Xynthia, l'enfant à la rose - Commémoration 2016

Dimanche 5 mars 2017 – Commémoration de la tragédie de Xynthia




Comme souvent certains veulent oublier tandis que d’autres entendent perpétuer le souvenir et rendre hommage aux victimes. Xynthia, c’était il y a sept ans. Mais pour ceux que la tragédie hante toujours c’était hier ! La cérémonie est toujours très poignante et le drame dans tous les esprits.  La cérémonie aura lieu en présence de Juliette Méadel, Secrétaire d’Etat à l’Aide aux victimes.

La cérémonie 2017 est prévue demain, dimanche 5 mars 2017 à 11h30 au Mémorial érigé en souvenir des victimes de Xynthia et financé par l’association Les Artistes. Beaucoup continuent leur devoir de mémoire : l’année dernière, la procession avait réuni environ 200 personnes, depuis le centre de La Faute-sur-Mer, avec à sa tête les élus vendéens.

Témoignages
Deux témoins nous avaient apporté leur témoignage : « Nous avons été sauvés, avec mon épouse et mon fils handicapé, car nous étions dans la zone la moins touchée à droite de la route, la plus éloignée de la digue ; je me suis levé à deux reprises d’abord à 3h, puis à 4h du matin car j’ai entendu un bruit violent; j’ai pensé qu’une branche était tombée lourdement sur la maison. C’est là que j’ai vu que de l’eau s’infiltrait sous les portes dans la maison !  »
Le deuxième témoin, une femme, nous raconta la nuit du drame : « j’étais dans la maison avec ma mère invalide à 90% ! Avec le bruit de la tempête, je n’ai pas dormi de la nuit. Et soudain c’est l’effroi, la montée des eaux. Ma mère qui ne peut pas bouger. L’eau est montée jusqu’à la hauteur de la table. On ne pouvait rien faire, on est resté accrochées aux barreaux du lit.  » Puis elle éclata en sanglots : « On a cru que les sauveteurs nous avaient oublié car personne ne venait nous chercher. J’ai mis des tissus blancs de détresse aux fenêtres. Et enfin ce fut la délivrance. »
Elle venait juste de revenir pour habiter dans son ancienne maison à La Faute. Pendant 3 ans, le temps de la rénover, elle était partie loger ailleurs. Mais malgré le drame, elle voulait revivre ici. Elle a eu la chance, elle aussi, que sa maison se situe à droite de la route, éloignée de la digue qui fut submergée. Elle vit désormais seule, sa mère étant décédée un an exactement jour pour jour après le drame : une coïncidence étonnante ! « Ma mère a été fortement marquée par le drame » disait-elle.

 

2m80, la hauteur atteinte par Xynthia

 

Un drame qui a entraîné 29 décès. Concernant la survenance des décès, le premier témoin nous avait précisé : « La digue a tenu mais c’est une énorme vague qui est passée par dessus qui a tout fracassé. C’est tellement violent que tout explose y compris les baies vitrées ; les meubles sont projetés sur les gens qui ne peuvent rien faire, recevant des chocs violents sur la tête ou qui se retrouvent compressés entre les meubles. Ceux qui arrivent à s’échapper ne s’en sortent pas forcément car ils sont emportés par les flots. »  Et il avait ajouté : « Au-dessus d’un mètre d’eau, avec la force du courant on a peu de chance d’y survivre. »

Mémorial Xynthia

Une zone devenue quasi désertique
Le vaste terrain où se trouvaient les 592 maisons était vide, une simple prairie au raz de la digue. Par endroits des monticules de sable. L’un d’eux était surmonté d’une pelleteuse : « Toutes les maisons ont été broyées, cela a duré trois années. Les monticules de sable et gravats, c’est tout ce qu’il en reste, mais la vente semble difficile car des objets personnels auraient résisté au broyage » nous précisait notre interlocuteur.

Et après le drame ?
Une zone noire a été déterminée par les autorités au sein de laquelle plus aucune habitation ne pouvait subsister. « Mais cela a été fait dans la précipitation sans prendre en compte les vrais risques. Des maisons qui n’avaient pas été touchées ont été inscrites sur le plan de destruction !  Des propriétaires qui étaient hors zone et qui souhaitaient partir n’ont pas pu vendre par le biais de l’indemnisation étatique. Pour nous, en raison de l’invalidité de notre fils, nous devions absolument partir et malgré les risques que nous avons subis nous nous trouvions hors zone. Il a fallu agir au plus haut sommet de l’Etat pour finir par avoir gain de cause !  » Des procédures étaient en cours l’année dernière pour éviter les expropriations dans certaines zones ou pour obtenir des indemnisations adaptées car il est prévu que les propriétaires puissent, en cas d’expropriation, racheter un bien équivalent.

En 2016, le froid était glacial, le ciel bleu. « Exactement le même temps que le lendemain du drame en 2010. Le ciel était bleu, le froid présent » nous avait alors déclaré l’un des témoins. Tout pour faire remonter à la surface les souvenirs de Xynthia….
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
2016 – Vidéo de l’arrivée de la procession

 

2016 – Vidéo de la cérémonie au Mémorial

 




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