Villa La Chimère - Les Sables d'Olonne

Villa La Chimère – Le projet en photos et l’argumentation du Maire




Villa La Chimère – Le projet en photos et l’argumentation du Maire

Par arrêté municipal, le Maire des Sables d’Olonne a donc refusé le permis de construire pour le projet sis sur l’emprise de la Villa La Chimère.
Comme nous l’indiquions dans notre précédent article, après avoir gagné en première instance devant le Tribunal administratif, la famille propriétaire a déposé dans la foulée une demande de permis de construire un immeuble de 7 étages avec 9 appartements (avec démolition totale au préalable).

En résumé, rappelons que le Tribunal considérait que le secteur « Partie Ouest du Remblai » bordant la Promenade du Mal Joffre « était sans intérêt patrimonial ou architectural particulier (…) que les auteurs du PLU ont entendu conférer à ce secteur n’est motivé que par la présence de la Villa La Chimère (…) (qui) enserrée entre deux immeubles de grande envergure, en retrait de la voie publique ne peut, de ce fait, être réellement mise en valeur (…) (et que) ce front de mer (n’est) constitué (que) d’immeubles de facture banale et contemporaine (…).

Parallèlement, le Préfet de Vendée dans le cadre des mesures prises en faveur de la sécurité des populations (suite à l’affaire Xynthia) a classé le Remblai en zone rouge (risques d’immersion etc…). La Ville a déposé un recours contre ce classement, estimant les mesures de protection trop drastiques. Il n’empêche, il s’agit d’une mesure réglementaire qui s’applique donc, et c’est sur ces éléments que la Ville va appuyer l’essentiel de son argumentation pour le rejet des permis du projet sis sur l’emprise de la villa La Chimère.

Le projet en photos

Le projet La Chimère en photos

L’argumentation de la Ville
Rappelons que la demande de permis de construire a été déposée le 28 juillet 2017 (la décision du Tribunal administratif datant du 9 mai 2017 la Ville ayant fait appel) pour la construction d’un immeuble de 7 étages au 5 Promenade Joffre, après démolition totale (de la Villa La Chimère). La référence cadastrale est la section AY 214.

La Ville s’appuie notamment sur l’article R. 111-2 du Code de l’urbanisme qui dispose qu’un projet peut être refusé (…) s’il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique (…).
Ainsi que sur l’article R.111-27 du Code de l’urbanisme qui dispose qu’un projet peut être refusé (…) si les constructions par leur situation, leur architecture (…) sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains (…).

Comme nous l’indiquions plus haut, elle s’appuie sur l’arrêté préfectoral n°16-DDTM85-82 en date du 30 mars 2016 qui approuve le Plan de Prévention des risques littoraux. Son article 1.4 Titre I dispose que les zones Ru, Rn et Rn1 sont inconstructibles. « Le règlement de ces zones vise à préserver la fonction de bassins de rétention et de ralentissement des écoulements (…) à éviter l’apport de population nouvelle, à ne pas aggraver la vulnérabilité de la population résidente. »
L’article 2.1.1 du Titre II de ce règlement stipule que « sont interdits les constructions nouvelles (…). En particulier (…) les créations de logements (…) »
Quant à l’article 2.1.2 du Titre II du règlement relatif aux travaux admis sous condition en zone rouge, il précise que « sont admis (…) les travaux suivants: les démolitions/reconstructions liées à la mise en sécurité des occupants à condition que (…) les nouvelles construction ne donnent pas lieu à la création de logements supplémentaires, n’augmentent pas l’emprise et la surface de plancher existantes. »

Un des membres de la famille, lorsque nous l’avions interrogé, trouvait un peu fort que la Ville des Sables d’Olonne fasse un recours contre l’arrêté préfectoral sur la zone rouge, puis s’en serve afin de refuser les permis de construire en cours.
C’est pourtant exactement ce qui se produit, le recours de la Ville n’étant pas suspensif l’arrêté préfectoral garde toute sa substance…

Dans son arrêté de refus de permis de construire, la Ville s’appuie sur les arguments suivants:
– le terrain, emprise du projet, se situe en zone rouge (Ru), et dans une zone exposée aux chocs mécaniques ; il prévoit la démolition de l’habitation existante et la reconstruction d’un immeuble R+7, impliquant la création de logements supplémentaires, et sans que cette opération ne soit lié à la mise en sécurité des occupants du bâti existant,

– le projet de démolition/reconstruction d’un immeuble en R+7 va fortement augmenter la surface de plancher: il prévoit la création de 9 logements sur 7 niveaux, avec un accès piétons à l’immeuble et un accès garage Promenade Joffre, mais également un accès pour les stationnements en sous-sol et en rez-de-chaussée par le parking de la Résidence Cassiopée situé à l’arrière du projet ;

– le projet prévoit la création d’un sous-sol, à – 2.42 m et d’un RDC, à -0.02 m par rapport au niveau de la voie, et en cas d’inondation, ces niveaux sont exposés à un risque fort de submersion qui aggrave fortement la mise en sécurité des personnes et des biens,

-le projet expose ses occupants à un danger important en cas d’inondation, du fait des délais nécessaires à l’organisation des secours (7 niveaux), et des difficultés d’évacuation (un seul accès Promenade Joffre), et il ne prévoit pas, en cas d’inondation, la mise en place de dispositifs d’évacuation des personnes, ni de mise en sécurité de l’immeuble,

-le projet se situe dans un secteur très urbanisé et en front de mer, et prévoit la création d’une liaison ouverte avec la Résidence Cassiopée, et en cas d’inondation, cela peut provoquer ou aggraver un risque pour les autres habitants du quartier, notamment en rendant plus vulnérable les constructions situées à l’arrière en facilitant le passage de l’eau, à la différence du bâti existant qui fait obstruction pour les autres constructions.

La Ville considère donc que « dans ces conditions, le projet est de nature à porter atteinte à la sécurité publique, au sens de l’article R.111-2 du code de l’urbanisme » et qu’il ne respecte pas, notamment, les articles 2.1.1 et 2.1.2 du titre II du Plan de Prévention des Risques Littoraux. »

Elle ajoute également comme argument, qui là ne s’appuie pas sur le Plan de prévention des risques littoraux:
– « l’intérêt patrimonial et architectural de la maison qui est la première villa typique de l’architecture balnéaire construite sur le remblai des Sables d’Olonne.
Et elle considère au surplus que « les travaux envisagés portent atteinte à la mise en valeur du caractère patrimonial du bâti existant en prévoyant sa démolition, au sens de l’article R.111-27 du code de l’urbanisme. »

Pour toutes ces raisons, la Ville des Sables d’Olonne, sous la signature de son maire Didier Gallot, a refusé le permis de construire, par arrêté en date du 12 septembre 2017.

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

Lire aussi: http://www.lereportersablais.com/la-ville-des-sables-dolonne-rejette-les-permis-demandes-pour-la-villa-la-chimere/




À propos Le Reporter sablais

4 plusieurs commentaires

  1. C’est une très bonne décision de la part de Monsieur Gallot!!!!!!!! et je le félicite…….

  2. C’est une honte, cette décisions de refus de permis de construire, c’est ainsi que les centres ville se dépeuplent, à l’heure où partout en France on incite à surélever les construction existantes, plutôt que d’aller lotir sur des terres agricoles, qui feront défaut dans quelques décennies.
    Si l’on veut garder les populations en ville, ce sont bien des bâtiments de plusieurs logements qu’il faut ériger, et éviter de récupérer, comme on l’a fait dans le quartier de la Chaume, des maisons individuelles pour quelques privilégiés, (maisons qui soit dit en passant n’offraient pas un très grand intérêt architectural).
    Nous pensions révolus les privilèges, ou, seuls quelques nantis avaient le droit d’habiter le front de mer. Être passé sur notre remblai, de quelques dizaines de ces privilégiés, fin dix-neuvième, début vingtième, à quelques centaines aujourd’hui, est plutôt une bonne chose pour l’écologie. Ne vaut-il pas plutôt du béton en hauteur qu’en largeur ?…
     »La villa Chimère », mal restaurée, avec sa surélévation qui dénature l’ensemble, son retrait par rapport à l’alignement d’immeubles plus récents, n’a vraiment rien qui vaille la peine de la sauvegarder.
    Rien à voir avec sa voisine disparue, qui avec sa petite tour de trois étages (un petit château de contes de fées) était un régal pour les yeux des enfants, et des grands. Ne sauvegardons pas n’importe quoi, comme pour s’excuser d’avoir dans les quatre dernières décennies du vingtième siècle, fait disparaître de vraies jolies villas…

    • En cas de construction , surélevée ou non à cet endroit précis , d ‘ autres  » nantis  » s ‘ achèteraient , très cher , sur le remblai , les logements créés . Votre argumentaire  » fait pschittt  » .

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