Audubon Jean-Jacques
Audubon Jean-Jacques (1784 - 1851)
Le célèbre ornithologue, naturaliste, Jean-Jacques Audubon est d'origine sablaise.
En effet, son père, le capitaine de navire Jean Audubon, est né aux Sables le 11 octobre 1744.
Jean-Jacques est le fils illégitime de Jean Audubon et de Mlle Rabin, une créole de l’Ile de Saint-Domingue.
Après des études de dessin à Paris avec le peintre Jacques-Louis David, Jean-Jacques Audubon a embarqué pour les États-Unis afin d’y observer et dessiner les oiseaux.
Il épousa Lucie Blakewell en 1808 avant d’obtenir quatre ans plus tard la nationalité américaine. Il s'appellera alors John-James Audubon.
Son œuvre monumentale et exceptionnelle sur la faune américaine du XIXe siècle, Oiseaux d’Amérique, est composée de 435 planches, comportant 1065 figures de 489 espèces.
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
Audubon Jean-Nicolas
Jean-Nicolas Audubon (1710 aux Sables-d'Olonne - 15 décembre 1755 au Poiré)
Très Révérend Père (T.R.P.)
- 1710 : naissance
- 1734 : ordination sacerdotale
- 1742 : entrée dans la Compagnie de Marie (Congrégation cléricale missionnaire dont les membres sont les "Montfortains", le prêtre Louis-Marie Grignion de Montfort ayant été le 1er Supérieur général).
- 1749 : élection comme Supérieur général de la Compagnie de Marie de 1749 à son décès en 1755.
Il se fit remarquer par sa ferveur et son dévouement.
Note : le sanctuaire des Montfortains, la basilique Saint-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort, construit de 1889 à 1892 se trouve à Saint-Laurent-sur-Sèvre.
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne. Histoire populaire illustrée du Bienheureux Louis-Marie Grignon de Montfort par l'Abbé Hippolyte Boutin.
Bourdigale de Laudonnière René (de)
Bourdigale de Laudonnière René (de)
D'une famille d'armateurs sablais, il deveint un habile marin et fut ami de l'Amiral de Coligny.
Il dirigea diverses expéditions vers l'Amérique, particulièrement en 1564, et eut à lutter contre la domination espagnole.
Finalement vaincu, il revint s'éteindre dans son pays dans l'oubli et la tristesse.
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne, circa 1907.
Charrier Charles
Charrier Charles /
De la Belle Époque aux Années folles, l'architecte sablais Charles Charrier (1853 - 1925), avec ses deux fils Fernando et Mauricio, a été l'une des figures marquantes de l'architecture vendéenne.
Après avoir participé à la construction des lignes ferroviaires de Fontenay à Cholet et de Fontenay à Benet, il fut le concepteur de 27 constructions ferroviaires pour la compagnie des Chemins de fer Andalous, dont les gares d’Alicante, de Murcia et de Torrevieja en Espagne.
Nous lui devons, dans le département de la Vendée, l'église de l'Orbrie, les Halles de Challans et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sans oublier près de 125 villas, maisons et petits châteaux.
Aux Sables-d'Olonne, son œuvre est marquée par l'emblématique « Palazzo Clementina » trônant sur le Remblai, sans oublier les villas « Ma Folie », « Magali-Colombine » ou « Les Coccinelles-Thaïs », autres témoignages de son talent et de ses inspirations.
Parallèlement, Charles Charrier était très investi dans la vie municipale en étant adjoint au maire des Sables-d'Olonne, capitaine de la compagnie des sapeurs-pompiers et vice-président de la société de Secours mutuel.
Sources : Archives des Sables-d'Olonne
Collineau Edouard
Collineau Edouard /
Le Second Empire a offert une brillante carrière à cet officier sablais, engagé volontaire à 21 ans comme simple soldat et sorti du rang grâce à son seul mérite.
Édouard Isaïe Collineau (1810 - 1861) s'est brillament illustré dans la Légion Étrangère puis dans un régiment de Zouaves en Algérie, en Crimée, à Solférino et à Magenta lors de la campagne d'Italie, et lors de l'expédition de Chine.
Mais c'est surtout pendant la guerre de Crimée, en 1855, avec la prise de Malakoff devant Sébastopol, que cet admirable meneur d'hommes s'est rendu célèbre à la tête de ses Zouaves. Nommé général de division, il fut également décoré de « l'Ordre du Bain » par la Reine d'Angleterre Victoria.
Commandant la 2e brigade lors de la seconde guerre de l'Opium en Chine, il meurt de la variole à Tien-Tsin en 1861.
Sa devise était : « Allons, quand il faut, il faut ».
Collinet André
Collinet André /
Issu d'une vieille famille chaumoise, André Collinet (1729 - 1806) embarque très jeune sur les morutiers qui font la pêche sur les bancs de Terre-Neuve.
Revenu s'installer définitivement aux Sables comme armateur en 1769, il est nommé par la suite 2e échevin de la ville en 1773.
Esprit éclairé, il entretient une abondante correspondance, notamment avec le naturaliste Buffon.
Novateur, on lui doit l'introduction de la culture de la pomme de terre dans notre région.
Il nous a légué, à travers ses cahiers manuscrits, un précieux témoignage pour comprendre la vie quotidienne aux Sables-d'Olonne et à La Chaume au XVIIIe siècle.
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
Colombe Christophe
Colombe Christophe /
Le quartier de La Chaume a vu éclore nombre d'artistes talentueux, à l'image du peintre Paul-Émile Pajot ou de l'artiste Florelle.
Cependant, il en est un, Éloi Léopold Christophe Colombe (1886 - 1915), qui est aujourd'hui malheureusement tombé dans l'oubli.
Pourtant, ce jeune peintre en bâtiments, petit fils du premier sauveteur de France Pierre Éliopole Crouzillat (1835-1910), s'était fait connaître de ses contemporains en faisant publier quelques-uns de ses poèmes (Si j'étais papillon, Yvonne) dans la presse locale.
Sergent dans le 3e régiment d'Infanterie coloniale pendant la Première Guerre mondiale, il composa fin 1914 l'un de ses plus vibrants poèmes, La mort d'un Marsouin, en hommage à ses frères d'armes tombés au champ d'honneur.
Christophe Colombe est « Mort pour la France » en 1915 à Souain (Marne).
Lauréat de nombreux prix de poésie, son nom est inscrit au Panthéon dans la longue liste des écrivains et poètes tombés pour la France, aux côtés de ceux de Guillaume Apollinaire et de Charles Péguy.
Le poète chaumois figure également dans l’Anthologie des écrivains morts à la guerre, 1914-1918, parue en 1926.
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
Crouzillat Pierre
Pierre Crouzillat (4 juin 1835 - 1910) /
Fils d'Eloi Crouzillat, cultivateur, et de Madeleine Renaud, femme de ménage, il naît à Ars-en-Ré (Ile de Ré) le 4 juin 1835. Veuf en premier mariage de Marie Penaud, il épouse en seconde noce Alma Trichet, une Chaumoise, le 19 avril 1871. Il fut le père de six enfants.
Il a consacré sa vie au sauvetage en mer s'illustrant jusquen 1898, date de sa dernière intervention.
S'il est un homme emblématique du sauvetage en mer au XIXe siècle, c'est bien Pierre Crouzillat. D'ailleurs, l'amiral Jurien de la Gravière ne s'y est pas trompé en lui remettant personnellement la Croix de la Légion d'Honneur le 5 juillet 1882 et déclarant à son propos que « jamais cette croix n'a été placée sur une poitrine plus digne de la porter ».
es états de service exceptionnels avec à son actif le sauvetage d'une soixantaine de navires et plus de 200 vies sauvées au terme de 41 années de sauvetage. Pierre Crouzillat fut surnommé en son temps le « Premier sauveteur de France ».
Tout commence pour lui en 1857, à Brest, lors de son service militaire, lorsqu'il sauve deux hommes d'un incendie. Puis c'est à Toulon, Antivari, Bristol et Granville qu'il se fait remarquer par son courage, avant de se fixer définitivement à La Chaume à partir de 1861. Le lieu est propice aux interventions périlleuses tant l'entrée du chenal et les abords des rochers des Barges sont dangereux.
- En 1867, il fait partie de l'équipage du premier canot de sauvetage de la station des Sables-d'Olonne, aux côtés d'Anselme Maraud (1842-1910), autre sauveteur chaumois de renom.
- Il est aussi né sous une bonne étoile, puisqu'il est absent lors du naufrage de la chaloupe Coeur de Jésus le 24 avril 1868 durant lequel sept sauveteurs sablais trouveront la mort.
- En 1873, il obtient une récompense de taille avec l'obtention de deux médailles d'or pour son courage lors du naufrage du Bedlington au large des Sables-d'Olonne.
En 1873, la station de sauvetage des Sables-d'Olonne est fermée. Ce n'est qu'en 1979 qu'elle bénéficiera d'un nouveau canot, l'Amiral Jacquinot.
Pierre Crouzillat est à l'initiative de la construction de ce nouveau canot de sauvetage, qui sera construit selon ses plans et financé avec ses propres deniers.
Depuis 1979, Pierre Crouzillat participe à nouveau à toutes les sorties visant à sauver les marins pris au piège par une mer souvent déchaînée.
Les drames malheureusement continuent et en 1881, Paul-Émile Pajot (devenu un talenteux peintre), perd son père dans le naufrage de la chaloupe Jeune Ernestine.
- En 1881, Pierre Crouzillat est proposé pour la Légion d'Honneur en raison de ses états de service dans le domaine du sauvetage en mer. Elle lui est décernée l'année suivante.
- En 1889, il met au point un appareil de sauvetage qui lui vaut la médaille de bronze à l'exposition universelle de Paris et la médaille d'or à l'exposition de Nice l'année suivante.
- En 1891, Pierre Crouzillat s'illustre une fois de plus au péril de sa vie durant la tempête de novembre 1891 lors du naufrage de la chaloupe Reine des Cieux (LS 1079).
Durant cette sortie, l'une des plus tragiques qui ait été, le triple chavirage de l'Amiral Jacquinot, le canot de sauvetage sablais, a marqué durablement les esprits et a été largement médiatisé par la presse locale et nationale. Le drame a été notamment immortalisé par Henri Meyer pour la une du numéro 53 du supplément illustré du Petit Journal, daté du 28 novembre 1891, « Les dernières tempêtes - un sauvetage aux Sables-d'Olonne ».
- En 1898, le sauvetage du vapeur Daniel Fricaud en 1898 sera la dernière intervention de Pierre Crouzillat avant sa prise de "retraite".
Sa demeure était située au 3 rue du Palais lieu où il s'éteindra le 13 juillet 1910.
Par délibération du Conseil municipal en date du 14 novembre 1969, une rue des Sables-d'Olonne porte le nom de Pierre Crouzillat.
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
David José
José David (6 janvier 1913-21 août 1993)
José David fut bercé dans son enfance par le répertoire qu’interprétait son père le ténor d’Opéra réputé Léon David (1867-1962), qui décèlera le futur talent de José.
A 16 ans, José composa "O Salutaris" dédié à son père, oeuvre qui sera édité par Sénart.
José entrera au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1933.
Il fut élève de Paul Fauchet pour l’harmonie puis de Jacques de la Presle (1er Grand Prix de Rome en 1921) au décès de Paul Fauchet, de Simone Plé-Caussade pour la fugue, d'Henri Büsser pour la composition ; il suivra des cours d’orgue avec Marcel Dupré, ainsi que d’histoire de la musique avec Maurice Emmanuel.
Il partagea de nombreux centres d’intérêt avec son frère Léo (1911-2002), chanteur et danseur à l’Opéra comique et au Châtelet.
Il se marie en 1936 en l'église Saint-Germain-des-Prés.
Sa jeune carrière de compositeur est interrompue par la déclaration de guerre. Il est mobilisé en août 1939 au 72e régiment d’artillerie de Vincennes, un des régiments engagés au Luxembourg, sur l’Aisne et la Somme.
Au lendemain de la démobilisation, l’Académie des Beaux-Arts lui décerne le prix Flameng, et c'est ensuite la Sacem qui lui attribuera le Prix Joubert pour son œuvre symphonique.
Le piano est au centre de son œuvre et son sens mélodique est souvent cité par ses pairs.
« Dans un climat parfois heurté, il transparaît, dans toutes vos œuvres, des phrases où la mélodie chantante devient la pierre angulaire», dira Marcel Dupré.
En 1941, il s’installe Bd Saint-Germain à Saint- Germain des Prés, après avoir vécu à Savigny-sur-Orge, où il vivra jusqu'à la fin de ses jours.
Il participera activement à la vie musicale parisienne d'après guerre, en étant tour à tour compositeur de musique instrumental et de scène, pianiste, organiste, critique musical et pédagogue. Il donnait des leçons d'orgue et fut membre à partir de 1940 de l'Union des Maîtres de Chapelle et Organistes. Rappelons qu'il avait pris des cours d'orgue avec Marcel Dupré.
En 1947, il fait partie des fondateurs du Groupe Eurythmie avec Amédée Borsari, Emile Damais et Jean Rollin.
Il crée de nombreuses œuvres : cycle de mélodies, musique de chambre, messe, musique pour orchestre, ballets.
Connues parmi ses créations : "Impressions de Vendée", une fresque en 4 parties créée entre 1941 et 1944, pour célèbrer sa Vendée natale.
En 1947, il compose "La Ballade de Florentin Prunier".
En 1961, il a créé "Etapes", un quatuor à cordes en trois mouvements, et en 1986 ce sera un quatuor à vent
Il devient comme son père professeur au Conservatoire National de Paris à partir de 1962.
En 1965, il est membre du Jury des concours d'harmonie du Conservatoire de Paris.
En 1967, il devient professeur de la classe de préparation au professorat.
José David restera très attaché à sa Vendée natale et reviendra toute sa vie aux Sables-d’Olonne.
Un Festival José David a lieu tous les ans au mois d'août depuis 29014, aux Sables-d'Olonne. Il a été lancé par Magali Goimard.
Officier des Palmes académiques - Croix du Combattant 1939
Prix Pineau-Chailloux en 1938 par la Ville de Nantes pour l'ensemble de son oeuvre.
Sources : DR - Denis Havard de la Montagne - Musimem.com + docs Le Reporter sablais
lereportersablais@gmail.com
David Léo
David Léo /
Léo David est né le 16 juin 1911 aux Sables d'Olonne, dans la demeure de ses parents avenue Georges Godet.
Léo est le fils de Léon David, artiste lyrique et de Juliette Peltier, tous deux issus de vieilles familles sablaises.
Officier des Arts et des Lettres, Croix de Chevalier du Mérite National décerné par le Ministre du tourisme et Médaille d'Or de la Jeunesse et des Sports, Léo David (1911 - 2002) est le fils du ténor Léon David.
Après des débuts prometteurs de comédien et de danseur aux Bouffes Parisiens et au théâtre des Variétés à Paris dans les années 1930, Il dut revenir aux Sables-d’Olonne pour des raisons de santé.
Il va dès lors devenir l'un des principaux animateurs de la station balnéaire dans les années 1950-1960.
Fondateur du célèbre groupe folklorique sablais « le Nouch » (Noeud en patois) et du Rugby Club Sablais, il réorganisa également en compagnie de Léonice Retureau l’élection des Reines des Sables.
Parallèlement, Léo David assura la direction du Grand Casino de la Plage de 1951 à 1966 où il fit venir les plus grandes vedettes de la chanson française.
Président de l'Aéro-Club de la Vendée de 1950 à 1960, il organisa en 1953 un grand meeting aérien dans la baie des Sables-d'Olonne qui rencontra un immense succès populaire.
Il occupa également la présidence du comité des Fêtes et du Syndicat d'Initiative, le poste d'administrateur de l'Office de Tourisme et la présidence de la fédération Anjou-Poitou-Saintonge des groupes folkloriques.
Après des études à Paris et à Meaux, Léo débute en 1929 une carrière de comédien et de danseur. Engagé pour jouer dans plusieurs opérettes, il se produit notamment aux Bouffes Parisiens ou au théâtre des Variétés à Paris. En 1932, il obtient son premier rôle au cinéma aux côtés de Gaby Morlay. En 1940, c'est auprès de Raimu, Louis Jouvet et Jean Gabin qu'il apparaît dans le film Untel, père et fils.
Gravement malade, Léo David doit mettre sa carrière artistique entre parenthèses et se résout à revenir aux Sables-d'Olonne où il va ouvrir un commerce avec sa jeune épouse, Marie-Claude.
Malgré la guerre et l'Occupant, cet artiste infatigable va animer la station sablaise avec les revues Tic et Toc et En Ère libre en compagnie de son ami Albert Goizet.
Notre artiste sablais est également un athlète accompli et un passionné de rugby. Il est notamment l'un des fondateurs du Rugby Club Sablais créé en 1945, et le capitaine de l'équipe durant quelques saisons.
C'est d'ailleurs avec ses camarades du RCS (Chauffeteau, Rouvel, Lataste, Sénater, Ledoux, etc.), qu'il fonde en 1949 le célèbre groupe folklorique « Le Nouch » (le noeud en patois).
Grâce à l'énergie et la créativité de Léo David, « Le Nouch » va très rapidement obtenir les plus hautes reconnaissances nationales et internationales.
Parallèlement, à partir de 1950, il réorganise l'élection des Reines des Sables, en compagnie de Léonice Retureau.
Le Grand Casino de la Plage :
Fortement endommagé durant la Seconde Guerre mondiale, le Grand Casino est démoli en 1949 et sa reconstruction dans un style Trocadéro est confiée aux architectes sablais Durand et Bertrand en 1951. La direction est assurée par Léo David de 1951 à 1966 et les plus grands artistes de la chanson française vont se produire sur scène : Édith Piaf, Luis Mariano, Yves Montand, Johnny Halliday, Jacques Brel, Barbara, Claude François, sans oublier les humoristes Raymond Devos, Bourvil, Fernand Raynaud...
Les vies de Léo David :
Artiste lyrique, danseur et comédien,
Fondateur du Rugby Club Sablais en 1945,
Fondateur du groupe folklorique Le Nouch en 1949,
Organisateur de l'élection des Reines des Sables depuis 1950, en compagnie de Léonice Retureau,
Président de l'Aéro-Club de la Vendée de 1950 à 1960, organisateur du Grand Meeting aérien des Sables en 1953,
Directeur du Grand Casino et de la piscine municipale du Remblai (1951-1966),
Organisateur des Soirées 1900 et des Nuits des Ailes dans les années 1950,
Président du comité des Fêtes, vice président du Syndicat d'Initiative,
Administrateur de l'Office de Tourisme depuis 1966,
Président de la fédération Anjou-Poitou-Saintonge des groupes folkloriques.
Ses décorations :
Officier des Arts et des Lettres,
Chevalier du Mérite National décerné par le Ministre du tourisme (1985),
Médaille d'Or de la Jeunesse et des Sports (1991).
Léo David s'éteint aux Sables-d'Olonne le 22 octobre 2002.
Afin de commémorer le nom de ce Sablais qui a tant oeuvré pour le rayonnement de sa cité et pour l'associer à l'hommage qui avait été rendu à son père en 1963, le Conseil municipal du 11 juillet 2005 a entériné le changement de dénomination de la rue Léon David en « rue Léon et Léo David ».
Don du livre de gestion comptable du Grand Casino :
C'est une pièce d'archives unique qui a été remise officiellement à la Ville des Sables-d'Olonne par Mme Léo David le 13 décembre 2013. En effet, les mensurations étonnantes de ce registre (1,78 m de long) en font un document à part, témoin d'une époque révolue.
Mme David raconte une anecdote savoureuse à ce sujet :
"L'inspecteur du service chargé de la vérification de la comptabilité du Casino, désirait un seul et unique livre dans lequel devait être ventilé le bilan comptable des jeux, de la brasserie, de la piscine et du théâtre dont Léo David était le gérant. Ceci pour simplifier les choses !
Le résultat fut spectaculaire : 1,78 m d'envergure, 74 colonnes, 38 lignes par page.
Quelle aubaine pour l'éditeur. Quant à M. Fradin, le comptable, une chaise à roulettes lui a été nécessaire pour s'acquitter de sa charge."
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
David Léon
David Léon /
À la fin des années 1880, ce Sablais a décroché les premiers prix de chant des Conservatoires de Nantes et de Paris.
Engagé comme premier ténor à l’Opéra-Comique, maître du « bel canto », Léon David (1867 - 1962) interpréta au théâtre plus d’une cinquantaine d’œuvres différentes et se produisit sur les plus grandes scènes nationales et internationales.
Nommé professeur au Conservatoire de Paris en 1924, Léon David a été promu Officier de la Légion d’Honneur en 1936 puis Officier de l’Instruction publique.
Reconnaissance suprême de son talent, ce grand styliste a été choisi pour présider le festival mondial de la musique à Montréal en 1938.
La vie d'un ténor, livre autobiographique, retrace le destin de celui qui fut l'un des derniers bel cantistes français au médium large et à la vocalisation rapide ».
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne
Durand Maurice
Durand Maurice
(6 décembre 1884 aux Sables-d'Olonne - 1978) - (Yvan-Maurice-Félix)
Père : Armand Marie Durand (ostréiculteur) - Mère : Marie Félicité Benjamine Tapon
Maurice Durand ne sera pas marin... puisqu'il suivra une formation qui le ménera au diplôme de l'Ecole des arts décoratifs.
Il sera élève de Gaston Réchin (architecte et professeur à l'Ecole des Beaux arts d'Angers) à partir de 1903, puis à l'Ecole des Beaux-Arts de Georges Scellier, Henri Deglane et Gustave Umbdenstock, entre le 24 juillet 1905 et 1911.
Durant sa forrmation, il obtint plusieurs médailles en dessin ornemental et en composition décorative.
Il expose au Salon des artistes français à Paris en 1906.
Le 18 décembre 1906, il obtient un accessit au Prix de reconnaissance des architectes américains pour un projet de Phare à l'entrée du port de New-York.
Il est logiste au Prix de Rome les 23 mars 1906, 14 mars 1908, 12 mars 1910 et 18 mars 1911.
Le 8 avril 1909, il reçoit le 1er Prix Chenavard pour un Pont triomphal érigé en l'honneur de l'avénement d'un souverain ; et le Prix Palais de Longchamp.
A noter aussi, le 11 mars 1911, une mention honorable au Prix Achille Leclère de l'Académie des Beaux-Arts.
Et en 1912, le 3ème Prix Stillmann.
Il va participer au développement urbain de la Ville en tant qu'architecte, profession exercée à partir de 1913 et cela jusqu'en 1974.
Il sera architecte du département de la Vendée de 1921 à 1953, et des Monuments historiques de la Vendée de 1930 à 1951. Egalement membre du Conseil départemental des Bâtiments civils; architecte inspecteur du CDE près le Crédit Foncier à partir de 1951.
Il intégre l'Académie d'architecture de Paris en 1920, membre de la Société centrale des architectes en 1920, membre libre de l'Académie d'architecture en 1953, membre honoraire en 1957; membre du conseil régional de Poitiers de l'Ordre des architectes en 1941-45; président d'honneur du Syndicat des architectes de la Vendée en 1961; membre de la Société des artistes français.
Parmi ses réalisations en Vendée, notons :
- centres hospitaliers en 1929, 1937 et 1958, Hôtel des P.T.T., Chambre de Commerce en 1931, Archives en 1937, hôpital psychiatrique en 1956;
- Phare de l'île d'Yeu en 1958 ;
- Phare de l'Armandèche aux Sables d'Olonne en 1968 ;
- Casino des Sports Les Sables-d'Olonne en 1928-1929 et quartier de la Rudelière ;
- Grand Casino de la Plage Les Sables-d'Olonne 1950-1951 ;
- Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie;
- Hôpital moderne départemental de la Roche-sur-Yon en 1923.
- Villa Mirasol (classée Monument Historique (1914), et de nombreuses villas sur le Remblai telles La Rafale, Buet, Gelf, Villa Bonin, Etchegorria, Normandy, La Villa Blanche etc...
(La Villa Rafale située rue des Bains, lui appartenait ; il y avait installé ses bureau et atelier).
- Eglise Saint-Pierre aux Sables-d'Olonne (années 1930),
- Clinique Notre-Dame de France aux Sables-d'Olonne,
- Hôtel de Ville des Sables-d'Olonne (1950),
- Rénovation de l’Abbaye Sainte-Croix aux Sables-d'Olonne (années 1960)
- Restauration du Prieuré Saint-Nicolas aux Sables-d'Olonne (années 1970)
- Restauration de l'Eglise St-Nicolas de La Chaume
- Aménagements du nouveau remblai à partir de 1950, et de la Place Foch, de la rue Travot, de la Place du Tribunal aux Sables-d'Olonne.
- Chambre de Commerce (La Roche-sur-Yon)
- Centre hospitalier départemental (La Roche-sur-Yon)
- La Poste (La Roche-sur-Yon)
- Archives départementales (La Roche-sur-Yon)
Remblai et Piscine
Vers 1950-52, Maurice Durand se voit confier la construction d'un nouveau Remblai des Sables-d'Olonne. Les mauvais souvenirs de la guerre commencent à s'estomper et la petite jetée, qui avait été foudroyée par des explosifs posés par les Allemands à leur départ en 1944, a été reconstruite.
La piscine, et toute la décoration du Remblai (conception, sols, lampadaires etc...) ainsi que la Pendule sont sortis du cahier à dessin de Maurice Durand.
La piscine fut réalisée sur une zone d'endigage, c'est-à-dire une concession accordée par l'Etat pour soustraire ou protéger le sol des attaques des flots. Puis elle devint la propriété de la Ville en 1912 par un achat pécuniaire.
Une piscine, splendide pour l'époque, d'une surface de 25m x 12,50m en bord de plage, remplie à l'eau de mer grâce à une station de pompage établie sur la jetée Est du port. Une piscine qui eut un grand succès avec ses plages ensoleillées en demi-cercle, ses toboggans et roue.
Les travaux débutèrent le 18 décembre 1950 et l'ouverture eut lieu en 1952. L'eau de la piscine fut chauffée à partir de 1973.
Décorations : Officier d'Académie le 30 mai 1924, Officier de l'Instruction publique, Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d'honneur en 1934, Officier de la Légion d'honneur en 1950.
Sources : Archives Les Sables-d'Olonne / Institut national d'Histoire de l'art / Dictionnaire des élèves architectes de l'Ecole des Beaux-arts de Paris (entre 1800 et 1968) / Archives nationales de France, AJ/52/420, dossier d’élève / Fonds du Musée de l'Abbaye Sainte-Croix / Maurice Durand : travaux d’architecture, Strasbourg, Edari, 1932; Strasbourg, Société française d’édition d’art, 1936 / + doc Le Reporter sablais
Feuvre Simone
Feuvre Simone /
Simone Feuvre (1909 - 2003), née Fontanel, était une sage femme sablaise qui faisait partie de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Entrée dans le réseau communiste Front National, elle fut dénoncée et arrêtée avec 16 autres membres du réseau en 1944 par la SAP d'Angers. Internée successivement à la prison de La Roche-sur-Yon, de Poitiers et Fresnes, elle est ensuite déportée au camp de concentration de Ravensbruck, sous le matricule 57749.
De retour aux Sables-d'Olonne en juin 1945, elle a repris ses activités de sage femme à la clinique Notre Dame de France et aida à mettre au monde un très grand nombre de bébés sablais.
Décorée de la Croix de Guerre, de la Légion d’Honneur et de la Médaille militaire, Simone Feuvre a fondé l’Amicale sablaise des déportés internés et des familles de disparus. Le square où se situe le monument des Déportés porte son nom depuis 2003.
Sources : Archives des Sables-d'Olonne

Florelle
ancienne actrice de cinéma
Les Sables-d'Olonne, France
(adresse)
Florelle
(de son vrai nom : Rousseau Odette)
FLORELLE est éternelle
Florelle est née le aux Sables-d’Olonne (La Chaume) et est décédée le à La Roche-sur-Yon.
Florelle, la petite chaumoise, est née Odette Rousseau sur les quais de La Chaume en 1898 (dans une maison dont la Buvette - "A la mère Rousseau" - était tenue par sa grand-mère Marie-Joséphine).
Ses parents sont Élysée Rousseau (qui fut secrétaire-adjoint de l'état civil) et Diadéma Messie Rabillier.
Carrière
Florelle est la seule sablaise à avoir eu une notoriété exceptionnelle en France ainsi qu’en Amérique du Sud.
Ses parents quittèrent Les Sables-d'Olonne (entre 1908 et 1910) pour Paris où travaillait déjà l'une des tantes de Florelle.
Artiste lyrique : après avoir joué au théâtre et avoir chanté l’opérette ou des comédies musicales, notamment dans l’une des salles les plus réputées, la Scala, elle fut une meneuse de revue réputée.
Elle sera à l’affiche du Moulin rouge et même la vedette aux Folies Bergère. Certes sans égaler la grande et longue carrière de Mistinguett, mais Florelle aura en Argentine un succès bien plus important que sa concurrente.
Sa rencontre avec le chanteur Jean Flor lors d'une tournée en Europe et à Istanbul durant l'été 1914 fut déterminante pour la suite de sa carrière artistique. C'est en effet Jean Flor qui lui souffla l'idée de prendre le surnom de Florélie. Odette Rousseau le modifia légèrement, le trouvant trop italien, pour prendre son fameux nom d'artiste : Florelle.
Florelle va connaître ses premiers moments de gloire en 1925 lors d'une prestation artistique à Buenos-Aires (Argentine), en volant la vedette à... Mistinguett !
À son retour, l'année suivante, c'est au « Moulin Rouge » qu'elle triomphe avec la reprise de la revue « Ça c'est Paris ». Tout le monde l'appelle alors « Mademoiselle Florelle du Moulin Rouge ». Son passage ensuite aux « Folies Bergère » va asseoir durablement sa notoriété.
Florelle mena deux carrières de front : la première au théâtre, dans les cabarets et comme meneuse de revue, la seconde comme actrice de cinéma.
En 1934 elle épousa Pierre-Marcel Foucret, le fils du directeur du Moulin Rouge. Mais auparavant, elle avait épousé, lors de ses voyages argentins, un cubain. Mais le mariage ne dura point.
Carrière cinématographique
Grâce à son expérience sur les scènes de théâtres, le cinéma parlant signa le début d’une carrière époustouflante pour Florelle.
Elle jouera au cinéma de 1912 à 1956, dans une cinquantaine de films dont 6 films muets (de 1912 à 1919).
Florelle est surtout connue pour avoir tenu le rôle principal dans la version française de « l'Opéra de Quat'sous », en 1931, sous la direction du célèbre réalisateur Georg-Wilhelm Pabst : son rôle de Polly Pitchum, la fille du roi des mendiants, lui vaut d'excellentes critiques et lui donne son surnom de « fille joyeuse au regard triste ».
C'est à partir de là que sa carrière prendra son élan. Pabst déclara que Florelle avait été la plus grande révélation artistique de sa vie.
Un autre rôle majeur est celui de Fantine dans « Les Misérables » de Raymond Bernard, film sorti en 1934. Florelle joue aux côtés d'acteurs prestigieux comme Harry Baur, Albert Préjean, Jules Berry, Charles Boyer, etc... et avec Maurice Chevalier et Dandy dans des films muets.
Elle tourna avec de nombreux réalisateurs sont Georg Wilhelm Pabst, Alexander Korda, Jean Renoir et Fritz Lang.
Entre 1930 et 33, elle est parmi les actrices de cinéma les plus en vue en France, sans doute la plus grande !
L’essentiel de sa carrière – en tout cas la période de ses films les plus réputés, s’est étalé de 1930 à 1937.
Elle fera la Une de nombreux magazines entre 1930 et 1937, sa photo et son nom seront à l’affiche des plus grandes salles de cinéma dont le célèbre Pathé-Natan en bas des Champs-Elysées.
Son activité artistique et cinématographique conduira à l'enregistrement de nombreux disques 78 tours (27 disques répertoriés et 54 chansons à la fin des années 20 et au summum de sa carrière au début des années 30). « La Complainte de Mackie » que Florelle chante dans L'Opéra de Quat'sous connaîtra un succès retentissant au point de devenir un véritable standard, c'est-à-dire reprise par les plus grands chanteurs !
Avec des paroliers de renom comme Jean Boyer, Jean Lenoir, Kurt Weill, Mireille ou Jacques Prévert.
Adulée, admirée, elle reçoit compliments, invitations, fleurs….
Sa dernière apparition au cinéma fut aux côtés de Jean Gabin dans « Le Sang à la tête » de Gilles Grangier en 1956.
Elle se retire définitivement aux Sables-d'Olonne dans les années 1950, pour rejoindre ses parents qui y vivent. Elle tiendra un bar-restaurant « À l'Orée des Pins » dans la forêt de la Rudelière, face au Casino des Sports.
La fin de sa vie, partagée entre La Chaume et Juan-Les-Pins (Alpes Maritimes) se déroule dans un relatif anonymat.
Florelle décède le 28 septembre 1974 à l'hôpital de la Grimaudière à La Roche-sur-Yon.
Enterrée dans le vieux cimetière de La Chaume sous le nom d'Odette Rousseau, cette ancienne étoile du Music-Hall aurait pu tomber définitivement dans l'oubli sans l'intervention d'un mystérieux admirateur, M. Niobey, qui fit apposer sur sa tombe une plaque gravée « Ici repose Florelle » en 1983.
Par la suite, une rue de La Chaume pris officiellement le nom de Florelle par délibération du Conseil municipal du 22 mars 1984.
Une chaumoise parmi les très grandes vedettes françaises des années 30
Elle est ce que l’on appelait à l’époque, non pas une star, mais une « vedette ».
Une grande vedette avec deux rôles qui lui auront apporté une renommée nationale et même internationale :
– le premier dans le film mythique L’Opéra de Quat’sous de Georges Pabst (1930-31),
– et le second dans Les Misérables de Raymond Bernard (1933).
Notons aussi Faubourg Montmartre, Tumultes, Vacances, La Femme nue, la Dame de chez Maxim’s, Liliom, Le Crime de Monsieur Lange.
Difficile d’imaginer aujourd’hui la personnalité incontournable qu’était devenue Florelle, la petite chaumoise.
Florelle n’oublia jamais Les Sables-d’Olonne, y revenant régulièrement, y faisant souvent référence et assurant qu’elle n’oubliait jamais qu’elle était sablaise.
En 1998, à l'occasion du centenaire de l'artiste, l'écrivain chaumois Jean Huguet et les « Veillées Chaumoises » ont célébré en chansons sa carrière. Une plaque fut apposée au 34 quai Georges V avec l'inscription : « Ici est née Florelle (Odette Rousseau), le 9 août 1898 ». Cette même année, Jean Huguet publiera un livre intitulé Florelle, la femme libérée aux éditions Vents et Marais, tandis que le Musée de l'Abbaye Sainte-Croix lui consacra une exposition (Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix n° 56, 1998)
Odette Rousseau est décédée mais Florelle est éternelle.
Sources : Philippe Brossard-Lotz / Le Reporter sablais + complément Archives des sables-d'Olonne
Fricaud Daniel
Fricaud Daniel
Daniel Fricaud 1662 - 1733), est né aux Sables-d'Olonne le 16 septembre 1662 et s'est éteint le 2 février 1733.
Il était maître de navire et bourgeois de la Ville, portant à l'armorial : "De sinople parti d'argent, à une fasce de l'une en l'autre".
Alors que la guerre de la Ligue d'Augsbourg était en cours (1689-1697), une escadre de bateaux anglais et hollandais avait tout d'abord bombardé Saint-Martin de Ré, puis elle vint ensuite mouiller en rade des Sables d'Olonne en 1696.
Daniel Fricaud fut capturé alors qu'il se trouvait sur un bâteau de pêche. Interrogé par l'Amiral Russel, il donna de fausses indications sur l'emprise foncière de la Ville des Sables-d'Olonne, affirmant que celle-ci était "aussi longue que large".
Le bombardement fut donc relativement inefficace, les boulets se perdant dans les marais. Il se dit aussi, que les Sablais allumèrent des bottes de paille pour tromper l'ennemi, lui faisant croire à la réussite de son bombardement...
Les Sablais n'avaient, semble-t-il, pas accordé beaucoup d'attention au dévouement de Daniel Fricaud, donnant de fausses indications au péril de sa vie.
C'est le docteur Marcel Petiteau ( - / 27 avril 1896 à 83 ans) qui, bien plus tard, le sortit de l'oubli. Ce dernier, en effet, publia plusieurs notices historiques mettant au jour bien des faits ignorés.
Sources : Archives des Sables-d'Olonne - Guide du Touriste aux Sablesd'Olonne + docs Le Reporter sablais
Garnier Emmanuel
Garnier Emmanuel /
Emmanuel Garnier (1894 - 1944) est né dans le quartier du Passage aux Sables-d'Olonne.
Cet ardent défenseur de la pêche artisanale était le président du Syndicat des marins-pêcheurs des Sables-d’Olonne et du littoral atlantique.
Il fut également à l’origine de la coopérative L'Union Fraternelle.
Entré dans la Résistance dès 1940, Emmanuel Garnier a rejoint en 1942 le réseau Manipule auquel il a fourni des renseignements sur les installations allemandes entre Loire et Gironde. Arrêté par la Gestapo puis déporté vers Dachau, il meurt dans l’un des derniers convois vers l’Allemagne, appelé « le Train de la mort ».
Une plaque commémorative en bronze en hommage à Emmanuel Garnier, marin sablais « Mort pour la France » a été apposée sur l’immeuble de la Coopérative Maritime et inaugurée le 23 décembre 1945. La ville des Sables-d'Olonne a choisi également d'honorer la mémoire de ce marin respecté du monde maritime en dénommant « quai Emmanuel Garnier » la partie médiane du port de pêche par délibération du Conseil municipal du 9 juin 1945.
Emmanuel Garnier, décoré de la Médaille de la Résistance, a été fait chevalier de la Légion d'Honneur et chevalier du Mérite Maritime à titres posthumes.
Sources : Archives des Sables-d'Olonne
Gaudin Jacques
Jacques Gaudin (17 août 1735 aux Sables-d'Olonne - 30 novembre 1810 à La Rochelle)
Conventionnel, homme d'Eglise et politique, l'Abbé Jacques (Maurice) Gaudin se jeta dans le parti révolutionnaire.
Il se signala par de nombreux écrits contre le célibat des prêtres.
Député de la Vendée à l'Assemblée législative du 4 septembre 1791 au 20 septembre 1792 (Groupe Majorité réformatrice, sous le régime de la Révolution).
(Notes : à cette époque, la France de l'ancien régime, et depuis 1542, Les Sables-d'Olonne dépendait de la Généralité de Poitiers, circonscription administrative et fiscale des Intendants du Poitou, qui comprenait 9 "élections" dont l'Election des Sables-d'Olonne avec ses subdélégations).
Enfin, juge et bibliothécaire à La Rochelle jusqu'à sa mort.
- entrée chez les pères de l'Oratoire (dont la principale mission est l'éducation et l'enseignement)
- devient vicaire général de l'évêque de Mariana (Corse) et Conseiller clerc au conseil souverain de la Corse
- puis nommé curé de la ville des Sables-d'Olonne
- en 1781, il publie Les Inconvénients du célibat des prêtres
- est nommé Grand vicaire de l'Evêque constitutionnel de Luçon
- le , est désigné aux suffrages des électeurs de la Vendée pour être député l'Assemblée législative (élu le ).
Membre du Comité d'Instruction publique à l'Assemblée législative, il rédigea un rapport sur les congrégations religieuses concluant par un projet de décret à leur suppression.
- Après le coup d'État du 18 brumaire, Gaudin, qui avait quitté la carrière ecclésiastique, fut nommé juge à La Rochelle ; à sa mort, Gaudin était bibliothécaire à la Rochelle et correspondant de l'Institut.
Publications :
- Les Mémoires du marquis de Montrose, traduits de l'anglais (1768)
- Les Inconvénients du célibat des prêtres : prouvés par des recherches historiques (1781)
- Voyage en Corse et vues politiques sur l'amélioration de cette isle, suivi de quelques pièces relatives à la Corse (1787)
- Gulistan ou le jardin des Roses, traduit du persan (1789)
- Essai historique sur la législation de la Perse (1791)
- Avis à mon fils âgé de sept ans (1805)
- Le Racoleur (opéra-comique joué en 1805 dans les salons de Mme Dupont : contes en vers très grivois imités du Décaméron et de La Fontaine, ainsi que des vers satiriques contre la municipalité des Sables-d'Olonne !...).
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne - Assemblée nationale - Archives de la Vendée - Dictionnaire des parlementaires de 1789 à 1889 par Adolphe Robert et Gaston Cougny + docs Le Reporter sablais
Guiné René
Guiné René (7 février 1768 aux Sables-d'Olonne - 4 décembre 1821 à Nantes)
Les Sables-d'Olonne Vendée. Le Sablais René Guiné défenseur de l'Atlantique face au blocus de l'ennemi anglais
De lui, de nombreux Sablais et passants ne connaissent qu'un quai sur le port qui porte son nom.
Mais, en plus d'être un très grand marin, il fut bien plus que cela pour Les Sables-d'olonne et la France.
Il sera jeune-marin mousse, marin militaire, Commandant du Port des Sables-d'Olonne, Corsaire autorisé par le Roi et l'Empereur, et négociant en étant Capitaine d'un navire de commerce.
Il descend d'une famille de marins sablais. Son père et grand-père avaient été Capitaines au long cours.
- Entre environ 1780 et 1786, il sera dans la Marine marchande ; il fut jeune marin et participa comme mousse à une dizaine de campagnes morutières à Terre-Neuve
En 1786, il s'engagea à l'âge de 18 ans dans la marine militaire (marine de guerre). Il fit ses débuts sur la goélette "Crocodile" "qui cingla vers le Brésil, prit part à de nombreux combats, s'empara de navires portugais, et sauva Cayenne des mains de l'ennemi".
En 1794, il est nommé Enseigne de vaisseau, à 26 ans après 8 années de service.
C'est l'époque où la France vient de perdre une partie de ses colonies (Corse, comptoirs des Indes, Guadeloupe, Martinique, une partie de Saint-Domingue....).
René Guiné est alors connu pour de nombreux faits d'armes.
- En 1796, alors qu'il commande la corvette La Gaîté, armée de vingt canons, il est chargé d'une mission secrète et il a donc ordre d'éviter tout engagement avec l'ennemi !
Mais, rencontrant la frégate anglaise L'Arethuse, forte de 400 hommes d'équipage, il a l'audace d'accepter la lutte alors qu'il n'a qu'un petit équipage. Après trois heures de combat, La Gaîté est capturée et René Guiné, captif, est transféré en Angleterre.
Au retour en France, il sera alors traduit devant un Conseil de guerre à Rochefort pour désobéissance et, malgré la reconnaissance de sa bravoure, il fut condamné à 5 ans de rétrogradation.
Le jugement étant considéré d'une grande sévérité bien qu'il y eut désobéissance, le Vice-Amiral Martin, ancien matelot ayant commencé comme René Guiné par les premiers grades de la marine, "s'approcha du Capitaine de vaisseau qui avait présidé le Conseil de Guerre et lui dira à voix basse : - Monsieur, si j'étais à votre place, j'irais me pendre !..."
(Sources : G. Durivault).
- Durant sa peine, René Guiné au lieu de commander le navire, était embarqué en "sous-ordre". Sur le "Rhinocéros", la canonnière "L'Ile-Dieu", la corvette "Le Citoyen", la frégate "La Thémis", le vaisseau "Dugay-Trouin", la gabarre "La Lionne".
- Vers 1801, sa punition achevée et grâce aux compliments des commandants, il reçoit le commandement de la corvette La Bergère. Il accompagnera, après la paix d'Amiens, les membres de l'ambassade française à Constantinople, et déposera des consuls français dans toutes les Echelles du Levant.
(Les échelles du Levant sont les ports et les villes de l'Empire ottoman, situés au Proche-Orient ou en Afrique du Nord, pour lesquels le sultan avait renoncé à certaines de ses prérogatives, notamment en matière juridique, en faveur de négociants français, principalement marseillais)
- Mai 1803, la guerre reprend avec l'Angleterre. René Guiné est nommé Lieutenant de vaisseau et Directeur des convois du 5ème arrondissement maritime.
- 1804-1815 : C'est ainsi qu'il sera pendant plus de dix ans, à partir du port des Sables-d'Olonne, le défenseur de convois de navires marchands français entre Bordeaux-La Rochelle-Nantes et permettra ainsi de contrer le blocus anglais des ports et côtes françaises depuis la défaite de Trafalgar le 21 octobre 1805.
Il commença par commander le lougre "L'Angélique" (six canons) et réussira, devant La Teste, après un combat à faire fuir au large le cutter anglais "La Providence" (seize canons).
Il agissait avec une flottille de 15 péniches et de son lougre, Le Rapace (un lougre est un voilier de 2 ou 3 mâts pour le cabotage mais aussi pour la surveillance des côtes face à l'ennemi).
Il agira en vrai Corsaire qu'il était (marin qui attaque les navires de commerce ennemis avec l'autorisation officielle du Roi ou de l'Empereur) et s'emparera entre 1804 et 1815 de plusieurs croiseurs anglais, notamment les corsaires Le Héros (6 canons), le Marquis de Thownsend (14 canons), l'Aristide (3 canons), le Jnapper (6 canons) ainsi que des embarcations armées et des bâtiments de commerce.
Il sauvera à partir des Sables-d'Olonne plus de 30 navires.
L'une de ses ruses était d'installer des "navires pièges" échoués par lui-même sur la côte afin d'attirer l'ennemi puis de fondre avec ses marins sur les éclaireurs ennemis.
L'Amirauté anglaise recommandait alors aux commandants des vaisseaux anglais : « Beware of Commodore Guiné in the bay of Biscay » (Défiez-vous du commodore Guiné dans le golfe de Gascogne).
- En 1804 (ou 1808), il est nommé Capitaine de Frégate (au début de l'Empire français).
René Guiné est alors Capitaine de Frégate et commandant de la station des Sables-d'Olonne.
- 21 octobre 1805 : défaite de Trafalgar. Les Anglais deviennent maître des mers.
- Le 15 mai 1808, il capture dans la zone de Fromentine le cutter anglais "Le Lion" (12 canons) que l'équipage avait abandonné durant la nuit.
23 février 1809 : René Guiné se distingua lors du combat naval du 23 février 1809 en dirigeant habilement les batteries de canons du Fort Saint-Nicolas. Trois frégates françaises, qui étaient aux ordres du Vice-amiral Jurien de la Gravière, étaient bloquées dans le port des Sables-d'Olonne, par l'escadre de l'amiral anglais Stopfort. Grâce au feu nourri des batteries de terre dont la plus importante, celle du Fort Saint-Nicolas, était commandée par le Capitaine René Guiné, les frégates françaises purent, dégagées du blocus, sortir du port.
24 mars 1812 : René Guiné reçoit pour la défense des convois marchands une épée d'honneur de la part de la Chambre de commerce de Nantes lors de l'Assemblée générale du Commerce présidée par M. François-Marie-Bonaventure du Fou (armateur, négociant et prés. de la Chambre de Commerce ; il devint maire de Nantes l'année suivante).
Un grand nombre de négociants et d'armateurs avaient prié la Chambre de Commerce de réunir des fonds pour l'achat d'une belle épée d'honneur de marine destinée à M. Guiné en gage de reconnaisance.
Discours de Bonaventure du Fou, en présence de René Guiné :
"C'est avec les sentiments de franchise innée chez les Bretons que les commerçants de Nantes vous témoignent, aujourd'hui, la satisfaction qu'ils éprouvent de vous voir à la station des Sables-d'Olonne, et par conséquent le protecteur des nombreux convois qui passent par votre division... Cette épée vous est offerte avec la reconnaissance la mieux sentie ; daignez l'accepter comme un gage de ce sentiment, dû à votre bravoure et aux éminents services que vous avez rendus au commerce nantais...".
Pierre-Louis Athénas*, qui était alors sécrétaire de la Chambre de commerce de Nantes (créée en 1803), dira de Réné Guiné :
"C'était moins par ses prises que par la terreur qu'il inspirait aux Anglais, que Guiné rendit d'immenses services au commerce du pays. L'ennemi hésitait alors à revenir sur nos côtes. Il ne lui a manqué qu'un théâtre plus vaste pour déployer un plus grand caractère et faire preuve de talents plus distingués sur les flottes de Sa Majesté."
(* Pierre-Louis Athénas (1752-1829) : savant en chimie, physique, agronomie et minéralogie, érudit et pionnier de l'archéologie locale, industriel et homme politique nantais).
On considéra que l'action de René Guiné avait sauvé les fortunés armateurs de Bordeaux, de La Rochelle, de Nantes, et aussi ceux des Sables-d'Olonne.
"Ce fut un jour de fête dont Nantes garda longtemps le souvenir. Lorsque Guiné sortit, une foule compacte s'attaché longtemps à ses pas. Le soir, un splendide banquet couronna la journée.
Le décor de table fut prodigieux et symbolique.
Guiné y était en bonne compagnie. Au milieu de la table, s'élevait un obélisque de porphyre flanqué des quatre statuettes de Duquesne, Duguay-Trouin, Jacques Cassard l'illustre Nantais, et Jean Bart.
On souleva l'obélisque et, au milieu des statues, apparut un emblème mythologique :
Mercure, dieu du Commerce, tenant à la main le portrait de son illustre défenseur Guiné, avec ces quatres vers:
- Rendant hommage à la vaillance
- Ton front, intrépide Guiné,
- En ce beau jour est couronné
- Des mains de la reconnaisance.
.... date.... : Un jour, une frégate française mit à la côte aux Sables-d'Olonne. Un capitaine de frégate anglaise qui la guettait enverra en pleine nuit 5 hommes pour reocnnaître (l'état) de la proie. Grâce à René Guiné les Anglais furent fait prisonniers et sans doute la frégate anglaise coulée puisque, bien plus tard, en 1858, un plongeur sablais du nom de Jamin repêcha des débris de cette frégate anglaise.
- 18 août 1814, René Guiné est fait Officier de la Légion d'Honneur (sous Louis XVIII), et le 23 août 1814 il est fait Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.
- 1815 : RENÉ GUINÉ EST RAYÉ DES CADRES alors qu'il n'a que 47 ans
Après les Cents-Jours (de Napoéon, fin le 22 juin 1815 après la défaite de Waterloo le 18 juin 1815), il est rayé des cadres de la Marine royale. Louis XVIII, lors de sa seconde restauration, est devenu méfiant et bien des officiers furent rayés des cadres...!
Selon les sources de G. Durivault, des jaloux auraient signalé René Guiné comme "ennemi des Bourbons sous le prétexte infâme qu'il aurait pactisé avec les Anglais", lui qui n'avait cessé de les combattre !
On lui "fendit l'oreille" - c'est une image -, c'est-à-dire qu'il fut mis à la retraite, avec une faible pension de 750 francs.
Deux causes auront cependant entravé la carrière de René Guiné, précise Durivault :
- l'affaire de la "Gaîté", lorsqu'il a combattu alors qu'il avait ordre d'éviter tout engagement avec l'ennemi (et donc sa condamnation par le Conseil de Guerre) ;
- et la chute de l'Empire.
Sa nomination du 18 août 1814 comme Officier de la Légion d'honneur fut même suspendue !
C'est dire combien les Cents-Jours de Napoléon ont marqué Louis XVIII et les Bourbons.
Elle fut malgré tout confirmée le 11 mars 1817 mais, selon Durivault, cette tentative fit un grand tort au "régime" de la Restauration auprès des Sablais qui vouaient un grand respect pour René Guiné.
1815 : René Guiné a alors 47 ans. Bien que des armateurs nantais lui offrirent un commandement, il refusa on sentiment d'injustice l'ayant blessé, à la suite de la décision des Bourbons.
Il devient négociant et Capitaine d'un navire de commerce.
Installé à Nantes, il organisera pendant 5 ans des expéditions commerciales.
11 mars 1817 : René Guiné est Officier de la Légion d'honneur.
4 décembre 1821 : décès à Nantes à 10 heures du soir, à l'âge de 53 ans.
Décédé chez M. Merman, 4 rue de Georges.
Avait pour épouse : Dame marie-Rose-Christine-Elisabeth SOCHET.
Son corps repose au cimétière Miséricorde (sur le bord droit de la première allée à gauche). La tombe est en granit avec une croix blanche et deux plaques de marbre.
Inscriptions :
Guiné René
Capitaine de frégate. Officier de la Légion d'honneur. Chevalier de Saint-Louis.
Né aux Sables-d'Olonne le 7 janvier 1768. Décédé à Nantes le 4 décembre 1821.
Le Commerce de Nantes lui décerna une épée d'honneur
L'Anglais disait : "Dans le Golfe de Gascogne, défiez-vous du Commodore Guiné"
Au pied de la croix qui se dresse en tête du monument on lit :
(sa petite-fille)
Louise-Amélie Rondenet
Née le 18 mai 1830
Décédée le 28 septembre 18X8
Une touffe de pensées est gravée dans la pierre.
A l'extrémité, du côté du passant, est une plaque de marbre blanc où l'on peut lire :
(sa fille)
Dame Rondenet
Née Césarine-Christine Guiné
le 15 septembre 1800
Décédée le 14 novembre 1870
Décorations et Honneurs :
- 15 juin 1804 (26 Prairial de l'an XII), René Guiné - Lieutenant de Vaisseau - est fait Chevalier de la Légion d'honneur par Napoléon Bonaparte, empereur des Français.
- 18 août 1814, il est fait Officier de la Légion d'honneur (sous Louis XVIII), et le 23 août 1814 il est fait Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.
- Il reçut aussi la Décoration du Lys (instituée le 26 avril 1814 par le comte d'Artois pour récompenser la Garde nationale de Paris puis des civils et militaires).
- Pour la défense des convois, il reçut le 24 mars 1812, une épée d'honneur de la part de la Chambre de Commerce de Nantes.
- Et un instrument de marine de la part de la Ville de La Rochelle.
- (Et Bordeaux s'apprêtait aussi à fêter René Guiné mais la chute de l'Empire retarda le projet).
Aucune trace de ces objets n'est actuellement connue dans un Musée ou chez un particulier.
- Un quai des Sables-d'Olonne porte son nom, ainsi qu'une rue à La Roche-sur-Yon.
Une rue et un espace vert à Nantes sous le nom de "Square Commodore Guiné" (en raison des nombreux services rendus aux Nantais).
Sources : Documentation Le Reporter sablais - Biographies Vendéennes de Constant Merland (1808-1885) (Edité en 1883 par Forest et Grimaud, à Nantes, à Niort par Forget, à Paris par Gervais) - Archives des Sables-d'Olonne - Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine) - Base Léonore - Le Phare de la Loire du 5 mars 1939 (Article de G. Durivault : L'Histoire du Commodore René Guiné) - Histoire de Vendée.
Imbert Paul
Paul Imbert (circa 1585 - 1640)
Il est entré, en 1618, dans Tombouctou (Mali) en faisant partie d'une expédition marocaine.
Ce n'est donc que, bien après lui, que René Caillé - qui parlait l'arabe - (né en 1799 à Mauzé-sur-le-Mignon), aura visité Tombouctou du 20 avril au 4 mai 1828.
Né aux Sables-d'Olonne, Paul Imbert est mousse puis devient capitaine de morutier, à l'âge de 25 ans. Il participa aux pêches de morue au large de Terre Neuve.
Mais, vers 1610, il est capturé par les Corsaires barbaresques de Salé, à une époque où de très nombreux marins européens seront réduits à l'esclavage après la prise de leur bateau.
Il vivra alors une vie d'esclave à Rabat ou à Salé puis devint l'esclave du pacha de Marrakech, Ammar el Feta.
Bien malgré lui, Paul Imbert, toujours prisonnier, participa en 1618 à une caravane marocaine de 400 soldats dirigée par Ammar el Feta, sur ordre du sultan du Maroc, Moulay Zidan, vers la ville de Tombouctou.
Les militaires marocains s'étaient emparés de Tombouctou depuis une expédition de 1591, et ils y restèrent durant deux siècles. Il est probable que l'expédition militaire de 1618 fut lancée afin de rétablir l'autorité du sultan marocain sur Tombouctou.
Régulièrement, et sans doute tous les ans, les marchands marocains se rendaient à Tombouctou.
Les chameaux pénétrèrent dans Tombouctou le 28 mars 1618 alors connue comme un carrefour du négoce : sel, or, tissus, étoffes font l'objet d'échanges et de négociations. La caravane restera plus de deux mois sur place.
Dans différents pays d'Afrique du Nord, des religieux tentaient de racheter des esclaves français prisonniers des barbaresques.
Certains furent ainsi libérés mais le coût élevé réduisait le nombre de mis en liberté. Paul Imbert ne semble pas avoir été libéré malgré la présence de l'escadre du chevalier de Razilly qui se présenta en rade de Safi et auquel Paul Imbert aurait fait parvenir une lettre "pour obtenir sa compassion et lui demander de s'employer à la délivrance des esclaves."
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne, circa 1907, Revue Olona n°133-134 de 1990, Etonnants Vendéens, 32 destins exceptionnels, par Claude Mercier + compléments par Le Reporter sablais
Martin Jacques
Jacques Martin (1581 - 1661)
Olonnais, et bas officier de l'armée (capitaine), il sauva par son dévouement le roi Louis XIII lors du siège de La Rochelle en 1627.
Une bombe, partie des batteries de la ville de La Rochelle, tenue par les Huguenots, tomba aux pieds du roi.
Jacques Martin se précipita et couvrit le roi de son corps afin de le protéger avant que la bombe n'explose.
En éclatant, celle-ci le blessa grièvement et le mutila en lui enlevant les deux mains.
Admiratif pour ce courage, Louis XIII :
- lui offrit une chaîne d'or portant une médaille avec l'inscription : virtutis bellicoe proemium donavit rex Ludovicis XIII ; (récompense du roi Louix XIII pour acte militaire)
- le pensionnat (pension financière), et l'anoblit (lettre d'anoblissement datée de juin 1628) avec la charge d'escuyer du Roi, et le titre de seigneur de la Mortière.
Son écu était "de gueules à l'ancre d'argent, accompagnée en pointe, d'une bombe d'argent, chargée d'une fleur de lys de gueules, et accostée de deux bras sans mains de carnation".
Quoique mutiloé, une belle fille des Sables d'Olonne voulut bien de lui comme époux, et il mourut peu après sa femme, le 18 février 1661.
Dans des actes de la paroisse des Sables, il est mentionné comme « Haut et puissant Jacques Martin » et comme « capitaine de la marine entretenu par le Roi ».
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne, circa 1907, Archives des Sables-d'Olonne + complément par Le Reporter sablais.
Nau François dit l'Olonnois
François Nau dit l'Olonnois (vers 1630 - 1671)
François l'Olonnois est un flibustier dont on ignore la véritable identité et l'histoire de sa jeunesse ; il est probablement né aux Sables-d'Olonne vers 1630.
Il fut l'un des flibustiers les plus célèbres du règne de Louis XIV, connu pour son audace et ses exploits extraordinaires dans les Antilles.
Avec lui ressurgissent des lieux légendaires de la piraterie, comme les Caraïbes ou l'Ile de la Tortue, repères des Frères de la Côte dont il fut l'un des chefs fameux.
Il embarque dans le port de La Rochelle, entre 1650 et 1653, à destination de St-Domingue. Là, il devient boucanier, un aventurier pratiquant l'élevage de boeufs sauvages, fumant la viande sur un gril appelé "boucan". Les boucaniers sont alors alliés des flibustiers et des Français, depuis qu'ils ont été chassés des Antilles par les Anglais et les Espagnols.
Très vite, il rejoint l'Ile de la Tortue après le massacre de la plupart de ses compagnons par les Espagnols.
Il lutta alors pendant des années contre la puissance espagnole, avec des exactions sanglantes contre les bâtiments espagnols, exactions qui en font très vite un des flibustiers les plus redoutables.
Connu dans toutes les Caraïbes, il est surnommé le « Fléau des Espagnols » ou le « Boucher de Maracaïbo », s'illustrant particulièrement dans la prise de cette ville du Venezuela en 1666.
D'autres colonies espagnoles furent également pillées et incendiées, comme San Antonio de Gibraltar, Puerto Cavallo et San Pedro. Il s'adjoignait souvent les services d'autres flibustiers, tels Pierre le Picard ou Michel le Basque, lors de ces expéditions encouragées par le gouverneur de l'Ile de la Tortue, Bertrand d'Ogeron.
Tout le butin accumulé après ces péripéties aurait dû faire de lui un homme riche. Mais c'était sans compter sur une vie de débauche et de dépenses qui finalement l'incitèrent à poursuivre sa vie de flibustier.
En 1671, après une expédition malheureuse contre les côtes du Guatemala, son navire est jeté par la tempête sur les côtes du Yucatan, précisément sur l'Ile Barou (ou Varu) dans le golfe de Darien.
Capturé par les cannibales « Indios Bravos », il connaît une fin tragique. La légende raconte qu'après avoir été scalpé, il fut découpé en morceau et dévoré par ces cannibales qui crurent ainsi faire passer dans leurs veines sa force et son courage. Ils prirent soin de lui arracher le cœur de son vivant. Seule sa tête fut conservée et momifiée afin d'être gardée comme trophée.
Sa vie et son parcours nous sont connus grâce aux écrits d'Alexandre-Olivier Oexmelin, chirurgien français, qui a côtoyé ces aventuriers de 1666 à 1672 :
"L'Olonnais, Français de nature, est du Poitou, d'un lieu nommé les Sables-d'Olonne, dont il a retenu le nom sous lequel on le connaît dans toute l'Amérique".
Voilà ce que l'on relate à ce sujet :
« Nau hisse son pavillon amiral sur la Cacaoyère, de 16 canons, et confie le commandement des troupes de débarquement à Michel le Basque. L'entrée du Lac Maracaibo est comme une gorge fermée par la redoute de l'Ile des Ramiers. Il la franchit de vive force, culbute les forces ennemies et toutes les troupes du Gouverneur de Mérida, et au prix de 100 tués et blessés, enlève Maracaibo, le Gibraltar du Venezuela. Le butin et les dommages infligés aux Espagnols dépassent un million d'écus ».
Sources : Archives des Sables-d'Olonne, Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne, circa 1907 + compléments Le Reporter sablais

Rousseau Odette
ancienne actrice de cinéma
Les Sables-d'Olonne, France
(adresse)
Voir à Florelle
Vaugiraud Pierre (de)
Pierre, René, Marie de Vaugiraud (27 décembre 1741 aux Sables-d'Olonne - 14 mars 1819 à Paris)
Comte de Vaugiraud.
Vice-Amiral, Grand'Croix de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Officier de l'Ordre Royal de la Légion-d'honneur, Chevalier de l'Ordre de Cincinnatus, Lieutenant-général de l'Isle Martinique et dépendances, Gouverneur-général des Isles françaises du Vent de l'Amérique (de 1814 à 1818), etc...
*La Société des Cincinnati, ou l'ordre de Cincinnatus, est la plus ancienne société patriotique américaine, fondée par George Washington le 13 mai 1783 et composée de ceux qui s'étaient distingués pendant la guerre d'indépendance des États-Unis.
Pierre de Vaugiraud est issu d'une famille noble originaire d'Anjou.
Les grands parents sont Pierre de Vaugiraud, seigneur de La Jaumonière, et Marie Renée des Nos.
Parents : Pierre de Vaugiraud est le fils de François de Vaugiraud (12 sept 1713 à La Boissière-de-Montaigu - 26 sept 1790 aux Sables-d'Olonne et de Marie Lodre, mariés le 4 février 1739 aux Sables-d'Olonne. Les Lodre était une famille de négociants et d'armateurs des Sables-d'Olonne.
Filiation de François de Vaugiraud et Marie Lodre :
- Marie, Joseph, Pierre de Vaugiraud, né le 12 novembre 1739 (capitaine au régiment des Gardes françaises, prisonnier lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792, tué pendant les massacres de septembre 1792)
- Pierre, René, Marie de Vaugiraud, né le 27 décembre 1741 aux Sables-d'Olonne - 14 mars 1819 à Paris, époux de Marguerite Lodre de Chataignier (le mariage eut lieu en l'Eglise Notre-Dame de Bon Port des Sables-d'Olonne le 28 novembre 1769).
- Marie-Renée de Vaugiraud, 1745 - 1840, épouse de Philippe de Biré (1730-1806), seigneur de Mevelière.
- Jean-Charles Casimir (1746-19 février 1767), décédé lors du naufrage d'un navire de la Marine royale, le David.
Filiation de Pierre, René, Marie de Vaugiraud et Marguerite Lodre de Chataignier :
- Marie, Joseph, René de Vaugiraud, (5 avril 1771 aux Sables-d'Olonne-20 mai 1796 près de Locminé)
(Sources : Revue des questions historiques du marquis de Beaucourt d'après la Revue de la Révolution dans le Morbihan - 1er Prairial An IV (20 mai 1796) lettre d’un brigadier de gendarmerie qui raconte sa chasse aux Chouans en compagnie du général Mermet : "Nous tombâmes sur cinq émigrés, et j'eus le bonheur de tuer le chevalier de Montmorand et nous fîmes prisonnier le comte de Vaugiraud… Il voulut nous conduire à Pluvigner.... Il me fut confié et j'étais avec deux cents hommes pour y aller; mais, à peine sorti de Locminé, il voulut s'évader et j'eus le bonheur de lui brûler la cervelle d'un coup de pistolet").(Sources ARLV de Vendée)
- Marguerite (15 décembre 1773 aux Sables-d'Olonne - XXXX), épouse de Louis-Gabriel de Ferriet.
- Renée-Louise (22 juin 1783 aux Sables-d'Olonne - XXXX)
- Philippe de Vaugiraud (2 septembre 1786 aux Sables-d'Olonne- décédé le même jour)
- Marie-Florence (23 décembre 1787 aux Sables-d'Olonne - 18 janvier 1788 aux Sables-d'Olonne)
- Jeanne (6 mars 1791 aux Sables-d'Olonne - 16 octobre 1794)
Pierre de Vaugiraud rédigea un Rapport au Roi Louis XVIII :
- "Rapport au Roi sur le Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe", qui fut présenté à Sa Majesté le Roi Louis XVIII au mois d'août 1818.
- complété par diverses pièces : Actes et Documents relatifs à l'administration de Louis-François du Buc, intendant de la Martinique.
(20 pages - Extrait des registres du Conseil supérieur de la Martinique, et une Situation de la colonie en mai 1816) / Convention proposée par S. Exc. Sir James Leith, Capitaine général et commandant des forces de terre de S.M. Britannique, acceptée par S. Exc. le Vice-Amiral Comte de Vaugiraud (La Barbade 20 mai 1815.) / Pour annoncer le débarquement de troupes britanniques auxquelles le gouverneur a demandé assistance pour maintenir à la Martinique la souveraineté de Louis XVIII.
(Notes : Louis-François Dubuc était à la fois un homme politique, un planteur esclavagiste à la Martinique).
Un document de 76 pages, comprenant une biographie de Pierre de Vaugiraud et le Rapport au Roi sur le Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe est paru en 1822.
Les éléments ci-dessous sont extraits, pour la plupart, de la biographie de Pierre de Vaugiraud se trouvant dans le document paru en 1822.
La biographie présente un contenu hagiographique, donc une présentation élogieuse...
- 1755 : il entra à 14 ans dans la Marine royale.
- Il embarque en 1756 comme garde de la Marine royale sur le vaisseau Eveillé, et il s'y trouva à la prise du vaisseau anglais le Greenwich.
- 1762 : il est nommé Enseigne de vaisseau ; il se fait remarquer par son activité et son courage.
- il embarque ensuite sur Le Tonnant pour aller relever la garnison de Mahon et faire la remise de cette forteresse.
- il est ensuite attaché à une escadre d'évolution armée commandée par le comte d'Orvilliers, qui le chargea de commander un aviso pour la répétition des ordres et le port des signaux. L'Amiral lui donne des éloges publics et l'envoie à Versailles rendre compte des opérations.
- 1773 : Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis
- 1773 : Lieutenant de vaisseau, sur le vaisseau L'Orient.
- Il s'illustra le 27 juillet 1778 durant la bataille d'Ouessant (dans le cadre de la Guerre d'Indépendance des Etats-Unis durant laquelle la France est alliée à la jeune Amérique et opposée à la Grande-Bretagne qu'elle veut affaiblir) sous les ordres du comte d'Orvilliers et sur le vaisseau de l'Amiral Duchaffaud qui commandait l'arrière garde.
Alors que Pierre de Vaugiraud exhortait en vain ce dernier à se retirer de dessus le pont, le brave Duchaffaud tomba grièvement blessé dans les bras de Vaugiraud.
- Vaugiraud sauva par le plus courageux dévouement toute la flotte de Brest risquant d'être livrée aux flammes par l'incendie du vaisseau Le Rolland dans le port de Brest ; le comte d'Hector et l'intendant de la Marine, témoins de cette intrépidité, s'empressèrent d'en rendre compte au Roi qui fit écrire la lettre la plus flatteuse à Vaugiraud.
- A la demande de MM. d'Orvilliers et Duchaffaud, M. de Vaugiraud fut nommé au commandement du Fox, une frégate anglaise capturée. Mais, la cour de France et celle d'Espagne ayant décidé conjointement d'attaquer l'Angleterre après avoir réuni une flotte considérable sous les ordres du comte d'Orvilliers, celui-ci demanda que M. de Vaugiraud lui fut donné pour major en second.
- L'armée combinée franco-espagnole n'ayant pas eu le succès attendu, M. d'Orvilliers remit le commandement à M. Duchaffaud qui nomma M. de Vaugiraud Major-général et Capitaine de vaisseau.
- Puis M. de Vaugiraud devint Major-général de M. de Tréville pour l'armée navale aux Antilles, puis de M. le comte de Grasse avec un convoi de 200 voiles pour approvisionner les Antilles. L'armée navale fut sauvée d'une destruction inévitable grâce à M. de Vaugiraud !
Les vaisseaux étaient à l'ancre devant le cap à Saint-Domingue lorsque le feu prit à bord de l'Intrépide au milieu de tous les autres vaisseaux : l'armée, la flotte, la ville entière touchaient à leur perte !
Aucune mesure ne paraissait possible et l'équipage, effrayé, quitta le navire. Trente milliers de poudre allaient éclater... Sur le chemin, Vaugiraud rencontre l'équipage fugitif et le ramène au vaisseau après l'avoir fait rougir de lâcheté. Mais les matelots et soldats se mutinent à nouveau. M. de Vaugiraud est menacé mais il ramène encore une fois les mutins alors que les flammes gagnaient la soute aux poudres. Il dirige la manoeuvre, fait conduire le vaisseau à la côte, le fait échouer puis en fait partir l'équipage et en sort le dernier ; cinq minutes plus tard, l'Intrépide sauta avec une explosion qui ébranla toute la ville.
- 9 au 12 avril 1782 : bien que blessé au début de la Bataille (des îles) des Saintes (du 9 au 12 avril 1782) dite aussi Bataille de la Saint-Dominique, entre les Français (flotte du comte de Grasse) et les Britanniques (flotte de George Rodney), Pierre de Vaugiraud s'illustra le 12 avril 1782 tout particulièrement à bord du vaisseau Ville de Paris (vaisseau amiral du comte de Grasse) lors de la bataille de la baie de Chésapeak aux côtés du comte de Grasse. Le carnage fut affreux à bord du vaisseau amiral, le Ville de Paris ; le sang inondait les entre-ponts. Vaugiraud y montra autant d'activité que de courage. Mais la défaite entraîna la prise du vaisseau par les Anglais. Le Conseil de guerre qui eut lieu à l'occasion de cette affaire loua tellement sa conduite qu'il reçut du Roi une lettre honorable où Sa Majesté le félicita pour son dévouement en lui accordant une pension.
- 1783 : la paix est signée entre la Grande-Bretagne, l'Espagne et la France, par le Traité de Versailles qui redistribue les colonies des Antilles.
- 1783 : il est commandant en second d'une escadre d'évolution sous les ordres de M. d'Albert de Rioms.
- 1788 : il commande la frégate La Gracieuse qui se trouve à la Martinique
- 1789 Révolution française : des mouvements insurrectionnels se manifestent à la Martinique ; il devient adjoint du Gouverneur de Vioménil à Fort Royal ; tous deux parviennent à mettre cette colonie à l'abri des désordres de la Révolution, du moins provisoirement.
- Révolution : Vaugiraud rentre en France et se retire dans ses foyers en Poitou. Mais, au moment du départ de Louis XVI pour Varennes, les autorités révolutionnaires du Poitou, menaçant la liberté et la fortune du comte de Vaugiraud et de plusieurs gentilhommes, ceux-ci se réunirent au château de la Proutière et se virent contraints de se défendre contre la violence.
Le château fut incendié par des troupes révolutionnaires.
M. de Vaugiraud vint demander justice au Gouvernement : un décret de prise de corps à son encontre (arrestation) le décida à émigrer ! Il rejoint l'armée de Condé à Coblentz, reçoit l'ordre des Princes français d'organiser en diverses compagnies le Corps de la Marine dont le commandement revient au comte d'Hector.
Pierre de Vaugiraud eut alors le commandement d'une compagnie noble de cavalerie, chargé d'accompagner les princes.
L'Armée des Princes dissoute, il reçut ordre de passer en Angleterre (où se regroupaient des rangs royalistes) pour se rendre en Vendée afin d'y porter les ordres du Roi. L'ordre prévu ayant changé, il resta à Londres jusqu'au départ de l'expédition de Quiberon.
Pierre de Vaugiraud, grâce à sa réputation de marin, sera choisi pour diriger les mouvements de l'escadre de l'amiral anglais John Borlase Warren
1795 : l'expédition de Quiberon qui se solda par l'échec des forces contre-révolutionnaires.
SAR Monsieur étant venue à l'Ile-Dieu, M. de Vaugiraud fit les fonctions de capitaine de port et retourna avec le prince en Angleterre où il a résidé jusqu'en 1814. Le retour des Bourbons le ramena en France.
- Restauration : après l'abdication de Napoléon 1er, le Roi Louis XVIII nomma Pierre de Vaugiraud Vice-amiral et Gouverneur de la Martinique, et il fut décoré de la Grand'-Croix de Saint-Louis.
La population toute entière fut transportée de joie à son arrivée, mais le retour de de Bonaparte en 1815 changea cette heureuse position. A cette nouvelle, M. de Vaugiraud sentit tous les dangers qui le menaçaient. La Guadeloupe venait de s'insurger. Déjà les ordres de Napoléon arrivaient.
Mais, l'auguste Princesse, qui, au milieu de ses dangers personnels, n'oubliait rien pour sauver les Français dévoués à leur Roi, Madame, avait songé aux dangers que courait la Martinique.
M. de Vaugiraud fut instruit de la part de son Altesse Royale de ce qui se passait et peu de jours après il reçut du Roi le titre de Gouverneur-général des Antilles, avec les pouvoirs les plus étendus (Il fut nommé par le Roi Louis XVIII en tant Lieutenant-général de l'Isle Martinique et dépendances, et Gouverneur-général des Isles françaises du Vent de l'Amérique).
Vaugiraud déclara sa ferme résolution de maintenir le pavillon blanc, fit arrêter les agitateurs (mouvements bonapartistes), rembarquer pour la France les militaires mal disposés. La Martinique fut ainsi sauvée de tous les maux que la rébellion venait d'attirer sur la Guadeloupe.
Des dépenses excessives, une administration en désordre, des abus enracinés altéraient la prospérité de la Martinique. M. de Vaugiraud reçut ordre du ministre de remédier à ces abus.
Les trois années dde son gouvernement étant expirées, Vaugiraud remit la colonie au général Donzelot, son successeur, et il s'embarqua pour revenir en France ou il débarqua à Nantes. Il était alors âgé de près de 78 ans. Une maladie aiguë l'avait affaibli. Dès qu'il se sentit mieux il se rendit à Paris au mois de septembre 1818.
Il logea à l'Hôtel des Colonies, rue de Richelieu, où il reçut les personnages les plus marquants de la Cour et de la Ville. Mme la baronne de Ferriet, sa fille lui prodigua toutes les marques de tendresse.
Une ordonnance de la Marine avait été rendue le 3 août 1817, sous le ministère de M. le maréchal Gouvion de Saint-Cyr, par laquelle :
"Il était défendu aux gouverneurs ou aux intendants revenant de commander ou d'administrer dans les colonies, de se présenter au Roi avant que leur conduite n'eût été soumise au jugement et à l'examen d'une commission d'enquête".
Cette ordonnance avait paru au moment où le rappel de M. le comte de Vaugiraud venait d'être décidé.
Cette ordonnace fut également rapportée en 1820 à l'occassion du rappel de MM. Carra Saint-Cyr, gouverneur de Cayenne, et de M. Schmaltz, administrateur du Sénégal.
M. le comte de Vaugiraud n'avait pas pu prévoir, au moment où il fut nommé gouverneur de la Martinique, qu'il serait un jour obligé de soumettre une conduite honorée par 60 ans de travaux glorieux au service de ses Rois, à une sorte de Comité de recherches.
Il se fatigua et s'épuisa vainement en démarches et en sollicitations inutiles auprès du Président et surtout auprès de M. Guizot, rapporteur. Il ne put parvenir à obtenir un jugement.
Jugement que sollicite encore aujourd'hui en vain, sa fille, Mme de Ferriet.
De quel reproche ce brave général, ce militaire si loyal et si désintéressé aurait-il été susceptible ? Il était presque le seul gouverneur pour SA MAJESTÉ, qui, pendant les Cent jours, eût conservé la pureté, l'honneur et la légitimité du pavillon français.
Vaugiraud, rassemblant tout ce qui lui restait de force apella à haute voix Mme la baronne de Ferrier, et lui dit d'un ton ferme :
"Ma fille, écrivez au Roi ; dites-lui que je proteste de on entière fidélité et du dévouement que j'ai eu le bonheur de conserver toute ma vie sans altération à SA MAJESTÉ, à son auguste dynastie et aux intérêts de la France ;
"Dites aussi à SA MAJESTÉ, que je meurs de regret de ce qu'il ne m'a pas permis, avant de mourir, de déposer à ses pieds l'hommage de 78 années de travaux, d'attachement à la personne sacrée des Rois sous le règne desquels j'ai vécu."
En proférant ces paroles, que Mme de Ferriet s'empressa de recueillir et d'écrire, ce guerrier sans reproche et qui n'avait jamais négligé de remplir tous les devoirs de sa religion, se laissa retomber avec confiance dans les bras de la mort : son agonie dura jusqu'au lendemain.
Quelques instants avant qu'il rendît le dernier soupir, un valet de pied est annoncé de la part du Roi pour s'informer des nouvelles de son vieux serviteur et de son ancien ami.
Entendant que nom du Roi fut prononcé, le comte de Vaugiraud entr'ouvra avec effort ses paupières appesanties, et ses regards mourants se fixant avec peine sur l'homme qui venit enfin lui apporter cette douce consolation, il prononça de ses lèvres glacées ces dernières paroles : Ah! je vous remercie!... mais c'est trop tard! L'instant d'après il avait expiré.
- août 1818 : Pierre de Vaugiraud rédige un Rapport au Roi Louis XVIII sur le Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe.
- le 14 mars 1819, à peine sept mois après, Pierre de Vaugiraud décède à Paris.
Il eut une fille, Marguerite, baronne de Ferriet (épouse de Louis-Gabriel de Ferriet).
Une rue porte son nom aux Sables-d'Olonne depuis 2008.
Il s'écoula 19 mois depuis la mort du comte de Vaugiraud, lorsque le 17 novembre 1820, S. Exc. le ministre de la Marine, M. le baron Portal, écrivit, par ordre de SA MAJESTÉ, à Mme la Baronne de Ferriet, une lettre conçue en ces termes :
" Madame,
"Le Roi s'est fait mettre sous les yeux les actes de l'administration de M. le comte de Vaugiraud à la Martinique. SA MAJESTÉ a reconnu que la droiture des intentions de ce gouverneur-général, et son dévouement au Roi et à la France sont demeurés dignes de tous les éloges. SA MAJESTÉ m'a commandé de donner en votre personne, à la famille de feu M. le comte de Vaugiraud, ce témoignage authéntique de son estime royale pour la mémoire d'un homme qui a vécu comme il est mort, loyal et fidèle serviteur de son prince et de son pays."
Agréez, Madame, etc.
Signé le baron PORTAL
Madame de Ferriet a été obligée long-temps d'attendre, pour rendre publique cette lettre infiniment honorable, qu'on lui en eût accordé la permission. Cependant on n'avait pas encore connaissance de cette lettre, que tout le monde, d'une voix unanime et sans distinction de partis, s'était accordé à rendre à la mémoire et aux belles actions de ce brave général, de ce digne gouverneur de la Martinique, toute la justice qu'elles méritaient.
Dès ce moment une réunion nombreuse de personnages remarquables dans la marine, le civil et le militaire, s'est proposée de demander au Roi la permission de concourir aux frais d'un monument à élever à la gloire de cet illustre amiral. On désigne comme l'endroit où il convient de l'ériger, la ville des Sables-d'Olonne, lieu de sa naissance.
Sources : Le Reporter sablais - Rapport au Roi sur le Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe - Archives des Sables-d'Olonne - Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne - BNF - ARLV de Vendée
Veillon Charles
Veillon Charles (1591 - 1627)
Seigneur du Fresnes.
Né vers 1591, il fut un illustre capitaine de vaisseau.
Il succomba glorieusement avec le navire l'Olonnais dont il avait le commandement, dans un combat naval, lors du siège de La Rochelle, le 18 septembre 1627.
Accablé par le nombre, il dût soutenir un combat si inégal qu'il n'hésita pas à faire sauter son navire plutôt que de se rendre.
Sources : Guide du Touriste aux Sables-d'Olonne, circa 1907