Les Sables-d'Olonne Vendée. La Direction de Course sécurise la course avec un waypoint La Direction de Course sécurise le parcours C’est dans une situation agitée que se jouera la première partition de cette Mini 2025, à laquelle ils et elles se sont tous et toutes qualifiés. « Sur le film météo, on voit une dépression instable pour le golfe de Gascogne. Il y aura des grains et des orages, avec des vents qui peuvent varier beaucoup en force. Ces conditions peuvent être un peu stressantes pour les moins expérimentés. Il y a toujours de l’incertitude sur le positionnement de ce type de système », souligne le météorologue Pierre Le Roy, vainqueur de l’édition 2021. Dans ce contexte, le direction de course a préféré sécuriser ce premier parcours, avec l’ajout d’une marque virtuelle - le waypoint Regatt - positionnée à douze milles dans le Sud de Glénan. En rallongeant d’une centaine de mille le tracé de cette première étape en direction des Canaries, il s’agit de contraindre la route de la flotte pour lui faire éviter le plus gros de la mer sur un golfe de Gascogne annoncé pas commode. Présent sur le plan d’eau, Yves Le Blevec, vainqueur de l’édition 2005, analyse la situation météo et prévient d’une première nuit agitée et sans sommeil : « Le vent va rapidement se renforcer dès la deuxième partie de la nuit de dimanche à lundi. Les concurrents enrouleront la marque virtuelle positionnée au sud de Penmarc’h lundi matin dans un vent de nord-est bien établi, 25-30 nœuds avec des rafales à 35-40 nœuds. Leur premier bord de spi sera tonique ! » Avant-départ Une vague de ferveur, un élan de joie ; des grands sourires et quelques petites larmes… Même les plus expérimentés, et les huit récidivistes qui affichent une ou plusieurs participations ont dû composer avec un flot d’émotions, et l'inévitable confusion des sentiments où se mêlent l’excitation et l’appréhension de se lancer - enfin seul ! - dans une course sans assistance, et sans aucun contact avec la terre. « J’ai hâte ! La Mini, cela reste un truc de fou ; je suis trop content d’y retourner ! » lance Benoît Marie, le grand favori dans la catégorie des prototypes, vainqueur en 2013 de cette course de légende. « Et ce week-end, je profite. 200 personnes sont là pour moi et c’est plein d’énergie positive », ajoute celui qui ne cache pas son impatience d’attraper la barre de sa coque de noix à foils, Nicomatic-Petit Bateau. Un vif empressement, c’est aussi ce que ressent Amaury Guérin (Groupe Satov), l’un des nombreux candidats aux avant-postes chez les séries. « La pression monte, mais je me sens prêt au niveau technique. À présent, j’ai surtout hâte d’être en mer ; cela fait trois ans que je prépare ce projet », confie le jeune skipper de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Il mesure néanmoins faire un grand saut dans l’inconnu : « passer du temps au large, ce n’est pas quelque chose qui me fait forcément peur, mais tenir un rythme de course intense sur la durée des deux étapes, ce sera une vraie nouveauté ». C'est fait, les 90 skippers sont partis ! L'Histoire Créée en 1977 par Bob Salmon dans le but de renouer avec l’esprit aventureux des premières transatlantiques, et organisée chaque année impaire depuis. La 25ème édition de l’épreuve qui s’élancera le 21 septembre 2025 réunira 90 marins parmi lesquels de futurs grands noms de la voile et d’autres venus réaliser un rêve de mer et de liberté. Et pour cause, disputée en solitaire et sans assistance à bord de voiliers de 6.50 mètres, l’épreuve est une véritable école de la course au large, où le skipper doit être polyvalent et autonome pour faire avancer son bateau malgré l’exigence de l’exercice. Car oui, une traversée de l’Atlantique, sans routage météo par satellite ni aucun contact avec la terre qui plus est, n’a rien d’anodin. «En dehors des tours du monde, je ne connais pas une course aussi extraordinaire. Il y a autant de vainqueurs possibles que de concurrents au départ», résume d’ailleurs Jean-Luc Van Den Heede, qui compte aujourd’hui plus d’une douzaine de circumnavigations à son actif. DÉPART Proches, partenaires et amis, venus en nombre, se sont pressés pour encourager cette grande famille de skippers, âgés de 20 à 64 ans, sur le point de se jeter dans le grand bain après des années de préparation. Chaudes embrassades, baisers tendres, mots doux et larges sourires… C’est dans la joie et la bonne humeur que les 90 marins ont quitté le ponton, un à un, avant d’embouquer le chenal pour rejoindre la ligne de départ. Le meilleur départ est signé Mathis Bourgnon (Assomast) qui est le premier à la marque au vent suivi par Benoit Marie à bord de Nicomatic - Petit Bateau. Le Japonais Hajime Kokumai (DMG Mori) passe en troisième position au moment de mettre le cap vers le waypoint Regatt situé au large des Glénans. Trois retours au port En début d’après-midi, sous un ciel bleu, toutes les conditions semblaient réunies pour un départ idéal : un flux d’une dizaine de nœuds soufflait sur une mer légèrement clapoteuse. ---> Mais alors que la procédure s’engageait, Marin Ferrey, skipper du proto Satanas, a dû renoncer et regagner le port pour réparer son pilote automatique récalcitrant. Il espère reprendre la mer rapidement et rejoindre le peloton en course. À 15h30, le coup d’envoi est donné : à petite cadence, la flotte compacte de 89 bateaux s’élance sur cette première étape longue de 1 450 milles en direction de Santa Cruz de La Palma. ---> Pour deux skippers, Sophie Delannoy (917) et Gabriel Bouan (963), le rêve a cependant tourné court. Les deux concurrents se sont percutés dans le trafic intense et sont tous les deux revenus aux Sables. Gabriel Bouan est victime de dégâts importants sur l’étrave qu’il doit réparer avant de rendre la mer. Sophie Delannoy est elle prête à repartir en course mais attend le feu vert du jury pour repartir. ____________________________ ___________________________ Article précédent Quand partent les bateaux ? 90 bateaux en 90 minutes, c’est le défi logistique du départ de la Mini Transat La Boulangère. En 1h30, tous les concurrents de cette 25ème édition doivent avoir quitté le ponton Vendée Globe où ils sont amarrés depuis près de deux semaines. Dès 12h30, c’est Pierrick Evenou, à bord de Unicancer-Seeds-Bekina , qui va larguer les amarres alors que le dernier à s’élancer sera le Suisse Nicolas Schmid à 14h00 pétantes. Cet exercice est rendu possible par les équipes du service des sports nautiques de la ville des Sables et du club Les Sables Vendée Course au Large. HEURE NOM PRÉNOM N° DE COURSE 12:30:00 Evenou Pierrick 966 12:30:00 Cousin Paul 981 12:31:15 de Malleray Antoine 950 12:32:30 Malard Foucauld 621 12:33:15 Boulbin Pierre 869 12:33:15 Bouscasse Louis 954 12:33:15 Le Calvic Matéo 967 12:34:30 Lafon Léo 787 12:35:45 Rondon Miguel 1006 12:37:00 Villain-Amirat Timothée 756 12:37:00 Le Renard Aymeric 1020 12:38:15 Huuk Thiemo 1003 12:39:30 Chapot Antonin 1043 12:40:45 Ollivier William 979 12:40:45 Ramon Hugo 1054 12:42:00 Le Huec Awen 900 12:42:00 Mocudet Quentin 986 12:43:15 Ouvrard-Lanet Antoine 984 12:43:15 Guerin Amaury 996 12:44:30 Bagci Deniz 968 12:45:45 Krasevac Uros 759 12:47:00 De Pfyffer Alicia 1051 12:48:15 Alt Benoit 716 12:49:30 Bouan Gabriel 963 12:50:45 Peugeot Arthur 896 12:50:45 Dauvillier Thibault 1093 12:52:00 Quillasi Thomas 819 12:53:15 Le Rolland Pierre 312 12:54:30 Takahara Naho 998 12:55:45 Bourgnon Mathis 934 12:57:00 Lavauzelle Matéo 1044 12:57:00 Le Cam Thaïs 1068 12:58:15 Sename Victor 891 12:59:30 David Victor 1017 13:00:45 Gamenara Nicolo 1073 13:02:00 Delannoy Sophie 917 13:03:15 Le Clech Emma 865 13:04:30 Morinaux Pierre-Adrien 551 13:05:45 Kokumai Hajime 1046 13:05:45 Chu Yi 1056 13:07:00 Lafleur Paul 1005 13:07:00 Letissier Julien 1069 13:08:15 Catalano Noémie 1076 13:09:30 Nakayama Hiroki 1034 13:10:45 Bernard Clothilde-Marie 1071 13:12:00 Ferey Marin 304 13:13:15 Barnaud Elouan 888 13:14:30 de Rochefort Jérémy 525 13:15:45 Gautier Basile 945 13:17:00 Matha Julien 429 13:18:15 Ribon Blaise 1040 13:19:30 Lebeau Erwan 753 13:19:30 Le Roy Victor 943 13:20:45 Faivre Matthieu 983 13:22:00 Lenz Jan-Hendriik 1085 13:23:15 Guyader Loïc 1055 13:24:30 Taillandier Martin 870 13:25:45 Coulot Cyril 721 13:27:00 Antoine Calliste 1097 13:28:15 O’Connor Mark 946 13:29:30 Biasse Thomas 880 13:30:45 Costigan Grainne 860 13:32:00 Chaussade Marie 892 13:33:15 Ibera Veramend Ramon 1035 13:34:30 Welzig Roland 1079 13:35:45 Hamparian Thomas 975 13:37:00 Marchandise Adrien 754 13:37:00 Demange Alexandre 1048 13:38:15 Paviot Arthur 624 13:39:30 Oberle Felix 1019 13:40:45 Talts Anna-Liisa 654 13:42:00 Canivet Antoine 985 13:43:15 Bataille Juliette 800 13:44:30 Hulet Louis 630 13:45:45 Hasson Ambre 618 13:45:45 Pozzoli Robinson 1026 13:47:00 Minvielle Jean-Baptiste 916 13:48:15 Schopfer Joshua 1028 13:48:15 Trenchs Joan 1047 13:49:30 Osmont D’Amill Augustin 997 13:50:45 Kawka Arnaud 1098 13:52:00 Zorzi Cecilia 1089 13:53:15 Cabié Arthur 993 13:54:30 Jouans Thomas 791 13:55:45 Brochard Martin 955 13:57:00 Marc Cédric 1025 13:58:15 Le Poittevin Olivier 198 13:59:30 Pignet Yann 1013 13:59:30 Marie Benoit 1067 14:00:45 Schmid Nicolas 978 Les chiffres et numéros de la Mini-Transat - La Boulangère 2025 - Parcours : 4050 milles (7500 km) en deux étapes Première étape de 1 350 milles (2 500 km) en direction de Santa Cruz de La Palma, aux Canaries. - 33 prototypes, 57 bateaux de série - 14 femmes, 76 hommes - 8 récidivistes, 82 bizuths - 13 nationalités : Allemagne, Autriche, Chine, Espagne, Estonie, France, Irlande, Italie, Japon, Slovénie, Suisse, Turquie, USA. - 44 ans : l’écart d’âge entre le doyen, Miguel Rondon et Elouan Barnaud qui fêtera ses 21 ans sur la 2e étape. - 6 foilers : 716 - Hader Solutions (Benoît Alt) ; 754 - Minilab Raging Bull (Adrien Marchandise) ; 900 - NST Racing (Awen le Huec) ; 945 - Nass&Wind/LES EDG (Basile Gautier) ; 1044 - Brets (Matéo Lavauzelle) ; 1067 Nicomatic-Petit Bateau (Benoît Marie) - Le 198 Des Pieds et des Mains - Karen Liquid’ : proto double vainqueur de la course en 1997 et 1999, skippé par son architecte et constructeur Sébastien Magnen. - Le 1098 Osmodyn / Build Crew : le plus récent bateau de la flotte, un Maxi sur plan David Raison. Dimanche 21 septembre 2025 : Départ à 15h30, au large des Sables d’Olonne, de la première étape de 1 350 milles (2 500 km) en direction de Santa Cruz de La Palma, aux Canaries. Le ponton du Vendée Globe accueille désormais toute la flotte composée de 90 bateaux Cette fois, on y est ! La flotte de La Boulangère Mini Transat est arrivée à bon port aux Sables d’Olonne. L’image des 90 plus petits voiliers de la course au large, imbriqués les uns à côtés des autres et solidement amarrés au ponton du Vendée Globe, est saisissante. Elle donne toute la mesure du défi qui attend ces lilliputiens de l’océan, qui après avoir embouqué le chenal dimanche prochain vont entrer de plain-pied dans cette aventure hors norme. Photo : Alexis Courcoux De l'audace, encore de l'audace ... Pour la troisième fois consécutive, l’épreuve sur laquelle les skippers en mer n’ont aucun contact avec la terre, s’élance des Sables d’Olonne, théâtre des plus grands exploits maritimes en solitaire. Mais cette course, dont l’attractivité ne cesse de se renforcer, le vaut bien. Cette épreuve, la seule qui résiste encore aujourd’hui à la communication à tout va, reste le gardien du temple d’une certaine authenticité dans la manière de prendre la mer. Pas étonnant donc qu’il flotte aujourd’hui dans l’air sablais « l’esprit Mini », cet incomparable mélange d’inventivité, de convivialité, et d'audace. Et de l’audace, s’il en est un qui n’en manque pas, c’est Matéo Lavauzelle. À 29 ans, ce marin trinitain débarque avec Brets, un proto auto-construit, qui ne passe pas inaperçu avec ses immenses foils jaunes. « Pour voler le plus tôt possible, on est parti sur un truc un peu extrême, qu’on assume. Mais le bateau est hyper jeune, et on n’a pas encore de retour d’expérience ». “Je ne suis pas prêt, mais j’y vais” Pour l’accompagner dans cette aventure avant-gardiste, ce préparateur de voiliers de course s’est rapproché de MMProcess, le collectif de designers à l’origine de la plateforme flottante qui accueillait le cheval d’argent de la cérémonie des JO sur la Seine. Inventivité et créativité sans limites sont les mots d’ordre de celui qui reste encore plus occupé à peaufiner son navire qu’à gérer son avitaillement. « Toute l’année, j’ai eu des trucs de l’espace à gérer à bord de ce bateau neuf que je découvre. Je ne suis pas prêt, mais j’y vais ! » lance celui qui a néanmoins rempli tous les critères de qualification à bord de son proto révolutionnaire. Sportivité, solidarité, durabilité Aux côtés du proto “chips” et du redoutable Nicomatic-Petit Bateau de Benoît Marie - capable de pointes à plus de 31 nœuds - quatre autres foilers ambitionnent aussi de pousser loin les curseurs de la glisse au-dessus de l’eau. C’est le cas de NST Racing d’Awen Le Huec. Skipper-apprenti ingénieure de l’environnement, elle réalise à 22 ans un rêve tenace à la barre du tout premier proto 100% construit avec de la résine thermoplastique par le chantier girondin de Lalou Roucayrol. « Je voulais un Mini conforme à mes valeurs dans le cadre d’un projet qui cherche à réduire l’impact de la course au large », justifie celle qui ne se départit pas non plus de légitimes ambitions sportives. Dans cet objectif, elle s’est fait aider sur le plan de la météo et du mental, par Erwan Le Roux, marin multicapé en Ocean Fifty. « Je vais essayer de tenir le rythme des foilers de dernière génération comme je peux », ajoute celle qui trouve ici ce mélange des genres qui fait la marque de fabrique de la Mini : « avec des projets radicalement différents, on est tous égaux dans cette aventure, cela crée une vraie solidarité. » L’innovation grandeur nature La convivialité et la franche camaraderie « avec des copains, plus que des concurrents », c’est aussi l’un des moteurs d’Adrien Marchandise, qui débarque avec son proto Minilab, bardé de capteurs, imaginé comme une plateforme collaborative autour de l’innovation. Son ambition ? « Offrir un retour d’expérience en circuit court, entre conception, fabrication et utilisation à des acteurs de la recherche et de l’industrie. » “J’ai hâte de naviguer seul sous les étoiles” Derrière les foils construits par méthode additive autour d’une résine recyclable, se cachent aussi des expérimentations au niveau des voiles et un gennaker fabriqué avec des matériaux plus durables, dont il va mesurer le comportement en grandeur nature. De quoi donner du sens à la démarche de ce skipper-ingénieur, « marin dans l’âme », qui au-delà de collecter des données à bord de son labo flottant, ambitionne aussi de beaucoup apprendre sur lui-même. « Il y a ce côté introspection et j’ai hâte de naviguer seul sous les étoiles et de voir par quelles émotions je suis traversé… » Il ne reste plus que quelques jours avant le grand départ de cette maxi-aventure transocéanique, qui continue de nourrir les rêves les plus fous… Avant cela, les Sablais pourront admirer les marins et leurs voiliers lors de la parade. Une occasion unique d’admirer cette somptueuse flotte de “petits” bateaux réunis au départ de la transat qui n’a de Mini que le nom... (avec communication) Retours aux articles : Philippe Brossard-lotz Le Reporter sablais lereportersablais@gmail.com https://www.lereportersablais.com/annoncesjudiciairesetlegales/