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NEWS FRANCE. Sept tonnes de drogue à Paris: un an de prison avec sursis pour l’ex-chef des stups [Réd. Les Sables-d’Olonne]


Sept tonnes de drogue à Paris: un an de prison avec sursis pour l’ex-chef des stups
Bordeaux, France


L’ex-patron de l’Office des stupéfiants François Thierry a été condamné mardi à un an de prison avec sursis pour avoir été le complice de l’acheminement, en plein Paris, de sept tonnes de cannabis en 2015, alors que le parquet avait requis sa relaxe.

Dans cette affaire retentissante qui a conduit à réformer la lutte antidrogue en France, le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé le policier coupable d’avoir « apporté (son) aide à un trafic » de stupéfiants, au profit de son principal informateur Sophiane Hambli. Sa peine a été assortie d’une dispense de mention sur le casier judiciaire.

Le commissaire, qui dirige actuellement le Service de la transformation numérique de la police nationale, a quitté le palais de justice sans faire de commentaires.

« Le tribunal de Bordeaux vient de condamner le commissaire François Thierry alors même que le parquet a requis un non-lieu lors de l’instruction et sa relaxe à l’audience », a réagi Me Francis Szpiner, l’un de ses avocats, sur son compte du réseau social X. « La motivation des juges est consternante et nous ferons évidemment appel de cette condamnation injuste. »

Dans ses réquisitions la semaine dernière, le parquet avait en effet requis la relaxe de l’ancien patron de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), se disant « pas convaincu » par sa responsabilité pénale malgré la « piètre image » donnée dans cette affaire.

Mais au terme d’un mois de procès, les juges lui ont reproché « de ne pas avoir opéré de surveillance » de cette cargaison de plusieurs tonnes acheminée dans le cadre d’une livraison censée, précisément, être « surveillée » par la police.


« Hors cadre »

« Vous aviez conscience d’apporter votre aide à un trafic », a déclaré la présidente du tribunal à l’intention du commissaire, qui fêtait mardi ses 58 ans. L’intéressé est resté impassible pendant la lecture du jugement.

Estimant qu’il avait agi « hors cadre juridique », la magistrate a également motivé la condamnation du policier par le fait qu’il s’est « opposé aux investigations » d’autres services, « facilitant » ainsi le transfert de stupéfiants, ainsi que par la « soustraction » d’un téléphone avec lequel il échangeait avec Sophiane Hambli.

Actuellement détenu au Maroc et jugé en son absence, celui-ci a été condamné à la peine maximale encourue de 20 ans de prison, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, conformément aux réquisitions, pour avoir joué un « rôle moteur » dans le trafic. Un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre.

Âgé de 50 ans, Sophiane Hambli est considéré par le tribunal comme le « seul commanditaire » de la drogue découverte en octobre 2015 boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. Lui soutient, au contraire, n’avoir été que le « logisticien » d’une livraison « surveillée » par la police pour remonter une filière, stratégie que François Thierry avait mise en œuvre depuis plusieurs années.


« Diable »

Le tribunal a écarté la complicité du policier pour l’importation de la drogue, entrée sur le territoire dans un cadre légal « régulier », mais l’a jugé complice des autres faits, comme le transport ou l’exportation de la marchandise.

Tout au long des débats, le commissaire a nié avoir été trop loin dans sa relation avec son « indic » qui lui avait permis de belles prises par le passé, plaidant la nécessité de s’en remettre au « diable » pour obtenir des renseignements précieux.

L’ex-patron de l’Ocrtis a défendu cette stratégie « Myrmidon » mise en place pendant son mandat (2010-2016): infiltrer des filières grâce à des informateurs, quitte à laisser entrer la drogue sur le territoire, pour ensuite appréhender les têtes de réseau.

Pour l’une de ces opérations, le commissaire avait notamment organisé une garde à vue fictive de Sophiane Hambli en 2012. Il a été acquitté pour ces faits en 2024 à Lyon.

En 2015, une autre de ces affaires avait conduit les douanes, sur fond de guerre des services, à découvrir la drogue dans plusieurs fourgonnettes garées boulevard Exelmans.

« Un naufrage opérationnel », a reconnu durant le procès l’ex-chef de l’Ocrtis, admettant des « erreurs » mais pas de volonté délictuelle.

Parmi la quinzaine d’autres prévenus, des peines allant jusqu’à 8 ans de prison ont été prononcées mardi, ainsi qu’une amende douanière de 33 millions d’euros à l’encontre d’une partie d’entre eux.

(avec AFP)



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