Les Sables-d’Olonne Vendée. HISTOIRE : les premiers Maires des Sables-d’Olonne

Les Sables-d’Olonne Vendée. HISTOIRE : les premiers Maires des Sables-d’Olonne
Dossier et recherches : Philippe Brossard / Le Reporter sablais
La Mairie des Sables-d’Olonne
La Mairie des Sables-d’Olonne a été fondée par l’édit du Roy Louis XIV portant création de maires perpétuels et d’assesseurs dans les hostels de Villes et Communautez du Royaume (août 1692).
– Régistré en parlement le 27 août 1692
(Sources de l’Image ci-dessous : Gallica – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86017342.image )

Le premier Maire des Sables-d’Olonne fut :
Laurent Bouhier.
Il fut nommé le 27 novembre 1692, donc trois mois après la parution de l’Edit du Roy susvisé, en tant que maire perpétuel de la Ville des Sables-d’Olonne.
Laurent Bouhier était Sieur* de Fief-Fouquet.
(* le mot sieur n’a pas de connotation noble. Il signifie seulement que l’on est le seigneur, c’est-à-dire le propriétaire d’un lieu ; ici Laurent Bouhier est le propriétaire du lieu Fief-Fouquet).
Il apparaît que Laurent Bouhier était titulaire de la charge de Maire et cela de 1692, date de sa nomination, jusqu’à 1711.
Note de la revue : Il y a souvent des erreurs à propos du Maire des Sables-d’Olonne car il est confondu avec son père qui se prénommait également Laurent.
Jean Bouhier (le grand père)
Il se maria vers 1620 la demoiselle Marie Teste. Ils eurent 3 enfants :
– Laurent Bouhier (ci-dessous Sieur de La Girardière)
– Marie (qui épousa N. Bitault)
– Renée (épouse de René Morin ou Mourain).
Laurent Bouhier père
Seigneur de La Bauduère, de La Girardière, de La Bergerie et de l’Ecluse.
Il fut armateur et écuyer. Fut reçu Conseiller du Roi le 16 août 1691.
La famille Bouhier, très connue en Bas-Poitou, a formé de nombreuses branches familiales.
Aux Sables-d’Olonne, les Bouhier furent longtemps armateurs. D’autres furent sénéchal, président de l’élection, officiers de l’élection ou du corps de Ville. Les Bouhier des Sables-d’Olonne possédaient les seigneuries de l’Ile d’Olonne, des Fenestraux (Château d’Olonne), de la Combe (Château d’Olonne), du Treil de Jard-la-Bauduère (Olonne), du Fief de La Girardière (Olonne), du Fief de la Bergerie (Olonne), du Fief de l’Ecluse (Olonne) – (Sources : La Revue du Poitou).
Laurent Bouhier père se maria à trois reprises et eut 11 enfants :
– le 29 janvier 1652 à Marie Febvre. Ils eurent 4 enfants.
— Jean
— Laurent (ci-dessous, qui fut Maire des Sables-d’Olonne),
— Marie (elle épousa Michel Moreau, armateur aux Sables-d’Olonne)
— Andrée (mariée à Guillaume Chevallereau, sénéchal de Sainte-Hermine en Poitou).
– le 26 février 1675 à Marie Rousseau. Ils eurent 3 enfants.
— René (deviendra en juin 1705 président des traites aux Sables-d’Olonne)
— Pierre (subdélégué de l’intendant de Poitou ; décédé célibataire)
— Jeanne (elle épousa Jean Tortereau de l’Aubraye, conseiller du Roi, contrôleur en l’élection des Sables-d’Olonne)
– le 3 mai 1684 à Ozanne-Anne Guilloton (son épouse Marie Rousseau étant décédée). Ils eurent 4 enfants.
— André, né le 12 août 1692, Seigneur de La Gaudinière (lieutenant de la capitainerie générale, garde-côte de Saint-Benoît en Poitou)
— Jean, Seigneur de La Bergerie
— Louis, Sieur de L’Ecluse, conseiller du Roi, président du siège royal de Cholet, grand-père de Robert-Constant Bouhier de l’Ecluse, député de la Vendée de 1848 à 1851).
— Suzanne-Marie-Anne (morte fille).
Il décéda aux Sables-d’Olonne, à l’âge avancé pour l’époque de plus de 80 ans.
Il fut inhumé dans l’église Notre-Dame de Bon Port des Sables-d’Olonne, comme le mentionne son acte de décès (Cette église fut construite de 1646 à 1690, puis achevée au 19ème siècle, à l’endroit d’une ancienne chapelle dédiée à la Vierge, un début 24 ans après que Richelieu ait créé en ce lieu une Paroisse).
Laurent Bouhier fils (qui fut le premier Maire des Sables-d’Olonne)
Sieur du Fief-Fouquet, fils puîné de Laurent Bouhier (père) et de Marie Febvre.
Il fut reçu Conseiller du Roi en l’élection des Sables-d’Olonne le 9 août 1694.
Il acheta sa charge de Maire le 27 novembre 1692, donc trois mois après la parution de l’Edit du Roy.
Il avait été nommé Maire perpétuel le 27 février 1693.
Son blason, déclaré en 1898 à l’Armorial général du Poitou, porte « d’azur à une rencontre* de boeuf d’or, surmontée d’une étoile de même« .
(* une « rencontre » sur un blason correspond à la tête d’un animal figurant de front, sans son corps, sur l’écu c’est-à-dire le bouclier ).
Laurent Bouhier fils épousa en 1689 Charlotte Saussier. Ils eurent comme enfant :
– Augustin-Joseph : né aux Sables-d’Olonne le 3 septembre 1690, écuyer, seigneur de la Dédière, garde du corps du Roi, puis capitaine général de la Capitainerie et des gardes-côtes de Beauvoir et de la Barre-de-Mont (Sources : L’Etat militaire de 1747).
Augustin fut nommé Chevalier de Saint-Louis*. Augustin eut comme épouse Marguerite Dorion. Ils eurent comme enfant :
— N.** , Sieur de la Dédière. Il épousa N. de Loube. Il décéda sans postérité (sans enfants).
(** le prénom n’est pas connu).
(* Ordre de Saint-Louis : un ordre royal créé par Louis XIV en 1693. Nul ne pouvait y entrer sans être officier et de religion catholique. L’exigence était la vaillance assortie d’une durée de services de dix ans.
Les membres de l’Ordre furent pensionnés jusqu’en 1694.
Admission : le Roi, en tant que chef souverain et grand maître, nommait les chevaliers parmi les candidats proposés à l’admission. Une fois nommé, le candidat recevait une lettre d’avis. Muni de celle-ci, il devait être reçu par le roi ou un membre de l’Ordre agréé par lui. Au cours de la cérémonie, il jurait de vivre et mourir dans la religion catholique, de rester fidèle au roi, de défendre ses droits et ceux de la Couronne, et conformément à l’éthique chevaleresque médiévale, de se comporter « en tout comme un bon, sage, vertueux et vaillant chevalier ». Puis le roi ou son représentant frappait le chevalier d’un coup de plat de son épée sur chaque épaule, lui donnait l’accolade en prononçant la phrase : « Par Saint-Louis, je vous fais chevalier », et enfin lui remettait la croix. Au terme de la cérémonie, une mention spéciale était inscrite sur le repli de la lettre d’avis, qui faisait alors office de brevet. (Sources : Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur).)
Revenons à Laurent Bouhier, premier Maire des Sables-d’Olonne.
Sa charge de Maire était d’ordre vénal, c’est-à-dire qu’elle s’achetait et se revendait, comme c’était le cas pour d’autres fonctions sous l’Ancien régime.
Laurent Bouhier fils vendra d’ailleurs sa charge en 1711 au Comte des Olonnes Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg, ce dernier se contentant de confier l’administration de la Ville à un syndic.
Pour se convaincre de l’aspect vénal, il suffit de lire le contenu de l’Edit du Roy d’août 1692, rédigé par la volonté de « LOUIS par la grace de DIEU Roy de France & de Navarre ».
Dans ce texte, le Roy Louis XIV explique les raisons de cet Edit du Roy.
Ce serait en raison du soin qu’il a toujours pris de choisir les sujets les plus capables entre ceux qui lui ont été présentés pour remplir la Charge de Maire dans les principales Ville du Royaume.
Mais il ajoute avec regret que cela n’a pas empêché que la cabale & les brigues n’aient eu le plus souent beaucoup de part à l’élection de ces Magistrats (Maires).
Ajoutant qu’il est presque toujours arrivé que les Officiers ainsi élus, pour ménager les particuliers auxquels ils étaient redevables de leur emploi, et ceux qu’ils prévoyaient leur pourvoir succéder, ont surchargé les autres habitants des Villes et, surtout, ceux qui leur avaient refusé leurs suffrages !
Et, poursuivant, le Roy précise dans l’Edit en question : Et à l’égard des lieux où les Maires ne sont point établis, chacun de nos juges voulent s’en attrivuer la qualité & les fonctions à l’exclusion des autres, cette concurrence n’a produit que des contestations entre eux, qui ont retardé l’expédition des affaires communes, consommé en frais de Procez (procès), & distrait ces juges de leurs veritables fonctions, pendant qu’ils s’efforçent d’usurper celles qui ne leur appartiennent pas (….).
Le Roy dresse donc un tableau noir des habitudes et filouteries de l’époque !
Il poursuit donc en ces termes :
C’est pourquoi Nous avons jugé à propos de créer des Maires en titre dans toutes les Villes & lieux de notre Royaume, qui n’étant point redevables de leurs charges aux suffrages des particuliers, & n’ayant plus lieu d’appréhender leurs successeurs, en exerceront les fonctions sans passion, & avec toute la liberté qui leur est nécessaire pour conserver l’égalité dans la distribution des Charges publiques ; d’ailleurs étants perpétuels, ils seront en état d’acquérir une connaissance parfaite des affaires de leur Communauté, & se rendront capables par une longue expérience de satisfaire à tous les devoirs & aux obligations qui sont attachées à leur ministère.
(…)
Nous avons crû qu’en donnant aux Communautés un Chef ou un premier Officier éclairé, Nous devions en même temps créer en titre d’Office un certain nombre de Conseillers ou Assesseurs, tirés d’entre les plus notables Bourgeois, qui se rendant plus capables que les autres de remplir les Charges (…) et de soulager les Maires dans les occasions pressantes.
(…) Ils convoqueront les Assemblées générales & particulières endits Hstels de Ville, où il s’agira de l’utilité publique, du bien de notre service & des affaires de la Communauté.
Ils recevront le serment des Echevins, Capitouls, Jurats, Consuls, & autres pareils Officiers, après qu’ils auront été élus dans les Assemblées tenues et Hostels & Maisons de Villes, auxquelles présideront lesdits Maires, sans que l’on puisse à l’avenir faire ailleurs lesdites élections.
Deffendons à tous Seigneurs des Villes & Officiers, de troubler lesdists Maires dans les fonctions cy-dessus, ny s’entremettre à présider auxdites élections & nominations , ou à recevoir le serment desdits Echevins, Capitouls, Jurats, Consuls, & autres pareils Officiers.
Comme aussi nos Procureurs de Villes & Communautés, créés par Edit du mois de Juillet 1690, ensemble les Greffiers d’icelles créés par le même Edit, seront reçus & prêteront le serment par devant les Maires des Villes où il n’y a point de Parlement, à l’exception des Baillifs, Senechaux & leurs Lieutenants, nonobstant ledit Edit, auquel Nous avons dérogé & dérogéons pour ce regard.
Présideront lesdits Maires à l’examen, audition & closture des comptes des deniers partimoniaux & autre nature de deniers qui seront rendus par les Receveurs & autres Officiers de l’administration qu’ils auront eu des deniers & affaires des Villes & Communautés.
etc….
(…) (…) (…)
Jouiront lesdits Maires du titre & perivilège de Noblesse dans les Villes où il a été par Nous rétably & confirmé, sans être tenus, ny leur descendants, d epayer cy-après aucune finance pour confirmation ou autrement, pourvû néammoins qu’ils soient décédés revêtus de l’Office du maire, ou qu’ils l’aient possédé & en ayant fait les fonctions pendant vingt années.
Voulons que lesdaits Maires créés apr le présent Edit, soient exempts de tutelle & cratelle, de la taille personnelle dans nos Villes taillables, de guet & garde dans toutes nos Villes, du service du ban & arrièreban, du logement de Gens de Guerre & autres charges & contributions, même des droits de Tarif qui se lèvent dans nos Villes abonnées & des octrois dans toutes nos Villes pour les denrées de leur provision.
(…)
Note de la revue : Dans les chapitres qui suivent au sein de l’Edit du Roy, il n’est question que d’interdictions pour ceux qui tenteraient de se faire élire ou de poursuivre un mandat sans suivre les préceptes de l’Edit :
– défense de plsus élire & nommer à l’avenir, faisant les fonctions attribuées aux Maires, à peine de nullité ;
– pour ceux qui les exercent, d’en faire fonction un mois après la publication du présent edit ;
– pareillement deffenses aux Baillifs, Senechaux, Lieutenants, Prevots, Vicomtes, Juges etc… de prendre à l’avenir la qualité de Maires, d’en faire fonction, à peine de trois mille livres d’amende ;
– Nous avons éteint & supprimé les anciens Maires, ensemble le titre & qualité de Maires prétendus, soit en vertu de nos Lettres de provision lesquelles Nous avons révoquées.
(…) (…) (…)
Note de la revue : Il est ensuite noté que les charges sont héréditaires.
« Toutes personnes graduées ou non graduées, soit Officiers ou autres, pourront se faire pourvoir desdits Offices de Maires & Assesseurs créés par le présent Edit, & les tenir & exercer sans incompatibilité, & en jouiront héréditairement, sans qu’avenant leur décès ils puissent être déclarés vacants, & seront conservés à leur sveuves, héritiers & ayant cause, qui en pourront disposer au profit de telels personnes capables qu’ils aviseront (…) sans que lesdits Offices puissent être déclarés domaniaux ny sujets à aucune revente pour quelque cause que ce soit.
(…) (…) (…)
Note de la revue : La dernière page de l’Edit fait mention de « Lettres de provision ».
« (……..) dedis Offices de Maires seront reçus & préteront le serment (…) Nous enjoignons d’y procéder incontinent & sans délai, aussitôt qu’il leur sera apparu de nos Lettres de provision » ou Lettre de provision d’office, c’est-à-dire d’achat d’un office, d’une charge.
RAPPEL : sous l’Ancien régime, toutes les charges / office (conseiller du Roy, Procureur, Officier royal, notaire, huissier, échevins, trésoriers etc…) faisaient l’objet d’une Lettre de provision.
La fonction exigeait d’accomplir des services et des gages. Ces charges étaient devenus héréditaires afin de leur apporter un intérêt supplémentaire.
La Lettre de provision pour obtenir une charge / un office correspondait en fait à un dû à verser au Trésor royal. Comme la charge était héréditaire, elle est devenue une charge « vénale », c’est-à-dire qui s’achète et se revend. les principaux offices en nombre étaient ceux de Notaires (22%), puis de Procureur (15%), puis de Sergent (8%) et Huissier (8%), puis Conseiller (5%), Archer (5%), Greffier (4%), Lieutenant (4%), Contrôleur (3%). Les Offices de Maire seuelement 1% (Sources : Geneanet).
Sources partielles des Provisions d’office :
https://www.geneanet.org/fonds/recherche-evenement/147/les-provisions-d-office
https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_058746
https://fr.geneawiki.com/wiki/Au-del%C3%A0_de_l%27%C3%A9tat_civil_-_75_/_AN_-_Sous-s%C3%A9rie_V1
Une charge vénale pour le premier Maire des Sables-d’Olonne
Il en fut ainsi pour Laurent Bouhier, le premier Maire des sables-d’Olonne, qui fut nommé Maire le 27 novembre 1692, trois mois après la parution de l’Edit.
Il revendra sa charge au Comte des Olonnes en 1711.
Louis XIV, un monarque très intéressé
Plus haut, nous avons intrduit quelques paragraphes de l’Edit du Roy de 1692.
On peut voir, au regard du contenu que l’Edit prévoyait d efaire la chasse à tous ceux qui tenteraient de poursuivre un mandat précèdent ou de se faire passer pour Maire, ou élire, sans respecter l’Edit du Roy de 1692.
De plus, le Roy donne force explications au début du texte : il fait référence aux cabales, aux attributions abusives, aux contestations et usurpations etc… pour expliciter les raisons de la mise en place de cet Edit.
Il s’agit en fait d’arguments fallacieux….
Le Trésor royal est à sec : la France est en guerre (la 5ème pour Louis XIV) contre la Ligue d’Augsbourg (Provinces-Unies, Angleterre, Saint-Empire, la Savoir, l’Espagne, Suède, le Portugal et l’Ecosse). Une guerre qui dure depuis septembre 1688 et qui ne s’achèvera qu’en 1697.
En 1661, les recettes fiscales sont de 22,8 millions contre 32 millions de charges.
En 1715, les recettes fiscales sont, certes, de 69 millions mais les dépenses sont passées à 146 millions…
L’Edit du Roy de 1692 portant création de Maires perpétuels n’a que la vocation de récupérer les fruits financiers de nouvelles charges (Offices) par les Lettres de Provision d’Office.
Selon un auteur de la Revue du Poitou, la nouvelle édilité avec Laurent Bouhier fut mal organisée et fonctionna d’autant moins qu’elle se trouvait en conflit incessant de pouvoirs avec les officiers du comte des Olonnes, Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Châtillon.*
(* Il était le troisième fils du célèbre Maréchal de Luxembourg. Paul Sigismond épousa le 6 mars 1696 Marie-Anne de la Trémoille, unique héritière de la branche de Royan, qui lui apporta des biens considérables, entre autres le comté d’Olonne – Sources : La Revue du Poitou). Paul Sigismond décéda en 1731.
Laurent Bouhier a donc démissionné de sa charge le 13 mai 1711. A-t-il été forcé de démissionner, ou comme l’écrit le même auteur de la Revue du Poitou, tenait-il « par de nombreux liens à ce seigneur et tout à sa dévotion à permettre la réunion de la mairie des Sables au domaine et comté d’Olonne » ?
Toujours est-il que le riche, très riche, propriétaire du Comté d’Olonne devenait, de fait, titulaire de la fonction de maire des Sables-d’Olonne.
L’acte qui fut signé, avec l’autorisation royale de Louix XIV, stipule formellement que les maires des Sables-d’Olonne seront désormais à la nomination du comte d’Olonne et de ses successeurs.
En 1733 un arrêt renouvela l’édit du Roi de 1692 et permettant ainsi la création d’une mairie pouvant rétablir son indépendance.
Paul Sigismond était décédé en 1731. Est-ce la raison de l’absence de réaction et de constitution du corps de ville ? L’arrêt de 1733 resta lettre morte. Un syndic gérait-il toujours de la même façon la Ville, sous l’autorité des descendants de Paul Sigismond, comte des Olonnes ?
Résumé :
du 27 novembre 1692 au 13 mai 1711 : charge (vénale) de Maire à Laurent Bouhier, par nomination
1711 : charge (vénale) de Maire au Comte des Olonnes, par achat de la charge auprès de Laurent Bouhier, avec administration déléguée.
28 octobre 1749 : nomination ou vote de Aimé François DUPLEIX, en tant que Maire (voir ci-dessous).
En 1733, un arrêt renouvela l’Edit de 1692. Mais il resta lettre morte, le corps de Ville ne s’étant pas constituer.
C’est finalement en 1749 que la Municipalité fut rétablie aec un Maire élu, deux échevins, un procureur du Roy.
L’assemblée des citoyens choisit spontanèment comme Maire le sénéchal Aimé-François Dupleix.
Mais, il n’accepta pas la proposition estimant que ces nouveaux devoirs seraient incompatibles avec ceux qu’il avait déjà à remplir comme Officier du Comte d’Olonne.
ICI ICI ICI
Une délibération datée du 28 octobre 1749 nous permet de connaître le nom du Maire à cette date.
Maire
Cette date du 28 octobre 1749 est importante. La délibération ne mentionne rien, ne fait pas allusion au passé juridique précédent.
Mais il fait savoir qu’il s’agit du rétablissement définitif de la municipalité des Sables-d’Olonne, à sa nouvelle indépendance, une indépendance qui lui avait été enlevée depuis le 13 mai 1711.
Durant 38 années, la Ville des Sables-d’Olonne était restée finalement sous la tutelle du Comte des Olonnes, administrée par un syndic.
Il s’agit de Aimé François DUPLEIX, Sénéchal* et juge de police.
(* un Sénéchal était alors du Officiel royal exerçant des fonctions d’administration et de police).

Ainsi que les échevins* et le greffier.
(* un Echevin est un magistrat élu par les bourgeois ou l’ensemble des habitants pour s’occuper des affaires communales ; un membre du corps municipal).
Echevins
Jean PÉTIOT, sieur de la Poitevinière, armateur ;
Pierre Davy, conseiller du Roi à l’amirauté des Sables-d’Olonne ;
Pierre René Sourrouille de la Morlière, avocat et Procureur fiscal ;
Greffier
René Libaudière, notaire.
A la date du 8 septembre 1750, une nouvelle nomination a eu lieu par l’assemblée générale des habitants. Le terme de « nommés » est utilisé dans la délibération retranscrite d’époque .
Nous ne savons pas s’il s’agissait d’un véritable vote ou d’assemblée dont le pouvoir se limitait à faire consensus….
Nous vous renvoyons à ce texte qui fournit quelques éléments intéressants :
https://www.cepam.cnrs.fr/wp-content/uploads/2024/10/Les-habitants-en-assemblees_Appel_version-def.pdf
Aimé François Dupleix, conseiller du Roi*, est à nouveau Maire.
(* Conseiller du Roi peut correspondre à une fonction, une charge ou à un titre. Membre du Conseil du Roi, donc une fonction, ou aussi un titre pour certains Magistrats ou conseiller du Parlement ou d’un Présidial (Tribunal de Justice de l’Ancien régime).
Aimé François Dupleix était l’un des petits enfants de :
– Me René Dupleix, sieur de Remouhet, Sénéchal des Sables-d’Olonne, qui eut 2 descendants :
* Me René Dupleix, sieur des Bazogères, lieutenant au siège de l’Amirauté de la Ville des Sables-d’Olonne
* Aymé Laurent Dupleix, avocat en Parlement, Sénéchal des Sables-d’Olonne et du comté d’Olonne (22 mars 1706), président de l’Election des Sables d’Olonne (1er mars 1707)
Et Aimé François Dupleix était le fils aîné de :
* Aymé Laurent Dupleix et Catherine Gaudin (fille de François, sieur de la Fonssause, Sénéchal de l’Ile de Riez et de Saint-Gilles-sur-Vie, et fille d’Hélène Le Blanc).
Note : un arrêté déposé au greffe de Fontenay le 12 novembre 1759 mentionne qu’au regard de la production de titres et actes anciens le nom du requérant doit s’inscrire Dupleix ; ordre est donné aux officiers civiles d’avoir à tenie compte du présent arrêt pour orthographier ce nom.
Notons qu’une Allée Aimé-François Dupleix existe aux Sables d’Olonne ; elle est située juste derrière La Poste de la rue Nicot.
Dossiers, recherches, déplacements ont un coût important, surtout lorsqu’ils sont répétés.
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Sources : Archives municipales
Revue du Bas-Poitou de 1889
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