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TENNIS Sport Art Culture. Découvrez l’AFFICHE 2026 de Roland-Garros [Réd. Les Sables-d’Olonne]


TENNIS Sport Art Culture. Découvrez l’AFFICHE 2026 de Roland-Garros


Chaque année depuis 1980, la Fédération Française de Tennis associe l’art contemporain au tournoi de Roland-Garros en confiant la réalisation de son affiche à un artiste. Cette année, le comité de sélection de la FFT a choisi JR pour concevoir celle illustrant l’édition 2026 du Grand Chelem parisien, qui se déroulera du 18 mai au 7 juin.

JR, figure majeure du street art en France mais aussi à l’international, propose une oeuvre singulière qui fait la part belle à la terre battue et laisse également une large place à la réflexion.

Il exprime ainsi, à travers son univers et toute sa sensibilité, sa vision du tournoi de Roland-Garros.

 

Affiche Roland Garros 2026 – © Photo : JR / FFT

UNE AFFICHE INVITANT à LA RÉFLEXION

Interpeller le public est au cœur de la démarche de JR.
En signant l’affiche officielle de RolandGarros 2026, il en fait une nouvelle fois la démonstration.
Cette affiche 2026 est le fruit de la rencontre entre la terre battue, marqueur fort et indissociable du Grand Chelem parisien, et l’univers singulier de JR, représenté par un œil en noir et blanc.
Cet œil est réalisé grâce à un collage photographique, une technique qui constitue par ailleurs l’une de ses marques de fabrique.
À travers cette œuvre pleine de contrastes, JR met à l’honneur la terre battue qui occupe une place prépondérante dans cette affiche.
Il porte ainsi un regard tout particulier sur la préparation des courts de la Porte d’Auteuil.
Il a en effet été inspiré par l’aspect graphique de ce rituel qui constitue un moment crucial et incontournable en amont du tournoi.
Il est ainsi parti de clichés des personnes en charge de l’entretien en train de saupoudrer la matière ocre sur les courts pour concevoir cette œuvre.
Imaginée et conceptualisée dans l’atelier parisien de JR, cette affiche a la particularité d’être la photographie d’une œuvre réelle réalisée sur le mythique court Philippe-Chatrier au cœur de l’hiver.
Cette réalisation aux multiples interprétations laisse une large place à l’imagination du public, une volonté de l’artiste présente dans toutes ses productions.


BIOGRAPHIE DE JR
Né à Paris en 1983, JR vit et travaille entre Paris et New York.
À l’adolescence, il se lance dans le graffiti. JR se distingue par la création de projets monumentaux au cœur des métropoles du monde entier grâce notamment à la technique du collage photographique, toujours en noir et blanc.
Il se fait remarquer à l’occasion de son projet Portrait d’une génération (2004-06) en dénonçant les clichés véhiculés par les médias à l’égard des jeunes de banlieue.
Rapidement, il élargit son champ d’action et se rend dans des zones de conflit pour faire résonner les récits poignants de personnes ordinaires.
Avec son projet Face 2 Face (2007), il capture les portraits d’Israéliens et de Palestiniens exerçant la même profession, puis juxtapose ces images de part et d’autre du mur de séparation. En 2017, il érige Kikito, un enfant géant regardant par-delà la frontière entre les États-Unis et le Mexique, et organise même un pique-nique transfrontalier sur l’image grand format des yeux d’un migrant.


Il remporte le TED Prize en 2011 grâce à son projet de photographie participative Inside Out présenté au Palais de Tokyo, en 2013. JR crée avec les communautés.
Dans le cadre d’un projet autour de la pyramide du Louvre (2019), il enseigne la technique du collage à 400 bénévoles qui réalisent ensemble une anamorphose monumentale.
Il rassemble des centaines de personnes dans des camps de réfugiés pour porter d’énormes images d’enfants qui courent dans le cadre de sa série Déplacé.e.s (2022).
JR explore divers médias et pratiques artistiques, du cinéma à la danse.
Pour sa fresque The Gun Chronicles en couverture de Time Magazine (2018), il filme et enregistre les histoires de 245 personnes sur la question des armes à feu aux États-Unis.
Avec Agnès Varda, légende de la Nouvelle Vague, il coréalise le documentaire Visages, villages (2017) nommé aux Oscars et récompensé par le prix L’Œil d’Or du meilleur documentaire au festival de Cannes en 2017 et explore son processus artistique à travers son documentaire Paper & Glue (2021), nommé aux Emmy Awards. À l’automne 2023, il transforme la façade du Palais Garnier à Paris en scène pour 154 danseurs évoluant sur des échafaudages de 30 mètres de haut devant 25 000 spectateurs.


En 2026, du 6 au 28 juin, c’est en plein cœur de Paris et de son exceptionnel patrimoine que JR présentera sa dernière œuvre d’art aux Parisiens avec La Caverne du Pont-Neuf, une installation temporaire autour du plus vieux pont de Paris.
JR approfondit les thèmes de ses installations publiques à travers ses œuvres en studio  : sculptures, œuvres en verre, encre sur bois, marouflage sur toile entre autres.
Ses œuvres et installations sont exposées dans le monde entier, notamment à la Biennale de Venise (2022), au San Francisco Museum of Modern Art (2019) et à la NGV Triennial (2020).
Il a fait l’objet de rétrospectives à la Maison européenne de la photographie à Paris (2018) et au Brooklyn Museum avec l’exposition JR: Chronicles. Cette dernière est présentée dans 5 musées en Europe et en Asie, avec des expositions à la Saatchi Gallery de Londres (2021), au Groninger Museum (2021-22), à la Kunsthalle München à Munich (2022-23) et au LOTTE Museum à Séoul (2023).


JR
© Photo : JR / FFT


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Le 19 décembre 2024

Chaque année depuis 1980, la Fédération Française de Tennis associe l’art contemporain au tournoi de Roland-Garros en confiant la réalisation de son affiche à un artiste.

Au terme d’un processus de sélection, la FFT a choisi Marc-Antoine Mathieu pour concevoir celle illustrant l’édition 2025 du tournoi de Roland-Garros, qui se déroulera du 19 mai au 8 juin.

Marc-Antoine Mathieu, graphiste, illustrateur et auteur de BD, propose une oeuvre singulière qui met à l’honneur la bande dessinée et laisse place à l’imagination.

Il exprime, à travers son univers pictural et toute sa sensibilité, sa vision du Grand Chelem parisien.

Affiche 2025 Roland-Garros – © FFT – Marc-Antoine Mathieu

 



Marc-Antoine Mathieu – Affiche 2025 Roland-Garros Tennis

 

ENTRETIEN

Comment est née cette affiche ?

Je n’avais aucune idée préconçue, même si je suis un amateur de tennis et que j’adore jouer sur terre battue. Donc, le processus a commencé par une forme d’imprégnation en allant sur place à Roland-Garros afin de sentir l’ambiance très particulière, les couleurs qui sont importantes, les lumières… Le processus de création est tou- jours compliqué à définir ; c’est un peu comme une recette de cuisine, il y a une part de hasard. Cette fois, les images sont venues ; ce n’est pas toujours le cas.

À quoi ressemble-t-elle ?

Il s’agit d’une jonction entre la BD et le court de tennis. Je me suis amusé à presque transfigurer le tracé d’un court de tennis, à le marier avec le gaufrier d’une bande dessinée. Dès le départ, j’avais envie d’utiliser ces trois couleurs, le bleu du ciel, le jaune de la balle de tennis et le rouge de l’ocre du court, ce qui me ramenait aux trois couleurs primaires que les graphistes utilisent beaucoup.

Comment votre univers de dessinateur de BD s’intègre-t-il à celui de Roland-Garros ?

À partir du moment où j’ai réalisé qu’un court de tennis vu en plan ce sont des cases de BD (les couloirs, les carrés de service…), que cela fait exactement dix cases, de formes différentes, qui peuvent former une page de BD, je me suis dit qu’il serait trop bête de ne pas essayer ce mariage-là. Ensuite, il fallait trouver un récit.

Que raconte votre affiche ?

Elle ne raconte rien de précis, c’est justement son intérêt. Normalement, une affiche doit être perçue et comprise immédiatement, avoir une forme d’efficacité. Là, je voulais qu’elle contienne une histoire qui soit complètement interprétable par le « regardeur » ; elle interroge le regard. Il y a quand même cette idée évidente d’un écoulement du temps, d’une fin d’après-midi à Roland-Garros à un début de soirée, en passant d’un bleu ciel à un bleu nuit. Je donne les signaux que du temps a passé puisqu’on retrouve le court la nuit, avec les étoiles. Souvent, pour cela, il y a du texte, des explications. Là, j’avais simplement envie que ça se fasse par la couleur. Le court s’est endormi, peut-être que le match continue, on ne sait pas vraiment… Que se passe-t-il la nuit à Roland-Garros quand tout le monde est parti ? On peut formuler plein d’hypothèses, c’est ce que je trouve intéressant dans une image. J’aime bien travailler sur des récits qui sont des propositions. J’espère qu’avec cette affiche, les gens pourront se créer leur propre match, leur propre après-midi à Roland-Garros.

Dans l’une des cases, on semble être dans la tête d’un joueur de tennis, dans ses réflexions…

Toute personne qui a joué au tennis ou même aux échecs, qui aime l’esprit du duel, connaît ce sentiment quand on a gagné, perdu, quand on est frustré. Le sport permet ça : connaître des sensa- tions qu’on n’éprouve pas ailleurs, augmenter les sensations qu’on peut avoir dans la vie. Dans mon récit, je voulais exprimer ce ressenti intérieur.

Quelle technique avez-vous utilisée ?

Dessinateur avant tout, je démarre avec un petit crayon tout simple sur un cahier pour noter des idées, qui se transforment en croquis. Ensuite, un jeu de construction, qui ressemble à un tra- vail d’architecte, se met en place. Dans l’affiche, il y a des lignes de tension assez prégnantes qui reprennent plus ou moins les perspectives d’un court de tennis regardé de face ou de profil, ou même à la télévision. Quand on le voit en plan, on est toujours étonné de constater qu’il est beaucoup plus long que ce que l’on pensait. Dans l’affiche, des lignes se répondent de case en case et forment une charpente. De cette façon, le re- gard est tenu, il ne pourra que mieux rêver après. Une fois qu’on a ce dessin, on utilise de l’encre de Chine avec une plume ou un pinceau, puis on le numérise. La phase de post-production sur ordi- nateur permet de peaufiner, d’affiner les couleurs, car je ne suis pas peintre. On peut aller très loin dans la recherche et la définition des paramètres. La terre battue est plus qu’une teinte, il s’agit d’un pigment pas facile à rendre sur une image.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour la finaliser ?

Entre les premiers croquis et la finalisation, de mai à septembre, il s’est passé environ quatre mois. Durant ce laps de temps, j’ai fait d’autres choses, mais on est tout le temps un peu dedans. À cer- tains moments, on formalise des choses, puis on laisse retomber. À d’autres, le cerveau travaille en tâche de fond. Ces images que l’on doit créer sont en gestation permanente, un peu comme pour un scientifique, un chercheur. Parfois, ces recherches se cristallisent dans une image, une formule ou un signe. Durant le processus de création, on vit en permanence avec cette douce obsession. On est dans le sujet, on croit le tenir et puis non, pas tant que ça… On fait des allers-retours dans ce travail de créateur, de chercheur, de laborantin, d’explorateur. Une fois que l’affiche est finalisée, on pense aux déclinaisons : est-ce qu’on la met en mouvement ? Est-ce qu’on change de format ? Est-ce pertinent de trouver une autre typogra- phie ? Il s’agit d’une deuxième phase tout aussi intéressante.

Avez-vous regardé, analysé les affiches précédentes ?

Oui, forcément, pour ne pas refaire ce qui avait été fait et éviter d’être ridicule ! Et j’en ai trouvé de magnifiques, comme celle de Pierre Alechinsky (Ndlr : l’affiche de l’édition 1988). Ou celle de Fabienne Verdier (en 2018), une artiste flam- boyante dont je connais le travail avec ses gros pinceaux-balais. C’est pour moi la meilleure af- fiche. Elle représente un geste, celui du rebond, qui parle au monde entier, alors qu’on ne voit pas du tout la balle. Elle parle aussi bien à un Chinois qu’à un Sud-Américain ou un Lapon. C’est com- plètement universel. Moi aussi, j’ai essayé de proposer quelque chose d’universel.

 

Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

(Sources © FFT)

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