Tapio Lehtinen

Les Sables d’Olonne – Vie marine: des skippers de la GGR lancent un cri d’alarme

Les Sables d’Olonne – Vie marine: des skippers de la GGR lancent un cri d’alarme


 

Tapio Lehtinen vient de rentrer de sa course au large après 322 jours autour du globe ! Il a eu tout le temps d’observer la vie marine autour de lui, autour de son bateau.
Lors de la Conférence de Presse au lendemain de son arrivée, le sujet de la vie marine, de l’état des océans etc… est venu sur le tapis.
Tapio Lehtinen ainsi que Jean-Luc Van den Heede – le vainqueur de la GGR Golden Globe Race – se sont inquiétés de la situation après avoir fait des constats à la suite de leurs observations.
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Tapio indique qu’on lui a demandé de faire des rapports pour profiter des observations durant son tour du monde. Mais il considère que c’est difficile de se faire une idée de la situation sur un si petit bateau au sein d’un océan tellement vaste.
Il indique n’avoir pas rencontrer énormément de déchets et rappelle que l’essentiel des déchets plastiques sont entraînés vers l’Océan pacifique en raison des courants. Il précise aussi que le micro-plastique ne se voit pas trop dans le sable des plages. « Le problème principal, rappelle-t-il, est ce micro-plastique qui passe dans la chaîne alimentaire. » Un processus « transparent », invisible.

Cependant, Tapio Lehtinen se veut optimiste car il pense que la situation va s’améliorer. Une situation due à la masse des emballages en plastique, mais une situation qui n’est pas désespérée. « On devrait pouvoir améliorer les choses« , pense-t-il, tout en souhaitant que les hommes politiques orientent les choses afin de limiter ces déchets.
Oui, Tapio Lehtinen reste optimiste. Mais ne l’est-il pas trop finalement ?
Il s’appuie sur certaines de ses observations au fil des décennies: il se souvient que quand il naviguait il y a 35 à 40 ans, lors de ses premières compétitions, il y avait beaucoup d’huile et de fioul provenant des bateaux qui restaient collés sur leurs combinaisons.
Il y avait des traces permanentes sur l’eau.

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« Désormais, pense-t-il, les utilisateurs de bateaux commencent à être attentifs à ces problèmes de pollution d’hydrocarbures ».
Et il est convaincu que pour le plastique, la même prise de conscience sera opérée à l’avenir.

Mais lorsqu’on lui demande dans quel état sont les océans, la réponse est bien moins positive.
« J’ai réfléchis au cours de mon aventure. Je ne sais pas si c’est mon imagination ou mon côté romantique qui me fait dire qu’il y a moins d’animaux marins sur les océans qu’il y a 40 ans. »

La Longue Route par Bernard Moitessier

Son baromètre, c’est le livre de Bernard Moitessier, « La Longue Route« .
Tapio a relu trois ou quatre fois le livre qui, dit-il, décrit assez précisément la vie marine, les poissons, les animaux, leur taille, avec des descriptions assez précises.
En comparant avec aujourd’hui, il estime qu’il y a beaucoup moins d’animaux marins et de vie marine!

Jean-Luc Van den Heede prend ensuite la parole. Avec toutes ses courses réalisées, ses tours du monde, VDH est un témoin privilégié.
Et il confirme la situation ! Il précise toutefois qu’il faut savoir deux choses: lors de cette nouvelle course – la Golden Globe Race, 50 ans après la 1ère édition de 1968 – le départ a été effectué lors d’une saison qui n’est pas habituelle avec une traversée de l’Océan indien en plein hiver.

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De plus, dit-il, en raison des limites de sécurité, la course était plus haute avec un maximum de -44° en latitude dans l’Océan indien.
« Je me suis donc dit, ajoute-il, que c’était peut-être ça la raison de la baisse. »
Mais, précise-t-il alors plutôt pessimiste: « C’est vrai que dans les Vendée Globe de 1989 ou 1992, ou les Boc Challenge qui ont précédé en 1986-87, j’ai vu beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’oiseaux, d’albatros. »
« Il y avait des moments, des centaines d’oiseaux tournaient autour du bateau, et ce n’est pas du romantisme. Cette année, j’ai été étonné du peu d’oiseaux que j’ai pu voir. »

Tapio précise alors qu’il y a un vrai changement.
« L’état des oiseaux montre qu’ils ont du mal à se nourrir et donc qu’il y a sûrement moins de poissons. »
« Tout a diminué concernant la vie marine. »

Tapio Lehtinen lance un cri d’alarme
Et il lance un cri d’alarme en demandant à tout le monde d’agir, d’influer auprès des hommes politiques afin que les ressources nécessaires soient apportées à des scientifiques.
Des scientifiques qui pourront alors effectuer les études nécessaires, surveiller les océans et l’environnement marin pour que des mesures réelles et effectives puissent être prises.
Une bouteille à la mer qu’il lance à l’attention de tous les amoureux de la mer pour qu’ils agissent à tous les niveaux car dans prit d’un sentiment d’impuissance, il lâche « nous, nous ne sommes que de simples marins. »

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Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais


 

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