NEWS FRANCE. Sept tonnes de drogue à Paris: un an de prison avec sursis pour l’ex-chef des stups [Réd. Les Sables-d’Olonne]

Sept tonnes de drogue à Paris: un an de prison avec sursis pour l’ex-chef des stups
Bordeaux, France
Dans cette affaire retentissante qui a conduit à réformer la lutte antidrogue en France, le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé le policier coupable d’avoir « apporté (son) aide à un trafic » de stupéfiants, au profit de son principal informateur Sophiane Hambli. Sa peine a été assortie d’une dispense de mention sur le casier judiciaire.
Le commissaire, qui dirige actuellement le Service de la transformation numérique de la police nationale, a quitté le palais de justice sans faire de commentaires.
« Le tribunal de Bordeaux vient de condamner le commissaire François Thierry alors même que le parquet a requis un non-lieu lors de l’instruction et sa relaxe à l’audience », a réagi Me Francis Szpiner, l’un de ses avocats, sur son compte du réseau social X. « La motivation des juges est consternante et nous ferons évidemment appel de cette condamnation injuste. »
Dans ses réquisitions la semaine dernière, le parquet avait en effet requis la relaxe de l’ancien patron de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), se disant « pas convaincu » par sa responsabilité pénale malgré la « piètre image » donnée dans cette affaire.
Mais au terme d’un mois de procès, les juges lui ont reproché « de ne pas avoir opéré de surveillance » de cette cargaison de plusieurs tonnes acheminée dans le cadre d’une livraison censée, précisément, être « surveillée » par la police.
« Hors cadre »
« Vous aviez conscience d’apporter votre aide à un trafic », a déclaré la présidente du tribunal à l’intention du commissaire, qui fêtait mardi ses 58 ans. L’intéressé est resté impassible pendant la lecture du jugement.
Estimant qu’il avait agi « hors cadre juridique », la magistrate a également motivé la condamnation du policier par le fait qu’il s’est « opposé aux investigations » d’autres services, « facilitant » ainsi le transfert de stupéfiants, ainsi que par la « soustraction » d’un téléphone avec lequel il échangeait avec Sophiane Hambli.
Actuellement détenu au Maroc et jugé en son absence, celui-ci a été condamné à la peine maximale encourue de 20 ans de prison, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, conformément aux réquisitions, pour avoir joué un « rôle moteur » dans le trafic. Un mandat d’arrêt a été délivré à son encontre.
Âgé de 50 ans, Sophiane Hambli est considéré par le tribunal comme le « seul commanditaire » de la drogue découverte en octobre 2015 boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. Lui soutient, au contraire, n’avoir été que le « logisticien » d’une livraison « surveillée » par la police pour remonter une filière, stratégie que François Thierry avait mise en œuvre depuis plusieurs années.
« Diable »
Le tribunal a écarté la complicité du policier pour l’importation de la drogue, entrée sur le territoire dans un cadre légal « régulier », mais l’a jugé complice des autres faits, comme le transport ou l’exportation de la marchandise.
Tout au long des débats, le commissaire a nié avoir été trop loin dans sa relation avec son « indic » qui lui avait permis de belles prises par le passé, plaidant la nécessité de s’en remettre au « diable » pour obtenir des renseignements précieux.
L’ex-patron de l’Ocrtis a défendu cette stratégie « Myrmidon » mise en place pendant son mandat (2010-2016): infiltrer des filières grâce à des informateurs, quitte à laisser entrer la drogue sur le territoire, pour ensuite appréhender les têtes de réseau.
Pour l’une de ces opérations, le commissaire avait notamment organisé une garde à vue fictive de Sophiane Hambli en 2012. Il a été acquitté pour ces faits en 2024 à Lyon.
En 2015, une autre de ces affaires avait conduit les douanes, sur fond de guerre des services, à découvrir la drogue dans plusieurs fourgonnettes garées boulevard Exelmans.
« Un naufrage opérationnel », a reconnu durant le procès l’ex-chef de l’Ocrtis, admettant des « erreurs » mais pas de volonté délictuelle.
Parmi la quinzaine d’autres prévenus, des peines allant jusqu’à 8 ans de prison ont été prononcées mardi, ainsi qu’une amende douanière de 33 millions d’euros à l’encontre d’une partie d’entre eux.
(avec AFP)
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