Didier Gallot, maire des Sables d'Olonne depuis la mi-2014

Les Sables d’Olonne – Le bilan à mi-mandat du maire Didier Gallot

Les Sables d’Olonne – Le bilan à mi-mandat du maire Didier Gallot

 




Avant-Propos: Didier Gallot est né le 16 décembre 1945. Il est maire des Sables d’Olonne depuis trois années, et se trouve désormais exactement à mi-mandat – 2014 / 2020 -. L’occasion de faire avec lui un bilan de son action en comparant les réalisations avec le programme de campagne. En dehors de l’aspect local dont il sera bien sûr question, nous avons souhaité aussi connaître un petit peu plus l’homme, ses passions, sa vision sur la politique nationale actuelle ou sur la justice – un domaine qu’il connaît bien, ayant été juge et vice-président du tribunal de Grand Instance des Sables d’Olonne. Le résultat n’est bien sûr que parcellaire; comment pourrait-il en être autrement avec une interview d’à peine 1 heure?
Derrière un homme parfois réservé, qui se rit de la « comédie humaine » avec ses personnages empêtrés dans des logiques partisanes, apparaît un maire qui semble mû par l’intérêt général pour le seul profit des habitants. Il n’est bien sûr pas exempt de reproches, son souci d’indépendance l’amenant parfois à prendre seul des décisions. Une méthode qui a à la fois ses avantages et ses inconvénients. Cette image est tempérée par sa volonté de réaliser – collectivement avec le soutien de ses adjoints et de sa majorité au Conseil municipal – son programme électoral comme il s’y était engagé avec, en ligne d’horizon, le souhait inconditionnel de faire revenir la jeunesse au coeur des Sables d’Olonne. Malgré ces positions assez consensuelles il y en a d’autres, beaucoup plus tranchées, concernant la politique ainsi qu’en matière de justice. Vous les trouverez ci-dessous et nous vous en laissons juge…

Notes – Les grandes lignes de son programme électoral: Rendre la Ville des Sables aux Sablais – Maîtriser les dépenses – Réviser la politique de circulation – Renégocier le contrat Vinci – Créer une police municipale – Maîtriser l’urbanisme et le bétonnage anarchique et délirant – Lancer une politique culturelle ambitieuse et sincère – Créer des structures d’enseignement supérieur pour faire revenir les jeunes en Centre-Ville – Replacer l’humain au coeur du débat politique.

INTERVIEW EXCLUSIVE

Le Reporter sablais: Quelles études avez-vous poursuivies et en quels établissements?
Didier Gallot, maire des Sables d’Olonne: J’étais au Lycée Carnot à Paris, puis j’ai effectué hypokhâgne et khâgne au Lycée Condorcet. J’ai ensuite intégré la Faculté de Nanterre où j’ai suivi des études de Lettres et d’Histoire.

LRS: La fac de Nanterre en 1968, c’était très chaud… Vous faisiez partie, il me semble, de groupements d’étudiants dans cette faculté.
DG: J’étais le président de l’Association corporative des étudiants en Lettres de Nanterre (créée le 23 janvier 1967) qui était membre de la Fédération Nationale des Etudiants de France (Fnef), créée en 1962 après une scission avec l’UNEF.

LRS: Un article en ligne indique que vous auriez déposé plainte en avril 1968, avec votre ami de jeunesse Patrick Buisson, à la suite de l’agression de certains membres de la Fnef par ceux du Mouvement du 22 mars, et que la police aurait alors interpellé Daniel Cohn-Bendit. Un autre article extrapole en indiquant que vous auriez tous les deux déposé plainte contre Daniel Cohn-Bendit.  Cette histoire de plainte contre Daniel Cohn-Bendit et les membres du Mouvement du 22 mars est-elle vraie?
DG: Un des militants de la Fnef avait été attaqué par un groupuscule, sans doute des maoïstes ou des trotskistes – c’était compliqué à l’époque à Nanterre -. Une plainte avait alors été déposée par la victime mais, si mes souvenirs sont bons, pas directement contre Daniel Cohn-Bendit. Le ministère de l’Intérieur avait surtout profité de cette plainte pour monter un dossier d’expulsion contre Daniel Cohn-Bendit qui, de nationalité allemande, était expulsable.
Durant la crise de 1968, une époque que j’ai bien connue – Arlette de la Loyère, « homme fort » du Cabinet du ministre Alain Peyrefitte, avait demandé à me rencontrer en urgence – je me souviens d’une sensation terrible de flottement, le Gouvernement était complétement perdu. Le ministre de l’Education nationale était alors Alain Peyrefitte*, que j’ai retrouvé plus tard comme Garde des Sceaux.
(*Alain Peyrefitte – qui était ministre de l’Education nationale – fut obligé de démissionner le 28 mai 1968, contraint par le Premier ministre Georges Pompidou qui considérait que ses décisions avaient exacerbé les problèmes.)

2014 – Didier Gallot candidat

LRS:  Venons-en aux Sables d’Olonne. Nous sommes à mi-mandat. Vous avez effectué 3 ans sur les 6 prévus. Quels sont les deux ou trois réalisations de votre programme « La Chaume, Les Sables, l’Avenir » qui sont les plus marquantes? Et dans ces trois, y a-t-il l’achat de la Villa Tertrais-Chailley?
DG: Dans les plus marquantes, je dirai la création de l’antenne universitaire Institut Supérieur du Tourisme (IST),  la réalisation du programme immobilier à destination des jeunes familles « Le Parc Les Roses » et enfin la modification du PLU pour cesser le bétonnage à tout-va. Sur le plan financier, grâce à l’action d’Yvan Kervenka, élu en charge des Finances, et à son équipe, je me réjouis de la désensibilisation des emprunts structurés (NDLR: ce que l’on appelle plus généralement les emprunts toxiques). Ils sont passés de 41% à 16% de la dette de la Ville entre fin 2015 et 2017. De plus, il n’y a eu aucune augmentation des taux d’imposition par la Ville.

LRS: Qu’est-ce qu’il vous reste à réaliser et y a-t-il un nouveau projet, pas au programme initial, que vous envisagez de mettre en oeuvre?
DG: Il ne reste plus grand chose à réaliser par rapport au programme électoral. Le Musée-Bibliothèque n’était pas vraiment au programme avec sa mise en valeur désormais engagée. Nous sommes en plein dedans avec la réalisation de son intégration dans la politique touristique.




LRS: Dans votre programme électoral, quel projet ne sera jamais réalisé? Vous deviez mettre en place des bateaux-hôtels de 100 chambres le long des quais, au Printemps et à l’Automne….
DG: Pour les bateaux-hôtels, c’est une question de faisabilité et, surtout, nous avons eu depuis l’opportunité de passer un accord pour la construction d’un hôtel 4ét., un Golden Tulip, une marque de Louvre Hôtel.
(Note: un Festival international de la Mer était également prévu.)

LRS: Que voulez-vous dire par faisabilité ? C’était réalisable ou non, ou trop compliqué à mettre en oeuvre?
DG: Tout est réalisable, mais les trois ports sont dans la ville, c’est difficile d’écarter les quais pour installer des bateaux-hôtels qui sont imposants, et dans la mesure où nous avons désormais la solution de l’Hôtel 4ét. Golden Tulip, eh bien les bateaux-hôtels ont, pour l’instant, pris le large…..
(Note: d’après d’autres sources, la présence de la Cavac rendait compliqué, pour des raisons de sécurité, la présence de ces hôtels flottants.)

LRS: « Le béton pousse et Les Sables d’Olonne se vident, cherchez l’erreur! » disiez-vous en rappelant la cherté des prix immobiliers pour les jeunes. Depuis, vous avez proposé le Parc immobilier des Roses. C’est un début de « peuplement » de jeunes mais on est loin d’une revitalisation. Vous avez d’autres idées en la matière ?
DG:
Le Quartier des Roses n’était pas la seule idée puisqu’il y avait aussi l’antenne universitaire qui devrait voir arriver 250 étudiants. Un autre objectif allant dans le même sens a été de renforcer l’attractivité de la ville afin qu’elle attire davantage une population de jeunes. Concernant le Parc des Roses, les 4 ha qui appartiennent à la ville ont donc été utilisés pour parvenir à implanter de l’ordre de 70 familles avec enfants en pleine propriété, ainsi que des logements sociaux. Nous allons poursuivre sur la zone de l’ancien lycée Tabarly à La Chaume; pour l’instant nous sommes en négociation car, contrairement au Parc des Roses, le terrain ne nous appartient pas, il est la propriété de la Région des Pays de la Loire. En cas d’aboutissement, le terrain pourrait être réaménagé avec des maisons à des prix accessibles.
La prochaine fusion va complétement changer les choses en matière de logement et d’attractivité pour les jeunes puisque Les Sables d’Olonne et les étendues d’Olonne-sur-Mer et du Château d’Olonne ne feront qu’un. Il faut garder à l’esprit que la population des jeunes vendéens souhaitent des maisons individuelles et non des appartements dans des immeubles collectifs. Ce fut l’erreur des précédentes équipes qui misaient sur les immeubles et qui croyaient qu’avec de grands appartements ils allaient faire venir les familles. Mais les grands appartements à 400.000€ ça ne fait venir personne, c’est trop cher, et ceux qui pouvaient les mettre – et ils n’étaient pas nombreux – partaient acheter dans les communes du rétro-littoral. Non, cette politique a eu pour conséquence d’éloigner les jeunes vers le rétro-littoral.

LRS: Vous êtes satisfait du nouveau PLU et de la fin du bétonnage. Mais ce n’est pas encore gagné car il y a plusieurs recours….
DG: Ce sera bientôt purgé! Geoffroy de Baynast, adjoint chargé de l’urbanisme, suit très bien tous ces dossiers, avec beaucoup d’efficacité.

LRS: Comment ont réagi les promoteurs depuis ce nouveau PLU qui réduit les possibilités de construction? Se sont-ils manifestés par des critiques de ce nouveau PLU?
DG: Si c’est le cas, ce n’est pas remonté jusqu’à moi… En général, les chefs d’entreprises savent s’adapter.

LRS: Vous parliez d’une ville qui soit attractive à l’année. Il y a désormais l’Institut Supérieur du Tourisme (IST). Ça ne suffira pas, bien sûr, pour « repeupler » Les Sables d’Olonne avec des générations de jeunes. Avez-vous d’autres projets pour dynamiser Les Sables d’Olonne à l’année. Vous aviez parlé d’une grande « Halle du Vendée Globe qui accueillerait des événements et des Salons professionnels »?
DG: Pour l’instant, l’espace du Vendée Globe, et donc tout ce qui est portuaire avec le port de plaisance, est désormais géré par Les Sables d’Olonne Agglomération. Cele ne relève plus, en raison de la loi NOTRe de la Ville des Sables d’Olonne.
Un des développements prévus pour élargir la saison est celui du tourisme d’affaires. Pour septembre et octobre, donc l’après-saison, pour des raisons qui restent toujours mystérieuses nous avons des difficultés à accroître la présence touristique. En revanche, en pré-saison, l’activité augmente régulièrement avec 1 ou 2 point gagné chaque année. C’est avec le tourisme d’affaires que nous devrions pouvoir valoriser cette nécessaire après-saison.
Nous y mettons les moyens en réorganisant la politique touristique au niveau de l’Agglomération avec une seule unité, la SPL Destination Les Sables d’Olonne.
La synergie de tous les acteurs publics du Tourisme en une seule unité de commandement – avec une même volonté et des objectifs en commun – va permettre de favoriser l’action et de créer une vrai redynamisation (NDLR: les 4 Offices de Tourisme qui existaient laissent place à une Direction du Tourisme chapeautée par la SPL). Dans ce cadre, nous avons également comme objectif la redynamisation du Centre des Congrès ce qui va forcément bénéficier à la ville en soutenant le tourisme d’affaires.
(NDLR: Les membres du CA de l’Agglomération ont confié à la SPL Destination Les Sables d’Olonne la responsabilité du développement touristique de l’agglomération. Didier GALLOT préside la SPL dont le directeur est un spécialiste du tourisme François Riou).

LRS: C’est une révolution en matière d’approche touristique?
DG: Disons que c’est une nouvelle époque; autrefois, on se limitait aux attraits habituels, la plage, le sable, le soleil… ça suffisait amplement. Maintenant, il faut faire vivre la ville à l’année. Les modes de vacances, de prises de congés ont complétement changé. Pour beaucoup, les vacances c’est: « moins loin, moins longtemps, moins cher. » On doit s’adapter et tenir compte des évolutions. Il faut maintenant « aller chercher le client. »

LRS: Les super et hyper ont fragilisé le Centre-Ville et vous souhaitiez le dynamiser avec, disiez-vous, le soutien des commerçants et bistrotiers. Cela semble difficile, des habitants trouvent que le lundi Les Sables d’Olonne est une ville morte et il paraît que vous regrettez que les commerçants ferment tous à l’heure du déjeuner lorsque les gens qui travaillent sont disponibles. Où en êtes-vous ?
DG:
J’ai toujours entendu ce reproche concernant les magasins fermés à l’heure du déjeuner. Le lundi c’est normal, il faut bien que les commerçants se reposent.
J’observe quand même qu’il y a très peu de commerces à vendre, il y a bien sûr le turn-over classique mais nous échappons en Centre-Ville à la malédiction des boutiques vides à vendre, des cellules vides! Nous remettons actuellement en mouvement une politique pour le Centre-Ville en collaboration avec l’Union commerciale des Sables d’Olonne – Centre-Ville (UCSO) qui a des tas d’idées et que nous allons accompagner.




LRS: Pour ce qui est du chômage aux Sables d’Olonne le taux serait, selon les chiffres, entre 12 et 15%. Vous annonciez 15,2% en 2014 lors des élections et vous disiez que c’était dans vos préoccupations. Il ne semble pas y avoir de plans particuliers relatifs à ce dossier, ni aux Sables d’Olonne ni à l’échelle de l’Agglomération, en dehors des actions menées pour faire venir des entreprises. Ce qui est déjà très méritant mais reste très aléatoire. N’y a-t-il pas possibilité de lancer des actions plus fortes pour lutter contre ce fléau?
DG: Je reçois surtout des doléances de patrons de restaurants et d’hôtels qui rencontrent des difficultés pour trouver du personnel. Avons-nous une demande adaptée à l’offre et vice-versa? C’est une compétence qui était à la Communauté de Communes et qui relève désormais de l’Agglomération. Nous menons cependant des actions qui vont dans le bon sens. Par exemple, la décision que j’ai prise, contre l’avis de beaucoup, de permettre l’installation et/ou l’agrandissement des terrasses pour les commerçants a quand même permis la création de 15 emplois équivalent temps plein. C’est quelque chose de structurant qui permet de consolider l’emploi. Et la réalisation du Parc des Roses, c’est aussi structurant car cela permet aux jeunes susceptibles de travailler ou acceptant une embauche de pouvoir se loger.

LRS: Vous vouliez favoriser des modes de déplacement en ville qui soient plus écolos. Pouvez-vous nous expliquer?
DG: J’ai surtout le souvenir d’avoir pris le contrepied des théories sur « chassons la voiture des villes« . Alors, certes, il y a des déplacements doux, mais compte tenu de l’âge de la population sablaise … s’il n’y a plus de voitures et également un manque de parking, alors il n’y aura plus personne pour se déplacer et plus de « business ». Il faut donc être extrêmement prudent dans ce domaine pour ne pas tomber dans l’erreur de certaines villes dans lesquelles on voit des commerces à vendre partout…! Dans certaines villes, il y a eu des erreurs monumentales et des erreurs d’urbanisme avec en périphérie des grandes surfaces tandis que les centres villes devenaient des lieux de regroupements de cas sociaux!
On ressent quand même un goût pour le vélo, puisque d’après les services techniques, il y a l’été 4500 vélos qui passent par jour sur le Remblai. Mais, attention, ce n’est pas du déplacement économique. Sauf à changer les habitudes des gens, ceux-ci ne font pas leurs courses en vélo et ils ne vont pas au restaurant en vélo. Quand vous faites vos courses, vous les faites en voiture, et les personnes âgées ne peuvent pas faire leurs courses en vélo. Regardez autour des moyennes surfaces aux Sables d’Olonne, à l’exception de ceux qui habitent juste à côté, il y a un turn-over de voitures très important.
Je suis donc très réservé sur la chasse aux voitures. Je laisse à Mme Hidalgo, maire de Paris, le soin de déplacer sa pollution d’une rive sur l’autre….
J’ajoute que la gratuité du passeur a bien contribué à favoriser les déplacements « doux » entre La Chaume et le Centre Ville.

LRS: Où en êtes-vous du transfert de la médiathèque dans le bâtiment EDF du Cours Dupont?
DG: Pour l’instant, nous sommes en négociation et l’idée, dans le cadre de la valorisation du Musée, est d’implanter la médiathèque Cours Dupont (NDLR: le déplacement de la médiathèque permettrait de libérer une aile du Musée de l’Abbaye Ste-Croix afin d’y exposer des pièces qui sont dans les réserves).

LRS: Mais concrètement, où en sont les négociations?
DG: Pour l’instant elles sont correctes.

LRS: Mais encore?
DG: Nous attendons des propositions. On devrait obtenir prochainement un projet de la part de ceux qui ont acheté le bâtiment. On attend le projet mais cela relève là aussi de la négociation.

LRS: Louis Guédon, l’ancien Maire des Sables d’Olonne qui vous a précédé, a dit dans une interview accordée au Reporter sablais que la réalisation du parking couvert Vinci était une très bonne affaire, qu’il n’y avait plus que 15 ans de traites à payer. Qu’au surplus, en raison des travaux du Remblai payés par la Ville ce fut un choix approprié de faire financer la construction du parking par Vinci. Le contrat prévoit une somme à payer par la Ville de 572.000€ par an pendant 30 ans sans compter l’abandon des rentrées financières des autres parking qui ont été donnés en concession. Qu’en pensez-vous et où en êtes-vous de la révision du contrat que vous souhaitez?
DG: Là aussi, nous sommes en négociation. Il m’arrive de ne pas critiquer la gestion de Monsieur Louis Guédon, mais là en l’espèce…. Je rappelle qu’il y avait à l’emplacement même où se trouve actuellement le parking couvert un parking extérieur de 600 places qui était amplement suffisant. Effectivement, il y a eu un montage financier mais qui permet en fait de dissimuler l’endettement car il n’apparaît pas vraiment comme un prêt. Mais cela ne reste qu’un montage….
Ce que j’ai attaqué dès le départ, c’est le bien-fondé du parking couvert qui d’ailleurs n’est jamais rempli. Je réunis un certain nombre de pièces et d’éléments dans le cadre des négociations avec Vinci / Indigo qui montrent que ceux-ci avaient attiré l’attention de la précédente équipe municipale sur le surdimensionnement du parking par rapport aux coûts et à la rentabilité du projet. Si j’ai bien compris Vinci avait proposé un parking couvert de 600 places – un chiffre qui correspondait aux besoins estimés par les professionnels – or pour des raisons qui m’échappent la précédente équipe a souhaité 1200 places!
C’est un montage inhabituel qui n’était pas utile puisqu’il y avait déjà un parking sur le même emplacement; de plus, on a concédé l’ensemble des parkings existants! Tout ça nous lie les mains pour 22 ans encore! Non, ça n’a vraiment rien de génial…

LRS: Vous vouliez une politique culturelle ambitieuse et sincère. Y êtes-vous arrivé?
DG: La saison culturelle est de qualité. Claire Legrand, adjointe, fait du travail de qualité, je suis satisfait, et dans ce cadre j’ai désormais mon domaine qui est celui du Musée (NDLR: le Maire a pris en charge le dossier du Musée dont les collections d’art contemporain méritent d’être mieux connues et valorisées.) D’après certains retours, des visiteurs restent désormais pour un week-end de deux ou trois jours aux Sables d’Olonne car ils viennent pour des spectacles de qualité se déroulant aux Atlantes les vendredis ou samedis soir. Le tourisme d’affaires et le tourisme culturel sont intimement liés. Quand il y a des congrès, on fait découvrir le Musée à un certain nombre de congressistes. Le Musée d’art contemporain de l’Abbaye Ste-Croix est connu mais uniquement dans les milieux spécialisés. Des villes dépensent des fortunes pour se doter d’un Musée d’art contemporain, or nous nous avons la chance d’en avoir déjà un. Il faut donc le faire connaître davantage et nous avons pris une attachée de Presse à Paris – une des cinq attachées de presse en France spécialisée en art moderne – qui est chargée d’assurer la communication pour sa promotion. Et prochainement nous allons « faire un événement » du dépôt par Annie Chaissac d’une centaine d’oeuvres de son père Gaston Chaissac, peintre fort réputé.

LRS: Vous souhaitiez faire des Sables d’Olonne le Pôle nautique de l’Atlantique? Ce n’est pas encore le cas, mais avez-vous l’impression que c’est sur la bonne voie?
DG: Oui, il y a une politique nautique très active.

Alex Thomson

LRS: Vous regrettiez que le Vendée Globe n’apporte pas suffisamment sur le plan international aux Sables d’Olonne? Avez-vous toujours cette image?
DG: Le Vendée Globe apporte désormais énormément à l’international notamment avec la nouvelle régate New-York – Vendée Les Sables d’Olonne.
Et l’intérêt des anglo-saxons pour le Vendée Globe s’est accentué grâce aux skippers de différentes nationalités – irlandais, néo-zélandais, japonais etc.. – mais surtout à Alex Thomson qui apporte beaucoup. Il n’y avait pas tous ces marins étrangers auparavant et l’image internationalisée s’est faite naturellement, surtout grâce à eux. Il y eu ainsi trois télévisions japonaises qui sont venues grâce à la présence du skipper japonais, Kojiro Shiraishi, et s’il avait terminé la course, l’intérêt aurait été exponentiel. C’est bien, il a décidé de revenir dans quatre ans pour le prochain Vendée Globe. Les skippers étrangers sont vraiment à la base du développement de image du Vendée Globe à l’international.

LRS: Et la bataille entre foilers et non-foilers a joué aussi sans doute, malgré la déception de l’abandon de Vincent Riou qui, sans foils, tenait tête aux meilleurs foilers dont Alex Thomson.
DG: La bataille des foils, cela restait plutôt franco-français. Il faut surtout noter que public anglo-saxon semblait jusqu’à présent bouder un peu le Vendée Globe mais avec Alex Thomson ce ne fut plus le cas. La présence d’Alex Thomson a été très importante. Il y a désormais un intérêt international pour le Vendée Globe, ce qui n’était pas encore vraiment le cas lors de l’édition précédente.

LRS: Passons à un domaine que vous connaissez bien, la justice. Vous avez écrit en 1991 les Fossoyeurs de la Justice (sorti en 1992). Vous critiquiez la gauche judiciaire qui voulait réduire la répression et prétendait que les délinquants étaient des victimes d’une société injuste. Vous avez aussi critiqué en 2011 la grève des juges car cela allongeait les délais des justiciables. Pour vous, il fallait apprendre aux magistrats à ne pas faire la charité avec le sang et l’argent des autres et vous disiez que l’on ne fait pas une bonne justice avec de bons sentiments. Récemment, vous avez critiqué l’intrusion du Parquet national financier dans l’affaire Fillon et la présidentielle.
DG: Et je n’ai pas fini !!
LRS: Avez-vous toujours le sentiment que la Justice fonctionne mal et que rien n’a évolué, qu’elle s’occupe de trop de dossiers et finalement rend mal la justice car elle est trop politisée?
DG: Politisée, non. La politisation de la justice a toujours été un mythe. Il y a une minorité de magistrats très politisés que l’on rencontre au Syndicat de la Magistrature – avec le mur des cons…. etc.. – mais là ce sont des militants politiques qui d’ailleurs deviennent souvent des hommes politiques. La magistrature a été, d’une certaine mesure, une réserve de personnels politiques à gauche; à droite aussi d’ailleurs…

LRS: Mais quand vous indiquez que le Parquet financier est manipulé par le Gouvernement….
DG: C’est parti de l’affaire Cahuzac, une affaire que les équipes au pouvoir ont d’abord essayé d’étouffer. L’opération Bercy a échoué. Surfant sur cette affaire, ils ont créé un Parquet national financier permettant de regrouper à Paris tous les dossiers financiers risquant d’impliquer des politiques. Ça a été un coup de génie car il ont réussi ce qu’ils avaient déjà tenté de faire par des réformes après l’affaire Urba, une affaire qui avait révélé aux personnels politiques, essentiellement socialistes, qu’ils étaient à la merci d’un tribunal de province. Alors qu’à Paris, tout est tenu….tout est verrouillé… la police, la chambre qui s’occupe des diffamations etc…  en province, ce n’est pas le cas. Les politiques pouvaient être à la merci d’un juge, comme ce fut le cas à l’époque avec les juges Jean-Pierre, Van Ruymbeke etc.. ils pouvaient tomber sur des juges indépendants qui faisaient leur métier!

LRS: C’est pour cela que je disais que c’était politisé, en raison d’une forme de contrôle politique…
DG: C’est politisé au sens large. Le politique a fait main basse sur la justice!  On l’a vu dans l’affaire Fillon! Une affaire de cornecul (NDLR: abracadabrante, grotesque), une histoire d’enfants et d’épouse, qui ne représente rien par rapport à d’autres affaires, certes qui « parle » à la population, avec le Canard enchaîné et la saisie du Parquet national financier! Jamais le Parquet d’Angers, dont dépend Laval, ne se serait auto-saisi d’une affaire comme celle-là, jamais, tandis que là, suite à un article dans le Canard enchaîné et d’une connerie de François Fillon, là hop, le Parquet national financier s’auto-saisit. Je le répète, pour des affaires qui sont des affaires de cornecul, pour un homme qui a certes des goûts dispendieux, mais ce n’est pas un scandale monumental. Ce n’est pas l’affaire du Carrefour du développement, ce n’est pas l’affaire des HLM de Paris, ça ne fait pas partie des grosses affaires financières, c’est une toute petite affaire.

LRS: Souhaitez vous apporter des précisions sur la Police municipale armée?
DG: J’estime que c’est nécessaire. Je regrette le retard apporté pour la mise en place de cet armement et pour l’entraînement des policiers municipaux (NDLR: le Préfet n’a toujours pas accordé l’autorisation de l’armement de la police municipal des Sables d’Olonne.) J’étais contre cet armement au départ, j’ai toujours défendu cette position, mais avec les attentats les policiers municipaux peuvent être des cibles et doivent être en mesure de neutraliser un adversaire. Il ne s’agit pas que de braqueurs; un braqueur peut être fou mais en général avec les délinquants traditionnels il y a toujours une part de logique, tandis que pour le terrorisme on est dans l’illogisme le plus total. On est dans l’irrationnel.

2014 – Didier Gallot défend son programme électoral

LRS: Passons aux aspects politiques. Vous avez dit « Je ne veux pas que notre Ville tombe entre les mains des politiques avec des instances partisanes ou vendéennes qui veulent porter un drapeau sur l’échiquier. » Vous devez être un peu déçu avec les batailles d’appareil et rancunes que l’on voit pour les Législatives et qui vont forcément se reproduire pour les municipales.
DG: Moi, je suis en dehors de tout ça. j’ai fait la démonstration, avec l’aide que m’avait apporté Jacques Auxiette (NDLR: alors président socialiste de la Régions Pays de Loire), qu’à partir du moment où l’on n’était pas dans le système des partis l’on pouvait faire des choses sans qu’il y ait des retours d’ascenseur ou des obligations. Pour l’instant, nous naviguons au mieux des intérêts de la Ville……et sans les influences partisanes…. qui se traduisent en retour par des réalisations concrètes, l’immobilier, les parkings, le béton…. Je crois que les Sablais sont conscients que ce qui se déroule ici se fait en dehors des intérêts politiques et des intérêts personnels, en tout cas des intérêts personnels du maire!

LRS: Les Présidentielles 2017. François Fillon aurait-il dû laisser la place lorsque les affaires ont pris trop d’ampleur?
DG: Alors là, je n’en sais rien. C’est leur problème! (NDLR: aux Républicains). J’ai toute confiance dans la nature humaine et dans les convictions verrouillées du personnel politique pour que nous assistions à des ralliements spectaculaires après les Législatives!

LRS: Vous avez soutenu Nicolas Dupont-Aignan lors des élections présidentielles et vous lui avez apporté votre parrainage (NDLR: pour se présenter aux présidentielles, un candidat doit obtenir 500 soutiens de la part d’élus). C’était par amitié ou par choix politique?
DG:  J’aime bien Nicolas Dupont-Aignan, il est mû par une certaine idée de la France, il travaille, il est assez indépendant. Bon, il a fait un choix difficile entre les deux tours; ça le regarde…

LRS: Quelle est votre impression sur la prise de pouvoir assez spectaculaire d’Emmanuel Macron, ainsi que sur la composition de son gouvernement pour le moins hétéroclite? Ça va dépendre des Législatives?
DG: Je suis très, très, sceptique. Si Monsieur Macron veut faire la politique économique de Pinochet ! (NDLR: Le modèle économique chilien mis en place à partir de 1973/74 après le putsch du dictateur Pinochet fut influencé par les idées très libérales de l’économiste Milton Friedman. La liberté des échanges fut rétablie et le pays fut ouvert à la concurrence internationale. Les théoriciens s’opposent sur le véritable résultat de cette politique.)
Mais c’était une dictature militaire particulièrement rude et sanglante…. On se souvient des économistes chiliens de l’Ecole de Chicago (NDLR: Surnommés les Chicago Boys, ces Chiliens avaient élaboré la politique économique du pays et surtout l’avaient imposée par la force) Le problème, c’est l’absence de baïonnettes. Je suis très sceptique et je pense que ça va se terminer dans la rue. Le 3ème tour risque de se dérouler en septembre. Si Monsieur Macron réalise son programme, je ne donne pas cher de la paix sociale dans le pays à la rentrée, ça va être douloureux.
« Pourvou qu’ça doure ! »  (NDLR: Didier Gallot, reprend, un brin ironique, l’expression de la mère de Napoléon Ier, Letizia Bonaparte, qu’elle employait à chacune des victoires de son fils.)

Inauguration de la Place Napoléon III aux Sables d’Olonne le dimanche 18 décembre 2016

LRS: Puisque vous nous ramenez à la famille Bonaparte, expliquez-nous pourquoi vous êtes passionné par Napoléon III?
DG: J’ai toujours trouvé que c’était un grand chef d’Etat et à une époque où l’on parle du roman national…(NDLR: c’est-à-dire la construction d’un récit national basé sur la mise en valeur de personnages historiques afin de mettre en valeur la grandeur de la France sans prendre en compte l’analyse longue et sociologique des événements. Une manière simpliste d’appeler au patriotisme).
…Or Napoléon III a été exclu « scientifiquement » du tableau historique français!

LRS: Et vous souhaitez le réhabiliter?
DG: Oh je m’en garderai bien, je n’ai pas cette prétention, mais le 150ème anniversaire de l’arrivée du chemin de fer a été l’occasion pour des tas de gens de découvrir la réalité du personnage, la lucidité d’une partie de sa politique, notamment en Algérie, ainsi que sa politique sociale et économique.

LRS: Sedan a été une blessure profonde pour la France. Après cette défaite, pour flatter l’esprit patriotique français on a mis en avant la nécessaire redynamisation et remilitarisation de la France au travers d’une éducation sportive et militaire de la jeunesse française. La France est restée longtemps très marquée par cette défaite. Quelle est votre vision des choses sur Sedan?
DG: Ce malheureux chef de l’Etat – Napoléon III – a été embarqué dans cette histoire – Sedan – par son opinion publique; lui était très réservé. Les Républicains se sont rendus compte que le régime était installé pour longtemps et ils se sont convaincus que la guerre pouvait les débarrasser de ce gouvernement. Ils ont à la fois fait refuser les crédits militaires par le corps législatif et en même temps créé un emballement anti-prussien.
Mais j’ai toujours trouvé que l’attitude alors de Napoléon III – et d’ailleurs des Bonaparte en général – était assez élégante puisque lui-même ainsi que les Bonaparte ne liaient jamais le sort de la France à celui de la dynastie et ils n’ont jamais ainsi sacrifié le sort du pays. D’ailleurs, Napoléon III n’a pas accepté l’offre de Bismarck de lui rendre son armée pour écraser la République! Alors que la IIIème République a terminé dans le déshonneur, ce n’est pas le cas du Second Empire.

LRS: Quels sont vos autres personnages historiques préférés?
DG: Je suis très admiratif de Louis XIV qui a été un grand réformateur et un grand unificateur de la nation française.

LRS: Revenons au Pays des Olonnes. Quand vous avez fait campagne en 2014, il y avait une « Gallot mobile« , puis la « Gallot-Tesson mobile« . Qu’est-ce qu’elle est devenue?
DG: Je n’en sais rien, on l’avait loué.

LRS: C’était l’époque des grands amours politiques.
DG: Oui, ça l’est toujours.

LRS: Aujourd’hui, il y a la campagne des Législatives. Sur la 3ème circonscription – Vendée littorale – Brigitte Tesson, votre 1ère adjointe, est désormais suppléante du candidat Noël Faucher. Dans le camp adverse, on trouve Florence Pineau, maire d’Olonne, avec comme suppléant Yannick Moreau, chargé de la fusion pour Olonne, député sortant et président de la Communauté d’Agglomération. Si rien n’est officiel, plusieurs dans ces différentes formations envisagent de se présenter aux prochaines municipales. Et très récemment, une autre de vos adjointes est devenue suppléante du candidat d’En Marche! , toujours sur la 3ème Circonscription. N’est-ce pas un peu compliqué pour vous, à la fois au sein du Conseil municipal et à l’Agglomération, de gérer toutes ces ambitions, ces velléïtés qui créent apparemment un certain nombre d’inimitiés entre les uns et les autres? Surtout car ils peuvent se retrouver à traiter les mêmes dossiers, notamment ceux liés à la fusion.
DG: Oui, c’est évident, mais ce n’est pas mon souci ni mon champ de préoccupation. J’avais un programme, je voulais agir dans l’intérêt de la ville. Les deux équipes – la mienne et celle de Brigitte Tesson, ont parfaitement fusionné. A partir du moment où les gens sont compétents! J’ai des adjoints qui sont extrêmement efficaces. J’ai eu l’épisode des Sénatoriales,  j’ai maintenant l’épisode des Législatives, je dois dire que je regarde tout cela avec un peu d’amusement…

LRS: Venons-en à la fusion au Pays des Olonnes.
DG: Oui, eh bien ça marche!

LRS: Oui, mais nous souhaitons parfois faire oeuvre d’historien en allant rechercher des éléments qui peuvent avoir leur intérêt historique…. Une petite phrase, loin d’être anodine, est passée dans un journal local à un moment où, en raison des oppositions entre les points de vue, tout semblait bloqué. Vous avez alors avancé le possible report de la fusion au 1er janvier 2019 – une date jugée comme incontournable pour le Château d’Olonne – alors que beaucoup s’arque-boutaient sur la date du 1er janvier 2018. Cette position – justifiée ou non – a eu le mérite de débloquer les choses. Il y avait des accords de longue date entre Les Sables d’Olonne et Olonne sur cette date de 2018. Les chargés de fusion étaient-ils au courant de ce soudain changement de date, de ce report possible, avant que vous n’annonciez subrepticement cette possibilité par la presse ou ont-ils plus ou moins étaient mis devant le fait accompli ?
DG: J’ai été interrogé par un journaliste et il me semblait qu’il fallait donner un petit coup d’épaule, il n’y avait pas grand chose, et Joël Mercier avait accepté de soumettre le projet de fusion à sa population. Cela m’a semblé être une opportunité quelques jours avant le déroulement du scrutin. Je ne l’ai pas fait subrepticement parce que….

Le Reporter sablais: ….oui mais personne n’était prévenu….
Didier Gallot: Non, personne n’était prévenu….
Le Reporter sablais: …car ça a surpris tout le monde
Didier Gallot: Non personne n’était prévenu. Il fallait en sortir. L’intérêt général était que la fusion se fasse à trois. Il y avait eu une démarche de la municipalité du Château d’Olonne, il fallait l’accompagner. Les uns et les autres…. on pense ce qu’on veut, mais c’était l’intérêt de la population et de la ville.

Didier Gallot tient ferme le pavillon des Sables d’Olonne…

Le Reporter sablais: Et pour le 1er janvier 2019, avez-vous pris la décision de vous présenter pour la 1ère année de la Ville fusionnée, ou ne l’avez-vous pas encore prise ? (NDLR: Il y aura au 1er janvier 2019 une fusion suivie d’une élection interne pour la désignation du 1er Maire des trois communes réunies. L’année suivante en 2020 se dérouleront les élections municipales au suffrage universel.)
DG: Je me suis engagé pour faire un mandat unique. J’y mets toute mon énergie. Autant que ce soit un mandat plein. Il ne me semble pas illégitime que le maire de la Ville « Centre » assure ce rôle jusqu’en 2020.
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

 

 

 




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