Les Sables-d'Olonne Vendée Globe. SKIPPERS installés aux Sables : unis comme les 6 doigts d'une main... Ils sont 6 aux Sables-d'Olonne, 6 skippers dont le regard est orienté 24 heures sur 24 sur la Course au large. Autant dire qu'en cette période d'ouverture du Village du Vendée Globe - durant 3 semaines avant le départ du 10 novembre - leur temps est compté ! Sébastien Simon l'a précisé : cette fête populaire est fantastique, le plaisir est commun, mais les skippers sont tellement sollicités que Sébastien est content d'habiter aux Sables-d'Olonne, ce qui lui permet durant l'ouverture du Village au grand public de respirer le soir dès qu'il est rentré chez lui, alors que la plupart des autres skippers, en hôtel, en AirBnB, ne sont pas dans les mêmes conditions. Les 6 skippers "sablais" étaient réunis en ce mardi 22 octobre 2024 pour faire part de leurs sentiments, de leurs impressions concernant leur présence aux Sables-d'Olonne au sein d'un éco-système sablais se voulant propice à la Course au large. 5 skippers étaient présents : Arnaud Boissières, Manu Cousin, Benjamin Dutreux, Sébastien Simon et Szablocs Weöres (voir photo de UNE). Denis Van Weynbergh était en liaison radio. Ce groupe de skippers sablais pour la Course au large est désormais au nombre de six, mais en 2006 il n'y en avait qu'un, le premier, Arnaud Boissière, originaire d'Arcachon. Lorsqu'il est arrivé, nous dit-il, il a pu s'installer sur ce qui est désormais l'esplanade du Vendée Globe mais qui à l'époque n'était qu'un terrain vague. Un peu plus tard, le chargé des sports a pu mettre à sa disposition une sorte d'atelier. Tout est parti de là. Et c'est lui, Arnaud, qui au fil de ses rencontres ou de ses discussions, a incité d'autres skippers qu'il connaissait de longue date à s'installer aux Sables-d'Olonne leur prétant au départ un bout de son hangar du Village nautique situé près de la Caserne des Pompiers, à deux pas de Port-Olona. Il a fait venir au début Manu Cousin puis Benjamin Dutreux, et plus récemment Sébastien Simon qui s'était installé auparavant au pôle de la Course au Large à Port-la-Forêt, en Bretagne, mais dont la fibre est vendéenne ; il est né en Vendée et habite aux Sables-d'Olonne. Le maire des Sables-d'Olonne, Yannick Moreau s'est exprimé à propos de ce groupe de skippers sablais pour la Course au large, désormais au nombre de six. La Ville développe progressivement les activités nautiques avec la voiel sur optismist, une belle école, la Class Mini 6.50, et la valorisation des Imoca avec désormais 6 skippers. Le but est de favoriser un écosystème et la volonté de professionnaliser un accueil spécifique. (Note de la revue : 6 nouveaux hangars pour des skippers de la Course au large sont en projet. Le coût sera de plus de 7 millions d'€ et chaque hangar aura une taille de 500 m2 contre 200 à 400 m2 aujourd'hui, ce qui est insuffisant. Le projet devrait voir le jour en 2027. Les 3 premiers arrivés, Arnaud Boissière, Manu Cousin et Benjamin Dutreux dispose aujourd'hui d'un hangar au Village nautique). Le Maire précise que les futurs hangars seront des équipements dont les teams auront la propriété. Mais le maire tient à rassurer ; certes, il y a une volonté d'accueil, de professionnalisation, mais la démarche opérée ne se veut nullement une lutte concurrentielle avec Port-la-Forêt ou Lorient La base. Pas de concurrence exacerbée mais toutefois un rêve : qu'un jour, tous les efforts entrepris tant par la Ville que par les skippers permettent de voir un skipper sablais remporter le Vendée Globe ! Arnaud Boissières Arrivé aux Sables-d'Olonne en 2006, en provenance d'Arcachon. Installé d'abord sur le terre-plein près d'Olonna, puis a pu disposé d'un atelier sommaire et enfin d'un hangar au Village nautique. Après plusieurs contacts avec La Mie câline, le soutien finit par se concrétiser. Arnaud n'est pas avare de bons mots. Il fera rire la salle à plusieurs reprises, faisant même croire à l'obtention de réduction sur la taxe foncière - régulièrement en débat aux Sables-d'Olonne ! Bien sûr, il n'en est rien... Il met, notamment, l'accent sur la façon dont il fut reçu à La Chaume. On lui fit comprendre que ce n'est pas parce qu'il avait, alors, fait un Vendée Globe qu'il était un marin ! Ambiance... Mais progressivement des liens d'amitiés se sont tissés avec les habitués du quai de La Chaume. Lui est resté fidèle aux Sables-d'Olonne et, il se dit très respectueux de tous ces marins pêcheurs au dur labeur. Finalement un respect mutuel s'est installé. C'est lui qui est à l'origine du groupe des Skippers sablais, faisant venir l'un après l'autre des skippers, en mal d'organisation ou de projets ou souhaitant se rapprocher du coeur de la Course au large du Vendée Globe, aux Sables-d'Olonne. Arnaud travaille pour son Imoca à une évolution vers le mix-énergétique puis le tout hydrogène ; pour l'instant, il dispose d'un moteur hybride qui lui a fait gagner 15 kg. Il souhaite abandonner le moteur thermique pour le Vendée Globe 2028. Vous l'aurez compris, il est candidat pour un nouveau Vendée Globe en 2028. Celui de 2024 est déjà son 5ème Vendée Globe...! Faisant un parallèle entre les numéros de département et la durée de la course, il a déclaré que 33 jours (Arcachon Gironde, n°33) pour le Tour du monde ce serait un peu juste, mais 85 jours (Les Sables-d'Olonne, Vendée, 85) pouvait être un objectif ! Manu Cousin On le voit beaucoup en ce moment ; en effet, il a prêté son image pour des affiches sablaises mettant en avant les différentes navettes gratuites durant le Village du Vendée Globe. Un soutien aux diverses mobilités afin d'éviter l'utilisation de la voiture dans le Centre ville des Sables-d'Olonne. Au-delà de cet élement, Manu Cousin fait part de l'accueil sablais qu'il a trouvé chaleureux, de l'attention qu'on lui portait. Il est aux Sables-d'Olonne dpuis 2017. Normand, il est donc désormais sablais d'adoption. Il rappelle que c'est Arnaud Boissières qui lui a mis le pied à l'étrier. Il a même d'ailleurs racheté son précédent bateau. Manu Cousin a commencé en classe 40 puis est passé à l'Imoca. Il avait lancé en 2014 l'Association "Coup de Pouce", une association nationale de référence de prévention du décrochage scolaire dès les premières années de scolarité des enfants, en maternelle et primaire. Pour le tour du monde, Manu Cousin étant Normand, de Seine-Maritime, il pouvait avoir comme objectif un parcours de 76 jours... ou plutôt arrivé le premier parmi les Imoca à dérive classique datant de 2007. Peut-être 90 jours, en tout cas essayer d'être dans le groupe de ces Imoca. "Il s'agit d'une feuille blance sur laquelle on va écrire l'histoire (du Vendée Globe) ; en espérant qu'elle sera belle" a-t-il conclu. Benjamin Dutreux Concernant ses objectifs, Benjamin déclare d'abord qu'il souhaite un résultat qui permette qu'on arrête de l'appeler la révélation du Vendée Globe 2020. "Une belle course pour moi, ce serait déjà de la finir !". Et se surpasser avec un bon classement serait la cerise sur le gâteau !" Benjamin Dutreux a grandi à l'Ile d'Yeu, puis s'est installé aux Sables-d'Olonne et à Port-Bourgenay. Il est né dans le département du Nord (59), mais monter la barre du tour du monde à 59 jours risque d'être difficile... (NDLR : le record est de 74 jours). A ses débuts, il effectuait des parcours "compét'" entre l'Ile d'Yeu, où il séjournait et Fromentine où se trouvait son club nautique. A l'age de 14 ans, il a effectué quelques marées à bord de bateaux de pêche. Un apprentissage qui lui a permis d'avoir un respect certain pour la mer en Vendée. D'où une certaine humilité de sa part. Il est fier de ses débuts, de "ses armes", ici en Vendée. Lui aussi a été accueilli aux Sables-d'Olonne par Arnaud Boissières qui lui proposa une partie de local durant l'hiver. A ce sujet, il déclare qu'il devient nécessaire d'attirer aux Sables-d'Olonne des compétences. Alors, il note comme d'autres qu'il y a désormais 6 skippers sablais, mais en ajoutant que si le nombre augmente aux Sables d'Olonne, il y en a aussi davantage dans les autres lieux dédiés à la Course au large ! "Je me sens bien sur "mes terres" ici" dit-il aussi. Sébastien Simon En vidéo : "10mn avec Sébastien Simon" Szablocs Weöres Il est hongrois et s'est installé aux Sables-d'Olonne afin d'être au plus près du Vendée Globe (le précédent skipper hongrois connu fut Nandor Fa). Son Imoca est le "New Europe" qui fut barré par Ari Huusela dans le Vendée Globe 2020. Un moyen d'obtenir un bateau déjà armé et équipé. Szablocs a fait ses premières armes sur le Lac Balaton en Hongrie. (NDLR : "New Europe" construit en 2007. - 2008 / 2012 : barré par la Britannique Dee Caffari de 2008 à 2012, il porte d'abord le nom d'Aviva, puis de 2010 à 2012 le nom de Gaes. - barré par le Finlandais Ari Huusela, il porte le nom d'Ariel 2 en 2018 et 2019, puis de Stark dans le Vendée Globe 2020-2021. - barré par le Hongrois Szabolcs Weöres, il porte en 2022 le nom de Szabi Racing, puis prend en 2023 celui de New Europe). Denis Van Weynbergh Depuis qu'il est aux Sables-d'Olonne pour son projet, des bénévoles sont venus l'aider. Son Imoca, D'ietren Group, est "décoré" par un beau drapeau belge mais surtout, en forme de clin d'oeil, par une statue de "Manneken Pis" ! Une touche belge... "un symbole de la Belgique et de la belgitude...!" denis déclare que on projet est sérieux mais sans se prendre au sérieux. Concernant les objectifs, il n'a pas envie de se mettre de pression, il souhaite bien sûr terminer le tour du monde, et aimerait le faire en moins de 94 jours qui est le temps obtenu par nandor Fa en 1996/97 sur ce bateau (alors dénommé Spirit of Hungary). Enfin son voeu est que les 6 skippers sablais finissent la Course. Skippers sablais On sent dans ce groupe une solidarité, une communion d'esprit. Déjà grâce à Arnaud Boissières qui a été à l'origine d'un groupe où sont déjà présents des skippers que lient de fidèles amitiés. Pour preuve, et certains l'ont exprimé : ce serait un bonheur pour eux que de voir l'ensemble des six skippers sablais finir la Course du Vendée Globe. Tout le monde le sait bien, parmi les 40 skippers qualifiés, tous n'auront pas ce plaisir en raison des difficultés de cette course en solitaire et sans escales. Les 6 skippers sablais tenteront de réaliser cet exploit. Philippe Brossard-Lotz Le Reporter sablais A VOIR AUSSI Vidéo Les Sables-d'Olonne Vendée Globe. 18 octobre 2024 : tous les skippers sont arrivés au ponton du Vendée Globe Tous les marins ont amarré leur Imoca au ponton du Vendée Globe. Les derniers arrivés ont remonté le chenal ce matin. Désormais, place à trois semaines de partages et de fêtes au sein du Village, avant le grand départ le 10 novembre 2024. Sept heures du matin, ce vendredi, sur les pontons de Port Olona. Dans 22 jours, au même endroit, tout sera particulier. Ce sera le temps du dernier réveil, du dernier stress, du dernier lever de soleil depuis la terre et des embrassades ! Mais pour les skippers, c'est encore loin ; tous savourent encore un peu le répit qui les sépare du Jour-J. « Ça fait forcément quelque chose d’être là » Le ponton était déjà bien rempli – une grande partie des marins était arrivée la veille – et il l’est désormais un peu plus. L’absence de vent et la mer plate ont grandement facilité les manœuvres dans le port, même si « ce n’est pas évident de remonter le chenal de nuit », dixit Yoann Richomme (Paprec Arkéa). Les membres de la direction de course étaient là pour guider les marins, les aider dans ces manœuvres toujours délicates afin de bien sécuriser les bateaux. Les visages restent concentrés jusqu’à ce que les bateaux soient bien amarrés. Puis, c'est le sentiment du plaisir simple de faire partie de cette grande fête de la course au large. « On a la tête dans le guidon depuis des mois, ça fait forcément quelque chose d’être là », apprécie Paul Meilhat (Biotherm). Un constat partagé par Romain Attanasio (Fortinet-Best Western) qui a dû batailler après avoir démâté en septembre : « C’est vrai que ça n’a pas été simple, confie-t-il, bonnet vissé sur la tête. D’habitude, on commence à stresser quand on arrive. Là, ça a commencé il y a déjà quelques semaines. « C’est déjà une première victoire » La lune est toujours visible au travers des haubans même si le jour se lève. Il est 8 heures, Maxime Sorel (V andB – Monbana – Mayenne) arrive à son tour. Le Malouin rêve de sucré et de pain au chocolat mais pas seulement : « remonter le chenal, ça m’a rappelé ce que j’avais ressenti le 30 janvier 2021 (jour de son arrivée), la forte émotion d’être là après avoir fait un tour du monde ». Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance) a lui aussi le sourire. Il se plaît à être situé tout au bout du quai, « on est tranquille comme ça ». « Bien sûr que je suis heureux d’être là, confie-t-il. Ça fait trois ans qu’on travaille sur ce bateau. Être là, c’est une belle récompense pour toute l’équipe ». Il y a de la satisfaction également dans la voix de Violette Dorange (Devenir) : « j’ai pu profiter du convoyage et de l’arrivée au port avec des proches ». La navigatrice de 23 ans rappelle « qu’être ici, c’est déjà une première victoire ». L’atmosphère est un cadeau : du calme, le lever du soleil et la fraîcheur de l’automne. Un peu plus loin, Yann Eliès, deux Vendée Globe au compteur et skipper remplaçant de Paprec Arkéa, sait à quel point la simplicité de cette matinée-là compte : « C’est une journée sympa pour les équipes et les skippers, confie-t-il. Tu arrives, tu prends tes marques, tu profites du fait que les pontons ne sont pas encore bondés ». Un moment bienvenu après tout le travail réalisé. « Ils bossent depuis quelques années mais ont tous l’impression que ça fait dix ans qu’ils préparent ce Vendée Globe », assure Yann en pensant aux membres de chaque équipe. Ça valait bien une journée de soleil et un peu de calme avant de plonger dans l’effervescence du village. Philippe Brossard-Lotz Le Reporter sablais (avec communication)