Yannick Moreau

Le Reporter sablais – Interview sans concessions de Yannick Moreau, député de la Vendée littorale

INTERVIEW sans concessions de Yannick Moreau, député de la Vendée littorale

Un élu qui se réclame de la « droite populaire et de conviction »

 

Interview exclusive par Le Reporter sablais

Avant-Propos : le monde actuel est explosif ; le Moyen-Orient en guerre et le terrorisme menaçant; parallèlement, les grandes puissances avancent en ordre dispersée : l’Europe, la Russie et les Etats-Unis ont des positions divergentes sur les politiques à mener. Les dictateurs tombés ont laissé la place à des poudrières. La France est en guerre face au terrorisme. Les hommes politiques ont perdu une partie de leur crédibilité tandis que le chômage gangrène toujours notre pays. Les migrations vers l’Europe de populations menacées dans les territoires en guerre ajoutent à la confusion générale et montrent l’impuissance des gouvernants. Beaucoup veulent définitivement tourner la page du laxisme généralisé. Le populisme montre son nez, les souverainistes et identitaires recueillent de plus en plus d’adeptes. L’actualité récente n’est pas en reste: élection de Donal Trump, guerre anti-islamiste de Vladimir Poutine, volonté de la Turquie de rentrer dans la communauté européenne, décomposition du socialisme hollandais, Primaire Droite/Centre et défaite sèche de Nicolas Sarkozy, montée en puissance de François Fillon (et, depuis notre interview, la mort de Fidel Castro et la renonciation de François Hollande à la Présidentielle).
Autant d’éléments, voire de chocs qui vont influer sur l’avenir du monde. On peut dès lors se demander légitimement de quoi demain sera fait?
Il nous a semblé intéressant, dans ce contexte, d’interviewer le député de la Vendée littorale, Yannick Moreau, qui a pris des positions particulières à l’international, qui soutenait Nicolas Sarkozy pour les Primaires, qui combat le Gouvernement socialiste à l’Assemblée et dont le rôle au Pays des Olonnes est loin d’être négligeable. Une interview sans concessions sur tous les sujets politiques ou locaux.
Ph. B-L

 

Yannick Moreau

Yannick Moreau

Droite populaire et de conviction
Le Reporter sablais: Il semble que l’on vous classe parmi la droite dure et catho. Cette classification vous correspond-elle et quelle est votre position politique?
Yannick Moreau: On est là dans la caricature du discours des socialistes. Non, moi je me sens le représentant d’une droite populaire et de conviction. Populaire d’abord parce que je suis du peuple, mon père était commerçant et ma mère était fonctionnaire des PTT . Je suis donc attaché à ce que les politiques ne perdent pas le contact avec le peuple français et n’hésitent pas à solliciter son avis sur les grands sujets d’avenir pour le pays. Et de conviction, car si la droite continuait comme par le passé à cacher ses convictions – ce qui ne semble pas être le cas avec François Fillon -, à s’excuser de ses convictions et donc à ne pas agir en fonction de celles-ci, de ce corpus idéologique et politique qui est celui de le droite française, alors elle n’aurait aucune raison d’être et produirait légitimement l’avénement du Front national. Je pense que le Front national ne prospère dans notre pays que par l’échec et les lâchetés successives de la droite traditionnelle française. Si la droite avait osé être de droite, avait assumé être de droite et mis en place des politiques de droite, jamais nous n’aurions eu de tels échecs et jamais le Front national n’aurait pu connaître une telle croissance. Donc oui, je suis de droite, fier de l’être et je pense que le meilleur rempart au Front national et à ses idées national-socialistes c’est la conduite affirmée, offensive d’une politique de droite et donc d’une politique du résultat et non de l’excuse sur ses convictions.

 

Bachar El Assad

Bachar El Assad

La rencontre avec Bachar El Assad
LRS: Vous avez rencontré en novembre 2015 le président Bachar El Assad, avec des Parlementaires et Thierry Mariani. Pensez-vous toujours qu’il faille passer par lui et par Vladimir Poutine pour réduire à néant Daesh alors que beaucoup le considèrent comme un dictateur coupable de nombreuses morts?
YM: Je tiens d’abord à préciser qu’il n’y avait pas que des Parlementaires Les Républicains; par exemple était présent durant ce voyage Jean Lassalle (ex-Modem). De même Jérôme Lambert, député PS devenu radical, était présent lors de mon voyage en Crimée. Donc il s’agissait d’un voyage durant lequel étaient présents des Parlementaires de différents bords politiques et dont l’objectif était d’analyser les problèmes d’Orient et l’avenir de la Syrie.
Il faut être pragmatique, on ne peut pas sérieusement imaginer éradiquer Daesh sans la Russie et sans l’Etat syrien dont on nous annonce depuis six ans qu’il va tomber le lendemain et qui, malgré tout, protège une partie de la population syrienne des méfaits des islamistes et totalitaristes de Daesh et d’Al-Qaïda.

 

Damas (Syrie)

Damas (Syrie)

Vaincre Daesh et ensuite s’occuper du régime syrien
LRS: Faut-il pour autant collaborer avec un tel régime?
YM: On pourrait dans un monde idéal rêver de ne pas avoir à travailler avec le régime syrien mais, si on veut réellement éradiquer Daesh, nous devons travailler avec le régime syrien. Il est urgent pour la France de rétablir un poste diplomatique à Damas afin de créer de nouvelles relations et arriver à se parler. L’étape suivante serait alors de se coordonner. J’estime que la priorité des priorités c’est de vaincre la figure de proue du totalitarisme qu’est Daesh puis, dans un second temps, de parler de l’avenir du régime syrien qui, effectivement, ne peut s’envisager sans le départ de Bachar El Assad, ce dernier n’étant pas la solution d’avenir pour la Syrie. Je ne l’ai d’ailleurs jamais pensé mais j’ai pu constater que lorsque la Syrie n’était pas attaquée les religions pouvaient vivre tranquillement leur culte et les Chrétiens d’Orient étaient alors trois fois plus nombreux qu’aujourd’hui.
Les Chrétiens d’Orient reconnaissent au régime syrien la protection dont ils ont bénéficié et dont ils bénéficient encore, alors qu’à quelques kilomètres de là des islamistes terroristes totalitaristes – les trois mots ont un sens – réduisent des femmes et des enfants à l’esclavage y compris sexuel et les vendent sur des marchés aux esclaves pour satisfaire les pulsions primaires d’islamistes fondamentalistes.
Entre le totalitarisme imposé par Daesh sur une partie du territoire syrien et irakien et un régime autoritaire et dictatorial qui protégeait les minorités religieuses, la question ne se pose pas pour moi: il faut d’abord vaincre l’ennemi de la France, Daesh, et après s’occuper de l’avenir du peuple syrien et du régime syrien, mais nous ne vaincrons pas Daesh sans travailler plus intelligemment qu’auparavant avec la Russie, avec les Etats-Unis qui semblent vouloir faire évoluer leur doctrine sur la Syrie, et avec le régime syrien avec lequel il est urgent d’ouvrir un poste diplomatique avancé. Sur ce plan là je suis en phase avec l’analyse internationale de François Fillon.

 

Diplomatie

Diplomatie

Il faut choisir ses ennemis mais aussi ses alliés afin de combattre les premiers
LRS:
Ce genre de voyages – auquel vous avez participé – en Syrie ou en Crimée par des parlementaires sont considérés comme anormaux par certains observateurs ou politiques qui estiment que cela relève de la diplomatie parallèle afin de faire pression ou infléchir des positions politiques, stratégiques et diplomatiques, et que ce n’est pas « digne » des parlementaires qui devraient suivre la politique étrangère officielle de la France. Qu’en pensez-vous?
YM: Ce voyage – que j’ai payé, personne ne m’a invité – fut très important pour moi. J’y suis allé pour servir d’aiguillon parce que le rôle des parlementaires est celui de donner un autre éclairage que celui que le système politico-médiatique veut imposer au peuple français. Lorsque nous nous déplaçons à l’étranger, nous ne parlons pas au nom de la France, il faut que ce soit bien clair. Nous ne sommes pas alors des représentants de la France, d’ailleurs nous ne portons pas l’écharpe tricolore durant ces voyages. Nous sommes des parlementaires français, représentants de la Nation, députés libres qui avons comme seul objectif de défendre l’intérêt de la France.
J’ai donc validé à l’Assemblée nationale, pas tous mais la plupart des positionnements, contrats ratifiés etc.. du Gouvernement, mais ça ne doit pas nous priver lorsque c’est l’intérêt de la France de montrer aux Français les erreurs qui sont les nôtres et d’aiguillonner l’opinion publique. J’ai eu un grand moment d’émotion lorsque nous sommes allés déposer une gerbe aux Monuments aux morts de la guerre de Crimée à Sébastopol. On a oublié que des dizaines de milliers de Français étaient morts là – dont de nombreux Vendéens – à la fin du 19ème siècle.
Si on prend l’exemple de la Syrie, lorsque j’ai décidé d’accompagner cette délégation c’était dans un objectif clair, d’abord m’enquérir du sort des Chrétiens d’Orient en Syrie parce que la France a un devoir à l’égard des Chrétiens d’Orient au Moyen-Orient et essayer de faire comprendre à l’opinion publique française que l’avenir de la sécurité de la France se jouait là-bas et que, pour vaincre le terrorisme sur le territoire national, il fallait commencer par tout faire pour vaincre le totalitarisme islamiste en Syrie et en Irak. Il n’y a pas d’alternative, c’est soit l’Etat syrien actuel soit le chaos islamiste.
J’estime qu’il fallait choisir ses ennemis mais aussi choisir ses alliés afin de combattre les premiers; on ne peut pas décider que tous les protagonistes sur le territoire sont nos ennemis. Le Gouvernement ne l’avait d’ailleurs pas fait puisque Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, avait déclaré dans un article du Monde en décembre 2012 que Jabhat al-Nusra (branche syrienne d’Al-Qaïda) faisait du « bon boulot » en Syrie!  Cette organisation n’avait trouvé grâce aux yeux du ministre des Affaires étrangères français que parce qu’elle combattait le gouvernement syrien!

 

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

La diplomatie française à l’égard de la Russie est une catastrophe
LRS: On vous dit pro-Poutine. Doit-il être un interlocuteur de la France? Comment jugez-vous les représailles de François Hollande envers la Russie?
YM: Concernant ma position pro-Poutine, c’est un peu caricatural ; je considère que la Russie est l’ami de la France et que la France a intérêt à cultiver une amitié fructueuse avec la Russie pour des raisons culturelles; d’abord, parce que la Russie est un pays chrétien, occidental et oriental. Souvenons-nous de la géographie de l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, qui est une réalité géographique continentale. De plus, la Russie assure aujourd’hui la protection de nos frontières au sud-est de l’Europe en ne transigeant pas avec les islamistes et en faisant preuve d’une lucidité à leur égard qui ne fait que commencer chez nous. La vocation de la France est d’être l’amie de la Russie.
Je suis un défenseur du renouvellement de l’amitié franco-russe malmenée par François Hollande et par ses gouvernements successifs qui ont fait preuve d’aveuglement idéologique à l’égard de Vladimir Poutine et de la Russie.  Ils n’ont pas défendu l’intérêt de la France: les sanctions contre la Russie ont été des sanctions contre les intérêts de la France en Russie car nous avons beaucoup d’entreprises françaises sur place qui ont donc été bridées dans leur développement, et contre nos intérêts en France et en Europe parce que nous avons privé nos producteurs de nombreux débouchés commerciaux. Plus pervers encore, nous avons travaillé contre nos intérêts à terme puisque les Russes auront appris à se passer de nos produits, voire à les produire eux-mêmes, ou à trouver d’autres sources d’approvisionnement, notamment les matières agricoles et l’agro-alimentaire.
La diplomatie française à l’égard de la Russie est à mes yeux une catastrophe. Il est urgent, et j’adhère une nouvelle fois aux perspectives que dessine François Fillon, de rétablir une relation ordinaire avec la Russie et de cultiver des relations d’amitié et de coopération franches, sincères, directes avec ce partenaire. Vous ne me ferez pas dire que la Russie est un modèle de démocratie occidentale mais ce n’est pas à nous de décider du choix des dirigeants russes, en revanche c’est à nous de défendre l’intérêt de la France et des Français et de cultiver une amitié féconde avec la Russie.

 

Crimée

Crimée

Il est urgent de tourner la page de la question de la Crimée
LRS:
  Quelle est votre position sur l’envahissement de la Crimée dans la mesure où c’est quand même une violation du droit international et de la souveraineté de l’Ukraine même si la Crimée a connu différents régimes, régime russe et autonomie? Le rôle stratégique du port de Sébastopol est-il au centre de la décision russe?
YM: La Crimée a été russe avant d’être ukrainienne et a été plus longtemps russe qu’ukrainienne. Je pense très clairement que le sujet de la Crimée est tranché et que celle-ci a vocation a être russe; c’est une réalité militaire, géographique, historique ; on peut s’en plaindre ou s’en réjouir mais je pense qu’il faut faire preuve de pragmatisme. C’est se bercer d’illusions que d’imaginer que les Russes vont se désengager de la Crimée alors qu’ils possèdent là le port de la flotte du sud qui permet l’accès direct à la Méditerranée, à l’Océan indien et aux mers du sud! Les Russes ne partiront pas de la Crimée. La Crimée était russe, a été ukrainienne, est redevenue russe par la volonté d’un référendum ukrainien, et je pense que c’est un sujet sur lequel il ne faut pas se battre. Les Criméens, plus que tout, veulent la paix et la stabilité dont ils bénéficient aujourd’hui, bien plus que de savoir s’ils doivent être russes ou ukrainiens. Pour avoir eu l’occasion de me promener dans les rues de Simferopol, de Yalta et de Sébastopol, il y régnait une ambiance de pays en paix, très loin de l’image qu’en ont donné les médias français qui ont voulu transposer la situation à l’est de l’Ukraine, du Donetsk, à la Crimée. Ce sont deux situations qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Il est urgent de tourner la page de la question de la Crimée.

 

Kaaba

Kaaba

Le déclencheur est la guerre de religion interne que se livrent Sunnites et Chiites
LRS: Restons sur le plan international et Nicolas Sarkozy.  Vous êtes plutôt pour le maintien de l’Etat syrien existant car c’est un élément stabilisateur dans une zone qui est une poudrière. Mais finalement Sarkozy avec Bernard Henri-Lévy n’ont-ils pas fait l’inverse de ce que vous prônez en déstabilisant Kadhafi, en ouvrant la boîte de Pandore dans le nord-est de l’Afrique du Nord et ainsi permis à des terroristes de s’installer? Ce fut finalement une catastrophe. Quelle était votre position à l’époque ?
YM: Il y a un Etat syrien qui existe, on peut faire comme s’il n’existait pas mais il existe; il y a un président, une majorité, une opposition, un Gouvernement, une administration qui, envers et contre tout, existe, et il faut donc travailler avec cet Etat, indépendamment des questions de personne. Ce Gouvernement syrien protège au bas mot 6 millions d’habitants aujourd’hui.
Pour la Libye, on ne peut pas réécrire l’histoire; c’est facile de juger quelques années après! L’élément déclencheur déstabilisateur ce ne fut pas la Libye, ce fut l’attaque de l’Irak par les Etats-Unis pour renverser le régime sous prétexte d’armes de destruction massive qui n’existaient pas.  Ce n’est donc pas l’intervention de la France en Libye qui fut l’élément déclencheur. C’est la guerre de religion interne à l’islam entre les Sunnites et les Chiites, qui se font une guerre totale, qui fut le déclencheur. La Syrie est le théâtre de cette guerre entre Sunnites et Chiites et l’Etat syrien est l’enjeu de cette guerre, alors que c’est la minorité alaouite qui dirige aujourd’hui le pays. Ne réécrivons pas l’histoire sur la bonne ou mauvaise décision du Président de la République de l’époque en rejetant sur lui la faute alors que le fait déclencheur est antérieur et déborde largement la question de l’intervention de la France qui, rappelons-le, a agi sous mandat de l’Onu et du Conseil de sécurité de l’Onu.
LRS: Oui, mais le mandat de l’Onu a été accordé à la suite d’une demande provenant de la France. Il y a eu une action préliminaire de la France. Même si Sarkozy et Bernard Henri-Lévy croyaient bien faire, le résultat fut désastreux. L’argument de l’Onu ne convaincra pas tout le monde.
YM: Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a décidé seul d’aller en Libye, il y est allé avec un mandat de l’Onu, avec l’assentiment et l’encouragement de l’Organisation des Nations-Unies.
Dans des pays qui sont des poudrières religieuses avant d’être des poudrières terroristes, où s’exercent des forces très organisées, on constate que pour maintenir la paix il n’y a que les régimes forts qui y parviennent; donc on peut être pour ou contre, la réalité objective de l’observation de ces 40 dernières années au Moyen-Orient et en Afrique du Nord c’est que là où il y a la guerre entre les Sunnites et les Chiites seuls les régimes forts peuvent garantir la paix, la stabilité et l’exercice des différentes religions. L’absence de régime fort ne conduit pas forcément à la démocratie avec le risque de persécution des minorités pour ne pas dire d’asservissement. Que vaut-il mieux? La question est ouverte.

 

Donald Trump

Donald Trump

Je ne participerai pas aux procès en sorcellerie envers Donald Trump
LRS: Que pensez-vous de Donald Trump qui, certes, veut s’attaquer au système, aux lobbies et aux abus des politiques, mais entend trouver des accords avec Vladimir Poutine ?
YM: Alors ça ce serait une révolution. Si les relations commerciales, militaires, diplomatiques avec la Russie étaient complètement nouvelles entre les Etats-Unis et la Russie, ce serait une révolution positive pour la conduite du monde. Moi, je ne participe pas au concert de suspicions et aux procès en sorcellerie que les médias français intentent au nouveau président des Etats-Unis. D’abord parce qu’il a été légitimement élu et qu’il ne nous appartient pas de choisir les dirigeants des pays du monde, par contre, il nous appartient de travailler efficacement avec eux dans l’intérieur supérieur de la France et des Français et pour la bonne marche des affaires du monde. On juge un président à ses actes et un mandat à ses fruits et j’ai souvenir, comme beaucoup d’observateurs français, que Ronald Reagan lorsqu’il avait été élu avait été pris pour un clown qui ferait nécessairement un mauvais président des Etats-Unis. Il fut finalement l’un des meilleurs présidents depuis la seconde guerre mondiale en contribuant de manière irréversible à la chute du communisme dans le monde et à un essor économique inédit aux Etats-Unis; donc « wait and see. »

 

 

Yannick Moreau à l'Assemblée nationale

Yannick Moreau à l’Assemblée nationale

La mer est un gisement de croissance et d’emplois pour les terriens
LRS: Vous semblez inquiet d’une perte de souveraineté de la France sur les îles Éparses du canal du Mozambique. Pourquoi ?
YM: Simplement parce que toutes les questions de souveraineté m’intéressent au plus haut point; la souveraineté, c’est l’exercice de la puissance de l’Etat sur son territoire.
La France a la chance de disposer du deuxième espace maritime mondial – et peut-être un jour du premier si nous gagnons nos arbitrages sur un certain nombre de points contestés des espaces océaniques -. Cet atout dans notre jeu mérite notre plus grande attention car quand on a un espace maritime, il est nécessaire d’y exercer sa souveraineté – et donc d’y être présent – si on souhaite le préserver. Conserver un espace maritime de cette taille là représente une opportunité pour la France d’accéder à un gisement de connaissance scientifiques, d’énergie, et d’opportunités qu’on a du mal à mesurer aujourd’hui. La mer est l’avenir de la terre et, si longtemps la France a regardé l’Auvergne comme étant le centre de son territoire, la réalité est que la France est un archipel présent sur quatre des cinq continents avec 11 millions de kilomètres carrés et de nombreuses ressources biologiques. En Vendée en 2016, par exemple, on produit des vers marins pour s’en servir en médecine comme substitut sanguin, ou des algues pour alimenter la filière bio-technologique marine. Demain on produira de l’énergie offshore!
Il faut prendre conscience que la mer est un gisement de croissance et d’emplois pour les terriens, pour les Français du continent comme pour ceux de l’Outre-Mer. Je suis donc très attentif aux questions de souveraineté dans le canal du Mozambique parce que quand on a la chance d’avoir ces atouts il faut les défendre, les cultiver et les faire prospérer.

 

Chrétienté en Orient

Chrétienté en Orient

Le grand mensonge à propos de la lutte contre le terrorisme en Syrie
LRS: Dernier point pour l’international, les Chrétiens d’orient. Que faudrait-il faire à vos yeux ? L’occident est-il trop frileux dans sa défense des Chrétiens d’Orient ?
YM: Le premier acte de défense des Chrétiens d’Orient est la lutte implacable, nouvelle et renouvelée contre le totalitarisme islamique, qu’il provienne de Daesh ou d’autres groupuscules. Pour cela, il serait bien d’avoir peut-être une aide plus claire des Etats-Unis, ainsi que de la France dans la coalition, parce que le grand mensonge de François Hollande et de ses Premiers ministres successifs fut de faire croire aux Français que l’on luttait contre le terrorisme islamiste en Syrie et en Irak.

LRS: Vous voulez dire que vous niez la réalité des frappes réalisées par notre aviation avec l’appui de forces spéciales françaises au sol?
YM: La France ne frappait pas là où on pouvait avantager l’Etat syrien et donc on tirait très en arrière des lignes de front; les forces françaises frappaient l’ennemi désigné très en arrière en laissant prospérer d’autres ennemis qu’on n’avait pas identifié comme ennemis sous le prétexte qu’il s’agissait de terroristes islamistes dits modérés. Donc, on a menti aux Français en n’utilisant jamais la puissance militaire française sur les lignes de contact et de front de peur d’avantager l’Etat syrien et l’armée régulière syrienne. De ce fait on a été moins efficace. La Russie, elle, intervenant après nous mais de manière plus claire en désignant clairement ses ennemis, et en coordination avec l’armée régulière syrienne, a obtenu en quelques mois des résultats significatifs que la France et la coalition n’ont pas obtenu en quatre ans.
Le mensonge, c’est de ne pas définir ses ennemis et de ne pas choisir ses amis non plus. Il y a un moment où l’on doit examiner ses relations avec certaines pétro-monarchies sunnites et on ne peut pas faire l’économie de ce réexamen. On ne peut pas non plus faire l’économie d’une clarification des discussions avec la Turquie qui a joué un rôle plus que trouble dans ce conflit en assurant notamment des débouchés au pétrole de Daesh, y compris pour irriguer le marché européen, et qui a joué un rôle central aussi dans le financement de Daesh par le pillage et la vente des objets d’art antiques pillés sur les sites syriens. Et donc à force de ménager la chèvre et le choux, et de ne jamais choisir ses amis, on a agi de manière contraire aux intérêts de la France et des Français. C’est ça le mensonge, c’est de faire croire qu’on défendait la France alors qu’on défendait soit de faux amis soit de mauvais ennemis.

 

François Fillon

François Fillon

J’ai pensé que l’intérêt de la France était d’avoir un président au leadership naturel
LRS: Venons-en à François Fillon (NDLR: l’interview s’est déroulé entre les deux tours des Primaires Droite/Centre. Nicolas Sarkozy avait été éliminé et François Fillon arrivait en tête du premier tour et se retrouvait face à Alain Juppé. Yannick Moreau venait de se rallier à la candidature de François Fillon).  Tenant d’une politique plutôt radicale et libérale, étiqueté droite forte, catholique convaincu, proche de Poutine, pour la suppression des représailles envers la Russie, défendant les Chrétiens d’Orient, favorable à des mesures de protection de notre territoire, en faveur de la lutte contre l’immigration clandestine etc… On croirait votre portrait….!  Alors, pourquoi n’avez-vous pas soutenu François Fillon dès le début plutôt que Nicolas Sarkozy ??
YM: D’abord les projets de l’un et de l’autre étaient assez proches, il n’y avait pas de différence de nature mais une différence de degrés sur certains sujets; sur le plan international, je me suis toujours senti un peu plus proche des positions de François Fillon que de celles de Nicolas Sarkozy. Reste que mon opinion personnelle est déformée par le fait que j’ai eu l’occasion de côtoyer les deux hommes et qu’au-delà des projets similaires il y des affinités qui se créent ou qui ne se créent pas. J’ai plus d’affinités avec le tempérament énergique et chaleureux de Nicolas Sarkozy qu’avec la réserve discrète et parfois un peu froide de François Fillon. Je constate d’ailleurs que l’un a cherché à cultiver des relations avec moi et l’autre pas; tout cela explique finalement qu’au-delà des projets similaires ce sont les personnalités qui ont forgé mon choix.
Sans rien enlever aux qualités de François Fillon qui est un homme d’Etat évident, dans le monde d’aujourd’hui avec les troubles que l’on connait, je pense que la France avait intérêt à être représentée par un homme qui ait non seulement l’expérience des relations internationales compliquées pour la conduite de la France à l’international, mais possède aussi un leadership naturel; pour moi, au premier tour Nicolas Sarkozy était donc l’homme de la situation pour être le chef d’Etat de la situation et pouvoir négocier d’égal à égal avec Donald Trump, Recep Erdogan, Vladimir Poutine et Xi Jinping (NDLR: Etats-Unis, Turquie, Russie, Chine). C’est pourquoi ma préférence est allée pour le premier tour vers Nicolas Sarkozy très clairement, et pour le deuxième tour non moins clairement auprès du candidat qui avait les idées les plus proches et qui était le défenseur et l’avocat de la droite et des convictions de droite qui sont les miennes.

 

République française

République française

Je suis un opposant déterminé au multiculturalisme
LRS: L’islamisme dur, ou une islamisation que certains considèrent comme cachée ou rampante, sont-ils de vrais dangers pour l’identité culturelle française?
YM: Nous sommes menacés dans notre identité culturelle par l’islamisation dans notre pays et le sentiment de plus en plus répandu chez nos compatriotes est, qu’au rythme où vont les choses, ils seront bientôt étrangers chez eux. Et donc la France n’a pas un problème avec toutes les religions, elle a un problème avec l’islam et avec l’islamisme politique. L’islamisme teste en fait la résistance de la République française et du peuple français à ses coups de boutoir répétés, discrets mais réguliers et permanents depuis maintenant une vingtaine d’années. Et donc la réponse à l’islamisation ou aux risques d’islamisation de la France c’est l’affirmation de notre identité nationale et culturelle, pas pour écarter les autres mais pour savoir qui nous sommes. On ne peut réellement aimer les autres que si l’on s’aime déjà soi-même. Or, depuis vingt ans, on nous explique que l’amour de la France et de la patrie est un obstacle à la fraternité universelle et à l’amour des autres et de la différence. C’est tout le contraire ! L’amour de la France et de la patrie est un moteur de fraternité. Après, sur les questions identitaires et culturelles, je suis un opposant déterminé au multiculturalisme et à la communautarisation de la France. Je ne reconnais aucune communauté et encore moins une communauté religieuse. La France est une et indivisible. Et à chaque fois que l’on fait des lois ou que l’on édicte des règles qui sont spécifiques à une communauté, on donne un coup de canif au contrat d’unité nationale.

 

Douane et Immigration

Douane et Immigration

Le renvoi dans leur pays de tous les immigrés irréguliers
LRS: Quelle politique d’immigration préconisez-vous ?
YM: Je suis pour un contrôle des frontières extérieures de l’Europe et des frontières nationales tant que nous sommes soumis à un risque aussi élevé de menaces terroristes et que nous sommes en état d’urgence. Or, il n’existe aucun contrôle extérieur effectif des frontières de l’Europe ni contrôle des frontières nationales alors que nous sommes en temps de guerre! La guerre exige de contrôler effectivement ses frontières. En temps de paix, je suis favorable à la suppression du regroupement familial et de l’aide médicale d’Etat, favorable à la suppression des pompes aspirantes de l’immigration et donc à l’expulsion des déboutés du droit d’asile, le drame de notre pays étant qu’actuellement 96% des déboutés ne sont pas expulsés.
On a donc le sentiment qu’il n’y a plus d’Etat de droit et que les Français qui travaillent, qui souffrent ou qui sont dans la peine en tant qu’accidentés de la vie voient que des personnes qui n’ont pas la nationalité française bénéficient d’autant de droits et parfois de plus de droits qu’eux. Ce sentiment d’iniquité est inacceptable. Et donc il faut stopper la dérive de l’absence de politique immigratoire en France. Le premier point doit être – en temps de paix et nous n’y sommes pas – la lutte implacable et le renvoi dans leur pays d’origine de tous les immigrés irréguliers ainsi que la définition par le Parlement d’un nombre circonscrit de quotas par pays et par filière selon les besoins. Je rappelle qu’en juillet 2015, les socialistes ont fait voter, subrepticement, une loi facilitant les conditions d’accueil et les droits des étrangers en situation irrégulière sur le territoire national! (voir vidéo ci-dessous).

 

 

 

 

Yannick Moreau et Philippe de Villiers en visite au Village du Vendée Globe 2016

Yannick Moreau et Philippe de Villiers en visite au Village du Vendée Globe 2016 – ©Photo: DR

 

 

 

Yannick Moreau et Philippe de Villiers - ©Photo: DR

Yannick Moreau et Philippe de Villiers – ©Photo: DR

Je m’épanouis aujourd’hui dans mes responsabilités publiques grâce à Philippe de Villiers
LRS: Quelles ont été vos relations avec Philippe de Villiers ? Vous avez été collaborateur au Cabinet de Philippe de Villiers de janvier 2000 à 2008, puis vous avez poursuivi, toujours au Conseil général comme Directeur de Projets Vendée Globe de 2008 à novembre 2010 sous Philippe de Villiers et ensuite sous Bruno Retailleau jusqu’en 2011 : quel était votre rôle ou vos missions ?
YM: J’ai travaillé 11 ans aux côtés de Philippe de Villiers. J’ai pour Philippe de Villiers une profonde amitié et une grande admiration et, une fois n’est pas coutume dans le monde politique, de la gratitude. Je ne m’épanouirai pas aujourd’hui dans mes responsabilités publiques au service de l’Agglomération des Sables d’Olonne, de la Vendée et de la France si je n’avais pas été initié au service public et au service du bien commun par Philippe de Villiers. Je ne connaissais pas ce monde de la politique avant de travailler pour Philippe de Villiers et, à ses côtés, j’ai attrapé le virus du service de la Vendée et de son développement.

Mon adhésion à l’UMP n’a pas été le meilleur souvenir de Philippe de Villiers me concernant
LRS: Gardez vous des contacts amicaux avec lui ?  Vous étiez alors au Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, puis vous êtes passé en divers droite puis à l’UMP. Est-ce qu’il vous en a voulu ?
YM: Nos relations sont bonnes mais elles ont effectivement connu des variations selon mon degré de proximité et d’implication au sein du parti de l’UMP ou des Républicains. Mon adhésion à l’UMP n’a pas été le meilleur souvenir de Philippe de Villiers me concernant. Maintenant, je suis ce que je suis, Philippe de Villiers est un grand serviteur de la Vendée et de la France et donc mon amitié est indéfectible. Et je refuse de sacrifier cette amitié pour telle ou telle personne que ça pourrait déranger.

 

Philippe de Villiers, Yannick Moreau et Jean Le Cam - ©Photo: DR

Philippe de Villiers, Yannick Moreau et Jean Le Cam – ©Photo: DR

LRS: Philippe de Villiers est venu visiter le village et le ponton du Vendée Globe et saluer les skippers. Est-ce vous qui l’avez invité?
YM: Oui, et j’ai eu plaisir de partager ce moment avec lui.

 

 

 

 

 

 

Yannick Moreau, député de l'opposition

Yannick Moreau, député de l’opposition

Etre député de l’opposition est un rôle ingrat
LRS: Le 17 juin 2012 vous êtes devenu député à 36 ans face à l’indéboulonnable Louis Guédon, et auparavant Maire d’Olonne-sur-Mer en 2008 à 32 ans ainsi que Conseiller régional en 2010. Depuis 2012, s’il fallait faire un bilan qu’avez-vous réalisé ??
YM: Etre député d’opposition c’est un rôle ingrat parce que concrètement on ne décide pas du cours des choses. On affirme des positions, on défend des convictions, on prépare une alternance mais on ne participe pas clairement aux décisions que prend le Gouvernement; cependant, on participe au débat démocratique mais sans pouvoir réellement influer. Par exemple, en cinq ans seuls deux de mes amendements ont été adoptés par la majorité de François Hollande sur des centaines que j’ai déposés; ils ont presque tous été rejetés car ils venaient de l’opposition.
Le rôle de député est de trois ordres:
– il est législateur et dans ce cadre là, dans l’opposition, on ne décide pas, on essaye de corriger les erreurs de la loi mais on n’y parvient pas toujours; par exemple, la loi Taubira sur le mariage et sur la réforme pénale sont deux lois que j’ai combattu mais que je n’ai pas réussi à inverser ;
– il est aussi chargé de contrôler l’action du Gouvernement et de ce point de vue, je n’ai pas ménagé ma peine pour servir d’aiguillon aux gouvernants soit par des questions écrites soit par des questions orales au Gouvernement sur l’économie, la croissance, l’esprit d’entreprise, la pêche, l’économie maritime etc..tout en demandant au Gouvernement de rendre des comptes sur certaines de ses actions en dénonçant devant les médias par exemple des comportements inadmissibles ou des conflits d’intérêts;
– et troisièmement en tant que médiateur entre les Français et l’administration car au titre de la séparation des pouvoirs on arrive parfois à mettre de l’huile dans les rouages du fonctionnement des services administratifs de l’Etat en Vendée ou en région. Et donc à faciliter l’émergence de projets ou l’interprétation équitable de règles administratives pour des professions, des catégories ou des entreprises, ou pour un projet communal etc..
Le rôle de député de l’opposition n’est donc pas du même ordre qu’un mandat de maire ou de président d’Agglomération permettant la réalisation de propositions concrètes, c’est plutôt un rôle global de détention d’une parcelle d’1/577ème de souveraineté nationale.

Des propositions de loi bloquées, jamais mises à l’ordre du jour de l’Assemblée!
LRS: Les propositions de lois que vous avez déposées seul au Parlement (Publicité des avis du Conseil d’Etat en janvier 2015 – Sanctions accueil et habitat gens du voyage en 2014 – Composition Conseil magistrature en mars 2016 – Référendum d’entreprise en 2016 – Suppression de l’aide médicale d’Etat pour aide médicale d’urgence en 2016) sont toutes bloquées à la Commission des Lois constitutionnelles de l’Assemblée nationale ou transmises à la Commission des Affaires sociales. C’est à dire que rien n’avance. Pouvez-vous nous donner des explications ??
YM: Il y en a une qui a été étudié en séance, celle qui visait à redéfinir les modalités d’accueil des gens du voyage dans les communes, mais nous n’avons pas abouti, c’est une proposition de loi que j’ai redéposée, qui a fait l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale avec un vote négatif de l’Assemblée puisque nous n’avons pas réussi à convaincre les socialistes, puis qui est partie au Sénat mais qui n’y a pas été mise à l’ordre du jour. Donc le Sénat n’a pas encore débattu de cette loi qui a été invalidée en première lecture à l’Assemblée nationale.
LRS: Elle est donc dans la navette ?
YM: Elle est dans la navette; quant aux autres propositions de loi dont vous parlez, elles n’ont pas été mises à l’ordre du jour d’une séance car elles sont « encalminées » par la majorité socialiste!
LRS: Vous voulez dire qu’elles sont bloquées par les vice-présidents et les questeurs qui décident de l’ordre du jour afin d’éviter qu’elles puissent être étudiées dans les Commissions puis par l’Assemblée?
YM: C’est ça!
LRS: ??!! N’est-ce pas une atteinte aux droits d’un député de déposer une proposition de loi afin qu’elle soit étudiée, et en arrière-plan de citoyens qui en faisant une demande à leur député croient que leur doléance passera de manière équitable à l’Assemblée??
YM: Oui, c’est un mode de fonctionnement qui est un peu préhistorique dans la mesure où tous les députés peuvent produire des centaines de propositions de loi par an qui ne sont jamais examinées. Et tout ça n’est pas raisonnable en réalité, ce n’est pas discipliné.
Mais ces propositions ont le mérite d’exister et d’être prêtes à l’emploi en cas d’alternance. Lorsqu’on cherchera à réformer tel sujet, on aura des projets de loi prêts à l’emploi dont la matière a déjà été examinée, les contenus vérifiés après consultation de spécialistes du sujet, ce qui permet de vérifier aussi que la demande est fondée.

 

François Hollande

François Hollande

La politique de la mer de François Hollande est inexistante
LRS: Vous êtes Secrétaire national délégué à la Mer et à la Pêche du parti Les Républicains. Comment jugez-vous la politique de la mer actuelle ?  Vous avez voté avec un autre député – et contrairement au groupe LR qui s’était abstenu – une proposition de loi sur la croissance bleue. Expliquez-nous votre vote?
YM: La politique de la mer de François Hollande est inexistante, inconsistante, inodore et sans saveur, et donc elle n’est pas à la hauteur de l’enjeu que représente la croissance bleue pour l’avenir de notre pays. La seule chose que l’on ait eu en 5 ans, c’est une proposition de loi déposée par un député frondeur qui envers et contre tout, et contre l’avis du Gouvernement, a réussi à faire passer un certain nombre de mesures techniques favorables aux questions maritimes. Comme elles étaient globalement favorables, je les ai votées en combattant quelques points de détail n’en déplaise à mon groupe; je suis un député libre et lorsque les choses me paraissent aller dans le bon sens je les vote, qu’elles viennent de la gauche ou de la droite, et là en l’occurence elles étaient positives mais, malheureusement ce ne sont que des mesures techniques partielles et non l’élaboration d’une stratégie et ambition maritimes pour la France.
Je voudrais dire solennellement que la France se gargarise d’avoir le deuxième espace maritime mais son ambition devrait être de redevenir une grande nation maritime qu’elle n’est pas, faute de navires de surface, de patrouilleurs pour affirmer notre souveraineté sur les quatre continents où elle est présente, faute d’encouragements en faveur de cette économie maritime dont on voit bien en Vendée et particulièrement aux Sables d’Olonne avec la construction navale, la pêche et le développement des énergies offshore qu’elle représente un nombre d’opportunités considérables pour le pays et des emplois directs ici en Vendée. C’est pourquoi, on organise dans quelques jours un Forum des Métiers de la Mer ; on souhaite montrer aux jeunes que la mer n’est pas simplement un espace de loisirs, c’est aussi un lieu d’opportunités professionnelles ; il y a des emplois à pourvoir sur le port des Sables d’Olonne et personne ne le sait, et des formations adéquates existent. On a tout sous la main, et il faut savoir que les patrons pêcheurs n’arrivent pas à recruter des équipages, tandis que les chantiers navals n’arrivent pas à recruter de soudeurs etc…!

Contre des Parlementaires hors-sol!
LRS: Nicolas Sarkozy battu, c’est la fin du souhait du retour des cumuls de mandat. Quel choix allez-vous faire en 2017 : le choix des législatives pour être réélu député ou une projection vers la mairie fusionnée des Sables d’Olonne en 2018 ? Existe-t-il un accord tacite entre Yannick Moreau et Didier Gallot pour 2018 ?
YM: J’espère que le bon sens l’emportera et que la droite rétablira le cumul des mandats car il n’y a rien de pire que d’avoir des parlementaires hors-sol et déconnectés de la réalité des territoires et de la vie des Français. Le jour où les députés et les sénateurs ne seront désignés que parmi les apparatchiks des partis politiques et n’auront pas de responsabilité locale, ce sera un drame pour le pays. Déjà que les lois qui sont votées sont parfois assez largement déconnectées, imaginez des lois préparées et votées par des gens qui ne connaissent pas la réalité de la vie des Français et qui vivent à l’intérieur du périphérique parisien sous l’influence des Républicains ou des socialistes!!

 

Mairie Les Sables d'Olonne

Mairie Les Sables d’Olonne

Je souhaite le cumul d’un mandat national et d’un mandat local
LRS:
Croyez-vous à une décision favorable de François Fillon sur les cumuls de mandat, car pour l’instant il semble se positionner – en tout cas à court terme – contre cette modification ?
YM: Il y a des moyens techniques possibles encore aujourd’hui pour que le cumul raisonnable des mandats – un mandat national et un mandat local, ça c’est raisonnable – soit réintroduit après les élections présidentielles et donc je ne me place pas dans l’hypothèse où ce cumul ne serait pas réintroduit; mon ambition est à la fois de servir la France à travers un mandat national de député et de servir le développement de l’Agglomération des Sables d’Olonne à travers un mandat local quel qu’il soit, et donc je ferai tout pour que cette double responsabilité soit possible. Je crois d’ailleurs comprendre que c’est le souhait de Bruno Retailleau qui compte parmi les plus fidèles soutiens de François Fillon.

LRS: Votre ambition est donc de pouvoir être réélu député et d’être soit président de l’Agglomération soit Maire des Sables ? Rien n’est joué car vous risquez malgré tout d’avoir des concurrents…!?
YM: Quelques-uns, oui !….

 

1er octobre 2016, Nicolas Sarkozy au Centre Leclerc signe son dernier ouvrage

1er octobre 2016, Nicolas Sarkozy au Centre Leclerc signe son dernier ouvrage

Je partage l’ambition de réforme radicale de notre pays  portée par François Fillon
LRS: Votre opinion sur les Primaires et la défaite de Sarkozy ? 
YM: Sur les Primaires, il faut se féliciter du succès du scrutin alors que certains pensaient que 
les Français désespéraient de la droite française, et ce premier tour de la primaire a fait triompher les idées, les projets et les candidats d’une droite affirmée et offensive. Certes je suis déçu pour Nicolas Sarkozy dont j’apprécie l’énergie et le tempérament chaleureux, mais je me réjouis de la victoire des idées de droite. Pour le deuxième tour je voterai pour François Fillon dont je partage le diagnostic et l’ambition de réforme radicale de notre pays (NDLR: rappelons que cette interview s’est déroulée entre les deux tours de la Primaire Droite/Centre). Après cinq années de socialisme, le projet de François Fillon, sans demi-mesures, me paraît le plus à même de relever la France et de la mettre sur les rails de la sécurité et de la prospérité.

 

 

 

Yannick Moreau

Yannick Moreau

Les vents étaient contraires pour Nicolas Sarkozy
LRS: Une élection, ça ne se joue pas forcément à Paris dans le parisianisme de rigueur, ça peut se passer aussi au bar du Café du Commerce…….. Beaucoup de Français se plaignaient – et le relayaient abondamment sur les comptoirs – de Nicolas Sarkozy reprenant les seuls desiderata du Medef, n’ajoutant jamais de coup de pouce à la hausse automatique du Smic ou participant à ce qui est considéré comme un racket des automobilistes par un vaste plan de radars. Ce manque de lucidité paraît étonnant alors que la paupérisation des Français était déjà en marche. Etait-il au courant de ces sentiments largement diffusés qui, à la longue, finissent par écarter des dizaines ou centaines de milliers de voix d’un candidat à la présidentielle ?
YM: En 2012, les vents étaient contraires, et pour expliquer mon soutien, je considérai que l’intérêt supérieur du pays était d’avoir un vrai chef à sa tête. Aujourd’hui, pour la présidentielle 2017, dans la situation actuelle du pays et dans la situation internationale que nous connaissons, Nicolas Sarkozy me paraissait être le meilleur président que l’on puisse avoir, avec ses qualités et ses défauts, les deux étant nombreux. Les Français ont voulu tourner la page de Nicolas Sarkozy, j’en prends acte. C’est le peuple souverain qui décide et non les sondages ni les médias, et le peuple souverain s’exprime non seulement au Café du Commerce mais surtout dans les urnes. Au moins le message avait le mérite d’être clair et il faut donc respecter la volonté du peuple souverain qui s’exprime.

LRS: Aviez-vous conscience de cette image négative de Nicolas Sarkozy comme passeur des volontés du Medef ?
YM: Oui, oui ! C’est pour cela que je dis que l’on avait bien conscience que les vents étaient contraires y compris sur ces sujets-là mais néanmoins les qualités de cette candidature m’apparaissaient comme supérieures à ce type de jugement négatif.

 

Port Olona - Les Sables d'Olonne - ©Photo: DR

Port Olona – Les Sables d’Olonne – ©Photo: DR

Les ports de plaisance seront sans doute gérés par les Communautés d’Agglomération
LRS: Avez-vous eu une réponse pour savoir si la gestion des ports de plaisance communaux était transférée aux EPCI ou maintenue par les communes ou communautés d’agglomération ?  Quel est l’enjeu sur le Pays des Olonnes et pour la Samso qui gère le port de plaisance?
YM: La logique de la loi NOTRe est que ce soit transféré aux Communautés d’Agglomération y compris donc le port de plaisance des Sables d’Olonne. L’enjeu, c’est que la Samso va changer d’actionnaire principal probablement et l’actionnaire principal de la Samso, au lieu d’être la Ville des Sables d’Olonne – qui restera malgré tout actionnaire – sera la Communauté d’Agglomération.

 

 

 

Vote - Consultation au Château d'Olonne le 11 décembre 2016

Vote – Consultation au Château d’Olonne le 11 décembre 2016

Je souhaite un Oui clair, franc et massif pour la fusion au Château d’Olonne
LRS: Fusion au Pays des Olonnes – La date de 2019 votée par le conseil municipal du Château d’Olonne, est-ce à votre avis la volonté de permettre l’exercice de leur mandat le plus long possible pour les élus avant les prochaines élections municipales de mars 2020, ou n’est-ce finalement qu’une manière de la part de la ville du Château d’Olonne de montrer à ses deux voisines qu’elle est autonome et qu’elle n’entend pas se faire dicter ses choix?
YM: Moi, je ne sais pas quelle intention il y a derrière le fait de choisir une date qui n’est pas commune à celle choisie par Olonne-sur-Mer et Les Sables d’Olonne!! Je ne suis pas bien placé pour répondre, je constate seulement qu’en rédigeant une triple question en une, on multiplie les chances d’un Non au lieu de favoriser le Oui or je souhaite un Oui clair, franc et massif en faveur de la fusion au Château d’Olonne pour que les habitants de cette commune participent à la création de cette Commune nouvelle de 45.000 habitants qui sera la locomotive de l’Agglomération et de la Vendée littorale.

Si les Castelolonnais disent oui, il y a une chance pour que l’on puisse trouver un compromis
LRS: Comment voyez l’avenir de cette fusion et la suite de la consultation si celle-ci est positive le 11 décembre 2016 puisque Joël Mercier, maire du Château d’Olonne, pose des conditions apparemment incontournables : fusion des 3 communes ensemble et à une même date! Allez-vous accepter ce recul de la date de fusion au 1er janvier 2019 ou estimez-vous qu’un recul de date étant dangereux à opérer vous maintenez votre date de fusion au 1er janvier 2018?  Et avez-vous toujours comme position une fusion à deux en 2018 et le renvoi des négociations et d’une fusion à trois après les prochaines municipales de 2020 (NDLR: ce qui avait été évoqué au plus fort de la crise)? Enfin, avez-vous déjà pris une décision ou attendez-vous le résultat de la consultation au Château d’Olonne pour vous décider?
YM: Mon objectif a été, est et sera toujours de créer une Commune nouvelle à trois car les trois communes des Sables d’Olonne, d’Olonne-sur-Mer et du Château d’Olonne constitue déjà une même ville. Il y a certes une différence de calendrier, la seule chose que je sais c’est que si les Castelolonnais disent non, la porte de la fusion se refermera pour de nombreuses années et le train de la fusion partira sans eux ce qui serait triste et contraire à l’intérêt supérieur de l’Agglomération, mais on respectera la volonté populaire du Château d’Olonne. Si je m’engage dans cette élection et que j’encourage les Castelolonnais à voter Oui c’est que j’espère qu’ils vont dire Oui et que, même s’il y a un problème de date, dès lors qu’ils ont dit Oui il y a une chance pour que l’on puisse retrouver un compromis entre les trois communes pour créer cette Commune nouvelle avant 2020 et donc trouver une date commune.

 

Hôtel de Ville du Château d'Olonne

Hôtel de Ville du Château d’Olonne

Je suis prêt à être l’avocat d’un compromis pour créer cette Commune nouvelle
LRS: Vous êtes maire-adjoint d’Olonne-sur-Mer, chargé du dossier de la fusion. Mais, imaginons que les deux maires, Didier Gallot, maire des Sables d’Olonne, et Florence Pineau, maire d’Olonne-sur-Mer, ne soient plus aussi chauds qu’auparavant – nous mettons cela au conditionnel – pour une fusion à trois et/ou pour reculer d’une année – ou à une autre date – un projet de fusion déjà bien avancé entre Les Sables d’Olonne et Olonne-sur-Mer, projet qui nécessite beaucoup de travail en interne afin d’appréhender toutes les problématiques. Quelle serait alors la solution?
YM: Je suis prêt à être l’avocat d’un compromis pour créer cette Commune nouvelle avant mars 2020. Et donc à aller voir le maire d’Olonne-sur-Mer, le maire du Château d’Olonne et celui des Sables d’Olonne pour leur dire : le Château d’Olonne a dit Oui, il faut que l’on trouve un compromis avant le prochain mandat.

La fusion à trois est une sujet d’intérêt général!
LRS: Cela veut-il dire que vous seriez prêts à faire un effort de date éventuelle?
YM : A titre personnel, j’ai toujours été favorable à la fusion à trois et si le Château d’Olonne dit Oui, il y a une vraie chance pour que l’on ré-ouvre les discussions et qu’on trouve un compromis. Mais si le Château d’Olonne dit Non, la question ne se posera plus…, donc il faut que les habitants du Château d’Olonne disent Oui. Je chercherai alors un compromis. Je ne partage pas l’avis de ceux qui prétendent que lorsque je prends parti pour le Oui au Château d’Olonne je me mêle de ce qui ne me regarde pas: la création d’une Commune nouvelle de 45.000 habitants au coeur d’une Agglomération de 55.000 habitants et au coeur de la Côte vendéenne et du département de la Vendée ne concerne pas uniquement les habitants du Château d’Olonne, cela intéresse et concerne tout le monde!
Que la Vendée ait une locomotive économique et touristique qui soit la Commune nouvelle des Sables d’Olonne avec 45.000 habitants est un sujet d’intérêt général car la fusion créerait une dynamique favorable pour le Château d’Olonne, pour la Communauté d’Agglomération et pour la Vendée.
Interview réalisée par Philippe Brossard-Lotz
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