Nicolas Sarkozy aux Sables d'Olonne

Les Sables d’Olonne : Sarkozy entre dénonciations et promesses mais la France sur le coeur

Le Centre des Congrès des Sables d’Olonne était plein à craquer (750 places), des curieux mais beaucoup de militants. Nicolas Sarkozy, candidat aux élections Primaires Les Républicains-Centre, venait défendre ses positions en compagnie de François Baroin, Président des Maires de France et de Bruno Retailleau, président de la Région Pays de Loire. Yannick Moreau, député de la Vendée littorale et soutien à Sarkozy, était l’hôte du président des Républicains.

Yannick Moreau ouvrit la séance en affirmant qu’il n’y aurait pas de petites phrases vénéneuses, que l’on était en famille et que la campagne devait avoir de la tenue. Au préalable, il avait salué « l’homme le plus combatif de France » en la personne de Nicolas Sarkozy. Un seul objectif à ses yeux, la défense de la France. Puis il critiqua vertement la gauche : « Jamais la gauche n’aura fait autant de mal à la France qu’actuellement. » Yannick Moreau considère qu’actuellement l’Histoire hésite : « Nous sommes dans un moment singulier entre le déclin et le sursaut. » Après ces considérations, il montra clairement quel chef il avait choisi : « Nous avons besoin d’un cap (…) d’une boussole (…) d’un chef (…) et d’un commandant en chef (…) et ce commandant en chef qui a de l’expérience, du tempérament et de la détermination, c’est Nicolas Sarkozy » précisa-t-il sans ambages.
Confiant, il ajouta « rien n’est joué (pour la France), tout reste à faire, battons-nous, donnons tout pour la France. » Puis, sur un air très républicain, il cria « Vive la Vendée, Vive la France. »

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C’est ensuite Bruno Retailleau qui prit la parole. Tout son discours fut porté par le thème de la Vendée et de ses racines : « Nous les Vendéens, nous savons ce que nous devons à nos racines! » Puis, il souligna l’action de deux Vendéens historiques, Clemenceau et le Mal de Lattre de Tassigny, « Clemenceau, un républicain convaincu et de Lattre qui s’est battu pour la liberté. Deux personnalités très différentes mais un seul amour, celui de la France. Ils ont su relever la France à deux moments tragiques de son histoire, le premier avec ses Poilus durant la guerre de 1914-18, et le second a rendu son honneur à la France aux côtés du Gal de Gaulle notamment en signant l’acte de capitulation le 8 mai 1945. »
Puis Bruno Retailleau s’est emparé du sujet de l’identité française : « La France est une synthèse de Clovis au Gal de Gaulle, de Jeanne d’Arc à Clemenceau (…), l’identité n’est pas un enfermement, les racines sont importantes, la Vendée en est une double preuve. »
Revenant sur le dynamisme de la Vendée et de ses entrepreneurs, il affirma que « les ressorts de ces succès vendéens sont spirituels et non matériels » , une manière de revenir sur l’importance des racines et de l’identité dans la force d’entreprendre. Et c’est pourquoi avec une conviction assurée il condamna la gauche qui voudrait empêcher les Français de parler de leur identité : « Ce temps est terminé et Oui, nous sommes fiers d’être français! »
S’en prenant à nouveau à la gauche et après avoir apporté plusieurs exemples, Bruno Retailleau déclara : « La gauche, c’est l’échec à tous les étages. Derrière ce désastre il y a une idéologie : l’individualisme et le multiculturalisme. » Et il s’exaspèra en critiquant la politique de Najat Belkacem: « La gauche veut tout déconstruire. L’école de la République, c’est aujourd’hui l’inégalité. »  Le public siffla alors vertement la politique de la ministre de l’Education nationale. Mêmes critiques envers la GPA – qui est une régression de la civilisation – et la Loi Taubira. Idem pour les mesures fiscales de la gauche. Haro sur l’absence d’évacuation des zadistes de Notre-Dame-de-la Lande (NDDL). Indignation à propos de la quantité de charges et de normes qui étouffent les agriculteurs, les pêcheurs et les entrepreneurs.
Bruno Retailleau s’en est pris ensuite au laxisme permanent de l’Etat vis-à-vis des dérives de toutes sortes et notamment du salafisme.
« Il est temps que la République cesse de reculer » jeta-t-il à l’endroit de ceux qui étaient absents dans ce Centre des Congrès des Sables d’Olonne mais qui entendront les échos de son discours par médias interposés jusque sous les lambris dorés de l’Elysée.
Puis, il s’en prit aux burkinis et autres tenues voilées : « Nous n’en voulons pas, ni dans la collection automne-hiver, ni dans celle printemps-été. »
Et il promit de continuer le combat pour la souveraineté de la France et des Français.
Sur le plan européen, Bruno Retailleau rappela que l’Europe était une civilisation avec des racines à Rome et à Athènes, et qu’il fallait rendre à l’Europe sa géographie et ses frontières. Pas question donc d’accepter la Turquie dans l’Union européenne.
En conclusion, dans un discours remarqué, d’une grande force, pertinent grâce à l’apport de multiples exemples, Bruno Retailleau déclara qu’il fallait rétablir la démocratie avec les peuples et rejeter celle de la technocratie « pour que la France vive dans le coeur des nouvelles générations. » Et pour cela « nous voulons incarner la France en mouvement. »

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Enfin vint le tour de Nicolas Sarkozy dont c’était le meeting et qui fut longuement applaudi par ses partisans. Il fit tout d’abord des compliments à Yannick Moreau : « Tu as fait preuve de beaucoup de courage et de loyauté » lui dit-il, puis il ajouta sous les rires de la salle « Dans la vie politique ce n’est pas toujours le cas.. » faisant référence sans le citer à Patrick Buisson (alias Le Petit Rapporteur….) qui vient de sortir un livre à charge contre Nicolas Sarkozy. Il fit aussi des éloges à Louis Guédon, ancien député-maire des Sables d’Olonne, à côté duquel il était assis à l’Assemblée nationale. Et le dernier compliment concerna François Baroin – qui venait pour la 1ère fois aux Sables d’Olonne – , futur Premier ministre en cas de victoire, dont il loua « la fidélité ancrée en lui. Lui, il ne part pas à la première brise. C’est un vrai « skipper » , il pourrait faire le Vendée Globe. Lui, ce n’est pas un pédalo » (comme Hollande) . (Rires dans la salle).
Il ajouta : « Je suis heureux de faire tandem avec François Baroin. » Et Nicolas Sarkozy d’ajouter en étant sûr de son effet sur la salle : « Et j’espère que c’est pareil pour lui… »
Reprenant son sérieux, il en vint au sujet des Primaires : « C’est l’occasion de débattre des sujets qui vous intéressent et non de ceux que nous impose l’actualité. » Raillant les tabous ou plutôt une censure intellectuelle, il dénonça une forme de pensée qui veut imposer ses préceptes: « On doit pouvoir dire qu’il y a trop d’immigration. C’est insupportable de subir la tyrannie des minorités » déclara haut et fort Nicolas Sarkozy ajoutant : « La seule pensée autorisée est la pensée du peuple français. »
Dans le même registre, il déclara : « On doit pouvoir parler de la famille (…) on doit pouvoir dénoncer l’assistanat qui a gagné notre société sans être décrit comme un libéral » et poursuivant sur le même ton : « 218 victimes du terrorisme et on nous dit qu’il n’y a rien à faire! Je veux que l’on puisse dire qu’il y a d’autres solutions. »
« A-t-on le droit de parler de l’autorité de l’Etat? » Pour mettre les rieurs de son côté, Nicolas Sarkozy acheva sa démonstration en disant : « A Calais, la France a une nouvelle topographie! Il y a désormais la jungle… » « Et on ne peut plus parler de Gaulois… »
Et le Président des Républicains fit alors la promesse que quand il serait Président de la République il rétablirait l’autorité de l’Etat. « Je refuse le renoncement national. La majorité silencieuse se lèvera et on dira ce que l’on a à dire. »
Se tournant vers Bruno Retailleau (soutien de François Fillon qui eut récemment des paroles dures envers Nicolas Sarkozy), l’ancien Président de la République malmené actuellement par la justice, déclara : « La Primaire ne doit en aucune cas être un pugilat car il y a trop de souffrance des gens en France pour que l’on donne un spectacle indigne. Quand j’ai repris les rênes du parti celui-ci était ravagé par les querelles internes, et le résultat c’est que c’est Marine Le Pen qui s’était installée comme seule opposante (crédible) à François Hollande! »
A propos de la gauche : « On ne va pas continuer sur le même chemin, cinq ans de politique socialiste (…) inodore, incolore, sans saveur…. avec François Hollande qui ment matin, midi et soir (…) et qui a ajouté 50 milliards d’impôts nouveaux en cinq ans. »

Et Nicolas Sarkozy de parler alors de l’alternance et de faire des promesses dans le cas où il reviendrait au pouvoir:
– je veux mettre un terme au matraquage fiscal des classes moyennes, des ouvriers, des entreprises. Je remettrai les heures supplémentaires défiscalisées supprimées par la gauche, « tout ça pour détruire ce que j’avais fait. »
– s’en prenant aux récidivistes, il leur promit des augmentations de peines par tranche : + 25% à la première récidive, puis +50% puis 100% !
– les fichiers S feront l’objet d’études qui conduiront, si un danger est établi, selon le cas à une transmission à la justice ou à la conduite en centre de déradicalisation. « C’est la guerre, on doit donc faire la guerre de façon implacable pour mettre fin à cette barbarie. Comme pour la destruction, ça ne peut pas être nous, alors ce sera eux! Et il faudra faire face à la provocation d’un islam politique qui voudrait nous imposer sa culture. »
– Il faudra agir contre la gigantesque crise migratoire.
– le grand défi sera aussi le défi démographique puisqu’il y aura une explosion des habitants sur terre dans trente ans, notamment en Afrique. « Nous devrons aider les Africains bien plus que maintenant sur leur continent, et il ne faut pas faire croire à ces Africains qu’il y a un avenir en Europe : nous n’avons ni emplois ni logements. »
– nous refuserons tous les « accommodements » socialistes et la tyrannie des communautés : « en France, les femmes savent ce qu’il en est, elles qui ont combattu pour leur émancipation. S’ils veulent vivre avec ces contraintes et ces coutumes arriérées, qu’ils aillent dans les pays qui les ont maintenues. »
Les deux derniers points traités par Nicolas Sarkozy furent la ruralité et l’encadrement des personnes âgées:
« Avec Jacques Chirac, nous avons fait beaucoup pour les quartiers, je souhaite faire de même pour la ruralité. Pour chaque euro versé pour la ville, il y aura un euro pour la ruralité. Je veux un plan Marshall pour la ruralité. » Et enfin, il fit la promesse que tout serait fait pour l’encadrement et les soins en faveur des personnes âgées qui méritaient respect jusqu’à la fin de leur vie. Un plan de construction de maisons médicalisées sera lancé.

Un discours avec beaucoup de dénonciations sur la politique menée par la gauche au pouvoir, beaucoup de dénonciations légitimes sur le laxisme permanent et généralisé de l’Etat et le manque d’autorité. Nicolas Sarkozy a aussi fait des promesses. Comme en font les candidats en campagne. Certes, transparaît dans son discours son amour de la France et dans ses promesses les bienfaits qu’il souhaite pour les Français. Reste à savoir si les Français qui voteront aux Primaires (20 novembre 2016) croiront en ces promesses. Réponse dans un mois et demi.
(Ci-dessous 2 vidéos : 1 version longue et 1 version courte)
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
Version longue (11 mn 17)

 

Version courte (3 mn 47)

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