Laurent Boudelier

Législatives – Investiture en Vendée littorale: Laurent Boudelier trace les grandes lignes

Législatives – Investiture en Vendée littorale: Laurent Boudelier trace les grandes lignes

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Avant-Propos: Laurent Boudelier est Maire de St-Hilaire-de-Riez et il a 46 ans. Il nous a paru intéressant d’avoir un écho différent de celui que l’on peut entendre traditionnellement au Pays des Olonnes ou au sein de l’Agglomération des Sables d’Olonne. S’il semble être plutôt dans la mouvance de Bruno Retailleau (il était sur la liste de Bruno Retailleau « Union pour la Vendée » pour les sénatoriales 2014 en tant que candidat suppléant DVD), il n’est pas membre des Républicains, il est jeune et a donc une vision nouvelle sur l’évolution de l’influence des partis. D’autre part, en tant que maire de St-Hilaire-de-Riez, il est ancré dans le secteur de St-Jean-de-Monts, St-Hilaire-de-Riez / Sion l’Océan, et St-Gilles-Croix-de-Vie. L’occasion de découvrir l’état d’esprit dans ce secteur pour les prochaines Législatives et à la veille d’une décision que devra prendre la Commission d’Investiture restreinte des Républicains pour la 3ème Circonscription de Vendée, d’autant plus que Laurent Boudelier est le directeur de campagne d’un des deux candidats, Noël FaucherLe Reporter sablais

Le Reporter sablais: Quel est le rôle d’un directeur de campagne?
Laurent Boudelier: En gros, il s’occupe de la logistique du candidat; il va organiser la mise en place des réunions publiques, gérer la communication, effectuer ou vérifier les démarches administratives obligatoires en Préfecture etc… ce n’est pas un rôle très important car c’est bien le candidat qui porte sa candidature; je suis un relais, un complément de terrain sur la circonscription.

LRS: Quelle est votre opinion sur le rôle des députés et leur lien avec les élus?
LB: Personnellement, je suis pour qu’il y ait moins de députés et moins de sénateurs tout en gardant les deux chambres. Il est nécessaire que le député soit sur le terrain en lien direct avec les élus locaux car le mandat de maire est devenu l’un des plus compliqués qui soit avec les nouvelles réglementations: les rythmes scolaires, la loi NOTRe, la volonté de réduction du nombre de communes au profit des intercommunalités, la réduction de certaines compétences pour les départements au profit des régions etc..
Il y a eu énormément de changements en cours de route pour les maires, ce qui rend très compliqué la gestion municipale d’autant plus que, financièrement, nous avons eu à gérer la baisse des dotations de l’Etat ainsi que le changement des rythmes scolaires, deux dossiers qui n’ont pas été une mince affaire.

LRS: Que pensez-vous de l’investiture LR et que pouvez-vous nous dire à ce sujet?
LB: Noël Faucher et Florence Pineau ont demandé l’investiture; ils sont tous les deux encartés LR et il est très certainement important pour l’un ou l’autre de l’avoir mais moi, personnellement, je trouve qu’il faut relativiser l’importance d’une investiture.
Quand on voit désormais le poids des partis politiques dans le paysage français et le peu d’adhérents – certains s’amusent en faisant une comparaison avec les adhérents politiques en France qui sont moins nombreux que les licenciés à la pétanque – il semble bien que les gens sont intéressés par la politique mais montrent un détachement certain vis à vis des partis.
Il y a 400.000 adhérents politique en France (NDLR: environ 200.000 pour Les Républicains), par contre quand il y a un débat à la télévision on dépasse les 8 millions. Moi-même, par exemple, je ne suis pas encarté.
Je comprends cependant très bien qu’il en faille pour structurer l’action politique et l’Assemblée nationale car il faut bien des notions de partis politiques et de familles politiques, mais sur le terrain, dans les circonscriptions, ce n’est pas pareil. Ce qui me paraît important c’est l’ancrage local, l’appui avec les élus locaux.
Ce qu’il faut savoir avec la nouvelle loi contre les cumuls, c’est que le ou la députée qui sera élu sera un peu plus déconnectée des territoires, sera moins naturellement sur le terrain et il faudra donc qu’il y ait des relais de terrain qui passent notamment par le soutien des élus, cela semble absolument indispensable.

LRS: Que pensez-vous du fait qu’il y ait deux candidats LR sur la même circonscription?
LB: Pour moi, il n’y a pas deux camps au sein des LR sous prétexte qu’il y a deux candidats LR. D’ailleurs, il y a plein d’autres candidats, ça s’appelle la démocratie. Il peut y avoir des candidats de la même famille politique, pourquoi pas?
Certes, c’est très dommage car ça affaiblit le message de clarté et d’union derrière un ou une candidate, ça c’est certain, mais au-delà de ça, ça s’appelle la démocratie. Les électeurs ne sont pas des moutons et chacun a bien le droit de se présenter. Et tout le monde sur le terrain est assez grand pour savoir par qui doit être fait le travail de député.

LRS: Lorsque vous avez l’investiture, que vous êtes sur les affiches avec le logo Les Républicains, ça influe forcément sur les électeurs…
LB: Je pense que c’est dépassé! On l’a d’ailleurs vu sur ces dernières élections (présidentielles), le système des Primaires a été une catastrophe pour les partis politiques classiques.
Les vieilles méthodes avec les affiches et le logo du parti, ça permet certes d’offrir le plus de visibilité, mais désormais le citoyen a accès a beaucoup d’informations pour se faire sa propre opinion, indépendamment des consignes des partis.
Que Noël Faucher ou Florence Pineau demandent cette investiture, c’est complétement normal, ils sont encartés Les Républicains; ça fait partie du « jeu » classique, mais l’absence d’investitures n’a pas empêché certains candidats de l’emporter, et fort heureusement!

LRS: La commission restreinte d’investiture CNI a été reportée, aucun accord n’ayant été trouvé. Savez-vous pour quelle raison ?
LB: D’après les éléments que j’ai, c’était quand même curieux de programmer cette réunion entre les deux tours des Présidentielles. Je pense qu’il fallait attendre le résultat des présidentielles afin de voir comment l’équilibre allait se faire. Personnellement, je pense que c’était mieux de faire ça après le second tour des Présidentielles, d’autant plus que les deux partis majoritaires classiques (NDLR: PS et Les Républicains) ne sont pas représentés au 2ème Tour des Présidentielles et que, d’après ce qu’on entend dire, de nombreux candidats vont se déclarer dans la semaine qui suit le résultat de la Présidentielle. Donc sur certaines circonscriptions ça peut modifier la donne.
Sur la 3ème circonscription du littoral vendéen, il y a moins cette inquiétude là car l’essentiel des candidats s’est déclaré. Ceci dit, il y aura un futur candidat En Marche ainsi que sans doute un candidat investi par le courant Mélenchon. Il y aura aussi certainement des ténors politiques qui vont venir sur le terrain pour soutenir leur candidat.
C’est pourquoi ce choix entre les deux tours est curieux, d’autant plus que sur cette circonscription il y a un peu de rififi, comme il a été écrit, car il y a au moins deux candidats qui peuvent représenter leur territoire ou leur Communautés de Communes.
Et puis certains sont appuyés par des « barons locaux » – je n’aime pas trop ce mot -. D’un côté Noël Faucher a les soutiens de Bruno Retailleau, Yves Auvinet, de beaucoup d’élus régionaux, d’élus départementaux et d’une vingtaine de maires, ce qui est remarquable d’autant plus que beaucoup ne sont pas encartés et ne font pas spécialement allégeance à Bruno Retailleau ou à Yves Auvinet. De l’autre côté, il y a le député sortant.

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LRS: Que pensez-vous de la décision de Yannick Moreau de ne pas se représenter aux Législatives?
LB: Personnellement j’ai trouvé cela plutôt courageux qu’il n’y aille pas, qu’il ne se représente pas comme député, suite à la loi contre le cumul des mandats, et qu’il fasse un choix définitif et délibéré d’un ancrage local sur le Pays des Olonnes. A mener plusieurs campagnes, on devient un peu illisible. Pour être un acteur fort, il faut bien se concentrer sur les mandats où l’on peut être le plus utile. J’ai trouvé ça très correct et il y a un respect de ma part vis-à-vis de la décision qu’il a prise.

LRS: A la suite de la candidature de Florence Pineau le 1er mai pour Les Législatives, la presse régionale a parlé d’un jeu de chaises musicales entre Yannick Moreau et Florence Pineau, des élus pensent que cela ressemble à un contournement du non-cumul des mandats (en raison, disent-ils, de leur bi-polarité). Quelle est votre opinion en tant que Directeur de campagne de Noël Faucher?
LB: Florence est quelqu’un de sympathique que je côtoie régulièrement lors des séances du Conseil du département; elle a le droit de se présenter, c’est la démocratie.
Ceci étant, après la non-candidature de Yannick Moreau, ils avaient un candidat.
Peut-être qu’eux-mêmes estiment qu’il n’avait pas de légitimité particulière, mais il n’y a pas de Primaires pour désigner le représentant LR et Noël Faucher a bien le droit d’être candidat à partir du moment où Yannick Moreau ne l’était pas. Si Yannick Moreau avait été candidat, il y aurait peut-être eu une sélection par les ténors de leur famille politique des Pays de Loire pour dire qui est le meilleur candidat afin, car c’est bien cela qui compte, que ce soit un LR qui gagne (NDLR: on notera malgré tout que Noël Faucher s’est présenté avant que Yannick Moreau ne se désiste).

Si l’objectif pour Yannick Moreau était que la circonscription soit remportée par Les Républicains, il suffisait que tout le monde se range derrière Noël Faucher et on n’en parlait plus. Finalement, c’est ce qui a pu être dommage.

LRS: Ces choix de candidature ne sont-ils pas pris en fonction de la volonté de maintenir une influence sur un Territoire donné de la circonscription?
LB: Je milite pour qu’il y ait moins de députés et de sénateurs, et dans ce cas-là l’influence locale sera forcément discutable. Le député élu doit représenter l’ensemble de la circonscription notamment au travers du travail législatif à l’Assemblée nationale. Sa mission n’est pas de représenter, par exemple, uniquement l’Agglomération des Sables d’Olonne ou la Communautés de Communes de Noirmoutier. L’ensemble de la circonscription est représenté par une voix à l’Assemblée nationale et cette voix doit remonter la pertinence du choix des lois pour les élus locaux tout en essayant d’amender si nécessaire ces projets avec le soutien d’une éventuelle majorité parlementaire.
Avec le non-cumul des mandats, on n’est plus du tout à mon sens dans la même règle que celle qui a pu exister avec un ex-maire ou un député-maire qui connaissait très bien les élus du Territoire; désormais, ça va être un peu différent car le député va devenir – un peu comme avec le Sénat – un relais des élus du Territoire.

LRS: Que fera Noël Faucher s’il n’est pas investi par Les Républicains?
LB: On n’en a pas parlé encore! Comme je vous l’ai dit, il faut relativiser le poids des partis politiques et il faut applaudir des deux mains la démocratie.
Donc, personnellement, ce que je souhaite c’est qu’il continue si effectivement il n’est pas investi. Il est soutenu par beaucoup d’élus qui ne sont pas encartés ainsi que par beaucoup de gens. Je fais beaucoup de visites avec lui depuis deux mois, sur le terrain, dans le monde associatif et le monde économique; hier, c’était pour la sardine de St-Gilles-Croix-de-Vie, prochainement on ira visiter des entreprises sur le Pays des Olonnes.
Dans mon rôle, je suis très lié au monde économique, et j’entends ce que disent les gens sur le terrain: ils sont très contents de ce relais direct qu’ils auront avec le député, en souhaitant que ce soit Noël Faucher. Il a un discours clair, net et précis.
Il ne s’agit pas d’une notion de renouveau, mais il faut que ça change dans ce que l’on fait déjà. L’audit de ce qui ne va pas en France est connu, le vrai problème est que les mesures qu’il faut mettre en oeuvre ne sont pas appliquées: l’équilibre entre le public et le privé, le problème des retraites et du vieillissement de la population, la gestion des séniors, les simplification nécessaires pour le monde économique, pour le dossier du travail ainsi que pour l’apprentissage ou la formation continue. Par exemple, si l’âge de la retraite recule, il faut bien comprendre que l’on ne pourra faire le même métier à 25 ans, 55, 60 ans ou 65 ans.
Le diagnostic est établi, et Noël Faucher a largement en tête ces notions là, et il veut porter cette voix-là à l’échelon supérieur (NDLR: c’est-à-dire à l’Assemblée nationale).
(Interview réalisée le dimanche 7 mai 2017)
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

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