Crouzillat Pierre
Pierre Crouzillat (4 juin 1835 – 13 juillet 1910),
Fils d’Eloi Crouzillat, cultivateur, et de Madeleine Renaud, femme de ménage, il naît à Ars-en-Ré (Ile de Ré) le 4 juin 1835. Veuf en premier mariage de Marie Penaud, il épouse en seconde noce Alma Trichet, une Chaumoise, le 19 avril 1871. Il fut le père de six enfants.
Il a consacré sa vie au sauvetage en mer s’illustrant jusquen 1898, date de sa dernière intervention.
S’il est un homme emblématique du sauvetage en mer au XIXe siècle, c’est bien Pierre Crouzillat. D’ailleurs, l’amiral Jurien de la Gravière ne s’y est pas trompé en lui remettant personnellement la Croix de la Légion d’Honneur le 5 juillet 1882 et déclarant à son propos que « jamais cette croix n’a été placée sur une poitrine plus digne de la porter ».
es états de service exceptionnels avec à son actif le sauvetage d’une soixantaine de navires et plus de 200 vies sauvées au terme de 41 années de sauvetage. Pierre Crouzillat fut surnommé en son temps le « Premier sauveteur de France ».
Tout commence pour lui en 1857, à Brest, lors de son service militaire, lorsqu’il sauve deux hommes d’un incendie. Puis c’est à Toulon, Antivari, Bristol et Granville qu’il se fait remarquer par son courage, avant de se fixer définitivement à La Chaume à partir de 1861. Le lieu est propice aux interventions périlleuses tant l’entrée du chenal et les abords des rochers des Barges sont dangereux.
– En 1867, il fait partie de l’équipage du premier canot de sauvetage de la station des Sables-d’Olonne, aux côtés d’Anselme Maraud (1842-1910), autre sauveteur chaumois de renom.
– Il est aussi né sous une bonne étoile, puisqu’il est absent lors du naufrage de la chaloupe Coeur de Jésus le 24 avril 1868 durant lequel sept sauveteurs sablais trouveront la mort.
– En 1873, il obtient une récompense de taille avec l’obtention de deux médailles d’or pour son courage lors du naufrage du Bedlington au large des Sables-d’Olonne.
En 1873, la station de sauvetage des Sables-d’Olonne est fermée. Ce n’est qu’en 1979 qu’elle bénéficiera d’un nouveau canot, l’Amiral Jacquinot.
Pierre Crouzillat est à l’initiative de la construction de ce nouveau canot de sauvetage, qui sera construit selon ses plans et financé avec ses propres deniers.
Depuis 1979, Pierre Crouzillat participe à nouveau à toutes les sorties visant à sauver les marins pris au piège par une mer souvent déchaînée.
Les drames malheureusement continuent et en 1881, Paul-Émile Pajot (devenu un talenteux peintre), perd son père dans le naufrage de la chaloupe Jeune Ernestine.
– En 1881, Pierre Crouzillat est proposé pour la Légion d’Honneur en raison de ses états de service dans le domaine du sauvetage en mer. Elle lui est décernée l’année suivante.
– En 1889, il met au point un appareil de sauvetage qui lui vaut la médaille de bronze à l’exposition universelle de Paris et la médaille d’or à l’exposition de Nice l’année suivante.
– En 1891, Pierre Crouzillat s’illustre une fois de plus au péril de sa vie durant la tempête de novembre 1891 lors du naufrage de la chaloupe Reine des Cieux (LS 1079).
Durant cette sortie, l’une des plus tragiques qui ait été, le triple chavirage de l’Amiral Jacquinot, le canot de sauvetage sablais, a marqué durablement les esprits et a été largement médiatisé par la presse locale et nationale. Le drame a été notamment immortalisé par Henri Meyer pour la une du numéro 53 du supplément illustré du Petit Journal, daté du 28 novembre 1891, « Les dernières tempêtes – un sauvetage aux Sables-d’Olonne ».
– En 1898, le sauvetage du vapeur Daniel Fricaud en 1898 sera la dernière intervention de Pierre Crouzillat avant sa prise de « retraite ».
Sa demeure était située au 3 rue du Palais lieu où il s’éteindra le 13 juillet 1910.
Par délibération du Conseil municipal en date du 14 novembre 1969, une rue des Sables-d’Olonne porte le nom de Pierre Crouzillat.
Sources : Archives Les Sables-d’Olonne