CHD La Roche-sur-Yon

La Roche-sur-Yon Vendée Coronavirus – Le chef du Service de Réanimation du CHD fait le point

 




 

Le Dr Jean-Claude Lacherade est le chef du service de réanimation du Centre hospitalier départemental CHD de La Roche-sur-Yon: il fait le point

Vendredi 27 mars 2020 à 15h

Au lendemain de l’arrivée du train sanitaire avec 4 malades en provenance de Strasbourg, le Chef du service de réanimation fait le point sur la situation dans son service.

Il rappelle les conditions du transfert sanitaire
Hier, le train sanitaire est parti de Strasbourg pour rejoindre Angers et Nantes.
Quatre patients sont arrivés vers La Roche-sur-Yon vers 19h30 grâce à deux camionnettes du Samu qui ont fait le trajet Nantes / La Roche-sur-Yon.
Si le voyage total a forcément été compliqué à mettre en place, l’arrivée à La Roche s’est bien passée.
Ceux qui ont moins bien supportés le voyage ont été déposés dès Angers. Tandis que pour La Roche-sur-Yon sont restés les malades les plus stables.

Convoi sanitaire
© CHD

Evolution du nombre de lits de réanimation
Concernant le service de réanimation, le nombre de lits est passé la semaine dernière de 18 lits de réanimation + 12 lits de soins continus à 30 lits de réanimation.
Les lits de soins continus ont été transformés grâce à l’adjoinction de matériels et de suppléments techniques.
Mardi dernier, ce sont 10 lits supplémentaires de réanimation qui ont ajoutés grâce à une emprise sur des zones du bloc opératoire et la réalisation de travaux.
Depuis mardi le total de lits de réanimation disponible est donc de 40


Nouvel ajout de 8 lits dans dix jours

Lundi, dans 10 jours, 8 lits supplémetaires de réanimation seront ajoutés. L’espace libre n’étant pas extensible, cette 3ème unité sera réalisée dans les services d’hémodialyse.
Ce qui fera donc 48 lits de réanimation (actuellement 14 malades sont en réanimation). On dispose de 40 respirateurs et 8 seront ajoutés.
La réponse aux besoins en lits de réanimation s’est faite très vite au CHD car nous avions déjà à disposition des respirateurs en nombre suffisant.

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Un personnel qualifié est nécessaire
Malgré cette hausse, il faut comprendre qu’un lit de réanimation demande certes des moyens techniques mais aussi des moyens humains, avec du personnel formé spécialement, et que cette ressource est rare.
Donc, on ne peut pas multiplier de manière rapide des lits de réanimation; il ne suffit pas d’avoir des équipements, il faut aussi du personnel compétent.
Pour l’encadrement, il est prévu environ 1 infirmière pour 2,5 patients + 1 aide-soignante pour 4 patients.
En raison des contraintes liées au Covid-19, le ratio est désormais de 1 infirmière pour 2 patients et 1 aide-soignante pour 3 patients.
Au sein du service recomposé réanimation du CHD, ce sont entre 200 et 250 soignants qui sont en activité.

Renforts
Pour les renforts, 300 candidatures sont arrivées au service des ressources humaines; une analyse des compétences sera faite. Pour l »instant, par rapport aux départements de l’Est de la France, nous avons un peu de temps pour nous occuper des renforts, d’optimiser les choses, attendant le jour où ces renforts seront peut-être nécessaires.
On ne sait pas quand le pic arrivera, on reste prudents à ce sujet, on reste vigilants, au jour le jour.

Centre hospitalier départemental
© CHD

66 hospitalisations liées au Covid dont 14 en réanimation.
Nous n’avons pas eu de vols de masques car nous avions pris les mesures nécessaires très tôt, dans un endroit sécurisé. Nous sommes dans une période tension sanitaire mondiale, ce sont des périodes toujours plus problématiques pour les équipements et les médicaments.
Le CHD sera sans doute sollicité pour des recherches cliniques comme d’autres centres épidémiologiques.

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Le CHD est le centre support pour la réanimation pour l’ensemble du département. En cas de besoin, les autres hôpitaux font appel à lui pour d’éventuelles prises en charge.
Face à la crise du Covid-19, différents sécnarios ont été étudiés pour le département, en prenant en compte qu’un malade en réanimation y reste entre 15 et 21 jours.
Il reste bien sûr des interrogations sur l’impact que subira la population vendéenne.
Nous avons augmenté ce nombre de lits de réanimation afin d’apporter une réponse adpatée en cas de besoin.
Nous sommes aussi en lien avec d’autres centres hospitaliers des Pays de la Loire afin d’équilibrer les prises en charge si nécessaire.

Le moral reste bon parmi les effectifs des soignants, il y a une une grande dynamique.
Des soignants, qui parfois n’avaient plus fait de réanimation depuis longtemps, sont venus en renfort; des infirmières anésthésistes, des infirmières de bloc opératoires etc…
Il faut un temps d’adaptation, on accompagne les moins formées pour des prises en charge.
Nos équipes sont protégées, avec une priorité sur la mise en place de protocoles, notamment sur les habillages / déshabillages.
C’est compliqué, mais l’expérience humaine qui en est tiré est extraordinaire.
Il n’empêche, cette crise va marquer les gens, il n’y a pas de doute…!

Propos recueillis par
Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

lereportersablais@gmail.com

 

 

 




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