12 août 1756 : Mort cruelle de la Bourguignonne sur la plage des Sables Le récit a été rapporté par André Collinet qui était présent, en ce jour funeste du 12 août 1756, sur la plage des Sables-d'Olonne. Il rapporta l'événement dans son "2ème Carnet" (de 68 pages au total). Rappelons quelques faits de cette époque aux Sables-d'Olonne, faits précédant celui du 12 août 1756. A cette époque, on n'était guère tendre ! On fusillait des soldats qui désertaient, et on battait à mort à l'aide de verges des femmes contaminant une garnison. L'environnement quotidien était très militaire, et naval, à l'image d ece que l'on peut lire ci-dessous de la plume d'André Collinet. André Collinet (1729-1806), fut capitaine de navire puis armateur, et premier échevin des Sables-d'Olonne (= adjoint au Maire). Il laissa des Mémoires d'un grand intérêt historique !! Ces Mémoires peuvent être considérées comme un Journal périodique historique ; Collinet y relatent des faits mais y adjoint aussi des réflexions sur les sujets les plus divers. - le 20 juin 1756, un régiment d'infanterie, composé de 800 hommes, était arrivé aux Sables-d'Olonne pour y tenir garnison. Il était commandé par le marquis de Courcy, commandant des côtes du Poitoi, sous les ordres de Mr le Comte, marquis de Clermont. Alors que la troupe fut casernée, les Officiers logeaient chez les bourgeois de la ville. Le 23 juin 1756, il est passé en garnison à La Chaume, trois compagnies de Régiment pour y tenir garnison. Du 21 au 23 juin 1756, L'Hermione et La Friponne, frégates françaises, ont établi jusqu'au 27, leurs croisières sur notre hauteur, pour proétger la navigation. (...) le 5 aoust 1756, il est passé à une dime et demi de cette ville, 17 vaisseaux marchands hollandais portant le cap au nord-ouest. Sur les 2 heure du soir, un corsaire ennemi a donné casse à nos chaloupes de pêche jusque auprès de la rade ; le fort St-Nicolas a tiré deux coups de canon pour les chasser. le 7 (aoust), il est arrivé en cette rade, deux frégates françaises pour établir leurs croisières de l'Isle de Ré à l'isle Dieu. Le 7 courant, on a mis pavillons sur les ...., sonné les carilons, allumé un feu de joie et tiré plus de 100 coups de canon pour la prise de l'Isle de Minorque et de son fort Saint-Philippe. Il y a en vu ........ et six fontaines de vin ..... sur la place. Revenons à notre sujet.... - le 10 (aoust 1756), on a fusillé en dehors de la porte de la Barre, un soldat, dont le crime était d'avoir déserté depuis quatre jours avec une fille publique, appelée "La Bourguignonne", qui a été cruellement passée par les verges, deux jours après. - Mort cruelle de La Bourguignonne du 12 Aoust 1756. "En l'année 1754, on avait fait une "Levée" par ordre du X Dupuis, curé de La Chaume, en cette paroisse, depuis l'entrée du Nord de ce bourg. En suivant le ruisseau dit de La Trigalle, en ligne droite jusque à la côte de la mer, appelée l'Equinoxe, on se proposa d'établir eu milieu de cette "Levée" un corps de garde pour surveiller ceux qui feraient entrer des denrées en la Ville, au préjudie des droits d'octrois. Mais à peine l'édifice fut élevé pour en recevoir la charpente qu'elle fut jugée aussi inutile que mal cousue, et en conséquence l'on cessa d'y travailler. Ce fut entre ces quatre murailles, à environ cent toisses du moulin dit du Petit Four, et du Près Girvre, ou Pimont, que La Bourguignonne vint se reffugier. Cette malheureuse, née à Dijon, était âgée de 21 à 22 ans, d'une assez jolie figure et d'une taille au-dessus de la moyenne, mais la misère ......... ; la maladie contagieuse dont elle était atteinte par son libertinage, et les souffrances qu'elle éprouvait de la rigueur des saisons, avaient tellement noirci son teint, et amaigri les traits de son visage qu'elle ressemblait plutôt à une indienne qu'à une française. Il y avait déjà trois ans qu'elle suivait le Régiment de Tournaisis, d'où on l'accusait d'avoir fait périr plusieurs soldats par son libertinage, lorsqu'elle fut arrêtée. Dès le mois de may précédent, une autre fille appelée "La Saint Dié", âgée de 21 ans, perdue aussi du mal vénérien, et suivant le même Régiment, avait aussi été arretée au Village de La Rudellière, conduite au cachot, et trois jours après condamnée à passer sous les verges par un Conseil de Guerre, et de la chasser de la Ville sous peine de mort. Quois qu'elle ne pasa qu'une seule fois sous les coups, son corps était ensanglanté d'une cruelle manière. Des personnes pieuses et charitables, ayant été témoin de la funeste événement, furent trouver La Bourguignonne en sa triste demeure ; elle était assise entre deux pierres dont l'une lui servait de chevet pour appuyer sa tête, sans feu, sans bois, sans couverture, sans portes, ny fenêtres etc... Ce funeste réduit, dont les vestiges persistent encore le vivant que............, que quelques soldats lui apportaient furtivement sur leur ration quois que fort modique, exposé de cette sorte en plein air, jour et nuit, couchée sur le sable, exposé aux injures et aux reproches des soldats qui n'étaient pas ses amis, et (exposée) à la mort même, n'étant substantée que de gros pain d'admonition (Note de la revue : = pain de munition = pain de guerre fourni aux soldats), manquant souvent d'eau pour étancher sa soif, et de couverture pour la garantir du froid car elle était presque nue ; elle refusa constamment tous les secours que les âmes charitables lui purent offrir, préférant son libertinage à tous les secours que l'on proposait de lui donner, tant la passion avait ............... sur son coeur, et l'on peut dire que son aveuglemnt était extrême, toutes les représentations qu'on put lui faire furent inutiles pour la ramener à la raison. Les Compagnies (militaires) appartenaient alors aux capitaines (...) leur intérêt était de surveiller leurs soldats, dont un très grand nombre ......... alors du mal ......... que leurs communiquaient ces malheureuses filles. Le Sieur Graissa ( ou Lagraisse), lieutenant........, logeait à La Chaume chez la Dame Labert, veuvle de Jacques Servanteau, le fils de cette dame alors âgé de dix à douze ans, nommé François, ayant découvert le gitte de La Bourguignonne, le découvrit à cet officier et s'offrit de l'y conduire. Lagraisse s'étant fait accompagner le 6 du mois, de quatre soldats armés, fut surprendre cette malheureuse fille et la fit de suite conduire au cachot le 12 (aoust 1756) au matin. Elle fut condamnée par un Conseil de Guerre à périr sous les verges. La sentence lui fut lue à onze heure, elle ne dit pas un mot, non plus qu'elle n'avait fait aux personnes pieuses qui avient fait leurs efforts pour la retirer de l'état déplorable ou son funeste sort l'avait réduite. Elle confessa cependant et parue résignée à la mort pour la lapidation. De ses libertinages, son conffaiseur, qui était un homme pieux, en fut édifié et venta beaucoup le savoir et lz bon....... de sa pénitante, qui avait reçu une éducation soignée, que la volupté avait étouffé avec l'âge. A midy, la générale bat, à deux heures le Régiment s'assemble en la Parée (Note : = plage), et plus de 2 à 3 milles spectateurs. Un picquet de 150 soldats. (On) va chercher la criminelle à la prison du Passage ditte "le Palais" et (on) lui remet deux pacquets de verges de trois pieds de long, qu'il l'oblige à porter sous chaque bras. Arrivée au lieu du suplisse, on la fait passer en le rang des soldats qui doivent la fustiger, en leur remetant à chacun une verge à la main. Retounée à la tête de la colonne, on lui ôte la chemise et il ne lui reste qu'une jupe légère que l'on a l'attention de bien lui amarer au tour des reins. Les tembours battent au champs, signal de la frapper ; en fuyant les premiers coups, elle essuie les seconds, elle fuit en vain, chacun est presque mortel, les Officiers en arrière des soldats les engagent et les menacent de frapper fort l'épée ...... à la main. Elle n'a pas fait dix pas que son sang ruiselle de toute part, sa coiffure est enlevée, ses chers (= chairs) tombent par lambeaux, son sein est coupé en plusieurs endroits, son visage n'est plus reconnaissable et tout son corps n'offre plus aux yeux des spectateurs qu'un objet digne de pitié et d'effrois, mais bientôt la victime tombe sous les coups de ses assassins presseque sans vie. Après avoir passé trois fois sous les verges ; son coeur luimanque, on la relève en vains, mais les officiers croient encore apercevoir en ses ..... expirants, quelques palpitations, et pour assouvir leurs vengeances et leurs rages, il font déffiler sur le triste cadavre, qui ne leurs présente plus que des os décharnés, leurs soldats en la frappant à trois reprises, au point que les bras de ses cruels boureaux en sont fatigués. La croyant sans vie, le féroce Commandant fait retirer ses .......... innhumains. Des âmes charitables enlèvent le corps, coulent du baume sur les plais, et rappellent à la vie les membres palpitants et déchirés de cette malheureuse victime, à qui Dieu accorde assez de temps pour lui faire amende honorable et lui demander un entier pardon de ses pêchés. Elle expira en ses pieux sentiments, après les plus cruelles souffrances, le 13 au matin sur les 4 heures. Les Siècles à venir pourront-ils jamais se persuader que l'on ait porté à un un tel excès, en un temps où les peuples se ventent d'être éclairés, la cupidité, la vengeance et la férocité à un tel point, sur un sexe aussi faible et aussi timide qui est celui-là." Sources : Mémoires d'André Collinet (1739 - 1804) "Mémoire pour servir à l'histoire d'Olonne depuis le 20 juin 1755 jusque à la fin de décembre 1763…" (+ Observation sur la guerre des Sept ans terminée par la paix de Fontainebleau du 3 octobre 1762). lereportersablais@gmail.com Cliquez pour lire L'ARTICLE DE LA SEMAINE : Retour aux articles : Campagne de DONS 2026 : Abonnement au reporter sablais : Inscription à la Newsletter : Publication d'Annonces légales Vendée : Vidéos Les Sables-d'Olonne et Vendée :