NEWS France. La mort d’une enfant enflamme le débat sur le fonctionnement de la justice [Réd. les Sables-d’Olonne ]

France: la mort d’une enfant enflamme le débat sur le fonctionnement de la justice
« Un corps retrouvé, un pays indigné »: au lendemain de la découverte en France du corps d’une enfant disparue, le gouvernement, en difficulté, est sommé de s’expliquer sur d’éventuels dysfonctionnements de la justice, le principal suspect ayant auparavant fait l’objet de plaintes pour viol sur mineure.
L’incompréhension et la colère ne retombent pas dans le pays, après les révélations cette semaine sur le profil inquiétant de cet homme, qui connaissait la collégienne disparue, Lyhanna, car elle était amie de sa fille.
« Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement et c’est inacceptable », a déclaré le président Emmanuel Macron, depuis le Monténégro, en rejetant tout argument sur le manque de moyens de la justice.
Son ministre en charge de ce portefeuille, Gérald Darmanin, a tempêté de son côté contre « les dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’Etat », son entourage évoquant d’éventuelles sanctions contre des magistrats si des manquements sont mis au jour.
Et le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a réuni pendant plus de deux heures vendredi les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour « faire un point de situation » sur cette affaire.
Eric Mouzin, le père d’une fillette victime d’un tueur en série, a estimé « surréaliste » que les ministres de l’Intérieur et de la Justice « semblent découvrir l’existence de dysfonctionnements au sein de leurs ministères », mettant en cause la « restructuration draconienne des moyens de la justice », sur la radio RTL.
Lyhanna, 11 ans, aux longs cheveux marrons, avait été vue vivante pour la dernière fois le 29 mai devant son collège à Fleurance, un bourg du département du Gers dans le sud-ouest de la France.
Vendredi, l’autopsie du corps retrouvé la veille dans un silo agricole désaffecté proche du lieu de la disparition a confirmé qu’il s’agissait de celui d’enfant. Les médecins légistes ne peuvent en revanche pas, à ce stade, « indiquer quelles sont les causes de la mort », a annoncé le procureur d’Agen Olivier Naboulet.
– Marche blanche –
Le principal suspect, un père de famille de 41 ans a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration puis incarcéré.
Il avait notamment fait l’objet de plaintes en 2022 et 2025, selon Clémence Meyer, procureure au tribunal d’Auch, où elles sont traitées. La première avait été classée sans suite et l’enquête est toujours en cours pour la seconde.
Si les manquements des services de l’Etat restent à établir, une source gouvernementale a déploré vendredi auprès de l’AFP qu’une circulaire pénale priorisant les enfants victimes – signée par Gérald Darmanin – n’a pas été « appliquée par la procureure d’Auch » dans le traitement de plaintes visant le suspect.
Deux organisations de magistrats ont rétorqué qu’aucune responsabilité ne pouvait être « mentionnée » à ce stade, rappelant dans un communiqué « avoir appelé sans relâche l’attention des ministres de la Justice, depuis plusieurs années, sur les difficultés de traitement des enquêtes préliminaires par les services d’enquête ».
Un député du département, David Taupiac, avait alerté le gouvernement en 2025 sur les difficultés de fonctionnement du tribunal d’Auch, « confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu’à des dysfonctionnements informatiques répétés ». « Ça a perturbé le travail de la justice », a déclaré le parlementaire à l’AFP vendredi.
A Fleurance, où une marche blanche en hommage à Lyhanna est annoncée pour dimanche, les habitants semblaient vendredi assommés par la nouvelle de la découverte du corps.
« Un corps retrouvé, un pays indigné », pouvait-on lire sur une affichette du journal local, La Dépêche du Midi, placardée chez un marchand de journaux.
Paulette Cantan ressent « beaucoup de tristesse et aussi de colère » après avoir appris les antécédents du principal suspect. « Ce n’est peut-être pas son premier crime, ce n’est pas sa première mauvaise action », regrette cette retraitée de 79 ans.
« C’est une horreur ce qu’il s’est passé, ça m’a fait mal et pourtant je suis costaud », témoigne Laurence Leblanc, agricultrice de 66 ans qui refuse d’accabler gendarmes et magistrats locaux, « débordés de piles de dossiers ».
avc AFP
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