Brigitte Tesson

Les Sables d’Olonne – Interview au scanner du Dr Brigitte Tesson

Les Sables d’Olonne – Interview au scanner du Docteur Brigitte Tesson





Avant-Propos: Brigitte Tesson est 1ère adjointe au Maire des Sables d’Olonne. Née à Puteaux (Hts-de-Seine), sa présence aux Sables d’Olonne vient du fait que ses parents – qui n’étaient pas dans le corps médical – y avaient une maison de vacances et que son père est venu y passer sa retraite.
Brigitte Tesson a suivi sa scolarité au Lycée bleu (alors collège et lycée). Après son Bac elle fait médecine à la Fac de Nantes puis exerce en libéral aux Sables d’Olonne durant 15 ans. Elle sera chef de service pendant 5 ans en addictologie aux Sables d’Olonne et à La Roche-sur-Yon (elle a passé des spécialités en addictologie, tabacologie, psychologie et psychiatrie) et fut médecin conseiller technique pour le réseau addictologie de Vendée.
Elle exerce désormais à l’hôpital de jour à La Roche-sur-Yon, toujours en addictologie / psychiatrie, à mi-temps, les lundi matin, mardi et mercredi. Le reste du temps est consacré à ses missions pour Les Sables d’Olonne Agglo, et la municipalité des Sables d’Olonne.

Cette interview s’inscrit dans le cadre de notre série d’interviews réalisées en 2017 (celle-ci le 23 octobre 2017) dont celles de Laurent Boudelier, Noël Faucher, Yannick Moreau, Didier Gallot, Armel Pécheul, Lionel Pariset, Alain Blanchard, Annick Billon etc….visant à apporter un éclairage le plus complet possible sur les personnalités influentes ou qui jouent un rôle dans leur domaine respectif.
Les interviews de 2018 ne sont pas encore parues.

Noël Faucher: http://www.lereportersablais.com/legislatives-en-vendee-investiture-et-objectifs-leclairage-politique-de-noel-faucher/
Laurent Boudelier: http://www.lereportersablais.com/legislatives-investiture-en-vendee-littorale-laurent-boudelier-trace-les-grandes-lignes/
Laurent Boudelier: http://www.lereportersablais.com/vendee-lavenir-de-sion-sur-locean-a-la-croisee-des-chemins/
Annick Billon: http://www.lereportersablais.com/vendee-cumuls-et-soutien-a-francois-fillon-la-senatrice-annick-billon-livre-ses-sentiments/
Lionel Pariset: http://www.lereportersablais.com/lionel-pariset-adjoint-au-nautisme-des-sables-dolonne-apporte-sa-vision-des-choses/
Armel Pécheul: http://www.lereportersablais.com/les-sables-dolonne-en-pleine-crise-municipale-armel-pecheul-se-confie/
Alain Blanchard: http://www.lereportersablais.com/les-40-ans-du-puy-du-fou-un-puyfolais-nous-fait-penetrer-dans-lantre-du-seigneur/
Yannick Moreau: http://www.lereportersablais.com/le-reporter-sablais-interview-sans-concessions-de-yannick-moreau-depute-de-la-vendee-littorale/
Didier Gallot: http://www.lereportersablais.com/les-sables-dolonne-le-bilan-a-mi-mandat-du-maire-didier-gallot/

NDLR= Note de la Revue

Le Reporter sablais: Dans quel courant politique vous classez-vous ?  Quels ont été vos différents engagements ?
BT: J’ai commencé dans les clubs de réflexion Idées-Action de Démocratie libérale.
(NDLR: Démocratie libérale (DL) est un parti politique français, successeur du Parti républicain,  créé le 24 juin 1997 sous la présidence d’Alain Madelin. Membre de l’UDF, Démocratie libérale quitte celui-ci en raison de désaccords avec François Bayrou et en raison du soutien par le FN de listes de l’UDF aux élections régionales. Démocratie libérale intègre l’UMP en 2002. DL est plutôt positionnée au Centre droit.)
Au sein de ces clubs se trouvaient des personnes de la société civile, l’objectif étant de réfléchir sur des sujets d’actualité. J’étais médecin et, m’occupant d’enfants, j’ai été chargée de réfléchir sur la thématique des cantines. Lors des Etats généraux à Paris, j’ai été séduite par leur façon d’impliquer la société civile dans la réflexion politique. C’est pour cette raison que je me suis inscrite à Démocratie libérale.

LRS: Ensuite, c’est votre premier engagement lors des élections régionales de 1998.
BT: J’avais fait une campagne pour les élections régionales de 1998 en position n°6 sur la liste de Bernard Suaud (UDF-DL). Il a été le seul élu; à l’époque, il y avait donc déjà dissidence avec la liste RPR-UDF.
(NDLR: Elections régionales de 1998 – Liste UDF-diss.DVD : Bernard Suaud (UDF-DL): votes reçus: 8% soit 1 élu. Cette liste était dissidente par rapport à la liste de Bruno Retailleau – RPR.UDF.MPF.DVD – qui a obtenu  41,15% des suffrages et 8 élus, et celle de Raoul Mestre – DVD- qui a obtenu 4,58% des voix et zéro élu.)
Mon premier engagement politique fut donc celui-là, sur une liste centriste UDF.

Brigitte Tesson

LRS: Et votre première arrivée en politique sur Les Sables d’Olonne date de quand?
BT: En 2001, j’ai intégré le Conseil municipal des Sables d’Olonne en raison de la parité qui a été instaurée, c’est mon ancien professeur, Bernard Bonnet, qui était 1er adjoint à l’époque, qui m’a proposé d’être candidate sur la liste majoritaire.
(NDLR: Pour les élections municipales de 2001, la parité était imposée dans les listes de candidatures. Loi n° 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.)
J’étais alors toujours à Démocratie libérale. Puis en 2002, DL a intégré l’UMP; c’est comme ça que je suis arrivée à l’UMP.

LRS: Vous auriez pu rejoindre le camp des centristes avec François Bayrou plutôt que l’UMP puisque vous aviez été candidate UDF.
BT: J’avais réfléchi à ce choix parce que j’avais des liens avec des centristes de Vendée et parce que j’avais été candidate centriste aux régionales de 1998. J’hésitais donc entre les deux choix, centristes et UMP. J’ai eu une discussion avec Louis Moinard (NDLR: sénateur de l’Union centriste de Vendée de 1987 à 2004) et Péron, mais aucun ne m’a proposé de venir chez les centristes. A l’époque j’étais assez naïve; maintenant, je comprends bien que moins il y avait de concurrents potentiels, plus il y avait de chance pour eux de se retrouver en bonne place sur des listes.
Devant cette indifférence chez les centristes, Louis Guédon (député-maire UMP) m’a proposé de rejoindre le camp UMP et m’a accueilli les bras ouverts.

LRS: Et c’est là que vous avez connu certains de ceux que l’on trouve encore aujourd’hui sur la scène politique locale.
BT: Oui, avec Louis Guédon, j’ai alors connu Noël Faucher (NDLR: Noël Faucher était assistant parlementaire de Louis Guédon), Pierre-Guy Perrier (NDLR: actuel maire de Luçon) et tous ceux de l’UMP de cette époque. Il y avait alors une bonne dynamique et beaucoup de monde à l’UMP. Les réunions à Audubon ou à La Chaume faisaient salle comble. Voilà comment je suis arrivée à l’UMP, par le jeu des alliances de partis. Mais plus que UMP, je me sens davantage du Centre droit sur le plan des idées.

LRS: Aujourd’hui, vous n’êtes plus à l’UMP, vous avez été exclue. Juste pour que nos lecteurs puissent comprendre, rappelez-nous pour quelles raisons?
BT: Je ne suis plus rien, je suis libre comme l’air. Mais je reste très marquée UMP car je l’ai été à partir de 2002, et j’ai de plus été Conseillère régionale UMP.
(NDLR: à partir du 22 mars 2010, élue – en position n°4 – sur la liste « Agir vraiment avec Christophe Béchu ». La tête de liste pour la Vendée était Antoine Chéreau qui est actuellement 1er Vice-Président du Conseil régional.)
J’ai été exclue car j’ai fait dissidence avec une liste aux Municipales 2014* des Sables d’Olonne contre Yves Roucher (NDLR: ancien élu adjoint de Louis Guédon, liste soutenue par Bruno Retailleau); certains ont donc dû demander ma tête. Et après j’ai récidivé contre Bruno Retailleau aux sénatoriales 2014**, même si ma candidature ne se voulait pas contre Retailleau en soi. Alors, à force de jouer avec le feu…..On peut considérer que c’est normal, mais là-dessus je n’ai pas d’état d’âme. *23 et 30 mars 2014 – **28 septembre 2014

LRS: Et comment se sont passées les négociations entre les deux tours des municipales 2014 aux Sables d’Olonne?
BT: C’est simple, contre mon soutien on m’a proposé la place de première adjointe en ralliant Didier Gallot, et première adjointe également en faisant de même pour Yves Roucher…
Bruno Retailleau, qui soutenait Yves Roucher, a essayé de négocier; j’avais l’assurance selon lui d’être élu à la Région voire même d’avoir une Vice-Présidence. J’avais donc, si je rejoignais Yves Roucher, de supers « cadeaux » sur un plateau.

LRS: Qu’est-ce qui vous a donc fait choisir Didier Gallot?
BT: La campagne avait été très délétère, les membres de mon équipe n’en pouvaient plus des façons de faire de l’équipe d’Yves Roucher, alors qu’avec l’équipe de Didier Gallot les rapports avaient été cordiaux. Avec l’équipe Roucher, c’était à couteaux tirés, c’était l’horreur…
Et puis il y avait un problème de renouvellement; on sentait bien que les Sablais souhaitaient du nouveau. En rejoignant Didier Gallot, on a répondu à l’attente de la population, mais en prenant cependant un sacré risque car je me suis alliée avec ceux qui avaient le moins de voix. Il y avait 32% pour Yves Roucher et 23% pour Didier Gallot; je suis allée vers celui qui n’avait que 23%.
(NDLR: les résultats du 1er Tour furent: 32,15% (2 539 voix) pour Yves Roucher et 22,23% (1 756 voix) pour Didier Gallot.)
Mais je me suis dit aussi que ce serait difficile de faire quelque chose de cohérent, de faire équipe avec Roucher, avec toutes ces relations conflictuelles. Mais, je précise, conflictuelles pendant la campagne car pendant les périodes précédentes, avec Louis Guédon et toute son équipe, je me suis toujours très bien entendu avec tout le monde. Je ne me suis d’ailleurs jamais positionnée contre eux; on ne m’a d’ailleurs jamais entendu dire du mal de l’époque de Louis Guédon; c’était d’honnêtes gens, les choses étaient ce qu’elles étaient, Louis Guédon a mené sa barque comme il l’entendait; la démocratie était respectée; moi, je suis très sensible au respect de la démocratie.

LRS: Vous avez donc été exclue de l’UMP après les deux élections de 2014. Quelle fut alors votre réflexion, intégrer un autre parti?
BT: L’UDI aurait dû être depuis le début, logiquement, mon parti. Après toutes ces histoires et mon exclusion de l’UMP, Bruno Retailleau, avec lequel je n’ai jamais été en conflit, m’a dit qu’il y aurait peut-être une possibilité pour moi, l’UDI. Mais l’UDI de Vendée ne m’a jamais accepté. Un non catégorique…! Un barrage… Mais finalement c’est très bien comme ça car aujourd’hui je suis libre.

LRS: S’il fallait choisir un personnage politique qui aurait vos suffrages, ce serait qui ? De Gaulle, Jean Jaurès, Pompidou, Mitterrand, Jacques Delors ou quelqu’un d’autre…. ?
BT: Simone Veil.
LRS: Et parmi les autres, quels seraient ceux qui auraient votre assentiment.
BT: Il y en a plusieurs. J’hésiterai entre… De Gaulle, bien sûr, incontournable De Gaulle, il avait tout compris et même sur les problèmes des partis; j’aime bien aussi Pompidou car il nous a aussi ouvert à la modernité, mais je pense que Valéry Giscard d’Estaing a apporté, mine de rien, sa patte à l’édifice et il nous a bien fait avancer. A gauche Jacques Delors, avec son oeuvre européenne, a été quelqu’un de bien; chacun a sa place mais, par contre, il ne faut pas me parler de Mitterrand…. J’aurais pu être socialiste mais pas avec un Mitterrand…

LRS: Quelle est votre position par rapport à la construction européenne. Etes-vous plutôt pro-européenne ou sceptique sur les avancées de l’Europe?
BT: Je suis pro-européenne mais avec un changement de l’institution européenne qui ne peut continuer comme ça. Il fallait certainement passer par les phases de la construction que l’on a connu mais, aujourd’hui, il faut changer la façon de fonctionner de l’Europe. Complètement! C’est davantage dans le mode de fonctionnement de l’Europe qu’il y a un problème que dans l’idée même de l’Europe qui est une belle notion, sa construction ayant évité bien des guerres. On a la paix depuis tant d’années grâce à elle. On ne peut pas remettre cela en cause.
L’exemple typique du fonctionnement qui ne va pas, c’est par exemple la défense qui est assurée essentiellement par la France, ce qui coûte cher à notre pays; et l’Europe a le culot de venir nous réclamer des comptes! Pour l’euro €, c’est bien pratique de passer d’un pays à l’autre avec la monnaie unique.

LRS: Un sentiment par rapport au Brexit ?
BT: Les Anglais ont toujours été comme ça. Un pied dedans, un pied dehors. Ce sont eux qui s’en mordront les doigts; on a pu croire qu’ils allaient faire une bonne affaire mais c’est peut-être nous qui allons la faire. Je n’ai pas d’état d’âme, s’ils veulent partir, bon vent!

LRS: Que penser de ces centaines d’immigrants qui meurent en Méditerranée? Faut-il changer l’équilibre nord-sud, financer les pays africains ?
BT: Je pense qu’il faut agir sur place, dans les pays qui en ont besoin pour éviter les flux de population qui ne sauront se tarir si on laisse tous ces gens dans le dénuement. Mais je suis bien d’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire. C’est en les aidant à se développer, à prospérer que l’on évitera ce genre de problèmes. Après il y a les effets de guerre! Pour l’accueil de réfugiés, malheureusement ça concerne un nombre de gens impressionnant. Bien sûr, il faut tout faire pour éviter que se noient ceux qui tentent de franchir la Méditerranée.
Mais il y a toute une économie « mafieuse » qui vit de ça, de cette misère, et qui n’ont pas d’état d’âme lorsqu’ils risquent la vie de ces malheureux. Ça me scandalise. J’imagine que c’est un casse-tête pour trouver des solutions pour les pays qui sont en première ligne pour les recevoir. C’est pareil dans le Nord, à Calais. C’est sans fin! Si on ne veut pas que ce soit ainsi, il faut agir là où se trouve la source du problème.
Tous les étrangers que l’on forme dans nos universités devraient aussi agir sur place. Une société bouge avec ses élites; celles-ci doivent retourner dans leur pays d’origine pour faire bouger les choses, en se remontant les manches comme l’ont fait ici nos parents et grands-parents. Chaque génération doit prendre sa part dans un pays, et les élites formées doivent le faire car ce ne sont pas les pauvres gens qui sont sur place qui pourront le faire. C’est de leur responsabilité. Nous, on les aide, on les forme; leur devoir est de repartir et d’aider les leurs.

LRS: Sarkozy et la Libye, c’était une erreur ?
BT: J’ai étudié le problème de la Libye lorsque j’ai suivi une session à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) alors que j’étais Conseillère régionale.
(NDLR: L’IHEDN a pour mission de développer l’esprit de défense et de sensibiliser aux questions internationales. Il s’adresse à un large public de civils et de militaires, français et étrangers. La défense, la politique étrangère, l’armement et l’économie de défense, constituent les principaux champs disciplinaires des formations, longues ou courtes, dispensées aux niveaux régional, national et international.)
On était un groupe de 12, avec un tiers de militaires haut gradés, un tiers issu des entreprises et un tiers issu de la société civile. On avait justement, après cette formation durant laquelle on a beaucoup étudié le Printemps arabe, un devoir à rendre qui devait dresser les différentes pistes et stratégies: quels étaient ces mouvements, comment fallait-il les gérer, devaient-ils être aidés, accompagnés? On a longuement réfléchi, avec des spécialistes de ces pays, et mis sur papier nos idées, mais la suite des événements nous a montré que nous étions à côté de la plaque! J’ose dire que c’est donc vraiment compliqué d’agir, le mieux étant souvent l’ennemi du bien. On croit bien faire et finalement le résultat n’est pas à la hauteur.
Dans ce cas précis, la Libye, en intervenant on a déstabilisé toute une région, tout un équilibre, qui ne nous semblait pas conforme aux droits de l’homme mais qui hélas était ce qu’il y avait alors de mieux dans cet espace.
N’oublions pas que les partages frontaliers coloniaux n’ont souvent pas été conformes aux réalités. Tous ces conflits ne datent en fait pas d’aujourd’hui, il y a souvent des antagonismes depuis des générations, des conflits de religions. On traite cela en géopolitique, mais c’est souvent d’une grande complexité.

LRS: François Fillon et les dernières présidentielles?  Quelle était votre position: soutenir Fillon jusqu’au bout ou bien pensez-vous que les LR auraient dû changer de stratégie?
BT: C’est toujours facile de dire après ce qu’il fallait faire. A l’époque, c’est vrai qu’il y avait un véritable raz-de-marée en faveur de Fillon au moment des Primaires. Il était donc légitime. Et on donc pu penser qu’il y a eu une sorte de complot pour éliminer François Fillon. Ensuite, je pense que François Fillon était quelqu’un de bien, qui représentait bien les valeurs que les Français attendaient. D’ailleurs, sa politique n’était pas très éloignée de ce qui se fait aujourd’hui avec Emmanuel Macron. C’est un libéral aussi. Fillon est un libéral de droite. Les gens ont été bien déçus de toutes ces histoires-là, on est bien d’accord.
Avoir été jusqu’au-boutiste? Comment se faire une idée alors que François Fillon n’a pas encore été jugé devant les tribunaux? C’est compliqué. La justice n’est pas encore passée. Concernant les assistants parlementaires, il faut se remettre dans le contexte. Tout le monde fonctionnait comme ça. C’était le fonctionnement des députés, depuis des générations, une pratique courante. Ces emplois étaient tolérés sauf bien sûr s’il s’agissait d’emplois fictifs. Je n’ai donc pas été surprise plus que ça au début de toutes ces histoires.





LRS: Faut-il mettre fin à tous les excès comme les faux assistants parlementaires? Les Français souhaitent que tous les avantages indus cessent. Ont-ils raison?
BT: Bien sûr, il faut mettre fin à tout ça. C’était une évidence, on le dit depuis longtemps, mais il fallait que ça éclate. Il a fallu cette terrible crise pour que l’on fasse enfin quelque chose. Mais c’est depuis longtemps que ça aurait dû être fait. C’est inacceptable aujourd’hui!
De même que la réserve parlementaire! C’est la même chose; un parlementaire qui distribue selon son bon vouloir! Ils achètent les gens. C’est un scandale pour moi, et c’est un déni de démocratie car il est anormal qu’une subvention soit attribuée par une seule personne. Sur quels critères? Il faut qu’il y ait une instance qui délibère. Pour moi, c’est juste de l’achat électoral.

LRS: On a du mal à cerner votre stratégie politique en Vendée. On vous a vu à Olonne lors d’une réunion avec Alain Juppé, alors candidat à l’élection présidentielle. A des Régionales, vous étiez sur une liste centriste UDF; aux législatives vous vous êtes retrouvée soudain comme suppléante de Noël Faucher qui était soutenu par Bruno Retailleau.
Est-ce que vous ne vous positionnez finalement qu’en fonction d’échéances électorales? Etes vous indépendante ou vous placez-vous plutôt dans un camp, par exemple le camp pro-Retailleau alors même que vous avez été exclue de l’UMP devenue LR?
BT: Personne ne sait où je suis? C’est très bien! En fait, je me positionne en fonction des personnes et non d’un parti. J’aurais pu être centriste mais je n’étais pas du tout Bayrou… Je ne fonctionne que comme ça. Même si je ne suis pas LR, j’aimais bien François Fillon. Bruno Retailleau, au niveau départemental et régional est quelqu’un que j’apprécie. Noël Faucher, c’est un compagnon de longue date au niveau politique et quelqu’un que j’aime bien.
Ma présence à la réunion d’Alain Juppé faisait suite à une invitation du Club des Entreprises. J’ai même rencontré Nicolas Dupont-Aignan en compagnie de Didier Gallot. Je ne suis pas sectaire, j’écoute tout le monde. Et j’ai aussi beaucoup apprécié notre travail avec Jacques Auxiette (NDLR: socialiste, Jacques Auxiette fut Maire de La Roche-sur-Yon puis Président de la Région des Pays de la Loire.) C’est quelqu’un que j’aime beaucoup aussi. C’est donc plus l’homme politique qui joue pour moi que le parti. S’il est honnête, s’il a des idées, s’il est intéressant. Ce fut le cas aussi avec Yannick Moreau, quand je l’ai connu, je le trouvais alors très bien, il ne me posait aucun problème. Mais ce n’est plus le cas, j’ai appris à le connaître, j’ai vu ses prises de position, son orientation et surtout ses méthodes…!
Si je connaissais mieux Bruno Retailleau, peut-être que j’en dirai autant…
Peut-être que si je connaissais mieux Alain Juppé, j’en dirai aussi peut-être autant…Mais de premier abord, sur un plan purement politique, Alain Juppé est quelqu’un qui a réalisé pas mal de choses.
Quand on connaît mieux les gens, on découvre parfois comment ils fonctionnent…

LRS: C’est très louable ce que vous dites, de vous positionner en fonction des gens, de leur personnalité, mais vous savez comme moi qu’en Vendée il y a des camps politiques…dont certains se vouent une certaine haine… 
BT: Oui, mais ça c’est leurs histoires, ce n’est pas la mienne. Je les renvoie à leurs histoires. Moi je me considère plutôt comme un électron libre.
LRS: ….et si vous ne suivez pas un camp, les membres de celui-ci ne vous considéreront pas comme un de leurs soutiens.
BT: D’où mon problème. C’est bien pour cela que je suis aussi d’accord avec Emmanuel Macron, à savoir on en a marre de la droite et de la gauche. Je ne suis pas sûre que les Français soient pour le dégagisme; pour moi, le mieux c’est de garder des piliers sur le terrain, des gens d’expérience qui connaissent le terrain, et d’y ajouter à part égale du sang neuf, des jeunes qui vont apprendre grâce aux anciens et vont aussi être porteurs d’idées nouvelles, qui vont apporter leur dynamisme, montrer leur vision différente des choses. Pour moi, c’est la meilleure équipe de campagne, pour un pays ou une ville.
Alors que ce qui s’est passé là, ce n’est pas bon pour la France, il y a désormais comme élus trop de gens inexpérimentés d’un seul coup. Et avant ce n’était pas bon non plus, il n’y avait pas assez de nouveaux. On ne sait pas faire la demi-mesure en France, c’est tout l’un ou tout l’autre.
Pour revenir aux hommes, je n’irai pas soutenir un Mélenchon ou une Le Pen. Mais là, les hommes politiques dont j’ai parlé, ce sont finalement des gens qui ont des idées politiques très proches.

LRS: Et que pensez-vous de ces deux candidatures frontales aux législatives 2017 sur la Vendée littorale, Pineau/Moreau et Faucher/Tesson? Quelle fut la chronologie ? 
BT: La chronologie, c’est simple. Yannick Moreau est venu me demander de me présenter aux législatives lorsqu’il a décidé lui-même de ne pas se représenter. J’ai trouvé ça très sympa de sa part de me proposer d’y aller à sa place. Sauf qu’il n’a pas voulu me donner le droit de suite; malgré ma demande, il m’a dit que c’était impossible (NDLR: par tradition, le député sortant peut soutenir un candidat par un droit de suite officieux permettant à ce dernier d’obtenir l’investiture du parti, ce qui est un avantage très important aux yeux des électeurs.) 
En gros, il me demandait d’y aller mais il ne voulait pas me soutenir officiellement. Ce fut OK pour moi jusqu’à un épisode familial douloureux qui s’est déroulé exactement en même temps. Au fil du temps, n’ayant pas plus que ça de nouvelles de Yannick Moreau pour ma candidature, et occupée à Nantes pour des choses bien plus graves pour moi, j’ai choisi la proposition que me faisait Noël Faucher, candidat aux législatives, d’être sa suppléante.
De plus Bruno Retailleau soutenait la candidature de Noël Faucher, comme le faisait tout le département et tous les maires. Pour moi, il n’y avait pas de problèmes à ma candidature comme suppléante et il n’y avait dans tout ça rien de prémédité de ma part.
Mais tout ce qui s’est passé ensuite au niveau national après la candidature de Florence Pineau, c’est d’une tristesse absolue!
(NDLR: Il y a eu une bataille extrêmement dure et épique au sein de la Commission des investitures, présidée par Jean-François Lamour, pour l’investiture du parti; Bruno Retailleau d’un côté, souhaitant l’investiture de Noël Faucher, et de l’autre Yannick Moreau défendant celle de Florence Pineau. C’est finalement Florence Pineau qui a obtenu cette investiture, aidée en cela par le fait que Yannick Moreau, député sortant, s’est mis comme candidat suppléant de Florence Pineau.)

LRS: Vous avez donc donné votre accord à Yannick Moreau qui vous demandez de vous présenter aux législatives. Ça ne vous gêne pas psychologiquement de vous présentez contre Noël Faucher, candidat depuis longtemps, alors que vous le connaissez bien , l’appréciez et que vous avez été membre de son courant politique?
BT: Non. J’y serai allé si j’avais eu la capacité physique d’y aller (NDLR: Brigitte Tesson vivait alors un problème familial douloureux et a finalement abandonné l’idée de se présenter elle-même aux législatives). Ça n’est pas pire que ce que j’ai fait quand je me suis présentée contre Yves Roucher aux municipales 2014. On est dans une démocratie, on a le droit de se présenter à une élection! Qu’on connaisse des gens ou pas. Et en plus je n’étais plus membre des LR…! Certains se doutaient bien que je me présenterais. Mais, les concours de circonstances ont fait que de toute façon je n’y suis pas allée.

LRS: Comment ça s’est passé pour devenir suppléante de Noël Faucher car il y avait déjà une suppléante de prévue? 
BT: Oh ça s’est très bien passé. Ça n’est pas une élue. C’est une collègue que je connais très bien. Si Yannick Moreau, notre député local, s’était représenté, je ne me serai jamais présenté contre lui aux législatives. Tant que Yannick Moreau n’avait pas annoncé sa non-candidature, il était certainement difficile de trouver des élus qui soient suppléants pour les législatives; c’était certainement plus facile de trouver quelqu’un de la société civile. Ensuite, c’est Noël Faucher qui a géré ces changements de suppléante. J’ai en fait donné mon nom pour que Noël Faucher puisse s’appuyer sur une élue locale capable de lui apporter des voix sur Les Sables d’Olonne.

LRS: Des gens (NDLR: des sources sûres) affirment que vous vous seriez retrouvée suppléante de Noël Faucher sur « ordre » de Bruno Retailleau et qu’en échange, si vous acceptiez, vous seriez aidée pour les prochaines municipales?
BT: On n’a rien négocié. C’est vrai que pour moi cette suppléance pouvait être une façon de revenir au sein des LR. Mon accord pour être suppléante de Noël Faucher a été donné avant les histoires avec Florence Pineau et Yannick Moreau. Franchement, j’aurais su qu’il y aurait toutes ces histoires d’investitures, je n’y serai pas allé. Et puis je pense que Bruno Retailleau non plus.
Si on avait su que Yannick Moreau allait se mettre comme suppléant pour obtenir l’investiture… ! Tout ça pour créer une fracture dans le camp des LR! Qu’est-ce que ça lui a rapporté ??! Franchement, j’avais d’autres choses à faire que de m’occuper de toutes ces histoires!
LRS: La patte de Bruno Retailleau, donc, dans cette suppléance, ce n’est pas faux?!
BT: Mais Bruno Retailleau, c’est un grand copain. Bien sûr ce n’est pas faux. Bruno Retailleau, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup. On est toujours en lien. J’ai moins de problèmes avec Bruno Retailleau qu’avec certains LR locaux qui voulaient ma peau. Si Bruno Retailleau ne nous avait pas soutenu, lui qui est reconnu au niveau de la Vendée et des LR, je n’y serai pas allée comme suppléante. Ce qui s’est passé après au niveau national pour les investitures, c’est juste scandaleux…
Même si on avait eu l’investiture, cela n’aurait rien changé, on aurait quand même perdu (NDLR: face à la vague En Marche!)
Cela dit, je pense que Noël Faucher aurait fait un très bon député. Il connaît très bien la Vendée, il l’avait tellement sillonné qu’il connaissait très bien notre circonscription et tous les maires; c’est quelqu’un qui a toujours été sur le terrain. Ça ne m’aurait pas posé de problèmes de travailler avec lui, notamment sur les dossiers santé, car c’était le deal que j’avais passé avec lui pour être sa suppléante. Ça m’aurait bien plu et c’était la meilleure réponse à la situation qui était alors la mienne.
Et cela m’aurait permis d’être en phase avec les LR, en rassemblant la grande famille des LR, dont les locaux qui étaient tous contents que je rentre dans le giron, avec en plus Bruno Retailleau qui nous soutenait. C’était pour moi une belle proposition pour toutes ces raisons. Mais il n’y a eu aucun deal sur les municipales.

LRS: Il y a beaucoup de gens qui ne s’apprécient pas en Vendée. Pas plus en Vendée qu’ailleurs, mais on sait tous que les relations ne sont pas bonnes entre d’anciens villiéristes…
BT: …..Oui, et on est écartelé entre deux d’entre eux…..
LRS: …. mais cela n’empêche pas de belles réalisations pour l’avenir de la Vendée. Que pensez-vous d’hommes politiques vendéens qui ont marqué le département – ou la région des Pays de Loire – de leur empreinte comme Philippe de Villiers ou Jacques Auxiette? Les avez-vous rencontré?
BT: Philippe de Villiers, je le connais très peu; ce fut un personnage important pour la Vendée, quelqu’un qui n’a pas forcément les méthodes que j’apprécie, mais il a une intelligence qu’il a mise au service de la Vendée et qu’on se doit de reconnaître. C’est un véritable personnage pour les Vendéens. On peut ne pas être d’accord avec sa vision politique, parfois extrême, mais l’un dans l’autre on dépasse ces idées particulières car il a apporté beaucoup à la Vendée. Et il a un charisme certain. J’ai beaucoup d’admiration pour ce qu’il fait et a fait, et il se présenterait demain aux élections au département de la Vendée pour en être le président, je revoterai pour lui sans problèmes.
Jacques Auxiette, c’est un personnage que je n’aimais pas trop quand j’étais Conseillère régionale. Je le trouvais un peu trop idéologue, d’ailleurs ce que je reproche aussi au Parti socialiste. Ils sont très sectaires dans leurs idées. Mais en travaillant ensemble, Mairie des Sables d’Olonne et Jacques Auxiette, sur certains projets, on a découvert un homme intelligent qui a aussi réalisé des choses. J’étais assez proche des projets de Jacques Auxiette sur la démocratie participative. Il a mis ça en place à la Région, et je dois avouer que l’outil qu’il a su mettre en place en associant de nombreuses associations était très bien fait.

LRS: Que dire sur Bruno Retailleau et Philippe de Villiers?
BT: La réussite de la Vendée, c’est les deux! Bruno Retailleau se présenterait pour devenir président du département de Vendée, pas de problèmes pour moi non plus. Ils se sont séparés, mais je pense que le duo fonctionnait très très bien, le duo était très bon, c’est dommage pour la Vendée (qu’ils se soient séparés).

LRS: La médecine. Vous agissez beaucoup sur le Pays des Olonnes en matière de santé: un club des médecins, des colloques, des journées santé sur le thème du vieillissement.
Pouvez-vous nous dire en matière de médecine ce qui marche ou ne marche pas en Vendée: délais de RDV, attente aux urgences, aucune permanence intra-muros aux Sables d’Olonne les soirs, week-ends et jours fériés (Maison médicale trop éloignée et très grande difficulté à obtenir une visite de médecin à domicile), déplacements à Nantes pour certaines pathologies, désertification médicale, création de clinique médicale municipale comme à La Roche-sur-Yon etc..  Qu’en est-il exactement??
BT: Je suis présidente du Conseil de surveillance de l’hôpital et j’ai été au conseil d’administration depuis que je suis élue. Cela m’a donc permis de voir évoluer cet outil. On a déjà une chance folle d’avoir conserver cet hôpital aux Sables d’Olonne et que ce ne soit pas une simple annexe, ce qui nous permet d’avoir un service d’urgences, un plateau technique et des services avec des spécialités. Ce n’était pas gagné d’avance et cela a fait l’objet de batailles pour le conserver. Aujourd’hui, les hôpitaux se structurent et un directeur a été nommé pour diriger l’ensemble des hôpitaux de Vendée .
(NDLR: Francis Saint-Hubert, ancien infirmier, ancien directeur de l’hôpital de Saint-Nazaire. Il succède depuis le 1er septembre 2017 à Yvon Richir, désormais retraité à la tête du Centre hospitalier départemental CHD de Vendée: La Roche-sur-Yon, Les Sables d’Olonne et Fontenay-le-Comte.)
Nous allons, selon le souhait du Gouvernement, avoir des réponses graduées en fonction des besoins; aux Sables d’Olonne, par exemple, on prend en charge un certain nombre de pathologies, mais lorsque celles-ci sont plus spécifiques et les spécialistes moins nombreux le patient est alors envoyé à La Roche-sur-Yon, voire au CHU de Nantes si c’est encore plus spécialisé. C’est l’organisation sanitaire de la France aujourd’hui.
Pour les consultations de spécialités, a été mis en place un système pour l’ensemble du CHD de Vendée. Les patients n’ont pas besoin d’aller à La Roche-sur-Yon, ce sont les médecins de La Roche-sur-Yon qui viennent aux Sables d’Olonne. Ce sont donc les mêmes médecins et la réponse est partout la même.
Pour les urgences, c’est comme partout dans toute la France, les urgences disfonctionnent. C’est un service qui est toujours critiqué, partout, et si on veut comparer, c’est pire à Paris qu’aux Sables d’Olonne, même l’été lorsqu’il y a tous les estivants. C’est un problème national comme l’est le problème de la désertification.
Nous, élus locaux, on ne reste pas les bras croisés face à ces phénomènes bien que la compétence santé soit normalement une compétence nationale et non locale. Cependant, les communes peuvent invoquer la clause de compétence générale. Elles sont en première ligne pour répondre aux problématiques de santé sur leur territoire.
(NDLR: Clause de compétence générale – Une collectivité territoriale telle que la commune  peut intervenir dans un domaine de compétences dès lors que l’intérêt de son territoire peut être invoqué – le département et la région ne sont plus concernés depuis la loi NOTRe du 7 août 2015 -. Cette notion d’intérêt permet, dans une certaine mesure, de dépasser ou d’élargir les compétences strictement attribuées par les lois en vigueur ; elle est ainsi susceptible de justifier les décisions de création d’un service public local, l’octroi de subventions ou d’aides matérielles, la réalisation de travaux etc…).
A l’époque du maire Louis Guédon, celui-ci ne souhaitait pas de Commission santé municipale car il considérait que cette mission relevait de l’Etat comme la police d’ailleurs. Il n’avait pas tort, ce n’était pas aux communes de gérer ce qui relevait des prérogatives de l’Etat. Aujourd’hui, ce n’est pas pareil, on voit bien qu’on doit épauler l’Etat qui est arrivé à ses limites aussi bien en matière de sécurité que sur le plan santé.
La Ville des Sables d’Olonne a donc pris le parti – mais elle n’est pas la seule – de prendre en charge cette compétence. Nous avons donc lancé, notamment, les Assises de la Santé, un processus afin de créer un réseau – le Club santé – entre les professionnels et les bénévoles qui oeuvrent dans le secteur de la santé. Nous sommes environ 200 à 300 personnes sur le Pays des Olonnes. Les Assises nous permettent aussi de dégager des thématiques et des problématiques sur la santé.
Pour les médecins de garde, il y a un service avec la Maison médicale près de l’hôpital, et en cas de problème important et si des personnes ne sont pas motorisées il y a, selon la gravité, le taxi (avec un bon à la permanence de l’hôpital pour se faire rembourser par la Sécurité sociale) ou l’ambulance. Il faut appeler le numéro d’urgence qui effectue la régulation; normalement les médecins de garde se déplacent à domicile.

LRS: On a de nombreux témoignages indiquant qu’il est impossible d’obtenir le déplacement à domicile de médecins. 
BT: Là aussi c’est un problème national. Tout ça va de pair avec la désertification, et les médecins ne peuvent être de garde tout le temps. Plus ils auront de contraintes, alors qu’ils sont déjà débordés, moins on les gardera… Même en roulement, ils ne sont plus assez nombreux.

LRS: Et concernant la désertification médicale, de quels atouts dispose la Ville des Sables d’Olonne?
BT: A propos de la désertification médicale, l’intérêt pour un jeune médecin de venir aux Sables d’Olonne, plutôt que dans une autre région de France, en dehors du cadre de vie qui est assez idyllique, c’est d’avoir un réseau de partenaires – le Club Santé – qui soit dynamique, qui porte des projets, qui lui permette de s’impliquer lui-même afin de dépasser sa simple activité médicale. C’est un atout et ce réseau donne de la visibilité à notre Ville par rapport à d’autres territoires.
Autre action contre la désertification, pouvoir proposer des locaux et conserver les cabinets existants dans les quartiers. L’accessibilité peut être compliquée, et pour les jeunes médecins c’est souvent plus facile d’aller dans du neuf en périphérie. On espère, avec ces conservations, maintenir des médecins en centre-ville. Notre premier projet a été une réussite avec le maintien d’un cabinet et laboratoire au centre des Salines près de la gare alors qu’avec le départ de deux médecins était programmé! Pharmacien, infirmiers du quartier s’inquiétaient. La Ville a conservé les locaux, va les adapter et garder le laboratoire d’analyses pour avoir un point de prélèvement en plein centre-ville. C’est un belle réussite. Les médecins qui y seront sont maître de stage, c’est-à-dire qu’ils pourront prendre des étudiants dont certains, on l’espère, resteront sur Les Sables d’Olonne.
Mais pour l’instant ces actions ne sont pas suffisantes. Alors, on réfléchit à d’autres pistes avec des centres de santé municipaux où les médecins seraient salariés. Il ne faut pas négliger ces pistes, d’abord car les jeunes médecins sont de plus en plus demandeurs de ce statut et, si on ne fait rien, certains médecins libéraux risquent de faire des « burn-out » tant ils seront débordés.

LRS: Pouvez-vous être plus précise sur vos pistes de centres de santé. Vous souhaitez mettre en place un centre de santé municipal comme cela a été fait à La Roche-sur-Yon avec des médecins salariés par la Ville?
BT: Ce qui s’est fait à La Roche-sur-Yon est très bien. Si on n’arrive pas à faire venir des médecins libéraux, il faudra bien trouver une solution surtout pour La Chaume où il y a un gros problème. On réfléchit aux diverses solutions, l’idéal pouvant être un cabinet médical municipal à côté de l’hôpital permettant de désengorger le service des urgences.

LRS: Et financièrement?
BT: C’est un équilibre à trouver entre les salaires des médecins et du secrétariat en dépenses, et le prix des consultations en recettes. Nous avons toutes les données permettant d’étudier cela, le nombre de consultations nécessaires, le montant des salaires etc… pour maintenir un équilibre financier. Il reste à convaincre le Maire et les élus de l’intérêt de ce projet.

LRS: Revenons à la politique locale. Vous avez été élue aux municipales sur la liste Gallot le 30 mars 2014. Vous avez pu voir l’homme à l’époque du Festival Simenon, puis durant les élections et durant les tractations d’entre deux tours. Est-ce que l’homme a changé depuis son élection? 
BT: Ah non pas du tout. Je n’ai jamais eu de problèmes avec Didier et je pense que je n’en aurai jamais. On s’entend bien. Mais je le connaissais avant, et je n’ai donc pas pris tant de risques que ça (rires). Non, il n’a pas du tout changé avec le pouvoir. Il est égal à lui-même. Alors si, ce qui a changé c’est qu’il est sorti d’une certaine naïveté entre guillemets, à propos de quelque chose qu’il ne connaissait pas, la politique, et il a découvert que ce n’était pas un long fleuve tranquille. Ça, ça l’a peut-être changé. C’était quelqu’un qui pouvait parfois laisser faire… Didier Gallot n’a pas changé mais il a découvert certains comportements.

LRS: Et les comités de quartier, la démocratie libérale, c’était vraiment seulement un projet ou aussi une manière d’exister politiquement et de faire aboutir quelques-uns de vos propres projets?
BT: Non c’était un projet qui était dans les cartons de notre liste, qui portait entre autres le projet de démocratie participative avec le souhait de fonctionner autrement. Les populations souhaitent de plus en plus pouvoir s’exprimer car elles se rendent de plus en plus compte des limites de notre système démocratique.
C’était le fil rouge de tout notre projet, les Assises de la santé, le Forum des Métiers etc… avec des professionnels qui participent, des comités de pilotage etc…Une façon différente de gouverner.
Je pense que c’est l’avenir, et aussi un moyen de redonner le goût de la politique aux jeunes. Pour preuve, Emmanuel Macron! S’il a réussi à arriver, c’est par la démocratie participative aidée des réseaux sociaux.
Il faut partir de la base. Pour nous, ce n’était donc pas pour faire beau dans le décor. Alors certes ici, cela n’a pas été soutenue par toute l’équipe municipale mais on nous a concédé une petite action, bien loin de celle que l’on aurait souhaitée mener. Et il faut toujours se battre d’ailleurs pour exister, par exemple on n’a aucun service attaché pour mener ces actions. Et certains services freinent, ça leur fait de l’ombre et ça peut en faire aussi à des élus, mais c’est un embryon qui a bien pris, notamment avec les comités de quartier.

LRS: Quelles sont vos relations avec l’opposition sablaise, ceux qui soutenaient Yves Roucher?
BT: Oh… qu’est-ce que ça a été dur! J’étais la cible de leurs attaques permanentes, alors j’ai pris le parti de ne pas y répondre, comme ça c’était résolu. Je pense que c’était le meilleur comportement à avoir pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Ça a sans doute permis à ceux de mon équipe de voir que j’avais du caractère. Peut-être… En public, je mesure mes paroles et j’essaye d’éviter d’exacerber les haines et les tensions. Aujourd’hui, tout va bien. Et l’épreuve que j’ai traversée a fait aussi que des gens…. ça rapproche….

LRS: La Fusion. La crise est repartie. Pendant un moment, il semble qu’il y avait un camp Yannick Moreau + Didier Gallot contre Joël Mercier.
BT: Pauvre Joël! (rires)
LRS: Et puis maintenant peut-être un camp Joël Mercier + Didier Gallot contre Yannick Moreau??
BT: Pauvre Yannick! (rires)

LRS: Comment vous situiez-vous alors par rapport à cette situation au début? Vous sentiez-vous un peu mise sur la touche alors que vous aviez permis à Didier Gallot de devenir maire ?
BT: Le sentiment que j’ai eu quand je suis arrivé au sein du Conseil communautaire, c’est que Yannick faisait beaucoup d’efforts pour se rapprocher du Château d’Olonne sachant très bien que Les Sables d’Olonne lui était acquis. C’est vrai qu’il y a eu des problèmes ensuite avec les élus du Château mais il faut reconnaître qu’il y avait aussi des freins (de leur part) pour travailler ensemble.
L’idée qui est alors apparue de fusionner à deux plutôt qu’à trois paraissait alors la meilleure solution pour réaliser une fusion. Pour moi – et sans doute aussi pour les autres – on ne pouvait considérer que c’était une véritable réussite que de fusionner à deux. Un loupé, un vrai gâchis à mon sens. Mais, quand on ne peut pas, on ne peut pas!
Quand les élus du Château d’Olonne ont commencé à réfléchir – avec des pressions internes, entre eux, entre les pros et les anti-fusions – et qu’ils ont alors pensé à une consultation, de mon côté j’ai souhaité freiné un peu le mariage à deux pour laisser la place à l’éventualité d’une venue du Château d’Olonne, mais cela n’a pas plu….
C’est là que j’ai senti un raidissement de leur part, surtout de Yannick Moreau… Tout était organisé, c’était comme ça!
Lors d’un Conseil de l’ancienne Communauté de Communes à propos du marché sur le futur logo de l’Agglomération, le Château d’Olonne demandait que ce soit décalé en attendant que leur consultation sur la fusion auprès des habitants soit réalisée pour les intégrer ou non pour ce futur logo. J’ai fait une intervention en demandant qu’il y ait un avenant au marché de commandes permettant au Château d’Olonne de nous rejoindre pour le logo s’ils le souhaitaient. Ceci avait aussi un intérêt financier pour tous en permettant une mutualisation du prix de la commande. Yannick Moreau n’a pas voulu prétextant que c’était très pressé.
Je me suis donc abstenue sur ce projet de logo. Qu’est-ce que je n’avais pas fait là! C’était la première fois que quelqu’un de la majorité s’abstenait en expliquant pourquoi! Avec l’avenant ça ne retardait rien!
Ce fut donc la première discorde.
Et ensuite, quand le Château d’Olonne a proclamé les résultats de sa consultation dans la salle de sa mairie, j’étais la seule. Pas un autre élu des Sables d’Olonne, ni d’Olonne-sur-Mer n’était présent! J’ai trouvé ça dommage, surtout pour une bonne nouvelle puisque la décision de fusion était majoritaire. C’était un OUI massif. La population est plus intelligente que les élus, les habitants voulaient la fusion et ils ont eu raison.

LRS: Et alors, que s’est-il passé après ce résultat, comment Les Sables d’Olonne a-t-elle réagi en interne?
BT: Moi, j’ai dit à Didier (Gallot), tu ne peux pas rester comme ça. Il faut que tu tendes les bras au Château d’OLonne, et du jour au lendemain, quand Didier a tendu les bras, alors Yannick s’est mis en colère.

LRS: Ce ne fut pas seulement tendre les bras! Didier Gallot a accepté la date de 2019 pour la fusion alors que Yannick Moreau et le Château d’Olonne étaient chacun arc-boutés sur leur date, le premier sur 2018 et le second sur 2019!
BT: Le changement de date fut hyper important. Il avait raison Didier (Gallot). Il y avait tout le travail d’harmonisation à réaliser avec donc en plus les services du dernier venu, ceux de la municipalité du Château d’Olonne. En timing, c’était un sacré travail à faire qui ne pouvait s’improviser, et en plus on savait qu’il y aurait un Conseil municipal d’après fusion avec 99 élus. Personnellement, avec un conseil si nombreux, je préfère que les élus ne se réunissent que durant une seule année 2019 plutôt que deux, de 2018 à 2020. Comment peut-on fonctionner avec autant d’élus, c’est juste impossible… Ce sera un Conseil de transition, un point c’est tout! On est en train de mettre en place les services regroupés, ce qui est déjà un travail énorme. Le véritable programme, ce sera pour après la fusion, à partir de 2020. 2018, ça n’arrangeait pas les services et ça obligeait à fonctionner deux ans à 99 élus!
Ce sont des petites histoire dans l’Histoire, mais l’Histoire ne retiendra que la fusion à trois communes. C’est un grand moment historique que l’on va vivre pour la Ville des Sables d’Olonne. Depuis le temps qu’on attend ça.

LRS: Et depuis ce problème de date, il y a désormais la concurrence pour l’élection du Maire en 2019…
BT: Le problème n’est que ça: qui sera le Maire de la grande ville fusionnée. Et depuis le début, qu’on ne vienne pas dire que Didier (Gallot) revient sur ce qu’il a dit; il a déclaré qu’il ne se représentait pas en 2020 mais qu’il voulait être le premier maire de la Ville fusionnée. Il l’a toujours dit, et c’était OK avec Yannick Moreau, c’était convenu. Yannick Moreau a eu l’Agglomération, alors qu’auparavant c’était toujours le maire des Sables d’Olonne qui était président de cette Communauté (Ex-CCO).
Même si, depuis, Yannick Moreau a dû se dire que s’il voulait être maire en 2020 il fallait qu’il se rende incontournable et légitime sur le Pays des Olonnes dès 2019. Stratégiquement parlant, c’est sûr que pour prendre la mairie en 2020 c’est mieux.
Yves Rouchet avait essayé de faire la même chose. Lorsque Louis Guédon avait perdu la députation en juin 2012, Yves Roucher souhaitait que Louis Guédon démissionne pour lui laisser la place comme Maire dès juin 2012 pour s’assurer l’élection aux municipales de 2014. Mais Louis Guédon n’a pas voulu et ils se sont disputés d’ailleurs à cause de ça. On voit donc bien que c’est une stratégie de ré-élection.
Il y aura certainement beaucoup de listes pour les élections de 2020, on ne sera pas en peine! Etre élu dès 2019, et se représenter en 2020, ça signifie aussi pouvoir bénéficier pendant un an de toute une force de communication pour celui qui aura eu le pouvoir plus tôt. Or, une élection doit être égalitaire…

LRS: Et maintenant, quelle va être votre propre position pour 2019? Vous allez soutenir Didier Gallot?
BT: Je vais soutenir la liste des Sables d’Olonne. Parce que derrière tout ça, il y a autre chose. Il y a un déni de démocratie à cause de la façon dont la loi NOTRe déshabille les villes pour tout donner aux Communautés – chez nous Les Sables d’Olonne Agglomération – . Or, l’Agglo devrait en principe un outil au service des villes (qui la composent) et qui n’est devenu en fait qu’un outil de pouvoir.
Ceux qui sont élus par le peuple, ce sont les Maires. Or, qu’est-ce qu’on a vu dernièrement lors du Conseil d’Agglo? Un Maire qui a présenté son candidat pour être Vice-Président de l’Agglo (Membre du Bureau) s’est vu contré par un autre candidat qui s’est présenté sans son soutien mais avec celui du président de l’Agglo, Yannick Moreau (NDLR: il s’agit de l’affaire Hecht, qui s’est présenté de manière individuelle sans avoir le soutien du maire du Château d’Olonne). Cela prouve bien le dysfonctionnement des Agglomérations! Je n’ai rien contre Gérard Hecht, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, mais je trouve que la candidate présentée par le Maire du Château d’Olonne, Joël Mercier, méritait d’être Vice-Présidente depuis qu’elle travaille sur le terrain.
Mais le problème essentiel, c’est qu’habituellement sont élus les représentants désignés par chacun des Maires, or là tout à coup ça change! C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Didier Gallot.
L’Agglo doit être là pour mutualiser les dépenses, mais elle n’est pas là pour prendre la place des Maires! Ou alors, on installe un Maire intercommunautaire et on désignera des adjoints pour chacune des villes….

LRS: Soyons précis, Les Sables d’Olonne Agglo a déshabillé quoi vis-à-vis de la Ville des Sables d’Olonne?
BT: Tout! Tout! Elle a pris les ports que nous gérions.
LRS: Oui, mais faisons attention à ce qu’oblige la loi NOTRe et ce qu’elle n’oblige pas!
(NDLR: En fait, la loi NOTRe a transféré de manière obligatoire la gestion des ports – zones d’activités économiques portuaires – relevant des départements vers les intercommunalités. C’est ainsi qu’en Vendée, le département, propriétaire, a délégué à la CCI la gestion du port de pêche, et à Les Sables d’Olonne Agglo la gestion du port de plaisance Port Olona)
BT: Oui, d’accord, tout ça c’est obligatoire. Pour le développement économique et le commerce, c’est pareil, il y a transfert.

LRS: Oui, les ports et le tourisme, c’est obligatoire par la Loi NOTRe. L’économie et le commerce. Alors faisons la différence entre ce que la loi NOTRe oblige et ce qui, selon vous, a été voulu à tort.
BT: Tout ça n’est pas grave tant que l’on respecte l’esprit qui est d’être au service et pas de prendre le pouvoir. Or là l’esprit ne correspond plus! Prenons l’exemple de l’Urbanisme, on sait tous combien on était attaché ici à ce secteur et à ses programmes.

LRS: Le transfert de l’urbanisme avec le PLU (avec les permis de construire…) a été bloqué par la minorité de blocage….
(NDLR: le 27 mars 2017 était la date prévue de transfert de la compétence Urbanisme, les transferts pour les PLU pouvant être bloqués par une minorité de blocage comprenant 25 % des communes regroupant au moins 20 % de la population. C’est ce qui s’est passé, le transfert a été bloqué jusqu’en 2020.)

BT: La compétence Urbanisme doit aussi être transférée vers l’Agglo, mais on a désormais un délai qui correspond parfaitement à la date de la fusion. Une fois qu’on aura fusionné, l’urbanisme pourra être pensé de manière réfléchie en prenant en compte l’ensemble du territoire des trois communes.
Nous sommes très attachés à ce que sur un petit territoire comme Les Sables d’Olonne on ne puisse monter inconsidérément 
les hauteurs de construction et que les petites maisons soient respectées.

LRS: Mais pourquoi, vous pensez qu’avec la compétence urbanisme Les Sables d’Olonne Agglo va vouloir transformer inconsidérément le PLU?
BT: Les problématiques en matière d’urbanisme pour Olonne-sur-Mer et le Château d’Olonne n’ont rien à voir avec les nôtres. Certains cherchent à développer de manière acharnée l’habitat – ce qui parfois peut être bien – alors que nous, nous avons cherché à le freiner. Nous ne sommes pas du tout sur les mêmes politiques. Tout cela doit se discuter, mais il faut du temps. C’est pourquoi, nous pensons qu’il faut que la fusion se fasse d’abord.
Nous aux Sables d’Olonne, nous avons une maîtrise de l’immobilier avec un projet très particulier qui n’a pas été facile à mettre en place.

LRS: Mais les élus des Sables d’Olonne sont très présents à l’Agglo, quel risque y a-t-il?
BT: Mais justement, qui représente l’urbanisme à l’Agglo des Sables d’Olonne?

LRS: C’est Armel Pécheul. Mais j’imagine que tant lui que les autres élus des Sables d’Olonne ne sont pas favorables à la modification de ce PLU alors qu’ils l’ont voté eux-même au Conseil municipal ??
BT: Il semblerait qu’Armel Pécheul et Geoffroy de Baynast (NDLR: ce dernier étant élu chargé de l’urbanisme) ne soient pas sur la même longueur d’onde alors qu’ils sont dans la même commission. Armel Pécheul avait essayé de faire passer l’urbanisme à l’Agglo contrairement à ce qui était prévu, ce qui a entraîné une véritable crise de confiance.
Il semblerait que sur des projets comme celui de La Chaume (NDLR: projet immobilier sur l’ancien Lycée Tabarly à La Chaume), il aurait réuni des groupes en leur indiquant que c’est lui qui aurait bientôt la gestion du projet. Didier Gallot s’est, lui, opposé au passage de l’urbanisme à l’Agglo (NDLR: Fabrice Chabot de L’Île d’Olonne et Didier Gallot pour Les Sables d’Olonne s’y sont opposés, leur permettant de recueillir la minorité de blocage.)
L’urbanisme est un dossier extrêmement politique, très sensible, où toutes les dérives peuvent avoir lieu. L’urbanisme et les autorisations de construire nécessitent une grande surveillance.

LRS: Revenons à 2019 et à l’élection interne du maire de la Ville fusionnée. A priori, il y aura deux candidats, Yannick Moreau et Didier Gallot, en tout cas ils le souhaitent. Il y aura 99 votants, les membres des trois conseils municipaux soit 3 x 33. Tout le monde fait des « comptages » sur les possibles votes. Ça reste des simulations approximatives, mais à votre avis quelle est la répartition actuelle?
BT: Aujourd’hui il semble que l’on soit à 50/50. Au dernier Conseil d’Agglomération, ce fut un peu le test, on tourne à peu près à moitié / moitié, il en manquait 2 pour faire 50/50. Mais ce n’est pas le même scrutin ni les mêmes électeurs donc ce fut juste un éclairage.

LRS: Stratégiquement, certains ont-ils intérêt à ce que ce soit Didier Gallot qui soit élu en 2019?
BT: Tous ceux qui comptent se présenter en 2020. La plupart préféreront qu’un candidat de 2020 ne soit pas déjà installé en 2019, or Didier Gallot ne se présentera pas en 2020. Mais il reste une inconnue pour certains électeurs du Château d’Olonne: psychologiquement, voter pour Didier Gallot ne signifie pas qu’on vote pour le maire du Château d’Olonne…
Si Didier Gallot était élu, certains – qui ont été élus en 2014 parce qu’il les a pris sur sa liste – seront sans doute déçus car ils avaient déjà vendu leur âme pour être sur la prochaine liste de Yannick Moreau ou ont placé leurs proches ou proposé des projets… Mais c’est humain…. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

LRS: Tous ces calculs ne donnent-ils pas une mauvaise image de la politique aux yeux des citoyens ?
BT: Ça a toujours existé, mais à cause d’une plus grande transparence les gens le découvrent davantage. Même si ça donne une mauvaise image, c’est plus sain que ce soit transparent plutôt que fait de façon occulte. C’est ce qui s’est passé aussi dans les affaires Fillon. Il était anormal que le microcosme soit au courant et pas la population.
La fusion au Pays des Olonnes ne s’est pas faite alors qu’elle aurait dû l’être depuis longtemps, et tout ça car les élus se sont accrochés à leurs fonctions! Au détriment de l’intérêt général. Mais aujourd’hui la fusion est décidée, donc les « salades » actuelles n’influeront plus sur ce projet, par contre l’image…..

LRS: L’affaire des signatures en blanc, pour certains ça paraît complètement irréaliste…… Qu’en pensez-vous?
BT: La signature en blanc ne m’a posé aucun problème dans la mesure où quand tu as confiance, tu as confiance. Même si c’est la première fois qu’on me le demandait, c’est quelque chose que je signe sans problèmes. Si un jour je n’avais plus confiance, je ne démissionnerai pas car il n’est pas question pour moi de faire la politique de la chaise vide, c’est la pire qui soit; mais je passerai alors à l’opposition et je m’exprimerai. Donc ça ne me pose aucun problème, quel qu’il soit. Si je reste avec Didier Gallot, c’est que je suis d’accord majoritairement avec ce qu’il fait.

LRS: Oui, mais si vous signez une procuration en blanc, vous ne pouvez pas passer dans l’opposition puisque vous êtes virée…! 
BT: ……………. Bon, moi ça ne me pose aucun problème! Par contre, je sais que ça se fait, par exemple, le Premier ministre donne une démission en blanc au Président de la République lorsqu’il est nommé. Cela permet donc à celui qui délègue de s’assurer que la personne qu’il a choisie soit en accord avec sa politique.

LRS: Pour le Premier ministre, c’est un peu différent car il est nommé par le Président, il n’est pas élu. Là ce sont des conseillers élus par la population même s’ils étaient sur une liste.
BT: En interne, ils sont nommés par le Maire; c’est lui qui les a choisi pour être sur sa liste. Et c’est toujours la tête de liste qui permet de remporter l’élection même s’il y a une dynamique d’équipe.

LRS: Bon, qu’est-ce qui se passe en 2020? Vous présentez une liste?
BT: Oh, c’est bien trop loin 2020, ce sera d’ailleurs peut-être 2021! (NDLR: le Gouvernement prévoierait peut-être un report des élections municipales en 2021). Je vis au jour le jour…

LRS: En 2020 allez vous créer votre propre liste ou une liste avec le Château d’Olonne? Quelle est votre stratégie? C’est une stratégie contre Yannick Moreau?
BT: Avec le Château d’Olonne? On n’en a jamais parlé, je ne sais pas ce qu’ils font. Là on est sur 2019. Non, il n’y a pas de stratégie pour contrer Yannick Moreau, mais le souhait de faire élire Didier Gallot. Ce n’est pas contre Yannick, c’est pour Didier, dont la candidature est légitime.

LRS: Quels sont ceux qui sont en train de faire des plans sur la comète pour 2020?
BT: Il y en a plein. (NDLR: Brigitte Tesson cite alors 7 listes possibles dont un parachutage. Mais aucun candidat n’ayant annoncé officiellement cette volonté, nous ne pouvons les mentionner ici.)

LRS: Et vous, vous présenterez une liste en 2020?
BT: Ce qui est sûr c’est que je ne resterai pas les bras croisés…

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais





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