Les Sables-d’Olonne Vendée. FINANCES Banques : le distributeur de billets de la rue Travot a tiré sa révérence

Les Sables-d’Olonne Vendée. FINANCES : le distributeur de billets de la rue Travot a tiré sa révérence
Il en a vu passé des baigneurs et des touristes ce distributeur, sans doute installé depuis plusieurs décennies.
Un incontournable durant ces temps lointains car, à l’époque, beaucoup de commerçants refusaient d’utiliser les TPE en raison des coûts inhérents.
Alors, seule solution pour ceux qui n’avaient pas été prévoyants : le distributeur de billets du coin. Les distributeurs avaient un inconvénient en ces temps reculés, c’est qu’ils n’étaient alors pas très nombreux, et celui de la rue Travot avait l’intérêt d’être accessible assez rapidement depuis une grande partie du Remblai.
Il n’empêche, les approvisionnements n’étaient pas toujours bien organisés, alors ils furent nombreux à se retrouver le « bec dans l’eau », les gros weed-ends de vacances, lorsque le distributeur avait été « pillé ».
En cette épriode estivale de 2025, le distributeur de la rue Travot est absent, il a tiré sa révérence. C’est le CIC qui l’avait installé et le gérait.
Il se trouvait à cet endroit (photo).

Pendant très longtemps, les distributeurs furent une poule aux oeufs d’or pour les banques.
Le système était le suivant : la banque propriétaire du distributeur faisait payer aux autres banques une commission pour chaque retrait de leurs clients.
C’est pourquoi, les banques s’étaient lancées dans une course de vitesse pour installer le plus de distributeurs possible et bien sûr dans les lieux les plus passants et les plus commerçants. Une vraie frénésie d’installations pour contrer les concurrents!
Un service agréable et utile pour les détenteurs de Cartes bleue (de l’époque), de CB, de Visa, Mastercard, American Express et autres réseaux. Mais que les banques ont voulu aussi tempérer en raison des commissions payées aux détenteurs de distributeurs : c’est ainsi que les abonnements annuels pour la détention de carte ont eu tendance à s’enflammer et que certains banques ont réclamé à leurs client 1€ par transaction (frais déplacés) dans les distributeurs ne faisant pas partie de leur réseau. Avec un inconvénient : la propension ddes clients à changer de banque lorsqu’on leur faisait payer ce qui était vécu comme une dîme*…
* un impôt.
A cette époque lointaine, il y eut d’abord de 1967 à 2010 le groupe Carte bleue en lien avec la société Visa.

Puis, parallèlement depuis 1985, le Groupement des cartes bancaires (CB), avec deux réseaux :
– celui des banques bleues : BNP, Société générale, Crédit du Nord, CIC, Crédit Lyonnais et CIC ;
– celui des banques vertes : Crédit agricole et Crédit Mutuel ;
et quelques autres banques indépendantes.
La CB avait alors la couleur des deux réseaux principaux, bleu et vert (de 1984 à 2015), avant de de venir tricolore, bleu, blanc, rouge, en 2024.

Depuis la naissance du groupement des cartes bancaires (CB), 40 ans se sont écoulés.
Et beaucoup de choses ont changé :
– la pression par les commerçants pour obtenir une baisse des locations de TPE et surtout des commissions moins élevées sur les transactions.
Cela a ouvert le champ des transactions y compris pour des montants faibles, facilitant les choses et la praticité du système, permettant du même coup de ne plus exiger systématiquement un code pour les montants faibles, accélérant ainsi les passages aux caisses etc…
Les commerçants qui rechignaient y ont vu aussi un intérêt pratique dans leur gestion : comptabilité facilitée avec moins d’espèces à compter et gérer, moins de disparitions d’espèces, moins de problèmes sur le calcul des totaux…etc.
Selon la Banque centrale européenne, en 2024, 48% des paiements ont été effectués en CB, et désormais en deuxième position ce sont les espèces pour 43%.
Mais, revers de la médaille, ces facilités ont réduit d’autant l’utilisation des distributeurs de billets !
Alors les banques, après la frénésie des installations de distributeurs, sont désormais entrées dans une autre ère, celle de la chasse au gaspi dans ce domaine !
C’est que, quand c’est la poule aux oeufs d’or, on est prêt à des dépenses comme, par exemple, l’achat d’un matériel coûteux (plusieurs dizaines de milliers d’€), la gestion humaine des distributeurs, le remplissage des billets, l’entretien informatique, mais aussi la location coûteuse des locaux avec accès extérieur lorsque le distributeur n’est pas placé dans l’agence elle-même, enfin la sécurisation du transports de fonds (billets) etc…
Mais ce n’est plus l’heure des dépenses….
Revenons à l’ancien distributeur de billets de la rue Travot.
Le CIC est donc rentré, lui aussi, dans cette logique de la chasse au gaspi, dans la rationalité.
Selon la Banque de France, entre 2018 et 2023 ce sont plus de 8500 distributeurs qui ont été supprimés en France.
Fin 2022, il y avait 46.249 distributeurs. Fin 2023, il n’y en avait plus que 44.123 (- 4,6% en seulement un an).
Certes le distributeur de la rue Travot était très bien placé et il a certainement rapporté beaucoup pendant très longtemps.
Mais depuis, il subissait forcément une baisse notable à cause du développement de l’utilisation des cartes CB, aux changements liés à l’évolution des moyens de paiements, ainsi qu’à une nouveauté, la possibilité de retirer des espèces lorsqu’on effectue un achat chez un commerçant avec une CB (points privatifs).
De plus, il n’était pas adossé physiquement à une agence et il fallait donc payer un loyer. Face mer, le matériel informatique subissait certainement des problèmes dus au vent, à la mer, au sel….
Le CIC a donc mis fin à sa location et le propriétaire des lieux a immédiatement revendu le local à un voisin des lieux, local qui est désormais exploité pour de la nourriture à emporter.
On sait que la plupart des banques françaises font partie du GIE dont on a parlé plus haut : le Groupement des cartes bancaires (CB). Les membres d’un GIE doivent rester indépendants les uns des autres, mais le GIE leur permet de passer des accords avec les autres membres dans un même but : intérêt en commun, développement de l’activté économique, création de services communs par exemple en informatique ou en comptabilité etc…
Les membres suivants du GIE se sont donc mis d’accord pour une mutualisation de leur 15.000 distributeurs de billets : le CIC, la BNP Paribas et la Société générale.
Soit 15.000 sur les 44.123 existants en France, environ 35%.
Objectifs : rationaliser en supprimant les doublons de ces 3 groupes dans le fort milieu urbain.
Et lancer le programme CASH Services, un nouveau service qui réduira les coûts, peut-être le besoin en personnel, et qui ne permettra pas seulement de prendre du cash, mais aussi de déposer des chèques et des espèces, de commander des chèquiers, d’imprimer un relevé de compte et, aussi, de payer des factures.
La répartition actuelle serait de 10.000 sites comprenant 15.000 distributeurs (XXXXX intégrés à une agence + XXXXX sites hors agences mais installés en des lieux de choix).
L’objectif est de réduire à 7000 sites, mais mutualisés et mieux répartis sur le territoire, (XXXXX distributeurs intégrés à 5000 agences + 2000 sites hors agences).
Aux Sables-d’Olonne, puisque le CIC n’a pas conservé son distributeur de la rue Travot, et que le CIC et la Société générale font partie des 3 banques ayant fait le choix d’une mutualisation, on peut aisément imaginer que celle-ci va concerner les 2 distributeurs installés dans l’Agence de la Société générale, Place du Poilu de France. Il sont le plus proche de la rue Travot et ne nécessitent pas de loyer puisqu’ils se trouvent au sein même de l’Agence SG.

© Google Map
D’autres mutualisations sont sans doute en cours.
Notons qu’aux Sables-d’Olonne, il n’y a pas beaucoup de distributeurs dans l’hyper-centre :
2 sur le port de Pêche, 2 Place du Poilu (même agence), 1 rue du Mal Leclerc, 2 à Castelnau / Arago, 1 cours Guédon, 1 Carnot / Pompidou, et 1 au rond-point rue Octave-Voyer.
Mais rien du tout sur le Remblai !… malgré la foule qui s’y presse….
Pour localiser les distributeurs dans le monde entier :
https://www.visa.com/locator/atm
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
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