Rousseau Odette dite Florelle

Odette Rousseau dite Florelle (1898 – 1974)
Elle est originaire de La Chaume et est née dans une maison sur les quais où sa grand-mère, Marie-Joséphine, tenait la buvette « À la mère Rousseau ».
Odette est la fille d’Élysée Rousseau, secrétaire adjoint de l’état civil, et de Diadéma Messie Rabillier. Ces derniers ont quitté La Chaume vers 1908 avec leurs trois filles pour aller tenter leur chance à Paris.

Florelle fit d’abord carrière au théâtre et dans des cabarets parisiens.
Artiste lyrique, elle triompha ensuite en tant que meneuse de revue au Moulin Rouge puis aux Folies Bergère.
Parallèlement, elle se lança dans la chanson. On connaît d’elle au moins 27 disques (78 tours) et 54 chansons (entre 1927 et 1934) dont « La Complainte de Mackie » que Florelle chante dans L’Opéra de Quat’sous ; une chanson qui connaîtra un succès retentissant au point de devenir un véritable standard !
Avec des paroliers de renom comme Jean Boyer, Jean Lenoir, Kurt Weill, Mireille ou Jacques Prévert.

Elle jouera au cinéma de 1912 à 1956, dans ue cinquantaine de films dont 6 films muets (entre 1919 et 1956).
Sa carrière au cinéma prendra son élan avec le succès considérable de « L’Opéra de Quat’sous » en 1931.
Le célèbre réalisateur Pabst déclara que Florelle avait été la plus grande révélation artistique de sa vie.
Florelle est surtout connue pour avoir tenu le rôle principal dans la version française de « l’Opéra de Quat’sous », sous la direction de Georg-Wilhelm Pabst : son rôle de Polly Pitchum, la fille du roi des mendiants, lui vaut d’excellentes critiques et lui donne son surnom de « fille joyeuse au regard triste ».
Un autre rôle majeur est celui de Fantine dans « Les Misérables » de Raymond Bernard, film sorti en 1934. Florelle joue aux côtés d’acteurs prestigieux comme Harry Baur, Albert Préjean, Jules Berry, Charles Boyer, etc… et avec Jean Gabin et Dandy dans des films muets.
Elle tourna avec de nombreux réalisateurs sont Georg Wilhelm Pabst, Alexander Korda, Jean Renoir et Fritz Lang.
Sa rencontre avec le chanteur Jean Flor lors d’une tournée en Europe et à Istanbul durant l’été 1914 fut déterminante pour la suite de sa carrière artistique. C’est en effet Jean Flor qui lui souffla l’idée de prendre le surnom de Florélie. Odette Rousseau le modifia légèrement, le trouvant trop italien, pour prendre son fameux nom d’artiste : Florelle.

Florelle va connaître ses premiers moments de gloire en 1925 lors d’une prestation artistique à Buenos-Aires (Argentine), en volant la vedette à… Mistinguett !
À son retour, l’année suivante, c’est au « Moulin Rouge » qu’elle triomphe avec la reprise de la revue « Ça c’est Paris ».
Son passage ensuite aux « Folies Bergère » va asseoir durablement sa notoriété. Tout le monde l’appelle alors « Mademoiselle Florelle du Moulin Rouge ».

Florelle mena deux carrières de front : la première dans la chanson et la seconde au cinéma.
En 1934 elle épousa Pierre-Marcel Foucret, le fils du directeur du Moulin Rouge. Mais auparavant, elle avait épousé, lors de ses voyages argentins, un cubain. Mais le mariage ne dura point.

Sa dernière apparition au cinéma fut aux côtés de Jean Gabin dans « Le Sang à la tête » de Gilles Grangier en 1956.
Elle se retire définitivement aux Sables-d’Olonne dans les années 1950, époque où elle tient la guinguette « À l’Orée des Pins » dans la forêt de la Rudelière.
La fin de sa vie, partagée entre La Chaume et Juan-Les-Pins (Alpes Maritimes) se déroule dans un relatif anonymat.
Florelle décède le 28 septembre 1974 à l’hôpital de la Grimaudière à La Roche-sur-Yon.
Enterrée dans le vieux cimetière de La Chaume sous le nom d’Odette Rousseau, cette ancienne étoile du Music-Hall aurait pu tomber définitivement dans l’oubli sans l’intervention d’un mystérieux admirateur, M. Niobey, qui fit apposer sur sa tombe une plaque gravée « Ici repose Florelle » en 1983.

Par la suite, une rue de La Chaume pris officiellement le nom de Florelle par délibération du Conseil municipal du 22 mars 1984.

En 1998, à l’occasion du centenaire de l’artiste, l’écrivain chaumois Jean Huguet et les « Veillées Chaumoises » ont célébré en chansons sa carrière.
Point d’orgue de cette commémoration, une plaque fut apposée au 34 quai Georges V avec l’inscription : « Ici est née Florelle (Odette Rousseau), le 9 août 1898 ».
Cette même année, Jean Huguet retraçe la vie de cette « étoile filante » dans un livre intitulé Florelle, la femme libérée aux éditions Vents et Marais, tandis que le Musée de l’Abbaye Sainte-Croix lui consacra une émouvante exposition (voir Cahiers de l’Abbaye Sainte-Croix n° 56, 1998)
Sources : Archives des Sables-d’Olonne + documentation Le Reporter sablais

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