Florelle

Ces drames vécus par Les Sables d’Olonne – Episode 2 : L’accident de Florelle

Florelle, dont le patronyme est Rousseau et le prénom Odette, est née le 9 août 1898. Sa grand-mère Marie-Joséphine tenait une buvette « A la mère Rousseau » sur les quais de La Chaume, correspondant de nos jours au 34 quai George V. Son grand-père, Ulysse, était constructeur de navires. Elle n’est qu’une enfant de 9 ans lorsque ses parents partent à Paris vers 1908. Elle y fera une très grande carrière d’artiste lyrique puis d’actrice de cinéma.

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En 1927, Florelle, a déjà une carrière conséquente – près de 20 années de comédie, d’opérette et de music-hall. Elle jouera même, à partir du 26 mars 1927, dans « Un vent de folie » aux Folies Bergère avec la meneuse Joséphine Baker qui s’exhibe avec sa fameuse ceinture de bananes. Florelle est devenue incontournable dans les grands music-halls des Années Folles –  le Casino de Paris, le Moulin Rouge et les Folies Bergère – qui s’attachent revuistes, meneuses et demi-vedettes qui vont leur assurer le succès.

« Ça c’est Paris »
Le 2 septembre 1927, Florelle participe avec talent à la « 2ème version » de « Ça c’est Paris », une revue qui eût un immense succès.  Le directeur du Moulin Rouge, Pierre Foucret, décide de lancer cette « 2ème version de la revue « Ça c’est Paris », en conservant le titre fétiche : la revue comprend 300 artistes, nécessite 2 500 costumes – réalisés par l’incontournable Gesmar – pour un budget de 3 millions de francs de l’époque.
En octobre 1932, Florelle obtiendra même le rôle très envié de meneuse de revue : travailleuse, obstinée, elle jouera fin 1932 dans « La Revue d’Amour » aux Folies Bergère. C’est le début de la consécration pour la jeune Chaumoise, après des débuts vers 1908 – 1910 comme jeune figurante et interprète.

Carrière d’actrice de cinéma
Florelle poursuit dans le cinéma : elle jouera durant 44 ans, de 1912 à 1956, dans 51 films dont 6 films muets, essentiellement des films ou comédies dramatiques, une dizaine de comédies et quelques films dits de fantaisie.
Le vrai tournant de sa carrière sera le succès considérable de « L’Opéra de Quat’sous » en 1931. Son rôle le plus remarquable sera celui de Fantine dans « Les Misérables » en 1934.
« L’Opéra de quat’sous » : « C’est la plus grande révélation de ma vie » dira le grand réalisateur Pabst en sortant de la salle de projection le jour où on lui montra le bout d’essai. « L’Opéra de Quat’sous », (film musical) satire pleine d’âpreté marquée par l’empreinte personnelle de Pabst, fut un énorme succès cinématographique et sera considéré comme un authentique chef-d’oeuvre du parlant ; il s’agit de l’histoire d’un chef de bande et souteneur de la belle Polly, fille du chef des mendiants de Soho. Florelle, dans son rôle de Polly Pitchum, la fille du roi des mendiants, lui valu en général d’excellentes critiques et lui donna son surnom de « fille joyeuse au regard triste ».
La chanson qu’y chante Florelle, La Complainte de Mackie, connaîtra elle-aussi un succès retentissant. Elle fut même reprise après guerre – sous le titre anglais de Mackie Messer – Mack the knife en musique jazz par Sidney Bechet et Louis Armstrong ainsi que par de très nombreux chanteurs (Mouloudji) et orchestres au point d’en devenir un standard !

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Trois accidents de la route – 1932, 36 et 39 – viendront perturber sa carrière et la tranquilité de son esprit et un quatrième perturbera la fin de sa vie

– Août 1932 – 1er accident: Florelle fut victime d’un grave accident d’automobile à Mozé-sur-Louet, dans le Maine-et-Loire. L’artiste, dont la voiture était entrée en collision avec un autre véhicule, avait été grièvement blessée.La voiture que conduisait l’artiste est entrée en collision avec une autre auto qui débouchaît d’un chemin transversal. Le choc fut si violent que la voiture de Mlle Florelle fut précipitée dans un ravin. Mlle Florelle a la jambe gauche brisée. Elle a été transportée à Angers, à la clinique Ste-Croix.

– Juin 1939 – 3ème accident: Pour la troisième fois Florelle est victime d’un accident d’auto. L’artiste s’en tire, cette fois, avec des contusions sans gravité. M. Amar, le directeur de cirque, qui l’accompagnait, est assez sérieusement atteint (fractures de côtes). Une voiture ayant dérapé sur les rails de l’ancien tramway de Pont-l’Evêque à Cormelles vint se jeter sur l’auto de M. Amar. Les témoins de l’accident se portèrent immédiatement au secours de M. Amar et de Mlle Florelle qui furent transportés chez le docteur Maurin. Mlle Florelle porte de nombreuses contusions, mais sans gravité. 

– En 1974 – 4ème accident : Florelle se blesse au genou dans un accident de voiture. Patiente difficile, elle est transférée à l’Hôpital de la Grimaudière à La Roche-sur-Yon (Vendée).

Florelle conduisait depuis son adolescence et, en 1932 à l’âge de 34 ans, en était à sa douzième voiture. Elle avait même participé à plusieurs courses de voitures mais ne considérait pas que ce soit un sport. Des journaux affirmaient qu’elle avait été la 1ère femme à avoir obtenu son permis de conduire officiel (Cinéa – février 1932).
Conductrice d’expérience ou non, il semble en tout cas qu’elle roulait assez vite sur ses nombreux trajets entre Paris et les Sables d’Olonne.

C’est son 2ème accident qui créa un grand émoi aux Sables d’Olonne et qui aurait pu détruire sa carrière !
Juin 1936 : 2ème accident
Le 12 juin, Mlle Odette Rousseau, l’artiste de cinéma connue sous la nom de Florelle, se rendait en automobile aux Sables d’Olonne, lorsque, vers 13 heures, au bas d’une côte, entre Yvré-l’Evêque et Le Mans, un pneu de sa voiture éclata. L’auto fit une terrible embardée et, traversant la route, alla se renverser sur un groupe de trois cyclistes qui venaient en sens inverse.

« Florelle au volant de son automobile renverse trois cyclistes – L’un d’eux est tué »

L’un des cyclistes, M. Alphonse Olivier, peintre, demeurant 3, rue de l’Ecrevisse, au Mans, fut tué sur le coup. Il était né le 7 juillet 1912, marié, père de famille. Ses deux compagnons, ses cousins, furent blessés. Ce sont: MM. Jules Heurteloup, vingt-neuf ans, demeurant 86, rue Edmond-de-la-Boussinière, et Joseph Bourdais, seize ans, boulanger, habitant Bouère (Mayenne). Les deux blessés ont été admis dans une clinique dans un état grave.

Le chauffeur de Mlle Florelle ainsi que la sœur de l’artiste, Mlle Manuela Rousseau, qui portent de multiples plaies, sont soignés dans la même clinique, mais leur état n’inspire aucune inquiétude. Quant à l’artiste elle-même, qui pilotait la voiture, elle est indemne.
Mais une autre source indique toutefois que Florelle a eu « le front ouvert, les reins disloqués et un voile sur la gorge ». (« Le Petit Parisien » – 13 juin 1936)

Lire aussi – ACCIDENT D’ESCRIME AUX SABLES D’OLONNE: http://www.lereportersablais.com/drames-vecus-sables-dolonne-episode-1-escrime/

Durant son hospitalisation lors du 1er accident, Florelle avait sur sa table de chevet une statuette de Ste-Thérèse : « C’est elle qui m’a protégée, dit-elle avec conviction, ce n’est pas une superstition, je suis très profondément croyante » (Cinémonde, 15 sept. 1932).
Florelle restera très pieuse tout au long de sa vie ; on la voyait souvent aussi bien à l’église Notre-Dame de Bon Port qu’à l’église Saint-Nicolas à La Chaume.
Nul doute que la mort d’un des cyclistes lors de son accident à la suite de l’éclatement d’un pneu l’aura marqué et qu’elle a porté ce drame tout au long de sa vie !
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

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