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NEWS CINÉMA. De flop à phénomène: l’étonnant parcours du film sur le général De Gaulle [Réd. Les Sables-d’Olonne]


De flop à phénomène: l’étonnant parcours du film sur le général De Gaulle


Après un démarrage poussif, la première partie du film sur le général De Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale a vécu un regain de fréquentation spectaculaire, un phénomène rare qui peut s’expliquer par l’histoire singulière du héros de la France libre.

« On savait que ce ne serait pas évident », explique à l’AFP Nathalie Cieutat, directrice générale adjointe de la distribution chez Pathé, le producteur des deux longs-métrages réalisés par Antonin Baudry.

Avec deux films de 2h40 chacun, basés sur la biographie rédigée par l’historien Julian Jackson, (« De Gaulle: une certaine idée de la France », parue en 2019), « on savait que les gens allaient être assaillis d’infos passionnantes sur l’Histoire, qui résonnent aujourd’hui de manière un peu troublante, et qu’ils allaient rire mais aussi en prendre plein la vue », poursuit Mme Cieutat.

Le diptyque revient en détail sur les cinq ans de guerre du point de vue du général De Gaulle, qui s’est acharné à faire de la France libre l’interlocuteur des grandes puissances alliées face au régime de Vichy, malgré la solitude et les humiliations.

L’oeuvre présente des faits parfois méconnus du grand public comme la tentative avortée de débarquement à Dakar, ou la manifestation des lycéens et étudiants le 11 novembre 1940, et livre un portrait intime de De Gaulle seul, parfois en proie au désespoir.

« Ce qui parle aux gens, c’est surtout l’élan de quelques hommes qui ont pensé collectif dans un monde individualiste », avance Nathalie Cieutat pour expliquer l’engouement.

« Sans doute que le grand public a été surpris par la manière dont De Gaulle, certes, se fait une certaine idée de la France, mais surtout de lui-même alors qu’il est tout de même isolé dans sa conviction et son combat mais impérial dans son dialogue avec Churchill et Roosevelt où il faut être +bigger than life+ pour se faire respecter », souligne l’historien et réalisateur Christian Delage.


‘Très rare’

La résistance, au centre du deuxième volet, et la figure de Jean Moulin qui permit à De Gaulle d’affirmer son autorité, parlent aussi à un public jeune selon Pathé.

« La Bataille de Gaulle: l’Âge de Fer » avait pourtant mal démarré lors de sa sortie le 3 juin, avec 380.000 entrées la première semaine. Un démarrage décevant pour un film à 38 millions d’euros de budget (autant que le second volet), des montants rares dans le cinéma français.

Ce lancement raté a poussé Pathé à avancer la sortie de la deuxième partie, « J’écris ton nom », au 26 juin pour profiter de la Fête du cinéma (28 juin au 1er juillet) et de ses places à prix réduit.

Mais à partir du 17 juin, porté par un bouche-à-oreille « indéniable » selon Eric Marti, directeur général de Rentrak France qui scrute le box-office, la fréquentation du premier film a commencé à augmenter (+17%).

« Là où c’est remarquable, c’est qu’il a fait +71% la quatrième semaine (par rapport à la précédente) » soit plus de 20% au-dessus de sa semaine de lancement, ajoute-t-il. « Là, on rentre dans le très rare », affirme cet observateur qui voit les deux films s’approcher des trois millions de spectateurs chacun en fin de carrière.

La canicule et la Fête du cinéma expliquent aussi ce rebond, mais seulement partiellement d’après lui. « Il n’y a pas grand monde dans le milieu du cinéma qui vous dira +j’ai déjà vu ça+. Surtout pour des films à gros budget comme ça », assure Nathalie Cieutat.

Antoine GUY
(AFP)



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