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NEWS Politique France. PRÉSIDENTIELLE Marine Le Pen: condamnation et candidature ET les risques et conjectures [Réd. Les Sables-d’Olonne]


NEWS Politique France. PRÉSIDENTIELLE Marine Le Pen: condamnation et candidature ET les risques et conjectures


La décision de Marine Le Pen de concourir à la présidentielle, malgré sa condamnation par la cour d’appel, s’appuie sur une stratégie judiciaire et politique qui comporte des risques et de nombreuses incertitudes.

Et si son pari judiciaire échouait ?

En choisissant de se lancer, Marine Le Pen ose un défi périlleux. La candidate gagne du temps en formant un pourvoi en cassation, ce qui suspendra l’exécution de sa condamnation à un an de port d’un bracelet électronique. Elle pourrait, en attendant, faire campagne sans entrave. Sa stratégie semble miser sur les importants délais de justice, la Cour de cassation mettant généralement entre huit mois et un an pour se prononcer. Mais l’instance a déjà fait savoir que, dans le cas de Marine Le Pen, elle tenterait de trancher autour de la fin d’année 2026 en raison de l’imminence de la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 18 avril 2027.

Si la Cour de cassation rejetait son pourvoi, la condamnation deviendrait définitive et sa peine devrait être mise à exécution. En comptant les délais de convocation d’un juge de l’application des peines, la pose du bracelet pourrait intervenir entre l’hiver et le printemps. Il est donc encore possible, malgré son pourvoi, qu’elle soit contrainte de faire campagne avec un bracelet électronique. Dans ce cas, pourrait-elle renoncer dans la dernière ligne droite, à l’image du candidat de la droite François Fillon en 2017 ? « Là, on est vraiment dans une zone d’incertitude et même d’affaiblissement possible de la campagne et du processus démocratique », souligne le sondeur Frédéric Dabi (Ifop).

« Le peuple contre les élites »

Le RN a beau avoir pris ses distances avec l’actuel président américain, la déclaration de candidature de Marine Le Pen avait des accents trumpiens. Notamment dans sa manière d’opposer le peuple à la justice, qui l’avait lourdement condamnée en première instance. « L’inéligibilité posait un énorme problème démocratique, puisque les Français n’avaient pas le choix et qu’on décidait pour eux », alors « qu’il ne faut jamais rien imposer au peuple français », a-t-elle affirmé. Ca tombe bien: « Les Français, là, auront le dernier mot ». Mieux, « les Français seront juges ». Avis aux magistrats qui seraient tentés de l’entraver en pleine campagne. Au fond, résume le sondeur Brice Teinturier (Ipsos-BVA) « on est dans ce qui est l’ADN profond du RN, le peuple contre les élites et donc le vote contre ce que pourraient dire des juges ou le droit ».

Déclarations passées et « dimension morale »

Les adversaires politiques de Marine Le Pen ont rapidement mis l’accent sur ses contradictions. En 2013, elle se déclarait favorable à une inéligibilité « à vie » des politiques condamnés pour de tels faits. Dans son livre intitulé « Pour que vive la France », elle plaidait un an plus tôt pour que « l’arme de l’inéligibilité » soit « utilisée avec beaucoup plus de rigueur ». Des propos qui ne l’ont pas empêchée de se déclarer candidate à la présidentielle de l’an prochain. Son rival Gabriel Attal a pointé la « dimension morale » d’une candidate « condamnée à deux reprises » pour « détournement de fonds publics » qui fait le choix d’être candidate à l’élection présidentielle. De son côté, Édouard Philippe a parlé d’un « nouveau reniement » de la part de Marine Le Pen, rappelant « tout le mépris qu’elle portait à celles et ceux qui avaient pu avoir maille à partir avec la justice ».

Mais « les Français sont moins sur une logique du tous pourri, mais plutôt sur une logique des tous impuissants. C’est-à-dire impuissants à régler les problèmes, impuissants à changer la vie des gens. Et elle, elle a toujours cet atout force qu’elle n’a jamais été au pouvoir nationalement », modère Frédéric Dabi qui pointe néanmoins le risque de « brouillage autour des affaires » pouvant accompagner sa campagne, à l’image de François Fillon en 2017, « même si elle est plus forte électoralement ».

Un ticket validé

Candidate à l’Élysée, Marine Le Pen ne part pas seule en campagne. Elle sera flanquée de son meilleur atout: Jordan Bardella, avec qui elle entend proposer un « binôme » à la fois « complémentaire » et « cohérent ». Destiné à Matignon, alors qu’il devait la remplacer à la présidentielle en cas de renoncement, le dauphin s’était pourtant permis dernièrement quelques libertés avec la ligne officielle, sur les retraites comme sur « l’union des droites ». Sans rappel à l’ordre jusqu’à ce jour, compte tenu du « poids considérable » accumulé -selon un élu- par l’ex-colleur d’affiches devenu président du parti à la flamme. D’ailleurs, l’élève a dépassé la maîtresse dans les intentions de vote, au point qu’un sondeur le qualifiait récemment de « candidat naturel ». Mais la patronne conserve une aura sans égal: la plupart des cadres du mouvement, à commencer par Jordan Bardella lui-même, se sont engagés pour elle. Peu importe qu’elle lui laisse les manettes, « l’autorité morale », c’est bien elle.

(avec AFP)



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