation de la taille du logo du département sur les maillots des cyclistes. 5.4.3 Les dépenses liées au Vendée Globe : 19 M€ sur la période 2019-2024 Le département développe une politique de grands événements dans l’objectif de faire connaître son territoire et de susciter des retombées économiques. L’organisation tous les quatre ans de la course nautique Vendée Globe par la SEM Vendée, présidée par ailleurs par le président du département, s’avère très coûteuse pour les finances départementales. Ainsi, l’édition 2020-2021 a coûté 8,4 M€ au département et la suivante en 2024-2025 10,7 M€. L’augmentation des coûts s’explique en partie par la crise sanitaire qui a notamment contraint les temps officiels. Au total sur la période sous contrôle, l’événement aura coûté plus de 19 M€ au département, dont 57 % (10,9 M€) versés à la SEM (Les versements à la SEM ont été imputés en compte 6238 jusqu’en 2023 puis en 6288 à cette date). Le périmètre du Vendée Globe s’est étoffé et ces dépenses prennent en compte, notamment en 2020 et 2024, des versements à la SEM pour l’organisation de la New-York Vendée – Les Sables d’Olonne soit l’organisation de deux courses (Vendée Globe et New-York Vendée). Selon le département, l’édition 2024-2025 a atteint un record de fréquentation avec 2,5 millions de visiteurs accueillis aux Sables d’Olonne. Les touristes du Vendée Globe ont représenté un tiers des nuitées enregistrées en Vendée entre octobre 2024 et février 2025. Toujours selon le département, les dépenses induites par le Vendée Globe représentent 50 M€ pour l’économie vendéenne (soit 700 000 € par jour d’événement). Chaque euro investi par les collectivités (région, département et agglomération) génère 7,10 euros de consommation en Vendée. La chambre relève que le retour sur investissement pour le département est indirect dans la mesure où les recettes générées par cet événement ne lui sont pas affectées. CONCLUSION INTERMÉDIAIRE Le département n’a pas tiré toutes les conséquences de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République de 2015 qui visait la rationalisation des compétences départementales en supprimant la clause de compétence générale et en recentrant leurs compétences autour de la solidarité et la cohésion sociale, des collèges, de l’aménagement du territoire et du logement. Il dispose de marges à exploiter dans des compétences facultatives115 ou dans ses dépenses de fonctionnement. Les dépenses consacrées à la communication et de manifestations, bien que contribuant à la promotion du territoire, représentent un poste conséquent qui pourrait être optimisé. Le département soutient massivement l’enseignement supérieur, et singulièrement l’Institut catholique de Vendée (ICES). La montée en puissance de l’ICES est assise en grande partie, sur des aides départementales (subventions, bail emphytéotique administratif et garanties d’emprunt). Le soutien au bloc communal, bien que nécessaire pour l'équilibre territorial, pourrait d’avantage s’assoir sur un diagnostic des besoins et des capacités financières des collectivités. Enfin, la Vendée est particulièrement confrontée au défi du vieillissement de sa population. Alors que les personnes souhaitent majoritairement vieillir à domicile, le département doit veiller à maintenir un équilibre entre la qualité des services d’aide à domicile et la soutenabilité du reste à charge pour les usagers. La chambre engage le département à réaliser des projections financières en fonction des hypothèses démographiques à sa disposition pour cette compétence qui nécessiterait le déploiement de moyens croissants. RÉPONSES du département Objet : Réponse au rapport d’observations définitives relatif au contrôle des comptes et de la gestion du Département de la Vendée Monsieur le Président, Par lettre du 12 mai 2026, vous m’avez communiqué le rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes relatif au contrôle des comptes et de la gestion du Département de la Vendée. Ayant pris connaissance des observations définitives et après une lecture attentive, vous trouverez ci-après les éléments globaux de réponse relatifs au contrôle organique ainsi qu’en pièce jointe des compléments plus précis sur les différentes thématiques abordées dans le rapport. En premier lieu, je me satisfais du constat « favorable » que dresse la Chambre quant à la situation financière du Département. Au regard des réformes et évolutions ayant affecté tant nos recettes – sur lesquelles nous n’avons à présent plus de marges de manœuvre et parfois même plus de visibilité – que nos dépenses – dont la croissance est principalement portée par l’évolution des dépenses de solidarité – maintenir une « situation favorable » est une réelle gageure qui ne relève pas uniquement d’un héritage mais bien d’un volontarisme politique permanent. Les élus vendéens ont tout à fait conscience que la rigueur avec laquelle ils administrent les dépenses de la collectivité sert à la fois à consolider la situation financière du Département mais également à contribuer aux mécanismes de péréquation qui permettent aux quelques départements qui le peuvent encore de contribuer au redressement tant des autres collectivités en difficulté que de l’Etat (via le mécanisme du DILICO et le gel des recettes transférées par l’Etat en compensation de charges pourtant croissantes). Cette situation favorable, sur laquelle vous concluez votre rapport, constitue à mon sens un contrepoids utile et nécessaire à plusieurs autres remarques que vous formulez, relatives par exemple « aux dépenses significatives dans le secteur de l’enseignement supérieur » ou au « soutien au bloc communal ». Je tiens à cet égard à apporter une nouvelle fois une précision quant au commentaire que vous formulez en synthèse du rapport d’observations définitives et sur lequel nous avions déjà échangé à l’occasion du rapport provisoire : « Le département utilise ses avantages comparatifs pour financer des dépenses facultatives, notamment dans les domaines de la communication, de l’évènementiel et de l’enseignement supérieur. Dans l’hypothèse où il aurait perçu autant de DMTO et versé autant de RSA que la moyenne des autres départements, sa capacité d’autofinancement nette serait largement négative depuis 2023 ». Autrement formulé : si le Département de la Vendée avait le même niveau de recettes, et la même structure de dépenses, que les autres collectivités, sa situation financière serait fortement dégradée compte tenu du volontarisme dont il fait preuve sur les politiques que vous jugez facultatives. Outre le fait qu’il s’agit ici d’une « hypothèse » fictive, bien loin des faits et de la réalité que la Chambre doit apprécier, cette formule est pour le moins caricaturale. Il va de soi que ce n’est que parce qu’il en a les moyens que le Département de la Vendée soutient comme il le fait la culture, le sport, les manifestations grand public telles que le Vendée Globe, qui fait rayonner le Département bien au-delà de ses frontières, mais aussi l’investissement public des collectivités locales, l’entretien et le développement des filières d’enseignement pour les étudiants vendéens. Cette bonne gestion, qui consiste pour une collectivité locale comme le Département de la Vendée, à ne pas hypothéquer sa capacité à assurer ses missions et ses obligations réglementaires en laissant filer inconsciemment ses dépenses, est consubstantielle de l’ADN de la Vendée. Ainsi, en 2021 et en 2022, malgré l’euphorie liée à deux années record en termes de DMTO, les élus vendéens ont fait le choix de ne pas augmenter à due proportion le niveau des dépenses de la collectivité anticipant au mieux un retour à la normal, au pire un retournement de conjoncture (qui s’est d’ailleurs produit dès 2023 et qui s’est traduit pour les Départements par un effondrement de leurs recettes). C’est cette prudence qui a permis au Département de la Vendée de traverser la crise actuelle et qui lui permet aujourd’hui d’afficher une situation financière « favorable ». La Vendée est davantage fourmi que cigale et c’est ce trait de caractère, cumulé effectivement à des avantages structurels liés à son territoire et à sa population, qui expliquent qu’elles figurent aujourd’hui parmi les 20% de Départements qui parviennent à conserver une situation financière « favorable ». Je partage en revanche la plupart de vos autres constats, notamment parce qu’ils reprennent en tout ou partie des éléments sur lesquels les élus et les services travaillent déjà activement depuis plusieurs années : qu’il s’agisse notamment de la réactivation du contrôle de gestion, du déploiement du contrôle interne ou du suivi détaillé de la masse salariale et des effectifs. C’est d’ailleurs en reprenant pour partie les constats et pistes de travail ou de réflexion évoqués par mes services lors du contrôle qu’une partie des éléments du rapport de la Chambre ont été formalisés. La collectivité étant inscrite dans une démarche d’amélioration continue, une partie des anomalies techniques ou réglementaires identifiées par la Chambre ont en outre déjà été traitées par le Département, comme en atteste le document ci-joint. En conclusion, le rapport d’observations de la Chambre constitue pour le Département une opportunité pour approfondir ou ajuster son action, dans la mise en œuvre des fonctions ressources et de certains volets de politiques publiques. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée. Alain Leboeuf Prés. du Conseil départemental de la Vendée Glossaire : DMTO : droits de mutation à titre onéreux Sources : Chambre régionale des Comptes - Pays de la Loire lereportersablais@gmail.com Cliquez pour lire L'ARTICLE DE LA SEMAINE : Retour aux articles : Campagne de DONS 2026 : Abonnement au reporter sablais : Inscription à la Newsletter : Publication d'Annonces légales Vendée : Vidéos Les Sables-d'Olonne et Vendée :