Les Sables-d'Olonne Vendée. 1948 : le PLAN imaginé par le député-maire Charles Rousseau pour le Remblai des Sables-d'Olonne et aussi pour d'autres lieux du Centre Ville Charles Rousseau fut maire des Sables-d'Olonne d'octobre 1947 à février 1960 (élu en 1947, en 1953 et en 1959. Il démissionna en février 1960 car ses "troupes" ne l'avaient pas soutenu sur l'un des dossiers). Et aussi député de 1945 à 1958, Conseiller général de 1949 à 1961). Commerçant (commerce de voilerie marine et aussi plus tard, station d'approvisionnement en essence pour les bâteaux du port). Étiquette politique : - Centre national des Indépendants et Paysans - CNIP (droite française, parti créé en 1949 par Roger Duchet (parti conservateur, libéral ; c'est un parti de la droite modérée, non gaulliste) ; - puis membre du parti Rassemblement du Peuple Français - RPF (parti fondé par le Gal de Gaulle en 1947, jusqu'en 1955). Charles Rousseau fut élu, selon l'élection, sur les listes dénommées suivantes : - Liste "Union pour la Défense des Intérêts économiques et sociaux de tous les Sablais et Chaumois", puis sur une liste : - Liste "Rassemblement pour la Prospérité de la Cité" soutenue par des "Indépendants", l’UNR Union pour la Nouvelle République (UNR - créé en oct. 1958, parti gaulliste), le MRP (Mouvement républicain populaire - actif de 1944 à 1967 - parti centriste et démocrate-chrétien), ainsi que par un courant poujadiste). Treize années de mandat de Charles Rousseau, période durant laquelle la Ville des Sables-d'Olonne a évolué. Parmi les éléments les plus visibles, on notera notamment, la reconstruction de la petite jetée qui avait été détruite en grande partie par les Allemands lors de leur départ en 1944. Et la rénovation du Remblai au milieu des années 1950 par l'architecte Maurice Durand, comprenant la création de la piscine du Remblai et la construction de la Pendule. Il sera ici question uniquement des prémices et de la vision qu'avait alors Charles Rousseau pour la transformation du Remblai telles qu'elles ont été rapporté dans la Presse, le 3 octobre 1948 (Les Sables-Vendée dimanche). On connaît les réalisations, mais moins la vision qu'il avait au départ. Fin septembre 1948, le maire Charles Rousseau se trouvait dans la salle des mariages de la Mairie. Il est assis sur un des côtés d'une inhabituelle très longue table. La guerre s'est achevée il y a 3 ans - et pourtant les tickets d'alimentation subsistent encore ! Face à lui trois journalistes avec comme thème d'importance à l'ordre du jour : l'avenir de la Cité sablaise ! Diable ! Le sujet est d'importance... Le Maire commença par la lecture de son Communiqué. Puis, il en vint à ses projets concernant l'embellissement de la station balnéaire dont, indique le journaliste, le maire a l'ambition de faire "la première plage de l'Atlantique". Carte postale vers 1948-1950, à l'époque où Charles Rousseau fait part de son projet aux journalistes. Il a accédé à son mandat en octobre 1947 ; il présente donc un an plus tard (octobre 1948), son projet dont vous trouverez les grandes lignes ci-dessous. A une question qui lui fut posée sur le projet d'élargissement du Remblai, le Maire répondit : - "le Plan en est très simple. J'ajoute 1m50 au trottoir qui longe les hôtels. Je fais une chaussée de 9 mètres de large et j'organise une alignée d'épis dans le genre des blockhaus boches* dont nous avons tiré parti en faisant des terrasses fleuries." (Note de la revue : certains blockhaus ont été recouverts par des terrasses et complétés à l'avant par des rotondes). - "Et puis, je rejoins ces épis par une sorte de passerelle qui me fera un trottoir de 6 mètres de largeur sous lequel seront placées les cabines pour les estivants." Et la place du Palais de Justice ? : - "Mais, répond le Maire sans respirer, elle va se transformer incessamment. Je supprime l'escalier central. Je creuse la place au niveau du Remblai jusqu'à la stèle qui n'a plus de statue. Je fais des escaliers de chaque côté. J'installe dans le trou creusé un garage pour les autos, des water-closets, un bureau de postes et télégraphes et toutes les commodités souhaitables pour une station confortable. Et ce, vous m'entendez bien, sans frapper le contribuable d'aucun impôt nouveau, car tout cela sera rentable." Et.... : - "Ah ! Il y a aussi le casino. J'espère pouvoir obtenir, avant l'année prochaine, toutes les autorisations et moyens nécessaires à la reconstruction sur le plan de l'architecte Durand. Un plan qui est un véritable chef-d'oeuvre, car c'est un as cet architecte, vous m'entendez bien..." Et la nouvelle mairie ? : - "Ah ! La nouvelle mairie, voilà ! Je la construis à l'extrémité du jardin de la Place de la Liberté, près des écoles. Je supprimer les deux petits bassins du jardin. Je démolis le kiosque à musique pour faire à la place un grand bassin. J'enlève le Monument aux Morts qui s'éclaire mal où il est et qui ne serait pas de mise pour une entrée de Mairie... Et, ma foi, le Monument aux Morts, on pourrait le mettre au bout du Cours Dupont pour masquer un peu le réservoir du gaz qui ressemble à une bombe atomique ; avec quelques arbres derrière, ça ferait un fonds assez agréable." Et concernant le financement ? : - "Mais l'argent, je vous l'ai déjà dit, je le trouverai dans les installations rentables, dans le produit de la taxe de séjour et des taxes de transaction, en m'efforçant de ne point provoquer de nouvelles charges pour le contribuable. Vous savez, d'ailleurs, que j'ai l'espoir d'obtenir un emprunt de 100 millions qui couvrirait les frais d'élargissement du Remblai et la construction du nouvel Hôtel de Ville." (...) Puis le Maire parle aussi de la Corniche, avec sa route qui irait jusqu'à Croix-de-Vie et d'un passage pouvant relier Les Sables à La Chaume et à cette corniche, un passage dont l'intallation serait aussi rentable, où les autos ne passeraient pas, mais qui serait réservé aux petits véhicules, charrettes à bras, voitures d'enfants, etc... La route de la Corniche, dite route bleue, qui devait aller jusqu'à St-Gilles-Croix de Vie, et qui subira les foudres d'écologistes qui voulaient préserver les dunes. Sur la photo, les deux premiers immeubles. Le projet prévoyait 5 ou 6 tours. Là aussi, des oppositions - et peut-être aussi des problèmes de normes - ont bloqué l'expansion. Le journaliste, soit sceptique, soit un peu opposant au Maire.... poursuit en ces termes : Ah ! la belle migraine qu'on attrape avec un tel programme ! Mais, M. le Maire ne s'effraie d'aucune complication et on ne saurait oublier qu'il a tout de même changé agréablement l'aspect de notre ville et notre Remblai. Alors, ne désespérons pas de ses réalisations futures. Note de la Revue : Il est étonnant de voir Charles Rousseau projetait la réalisation d'une sorte de passerelle pour des petits véhicules. A priori, le lieu de la traversée aurait été là où accoste le passeur, aux premières piles de la grande jetée, pour arriver près de la Villa Tertrais-Chailley et non loin du Prieuré St-Nicolas. Etonnant mais réalisable car le projet de port de plaisance se concrétisera bien plus tard puisque le pont des Ecluses entre La Chaume et Les Sables ne sera détruit qu'en 1978, soit 30 ans plus tard. A partir de cette date, la création de passerelle devient bien plus complexe en raison de la hauteur des mâts. Cliquez pour lire L'ARTICLE DE LA SEMAINE : Retour aux articles : Campagne de DONS 2026 : Abonnement au reporter sablais : Inscription à la Newsletter : Publication d'Annonces légales Vendée : Vidéos Les Sables-d'Olonne et Vendée :