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NEWS International. Le système bancaire libanais désormais dans le radar des enquêteurs français [Réd. Les Sables-d’Olonne]


NEWS International. Le système bancaire libanais désormais dans le radar des enquêteurs français


Après les figures dirigeantes du Pays du Cèdre, le système bancaire libanais et ses liens avec la France se retrouvent dans le radar des enquêteurs financiers parisiens, dont les investigations sur les « biens mal acquis » prennent, selon les parties civiles, une dimension « sans précédent ».Une enquête préliminaire a été ouverte début avril et les investigations confiées à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF), a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Les turpitudes financières du Pays du Cèdre sont bien connues de ces enquêteurs spécialisés.

Ils se sont déjà penchés sur les patrimoines et activités de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, sous mandat d’arrêt international tandis que son frère Raja Salamé a été mis en examen, et sur ceux de l’ex-premier ministre Najib Mikati, visé depuis septembre par une enquête préliminaire du parquet national financier (PNF). Tous contestent les faits.

A l’origine de cette nouvelle enquête, des plaintes déposées en juillet 2025 par le Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban (CVPFCL) et l’association anti-corruption Sherpa. Les deux associations ont ouvert en 2021 un front libanais aux affaires de « biens mal acquis », qui concernaient à l’origine des chefs d’Etat africains.


Rôle des banques

Cette fois, elles visent le système bancaire et son rôle dans l’effondrement économique du pays à partir de 2019, accompagné de transferts jugés suspects de milliards de dollars d’actifs hors du Liban.

Cette enquête « ouvre un troisième chapitre judiciaire essentiel et sans précédent dans l’histoire contemporaine, celui du transfert d’environ 15 milliards de dollars après et pendant la crise financière de 2019 de deux banques libanaises de premier rang vers leurs filiales européennes », ont réagi auprès de l’AFP Me William Bourdon et Vincent Brengarth.

« L’objectif: mettre à l’abri des sommes considérables au profit d’intérêts privés en violation par les banques de leurs engagements et avec la complicité des anciens dirigeants de la banque centrale », accusent-ils.

« Le rôle des banques en France et ailleurs est déjà au cœur » des enquêtes ouvertes à Paris, soulignent-ils, soupçonnant « des opérations de blanchiment complexes, de masse », liées à de l’abus de confiance en bande organisée et « certainement une fraude fiscale généralisée ».

Les plaignants suspectent certains d’avoir mis à l’abri des sommes considérables, et de s’être enrichis, tandis que le Liban s’enfonçait dans le chaos politique et financier. Les économies des Libanais étaient gelées voire amputées, empêchant nombre d’entre eux de subvenir à leurs besoins.


Plusieurs entités visées

Selon les informations de l’AFP, ces plaintes visent plusieurs entités dont la société française Compagnie financière Richelieu et ses filiales, rattachées à la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), l’une des principales banques du pays, ainsi qu’un autre acteur majeur de la finance libanaise, Bank Audi.

Les liens de la famille Mikati avec la filiale française de Bank Audi, spécialisé dans la clientèle du Moyen-Orient, avaient déjà été pointés dans les enquêtes ouvertes à Paris. Contactée par l’AFP, Bank Audi n’a pas souhaité réagir.

Dans le viseur des plaignants également, un banquier très influent, Antoun Sehnaoui, qui dispose de son propre organe de presse, « Ici Beyrouth », et plaide pour une normalisation de la relation avec Israël. Il a des activités en France, où il a fait parler de lui avec des projets dans le cinéma, aux côtés de Julie Gayet.

PDG de la SGBL, il investit dans de nombreux secteurs et est le président non exécutif de Banque Richelieu France. « Nous contestons fermement avoir commis quelque agissement illicite que ce soit, y compris en lien avec la crise financière que le Liban a connue », ont réagi auprès de l’AFP la Banque Richelieu France et Antoun Sehnaoui, se disant « extrêmement surpris » d’apprendre l’existence de cette procédure judiciaire.

« La Banque Richelieu France exerce ses activités dans le strict respect de la règlementation française et européenne notamment en matière de lutte contre le blanchiment et la corruption », poursuivent la banque et M. Sehnaoui, qui promettent d’apporter leur « pleine et entière coopération » à la justice et se disent « totalement confiants sur l’issue de cette procédure ».

(avec AFP / François Becker)


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