Collège de Talmont-St-Hilaire – Maxence de Rugy très déçu de la décision départementale




Collège de Talmont-St-Hilaire – Maxence de Rugy très déçu de la décision départementale

Depuis 2010 et le plan départemental pour les Collèges, Talmont-St-Hilaire espère être un jour sur la liste des élus pour son projet de Collège tant attendu par des familles un peu lassées – pour des raisons de temps et de transports – d’envoyer leurs enfants étudier aux alentours – à l’est, au Collège Corentin-Riou à Moutiers-les-Mauxfaits (18 mn), et, à l’ouest, au Collège Jean-Monnet au Château d’Olonne (15mn) -.
Si les temps de parcours en voiture sont de 15 à 18mn, en ramassage scolaire les délais sont d’environ 40mn. Un enfant partira vers 7h10 pour une arrivée à 7h55, une ouverture des portes à 8h et un début des cours à 8h15. Le soir, départ à 17h15 pour une arrivée vers 17h55 (selon un témoignage).


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Une association, «Un collège public pour tous à Talmont-Saint-Hilaire», avait été créée bien avant ce plan, en 2001. En 2015, au vu des effectifs transportés – environ 400 – la mairie de Talmont-St-Hilaire avait pris les devants: elle avait développé les échanges avec cette association et choisi un lieu d’implantation, le site des Ribandeaux qui avait l’avantage d’être proche d’équipements sportifs.
Les terrains nécessaires – 3 parcelles sur 18.698 m2 – furent même acquis par la commune en 2015 (le conseil Départemental avait alors voté une enveloppe budgétaire de 50.000 euros pour terminer les études de programme en 2016 – études de sol, relevés topographiques, projet global d’un collège d’une capacité de 400 élèves…-). 
Le maire était aussi conforté par la présence de deux bassins de population, Talmont et Bourgenay, ainsi que par les prévisions, toujours à la hausse, des mouvements de population vers le littoral. En ajoutant les villes alentours dont Jard-sur-Mer, St-Hilaire-la-Forêt etc… l’effectif envisagé alors, il y a deux ans, atteignait un potentiel de 420 élèves.

Comme il l’avait promis, Yves Auvinet, le président du Conseil départemental de Vendée, a rencontré cette association mardi dernier.
Ce rendez-vous devait avoir lieu après qu’une expertise indépendante soit effectuée, en se basant sur les évolutions démographiques.
Tout reposait donc sur cette étude pour décider ou non de la construction d’un Collège public à Talmont-St-Hilaire.
La société chargée de l’étude, créée en 2004 et basée à Besançon, accompagne les collectivités, les associations et les structures privées dans leurs projets concernant trois domaines d’activités dont la prospective scolaire. Elle effectue des diagnostics de territoires avec des cartographies et des analyses thématiques et donc aussi des études de prospectives et de sectorisation scolaires avec identification des enjeux.
D’après l’étude de prévision des effectifs des collèges menée par ce cabinet, l’évolution démographique « telle qu’elle est prévue aujourd’hui sur ce territoire, ne nécessite pas, pour le moment, la construction d’un collège à Talmont-Saint-Hilaire, compte tenu des établissements existants » a déclaré Yves Auvinet.

L’étude ne se base pas uniquement sur le nombre potentiel d’élèves pour la création d’un collège mais aussi sur l’influence de ces élèves sur les collèges alentours existants. Ainsi, il est constaté qu’il y a une «absence de tension capacitaire sur les collèges existants.»
Le département avait ainsi indiqué en 2016 que « tout nouveau projet faisait émerger 2 points de vigilance:
– L’évolution démographique dans le secteur concerné : l’évolution de la carte scolaire.
– Les répercussions sur les structures existantes : l’évolution des effectifs sur l’ensemble du maillage territorial.

On notera ainsi, qu’au regard de ce qui suit, la décision n’a rien de surprenante; en effet, lors d’une rencontre entre l’association «Un collège public pour tous à Talmont-Saint-Hilaire» avec le département le 21 avril 2016, un certain nombre de points avaient déjà été soulevés et consignés dans un compte-rendu:
certes, la commune de Talmont avait fait le nécessaire avec l’acquisition des terrains en proximité immédiate d’équipements sportifs.
Mais à l’inverse:
– le projet de collège de Talmont-Saint-Hilaire avait été évoqué au (Conseil départemental de l’Education Nationale (CDEN) qui y avait mis un frein, les représentants du personnel de l’Éducation Nationale ayant fait valoir le danger lié aux répercussions sur les structures existantes.
– il n’était pas possible de faire entrer le projet de collège de Talmont-Saint-Hilaire dans le PPIC (Plan Pluriannuel d’Investissement pour les Collèges (PPIC), l’actuel PPIC étant entièrement utilisé et prenant fin en 2019.

Le PV de cette réunion mentionnait aussi que « le projet de collège de Talmont-Saint-Hilaire pourra éventuellement être inclus dans le futur PPIC qui s’étalera de 2019 à 2027, si les conditions sont alors réunies. »
Le Conseil départemental indiquait alors en conclusion: « Au mieux, et si c’est possible alors (contraintes de budget, démographie, carte scolaire…), il pourrait faire partie du prochain PPIC. La date de lancement serait donc comprise entre 2019 et 2027 pour un achèvement à n+4. »

De son côté, dans une argumentation contradictoire lors de cette réunion, l’association indiqua que le collège de Talmont-Saint-Hilaire faisait bien partie intégrante du PPIC 2010-2019 et de l’enveloppe de 150 M€ consacrée à ce programme, et aussi qu’une note technique présentée et fournie lors d’une audience en janvier 2013 justifiait et évoquait une ouverture possible en 2017 ou 2018:
« Une action large sur le maillage territorial justifiait et viabilisait alors pleinement le collège de Talmont-SaintHilaire dans une échéance moyenne, avant 2019. »

A l’opposé, les services techniques du département indiquaient qu’il s’agissait de plans prévisionnels sur 8 à 9 ans qui pouvaient subir des modifications. Ainsi des échéances ont été revues et diffusées avec des décisions pour Les Essarts (2015), La Mothe-Achard (2016) et Saint-Hilaire-leLoulay (2017). Mais pour Talmont-Saint-Hilaire seules les études ont alors été datées pour 2015 et ont bien été réalisées, argumentaient alors les services techniques.

Ils ajoutèrent aussi lors de cette réunion d’avril 2016, que lorsque la décision avait été prise en 2010 pour les quatre collèges dont fait partie Talmont-Saint-Hilaire, la délibération faisait apparaître la complète saturation (NDLR: prévisionnelle) du  collège Corentin Riou (Moutiers-les-Mauxfaits) en 2015 et celui de Jean Monnet (Château d’Olonne) en 2020. Cela ne s’est pas produit, voici les chiffres constatés et prévisionnels:


La saturation des collèges avoisinants qui pouvait être crainte ne s’est pas produite: ainsi Corentin Riou, limité à 500 en capacité, est à 479 réel en 2016, et Jean Monnet (Château d’Olonne) dont la capacité est de 600 est à 582 réel en 2016.
De quoi justifier un report du projet de Talmont-Saint-Hilaire pour un département qui est en manque de finances.

Dans son intervention mardi dernier, Yves Auvinet a ajouté, au nom du département de la Vendée, qu’il « entend et comprend certains des arguments avancés par l’association, comme par exemple le temps de transport de certains collégiens originaires de Talmont-Saint-Hilaire, cette réalité, outre qu’elle n’est pas spécifique à ce territoire, ne suffit pas à décider de la construction, aujourd’hui, d’un nouvel établissement. »

Comme seule perspective, le président du département a rappelé qu’il existait une commission «Infrastructures et Désenclavements» qui proposera au président du Conseil départemental un nouveau Plan Collèges pour la période 2019-2026.
Autant dire que le dossier est renvoyé à 2018-19 – sur un nouvel exercice budgétaire pour le département dont les finances sont de plus en plus tendues…. – sans pour autant être sûr qu’il aura une issue positive. La seule chose qu’ait confirmée Yves Auvinet est que « la méthodologie utilisée pour cette étude permettra dorénavant au Conseil départemental de la Vendée de disposer annuellement des perspectives d’évolution, sur dix ans, de la population en âge d’être scolarisée dans les collèges du département. »

 

Maxence de Rugy, maire de Talmont-St-Hilaire

Maxence de Rugy, le maire de Talmont-St-Hilaire, a réagi à cette décision avec « beaucoup de déception et d’amertume. »
Il a estimé que cette décision était un « coup fatal porté par le Conseil départemental au projet de collège public à Talmont-Saint-Hilaire » sur la base de nouvelles études démographiques.

Il a rappelé aussi ce que nous révélons dans cet article, à savoir que les décisions tiennent aussi compte des répercussions sur les autres collèges:
« Si l’étude révèle effectivement que les effectifs sont suffisants pour l’ouverture d’un collège 400 places à Talmont, l’impact serait trop conséquent sur les collèges publics limitrophes. C’est dire le poids démographique de la ville ! »

Maxence de Rugy ajoute: « Les arguments avancés par le Département sont donc incompréhensibles pour tous les Talmondais, et rompent avec ses engagements pris antérieurement dans le « Plan collège ». Malgré tous les efforts menés par la commune depuis 3 ans, notamment pour l’acquisition des terrains aux Ribandeaux et la modification du PLU, nous n’avons malheureusement pas été entendus. J’en prends acte. Mes pensées vont immédiatement à l’association « Un collège pour tous à Talmont-Saint-Hilaire », aux parents d’élèves, mais surtout aux écoliers qui restent les premières victimes de ce choix départemental. »

Sans abandonner pour autant ce projet, convaincu de sa nécessité, il poursuit ainsi: « Néanmoins, intimement convaincu de la légitimité et de l’opportunité d’un collège à Talmont, je resterai, avec l’ensemble de l’équipe municipale et l’association, entièrement mobilisé pour que la voix des Talmondais puisse être enfin entendue ! »

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais




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