Publiez vos annonces légales sur la Vendée: https://www.lereportersablais.com/annoncesjudiciairesetlegales/ Pêche Naufrage Golfe de Gascogne 13 mai 2025 : Rapport sur le Naufrage du navire de pêche ABLETTE Rapport de mars 2026 Avant-Propos Ce Rapport du BEA "exprime les conclusions auxquelles sont parvenus les enquêteurs du BEA mer quant aux circonstances et aux causes de l’événement analysé et propose des recommandations de sécurité. Ce rapport n’est pas rédigé, en ce qui concerne son contenu et son style, en vue d’être utilisé dans le cadre d’actions en justice. Conformément aux dispositions susvisées, l’analyse de cet événement n’est pas conduite de façon à établir ou attribuer des fautes à caractère pénal ou encore à évaluer des responsabilités individuelles ou collectives à caractère civil. Son seul objectif est d’améliorer la sécurité maritime et la prévention de la pollution par les navires et d’en tirer des enseignements susceptibles de prévenir de futurs sinistres du même type. En conséquence, l’utilisation de ce rapport à d’autres fins que la prévention pourrait conduire à des interprétations erronées." EXTRAITS Les Faits Toutes les heures en heure locale (TU+2) Le navire de pêche ABLETTE appareille du port des Sables d’Olonne le lundi 12 mai 2025 à 18h30 à destination d’un chantier naval espagnol à O Freiso-Outes. Pour effectuer ce voyage vers le chantier, deux marins sont à bord, l’armateur et un second. La traversée est prévue durer de 32 à 34 heures. Le capitaine prend une route au 240° à 9,8 noeuds, la mer est belle et un vent de 10 noeuds souffle du sud-ouest. Les deux hommes se partagent les quarts de nuit, le capitaine va se reposer vers 23h00. Le 13 mai vers 3h00, le capitaine fait une ronde à la machine et ne relève rien de particulier. Vers 5h30, les deux hommes sont en passerelle, la mer est belle et le navire fonctionne normalement. A 9h10, le capitaine est de quart en passerelle lorsqu’un choc est ressenti. Il ralentit immédiatement le navire. Les deux hommes sortent de la passerelle mais n’aperçoivent rien sur le plan d’eau. Le choc a eu lieu à la position 45°26’18 N - 004°21’40 O. Environ 5 minutes après le choc, l’alarme « envahissement niveau haut machine » se déclenche. Le capitaine descend à la machine et voit une brèche sur tribord au milieu de la machine (au niveau du couple 15), environ à 80 cm au-dessus du plafond de ballast. La brèche fait environ 10 cm et un jet puissant est orienté vers l’arrière. L’eau atteint déjà le bas du volant moteur. Le capitaine ferme la cale à poisson sur la clarinette, ouvre l’aspiration sur le local machine et démarre les deux pompes d’assèchement du tableau électrique de la machine. 7 L’eau continue de monter et le capitaine constate que l’assèchement ne parvient pas à étaler la voie d’eau. Il remonte alors à la passerelle pour prévenir le second qu’il faut préparer l’abandon. Le capitaine prend la décision de mettre le canot de survie à l’eau et de l’équiper de la VHF portable et des balises. Il redescend à la machine mais le navire a maintenant près de 20° de gîte et l’eau est montée au niveau de la première marche de l’échelle. Pour éviter l’électrocution, il ne prend pas le risque d’avancer plus loin en raison de la présence du transformateur électrique 380 volts situé sur tribord. Le capitaine remonte à la passerelle pour effectuer oralement des appels de détresse sur la BLU et sur VHF canal 16. Sans retour, il déclenche les appels de détresse sur BLU et VHF en ASN. Le capitaine et le second s’équipent alors de leur combinaison de survie et embarquent dans le radeau à 10h30. Ils s’éloignent du navire et attendent les secours. A 10h50, un avion des douanes survole les naufragés. Le capitaine a toujours le visuel sur son navire. Celui-ci prend toujours de la gîte et de la fumée blanche s’en échappe. Le cargo FWN.SUN, arrivé sur les lieux, recueille les naufragés à 11h15. A 11h40, l’hélicoptère RAFFUT SAR de la base de Cazaux hélitreuille les deux marins et les transporte à l’hôpital d’Arcachon. Après un bilan, les deux hommes quittent l’hôpital et rentrent aux Sables d’Olonne par leurs propres moyens. Heurt avec un objet La situation de L’ABLETTE au moment de l’événement est la suivante : - en route à 10 noeuds ; - en eau libre ; - l’équipage n’a rien aperçu, ni avant, ni après le choc. Dès l’événement, le capitaine constate : - une brèche d’environ 10 à 15 cm d’ouverture ; - un jet d’eau puissant orienté vers l’arrière. Deux hypothèses peuvent conduire à l’envahissement d’eau dans un compartiment machine : - une fuite sur le circuit eau de mer ; - une ouverture de la coque vers l’extérieur. La possibilité d’une rupture d’un élément du circuit eau de mer est à écarter. En effet, le capitaine voit clairement une entrée d’eau, qu’il arrive parfaitement à localiser. Cette entrée d’eau est localisée à un endroit du bordé dépourvu de vaigrage, et donc visible immédiatement sans autres investigations. Pour mémoire, le thonier senneur AVEL VOR faisait naufrage au large du Liberia le 27 octobre 2019 suite à une voie d’eau (rapport publié octobre 2020). Le BEA mer avait fait appel à un cabinet d’architecture navale pour étudier différentes hypothèses de collision avec un objet flottant non identifié (OFNI). L’étude a montré que les dégâts occasionnés par la collision avec un conteneur immergé, alors que le navire est à 10 noeuds, correspondent bien à une brèche par poinçonnement de la coque. C’est donc l’hypothèse d’une brèche causée par le heurt d’un objet suffisamment dense à arrête vive, vraisemblablement un conteneur, qui est la cause la plus probable de la voie d’eau. Voie d'eau non maîtrisée (Extraits) Dès la détection de la voie d’eau dans le compartiment machine, le capitaine démarre la pompe électrique d’assèchement principale d’une capacité d’épuisement de 30 m3/h, et la pompe électrique d’assèchement de secours également d’une capacité d’épuisement de 30 m3/h. Il a pris soin de disposer le circuit d’assèchement en isolant la cale à poisson et en ouvrant vers le compartiment machine. La capacité d’épuisement était donc à son maximum avec le matériel disponible. (...) (...) Enseignements 2026-E-01 : Les dispositifs d’étanchéité permettant d’isoler les compartiments doivent être verrouillés avant le départ du navire pour assurer l’intégrité du navire. Sources : BEA lereportersablais@gmail.com Retour aux articles : Campagne de DONS 2026 : Inscription à la Newsletter : Publication d'Annonces légales Vendée : Vidéos Les Sables-d'Olonne et Vendée :