Brigitte Tesson

Les Sables-d’Olonne Vendée. Municipales 2ème Tour: les 2 paris de Brigitte Tesson





Interview du jeudi 11 juin 2020

Les Sables-d’Olonne Vendée. Municipales 2ème Tour: les 2 paris de Brigitte Tesson

Le Reporter sablais: Quelles sont vos impressions concernant le traitement de la crise liée au Covid ?
Brigitte Tesson: Il y a eu un retard à l’allumage. Je pense qu’à une semaine près de nombreux décès auraient pu être évités. Je suis attentive à ce genre de dossier car lors de la crise du H1N1 (NDLR: La grippe A H1N1 de 2009 est une pandémie de grippe qui a duré de 2009 à 2010, il s’agissait de la seconde des deux pandémies historiques causées par le sous-type H1N1 du virus de la grippe A) j’étais adjointe à la jeunesse au Conseil municipal des Sables d’Olonne. Le maire Louis Guédon avait suivi les recommandations de la Préfecture en matière de poursuite du service public en cas de crise et m’avait demandé de m’occuper de ce dossier. Nous avions alors mis en place avec les services un processus sanitaire concernant les écoles, la formation, l’hygiène, les aérations nécessaires etc… D’ailleurs notre système a été repris à La Roche-sur-Yon.
Un service de vaccination avait été installé dans les locaux de l’ancienne maternité. Chacun pouvait venir se faire vacciner s’il le souhaitait.

LRS: Et pour vous l’affaire Bachelot a influé négativement sur une prise en compte rapide de la crise du Covid 19 ? (NDLR: Roselyne Bachelot avait été moquée pour son excès de zèle).
BT: Roselyne Bachelot, alors ministre de la santé, avait pris des mesures importantes notamment sur la quantité de vaccins disponibles mais l’impact de la pandémie n’a pas été ce qui avait été craint. Alors, fort de cette expérience, personne – que ce soit sur le plan national ou local – n’a voulu aller dans la même logique.
Le travail que j’avais réalisé durant la crise H1N1 n’a finalement pas servi alors que nous avions mis en place un modèle, réalisé des répétitions générales de crise, procédé à une éducation à cette problématique etc… La valorisation de notre programmation et gestion de crise n’a pas servi. Tout ce que l’on avait fait a été mis en place pour rien et la forte critique à l’encontre de Roselyne Bachelot et de sa gestion de crise d’alors ne sont pas pour rien dans ce comportement. Si les services hospitaliers ont toutefois mis en place des réponses adaptées, les politiques ont manqué de réaction.

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LRS: Quel fut votre sentiment durant cette crise et quel rôle envisagiez-vous ?
BT: Je regrette de ne pas avoir été contactée entre les deux tours à propos de cette crise. J’aurais été maire j’aurai contacté les autres candidats et cela aurait permis de montrer que face à la crise nous étions tous ensemble dans une union sacrée.

LRS: Vous êtes médecin, quel est votre point de vue sur les dossiers médicaux que vous suivez ?
BT: Je regrette qu’on ait déshabillé le CCAS. Je suis pour le maintien de personnel pouvant agir rapidement en cas d’urgence impromptue au domicile. Ce qui permet de maintenir au domicile des personnes âgées. Et également pour ces aides pour les sorties d’hôpital. Ces intervenants auraient été utiles dans un cas de crise sanitaire comme nous venons d’en connaître, notamment pour accompagner les anciens. Mon idée est de réorienter le CCAS sur ce que ne fait pas le privé, ce qui est le cas des deux actions que je viens de citer. On s’est séparé de contractuels qui sont désormais partis vers le privé.

LRS: Et sur la crise du Covid sur le plan local et éducatif ?
BT: Il y a eu des prises en charge des enfants durant la crise mais cela s’est limité aux enfants des soignants (NDLR: à l’école René Guy CADOU en lien avec la Direction de l’Éducation Nationale). Il y avait pour moi matière à accueillir davantage d’enfants afin de libérer des parents qui devaient se déplacer pour leur travail.

LRS: Sur le Plan Ségur ?
BT: L’objectif est d’éviter la reprise de l’épidémie à grande échelle avec des actions de la CPAM et de l’ARS. Des enquêtes sont menées en cas de cluster, c’est à l’oeuvre et ça fonctionne.

LRS: Venons-en aux Municipales. Vos impressions sur l’organisation d’un vote et sur les résultats.
BT: Il n’y a pas eu d’infections, on s’en sort plutôt bien et ma crainte était qu’il y ait des gens qui tombent malades parmi mes troupes.
Le scrutin est dur à analyser en raison de l’importante abstention qui était légitime dans ce contexte.
Dans ce premier tour, il y avait une sorte de « Primaire » entre Claire Legrand et moi (Note de la Revue: article à paraître prochainement sur les désistements et la logique du 2ème tour).
Il faut bien reconnaître que la crise, les abstentions, ont fait bouger les lignes !
Le système de santé national a montré ses faiblesses et la crise a montré les problèmes de notre système, notamment concernant les urgentistes.
Si dans nos régions et dans le département nous n’avons pas eu de gros problèmes car la pandémie y fut moins présente, nous ne sommes pas à l’abri !
Il faut absolument remettre des soignants sur le terrain.

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LRS: Quelle est votre vision des choses concernant les maisons médicales ?
BT: Le seul intérêt des Maisons médicales c’est de pouvoir les disséminer pour couvrir un territoire. Mais je suis personnellement pour un Centre de santé avec des salariés.

LRS: Comme à La Roche-sur-Yon ?
BT: Oui, c’est un modèle que j’ai étudié et qui fonctionne bien. De plus, du fait de son organisation statutaire et juridique, on connaît exactement les coûts que cela peut entraîner et ce système n’est au fond pas si cher. Les consultations sont remboursées par le système de soins ce qui fait que le salaire n’est pas une charge dans son intégralité.

LRS: On ne peut pas parler de toute votre équipe et nous avons déjà cité les membres lors du premier tour. Nous allons cependant parler de l’un deux, Guy Bricard qui est un ancien huissier de justice. Pourquoi l’avoir choisi ?
BT: J’ai choisi Guy Bricard pour le poste d’adjoint à l’Urbanisme car c’est un poste sensible sur lequel il peut y avoir beaucoup de pression et de lobbying, or je veux quelqu’un sur lequel je puisse m’appuyer, en qui j’ai une confiance totale et qui pourra mettre en place un projet urbanistique maîtrisé avec des projets d’habitats comme le fut la réalisation du programme des Roses.

Les 2 paris de Brigitte Tesson
LRS:
Municipales. Le non-alliance avec Claire Legrand vous laisse-t-elle encore des chances. Y croyez-vous toujours ?
BT: Oui. Les électeurs vont davantage aller voter et je fais le pari que ceux qui n’ont pas voté faisaient partie de mon électorat.
Et je fais le pari que la crise du Covid-19 va changer les choses et qu’ils vont avoir conscience qu’il faut aujourd’hui choisir la politique à taille humaine, la proximité, des mairies déléguées, des commerces de proximité, plutôt que de l’événementiel ou de grandir à marche forcée.

Déjà paru Anthony Bourget: https://www.lereportersablais.com/les-sables-dolonne-vendee-anthony-bourget-sexprime-sur-lactualite-et-des-sujets-de-societe/
Présente ITW de Brigitte Tesson
Très bientôt: Claire Legrand
Prochainement: Caroline Pottier et Yannick Moreau.


Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

 




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