Vendée Les Sables d'Olonne - Opération OTAN Nodex 21

Les Sables-d’Olonne Vendée. Histoire OTAN: quand les Américains débarquèrent aux Sables d’Olonne…




 

Les Sables-d’Olonne Vendée. Histoire OTAN: quand les Américains débarquèrent aux Sables d’Olonne…

Nous sommes en septembre 1949 et Les Sables d’Olonne s’apprête à voir débarquer 1600 hommes dans le cadre d’une opération intitulé NODEX 21 ! (pour 21ème NOuvel EXercice de débarquement au large).
Début septembre 1949, de hauts gradés militaires français et américains sont venus visiter les zones de débarquement, l’une sur la plage de Tanchet et l’autre dans le port des Sables d’Olonne.
Le sous-Préfet des Sables d’Olonne, M. Touzé, les accompagnait.

Objectif: mettre au point les derniers détails pour ce qui sera une opération de grandes manoeuvres de débarquement de matériel prévue à partir du lundi 28 septembre 1949 (et qui devait durer un mois, préparation comprise, dont quatre jours de grandes manoeuvres).

180 militaires américains arrivèrent en précurseurs afin de poser des lignes téléphoniques pour assurer toutes les transmissions nécessaires aux manoeuvres. Des baraquements ont également été installés dans la forêt de la Rudelière, des tentes furent montées sous les pins, au Rond-Point de la Rudelière à deux pas du Casino des Sports. Ils servirent pour le logement, les cuisines roulantes, l’infirmerie et les douches.
Non loin de là, le « Camp du Lac » fut installé un PC (poste de commandement) pour les officiers et les autorités civiles. La zone du Puits d’enfer servit de parking.

 

Opération Nodex à Tanchet © Photo: Ouest-France – DR

Le lundi 28 septembre 1949, comme prévu eu lieu un premier débarquement avec des péniches LCM qui disposèrent sur la plage de Tanchet des camions de transports, des camions-citernes, des grues, des bulldozers, des véhicules amphibies et des jeeps !
L’opération fut d’une grande ampleur comme souhaitée par les Américains, et « bousculer des rochers sur la plage de Tanchet semblait (pour eux) une simple formalité. »

Dans le chenal du port, c’est une grosse péniche de débarquement LCU – avec 350 hommes à bord – qui s’est engagée en direction du port de commerce, avec une vedette d’accompagnement et en compagnie de trois autres petites péniches. Dès son arrivée, de fortes grues situées sur le quai s’emparèrent des énormes caisses constituant le chargement de la LCU.

Le 5 octobre 1949, ce sont 1000 militaires américains qui sont arrivés à bord d’une vingtaine de péniches LCM et bâtiments DUKW en provenance de Rochefort – avec un peu de retard en raison d’un fort vent-, ainsi qu’un détachement français de 200 hommes sur 6 péniches LCM et avec 20 camions amphibies. Ils faisaient partie de la « 311° section de transbordement » basée à La Rochelle et commandée par le Capitaine Bousquet.
Quatre péniches amphibie BARC ainsi qu’une péniche LCU arrivèrent sur la plage et débarquèrent des grues, des moteurs et divers engins. Une flottille de 9 LMC, 1 LCU et 4 DCM gagnèrent le port de commerce.

 

Lieutenant-Colonel Page à quai au port – Nodex 21 aux Sables d’Olonne – © Photo: Ouest-France – DR

 

L’événement fut aussi l’arrivée dans le port des Sables d’Olonne du « Lieutenant-Colonel Page », la plus grosse péniche de débarquement au monde (103 m x 20 m) pouvant transporter 600 tonnes de véhicules !
Une démonstration fut réalisée en présence du Général Meyers, commandant la base de Poitiers, et du Colonel Berglund, commandant la base de La Rochelle, ainsi que d’officiers de l’Etat-Major français.

 

Nodex 21 – Péniches de débarquement à Tanchet – © Photo: Ouest-France – DR

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Grande opération du dimanche 18 au mercredi 21 octobre 1949

A Tanchet comme dans le Port toutes les péniches furent alignées dans l’attente de la grande manoeuvre entre le 18 et le 21 octobre 1949.
Le dimanche 18, le matériel de 3 grosses unités mouillant dans la rade, le « Comet », un navire de 13.500 tonnes, le « Craine » et le « Greenville Victory », fut transbordé vers le bassin à flot, et par des péniches BARC de 100 tonnes vers la plage de Tanchet où fut installé un véritable tapis métallique pour faciliter les circulations de matériel par des grues, des tracteurs et des élévateurs.
La manoeuvre se poursuivit avec l’expédition de tout ce matériel, la partie située au port par voie ferrée grâce à des wagonnets depuis La Cabaude vers la gare des Sables d’Olonne, et l’autre partie toutes les nuits par voie routière de Tanchet vers la gare d’Olonne.
(En raison de la forte houle, le transbordement prévu dans la rade entre le « Comet » et le « Lieutenant-Colonel Page » ne put avoir lieu aux Sables. Il eut lieu, à l’abri dans l’après-midi du mardi 20 octobre au Passage des Trousses entre les îles d’Aix et d’Oléron. Par suite, le « Lieutenant-Colonel Page » débarqua son matériel – véhicules et semi-remorques – au port au niveau de la cale du bateau de sauvetage).
En raison de la houle au large du mauvais temps, toutes les opérations prévues ne purent avoir lieu et s’achevèrent le lundi 19 octobre au soir, et non le 21. 2500 tonnes ne purent être débarquées. Le mauvais temps entraîna le repli du « Craine », du « Greenville Victory » et du « Lieutenant-Page » vers La Pallice.

 

Nodex 21 – Péniches américaines LCM dans le port – © Photo: Ouest-France – DR

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Des officiers supérieurs belges (Col Blanpain), turcs (Col Unluyurt), allemands (Lt-Col Schneider), anglais (Gal Gordon), italiens (Lt-Col Monsurro) et français de l’OTAN ainsi que de nombreuses personnalités ministérielles et préfectorales y assistèrent. Ainsi que les Généraux américains Westphalinger, Lane, Lyon, Avarn, Meyers etc…et le Colonel Marchand, commandant le 311° groupe de Transports.

L’aérodrome de La Lande fut utilisé pour le parachutage de matériel et des hélicoptères y stationnèrent pour le déplacement des officiers.
Commença ensuite l’opération inverse, de repli de toutes les unités terrestres et maritimes, jusqu’à début novembre 1949.

Cette opération « NODEX 21 » donna certainement lieu « à un spectacle saisissant » permettant « d’observer la coordination de tous les moyens de transports employés » depuis le Remblai et les jetées.

Le temps d’arrière saison fut magnifique (les premiers jours…) ce qui incita de très nombreux visiteurs à aller contempler le vaste camp militaire de la Forêt de la Rudelière et à assister aux manoeuvres.

En ville, toute la circulation était réglée et contrôlée par la Military Police américaine, la gendarmerie française et la Garde républicaine.

 

Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

Note: il existe un reportage filmé de l’opération Nodex 21 qui fut diffusé, à l’époque, dans deux salles de cinéma sablaises.

Sources:
Journal des Sables 1949 / DR
Clichés © Ouest-France / DR

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