Vendée Patrimoine. L’Ile d’Olonne lance son chantier du siècle

 




 

 

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, l’Eglise de l’Ile d’Olonne possède un clocher – avec son hauvent et son belvédère – unique en son genre en France.
Mais celui-ci ainsi que l’ensemble de l’église ont subi au fil du temps des dégradations nécessitant que l’on s’installe à leurs chevets.

Probable effondrement du clocher
Le maire de l’Ile d’Olonne, Fabrice Chabot, et Pierluigi Pericolo, architecte du Patrimoine, nous ont reçu pour un tour d’horizon du « chantier du siècle » pour cette commune, comme aime à le dire le maire.
Le sujet n’est pas nouveau puisque dès son premier mandat, Fabrice Chabot s’était attelé à ce dossier en faisant réaliser plusieurs études par des entreprises afin d’appréhender l’état de l’église et de son clocher.
Et les conclusions n’étaient pas très optimistes, montrant des fragilités à tous les niveaux même si régulièrement des travaux étaient réalisés, certaines analyses faisant même part d’un probable effondrement du clocher!

Le bâtiment est marquant, symbolique, incontournable, et fait l’objet d’une quasi-adoration de la part de tous les habitants. On ressent, de leur part, une certaine fierté d’habiter en un lieu où trône majestueusement cette église et son mythique clocher. L’architecte s’en félicite et, ce qu’il aime parmi tout, c’est ce contact avec la population venant engager avec lui la conversation sur le monument en chantier. Nouer ainsi des relations, mêmes épisodiques, avec des gens qui sont attachés au patrimoine local et régional lui est très sympathique.

 

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Un chantier loin d’être banal
Les évolutions nécessitaient un chantier de grande ampleur. Et il le sera pour la durée, le montant financier, les techniques qui seront employées, comme pour l’échafaudage que les travaux nécessiteront.
Un appel d’offres a été lancé. Tous les lots ont pu être attribués, l’architecte en charge du chantier étant donc Pierluigi Pericolo.
Celui-ci , avec son équipe de 7 personnes basée à Nantes, a une forte expérience en la matière.
Il a déjà effectué des travaux sur une soixantaine d’églises dans l’Ouest de la France ainsi que sur plusieurs châteaux: Abbaye St-Jean d’Orbestier, la Basilique Saint-Donatien à Nantes (incendie de 2015), les Châteaux de Commequiers, Clisson (stabilisation et archéologie), Châteaubriant, des Ducs de Bretagne à Nantes (courtines = mur de fortification) etc…

 

 

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Un budget de 1,8 million d’€
Le chantier de l’Ile d’Olonne durera 2 à 3 années – avec une moyenne de 10 personnes – et ne se limitera pas à une simple sauvegarde. Il s’agira d’une rénovation complète, d’une vaste opération, et qui participera amplement au projet du maire consistant à redynamiser le centre-bourg comme d’autres projets également en cours: aménagement de la Place de Gaulle, du Pôle médical et poursuite du projet du Moulin Gueffard.
Le chantier de l’Eglise aura une importance considérable pour cette modeste commune, avec un budget de 1,8 million. Plus de 50% du budget sera pris en charge par l’Etat, la Région et le département, le reste étant financé par un emprunt.

 

Un échafaudage auto-porteur à la hauteur de la flèche
Pierluigi Pericolo nous indique que le chantier sera également exceptionnel par sa complexité en raison des problématiques d’ordre structurels, de la stabilité, de la dégradation de la charpente, de l’état du hauvent et du belvédère. Un échafaudage sera monté, fixé sur les pierres pour la partie basse, mais plus haut il sera beaucoup plus complexe puisqu’à la hauteur de la flèche il devra être autoporteur afin de ne pas s’appuyer sur celle-ci en raison de sa fragilité !
La construction de cette église s’est étalée du 13ème siècle au début du 20ème siècle. Avec donc des structures qui se sont ajoutées au fil des siècles….
C’est la partie haute qui sera traitée au début, et pour cela l’échafaudage installé permettra d’effectuer un état précis des lieux, élément par élément. Des déposes partielles seront effectuées par grutage, par exemple pour de longues poutres en bois.
Selon les premiers éléments connus, la flèche serait soutenue par des supports mixant bois et béton armé. Il est donc fort improbable de pouvoir soulever la flèche en un seul bloc compact.
Le scénario sera sans doute de la déshabiller de façon délicate et, au fur et à mesure des avancées, d’élaborer des stratégies et méthodologies.
Mais les différentes études déjà réalisées, qui ont été synthétisées, ainsi que des scans en 3D effectués récemment, ont toutefois permis de se faire une idée de l’état général.

 

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Un chantier du siècle qui ne sera pas banal!
Toute la panoplie des interventions sera nécessaire nécessitant des technologies particulières afin de prendre en compte les pathologies diverses du bâtiment.
On le voit, comme nous le dit le maire, c’est le chantier du siècle, et pour l’architecte, il s’agit d’un chantier qui n’est pas courant du tout et qui n’a rien de banal !
Imaginez, par exemple, que les vitraux sont « prêts à tomber » !  Les soutiens en plomb sont rouillés et les entourages en pierre sont fortement fissurés ou fracturés !

Les travaux se dérouleront en 4 phases:
– la flèche et le clocher;
– le chevet et la nef, avec les problèmes de charpente;
– la couverture sera entièrement refaite;
– mise aux normes du chauffage au gaz et remplacement des luminaires.

 

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais




 

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