Groupe Bénéteau - (©Photo: Bénéteau - DR)

Vendée – Le groupe Bénéteau s’effondre en bourse de plus de 20%

Vendée – Le groupe Bénéteau s’effondre en bourse de plus de 20%





Une inquiétude était déjà apparue fin juin 2018 avec les batailles commerciales entre grands de ce monde, les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne.
Car, certes, le Groupe Bénéteau (Bénéteau, Jeanneau, Laggon, Prestige, Monte-Carlo Yachts, CNB et les marques de Rec Boat) est un groupe de construction marine vendéen, mais il possède une usine à Marion, en Caroline du Sud, depuis trente ans, et a racheté en 2014 les marques de Rec Boat aux Etats-Unis (Four Winns, Glastron, Scarab et Wellcraft). Et il va donc tomber, pour ses exportations depuis l’Amérique, sous le coup des droits de douane augmentés dans le cadre de la guerre commerciale Etats-Unis / Canada / Union européenne. Avec à la clé, une baisse à venir du chiffre d’affaires dont il se serait bien passé.

CA et résultat pour les 9 premiers mois de l’exercice / 1er septembre 2017 au 31 mai 2018
Bénéteau vient d’annoncer que le CA consolidé pour les neuf premiers mois s’élevait à 885,8 millions d’€, en hausse de 3,8% (+6,2% à taux de change constant). La division Bateaux réalise un CA 9 mois de 722,9 millions d’€ contre 695,20 millions d’€ pour l’exercice précédent en progression de 4% (+6,9% à taux de change constant) grâce à une bonne dynamique sur les marchés européens. Le reste du CA concerne la division Habitat.
La hausse concerne les segments bateaux hors-bord, bateaux inboard de 30 à 60 pieds; par contre, il est constaté un ralentissement des ventes de grands yachts. En voile, la société bénéfice d’une toujours bonne progression des catamarans.
Mais il ne s’agit que des chiffres pour les 9 premiers mois. Et déjà pour le troisième trimestre, avril-mai 2018, le chiffre d’affaires a commencé à baisser passant de 422,9 millions d’€ à 420,9 millions d’€ (il a cependant évolué de + 1,7% à taux de change constant.) Les évolutions sur les 12 mois de l’exercice – qui seront présentés en octobre 2018 – laissent présager de mauvais chiffres.
Ainsi, la croissance du CA annuel pour la division Bateaux est attendue entre + 7 à 8% (à taux de change constant) contre des prévisions de 8 à 10%. En cause le ralentissement des prises de commandes pour les grands yachts avec un retrait de 20 millions d’€ prévu par rapport à l’objectif; la guerre commerciale et les droits de douane afférents avec le Canada et l’Union européenne devraient impacter à la baisse (pour les exportations depuis les Etats-Unis de 4 des marques appartenant à Bénéteau) le chiffre d’affaires de la construction marine d’environ 4 à 5 millions d’€. Et l’arrêt de la construction de navires professionnels (CNB Pro) – dont la rentabilité paraît insuffisante à Bénéteau – réduira le CA de 3,7 millions d’€.

Evolutions du périmètre commercial
A la cessation de son activité liée aux navires professionnels (CNB Pro) s’ajoutera l’arrêt de l’activité Habitat résidentiel. A l’inverse, l’Habitat de loisirs (mobil-home) sera poursuivie. Très récemment, le 9 juillet 2018, Bénéteau a procédé à l’acquisition en Slovénie de la société Seascape spécialisée dans la conception, la construction et la commercialisation de voiliers sportifs (4 modèles existants et un CA de 4,2 millions d’€).

Chute de 20% en bourse en une seule journée
Si Bénéteau reste optimiste pour l’exercice 2019-20, la crainte d’un développement de la guerre commerciale refroidit les investisseurs ainsi que les perspectives en baisse annoncées pour l’ensemble de l’exercice 2017-2018 (1er sept. 2017 au 31 août 2018).
A la baisse de la croissance du CA de l’activité Bateaux par rapport aux prévisions s’ajoutera également une baisse des prévisions pour le résultat opérationnel courant (ROC) annuel qui ne devrait progresser que de 7 à 8% (à taux de change constant) contre 10 à 12% envisagé. De quoi refroidir les actionnaires…!
En bourse, le titre a ainsi chuté aujourd’hui de 20,59 %, passant de 16,32 € à 12,96 €, après un premier décrochage en mai et juin 2018 puisque le titre avoisinait alors les 20 €.

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

 





 

 

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