NEWS International. L'exécution d'une femme, fait très rare aux États-Unis, suspendue in extremis Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu in extremis mercredi l'exécution dans le Tennessee de Christa Pike, qui devait être la première femme mise à mort dans cet État depuis plus de 200 ans. La dernière exécution d'une femme aux États-Unis remonte à celle, en 2023 dans le Missouri (centre), d'Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays. Au total, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit à peine plus de 1% des exécutions, selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC). Dans une brève décision rendue environ une heure à peine avant l'exécution, la cour d'appel, par deux voix contre une, considère que "l'intérêt de la justice et le caractère définitif de l'exécution imminente de Mme Pike nécessitent un court sursis", dont elle ne précise pas la durée, afin d'examiner les arguments des deux parties. La cour d'appel doit trancher sur la recevabilité d'un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, 50 ans, que l'État du Tennessee a reconnues pour la première fois lors d'une audience en août, sans pour autant changer sa position. L'exécution par injection létale, prévue à 10H00 locales (15H00 GMT) à Nashville, aurait été la 30e depuis le début de l'année aux États-Unis, dont 16 pour la seule Floride (sud-est). Toutes ont été réalisées par cette même méthode. Le gouverneur républicain du Tennessee (sud), Bill Lee, a rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, et la Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi son ultime demande de sursis. Le Tennessee a saisi en urgence la Cour suprême pour réclamer la levée de cette suspension, invoquant "l'intérêt de l'Etat à une résolution finale" de ce dossier ainsi que le droit des proches de la victime à "tourner la page". Les avocats de Christa Pike ont au contraire exhorté la Cour à s'abstenir de toute intervention, faisant valoir que "l'exécution de Mme Pike entacherait le système judiciaire et minerait la confiance de la population dans son intégrité". - "Toutes les circonstances atténuantes" - Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu'elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse. Ses deux complices également adolescents, son petit ami de l'époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres. Les avocats de Christa Pike affirment que sa défense lors de son procès en 1996 n'avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge. Elle a été diagnostiquée tardivement pour trouble bipolaire et stress post-traumatique provoqué par les violences subies pendant son enfance. Début septembre, des experts mandatés par l'ONU ont appelé à suspendre l'exécution et à commuer sa peine. Les États continuant à appliquer la peine capitale doivent "respecter strictement les garanties du droit international", dont le plein respect des droits de la défense, "la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris le passé de traumatismes et de violences et une véritable opportunité de demander une grâce ou une commutation de peine", selon ces experts. Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux États-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009. La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur. (avec AFP) lereportersablais@gmail.com Retour aux articles : Campagne de DONS 2026 : Abonnement au reporter sablais : Inscription à la Newsletter : Publication d'Annonces légales Vendée : Vidéos Les Sables-d'Olonne et Vendée :