Risques littoraux - Vendée

Risques littoraux aux Sables d’Olonne – Pays d’Olonne – Les observations

La Commission d’Enquête sur les risques littoraux en Pays d’Olonne, présidée par M. Jacques Dutour, a rendu ses conclusions et l’Etat a apporté ses réponses. Rappelons qu’à la suite de la tempête Xynthia, l’Etat a élaboré un Plan national de Submersions Rapides (PSR) afin d’inciter les territoires concernés par un risque d’inondation ou de submersion marine, à bâtir des projets de prévention garantissant la sécurité des personnes.

Plus précisément, notons que la maîtrise de l’urbanisation et l’adaptation du bâti sur les territoires menacés est  l’un des axes de ce PSR. L’État – le Préfet en l’occurence – a engagé la couverture progressive des communes du littoral vendéen au moyen d’un Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL). Par arrêté du 6 juillet 2012, le préfet de la Vendée a ainsi prescrit l’établissement des PPRL :
• « Pays d’Olonne » sur le territoire des communes de Brem sur Mer, l’Ile d’Olonne, Olonne sur Mer, Les Sables d’Olonne et le Château d’Olonne
• « Pays Talmondais » sur le territoire des communes de Talmont Saint Hilaire, Jard sur Mer et Saint Vincent sur Jard.

L’élaboration de ces PPRL fait l’objet d’une concertation avec les collectivités locales et l’ensemble des acteurs locaux participant à la prévention des risques au sein d’un comité technique et d’un comité de pilotage présidé par le préfet de la Vendée. Dans l’attente de l’approbation des PPRL, des cartes d’aléas constitueront des documents de référence pour l’instruction des autorisations d’urbanisme.
Parallèlement, une enquête publique a été lancée, enquête relative au projet d’approbation du Plan PPRL « Pays d’Olonne » sur les communes de Brem-sur-Mer, Olonne-sur-Mer, L’Île d’Olonne, Les Sables d’Olonne et Le Château d’Olonne. Cette enquête s’est déroulée du 28 décembre 2015 au 29 janvier 2016.
182 personnes se sont présentées lors de l’enquête – beaucoup pour connaître les éventuelles conséquences des impacts sur leurs biens – , 121 observations ont été recueillies et 47 ont été consignées dans les registres.
Ci-dessous, l’essentiel des observations.

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

Observations
– Personne ne remet en cause le bien-fondé du Plan, sauf pour le Remblai des Sables d’Olonne.
– Un intervenant immobilier important considère que le PPRL est « un projet non destiné à la sécurité (officiellement) des biens et des personnes, mais comme (officieusement) salutaire pour la réputation des institutions mises en cause depuis le procès Xynthia.»
– La commune des sables d’Olonne conteste la zone rouge à l’arrière du magasin SuperU dans le secteur de la Chaume, rue Robert Benatier : « Aucun élément technique ne justifie ce classement » écrit-elle.
– Pourquoi ne pas reprendre l’Atlas des Zones Inondables (AZI) pour le zonage ? Souvent différent, par exemple, sur le secteur de la Gachère, l’AZI désigne inondable des parcelles non zonées par le PPRL. Pourquoi ?
– La chambre d’agriculture demande que les sièges d’exploitation soient localisés sur la carte des enjeux.
– La DREAL regrette l’absence de bande de précaution derrière l’écluse de la Gachère et celle de la rocade des Sables d’Olonne. Pourquoi avoir choisi de ne pas en mettre ?
– La Chambre de Commerce et d’Industrie demande « de faire passer de zone bleue à zone blanche la zone portuaire des Sables d’Olonne. En effet, il s’agit de zones économiques et non de zones résidentielles. »
– « Bande de chocs mécaniques » – BDCM : c’est le point qui cristallise l’essentiel des observations négatives. Les secteurs suivants concernés sont : les numéros impairs dans la rue du Bargeouri aux Sables d’Olonne. Le remblai des Sables d’Olonne. Plusieurs maisons Bd de Lattre de Tassigny au Château d’Olonne. (N° 1 à 6 – Des habitants du Bd de Lattre de Tassigny au Château d’Olonne présentent un document de la DDTM du 6 mars 2013 relatif à une demande de permis de construire. Il y est dit que « compte tenu des cotes du terrain de l’ordre de 11m NGF, l’aléa submersion avec jets de rive et paquets de mer doit être qualifié de nul. » Or il est zoné BDCM rouge en 2015.
– « La largeur de la zone soumise au déferlement peut être considérée par défaut comme égale à 25 m, et étendue à 50 m dans un contexte cyclonique ». Peut-on parler de contexte cyclonique ? Des remarques du public soulignent qu’à Saint Gilles Croix de Vie, la BDCM est de 25m. Comment justifier la bande de 50m ?
– Dans les bandes de chocs mécaniques se trouvent divers types de bâtiments : des pavillons, des immeubles, des commerces, des bâtiments publics. Certains directement sur la mer, d’autres plus en retrait à des cotes altimétriques différentes. Le règlement lui est unique et légifère pour toutes les zones rouges. Un règlement spécifique aux zones de chocs mécaniques définissant secteur par secteur les prescriptions serait utile. Cela est-il envisageable ?
– Le zonage rectiligne avec la bande de 50m qui classe en Ru des bâtiments de second rang est très mal perçu. Comment peut-on le justifier autrement que par le guide d’élaboration des PPRL?
– Monsieur le Maire des Sables d’Olonne écrit « Le risque de chocs mécaniques doit être différencié tant au niveau du zonage que du règlement. En effet, la promenade, les ouvrages de défense contre la mer et la portion de la promenade Clémenceau située entre la rue Guynemer et la rue des deux phares sont particulièrement concernés par ce risque. Le reste du remblai ne l’est pas.»
– De nombreuses contributions évoquent : La dépréciation de la valeur des biens. La hausse des cotisations d’assurance. La difficulté à trouver des locataires. L’atteinte à l’image de la ville. De cité touristique elle devient ville dangereuse. L’impossibilité d’effectuer les travaux prescrits dans des bâtiments. Cela rendrait les logements inhabitables et obligerait à terme à les détruire.
– Plusieurs propriétaires de la « Route Bleue », rue du Bargeouri protestent, par une dizaine d’observations, contre le classement de leur secteur en BDCM. Ils affirment que leurs fondations sont solides et qu’ils ne craignent rien. Une habitante de cette résidence, à l’inverse, affirme que lors de la tempête Xynthia les maisons du quartier ont subi d’importants dommages. Elle demande que ce périmètre soit inscrit en zone rouge. Un habitant de la rue du Bargeouri s’étonne qu’on lui interdise d’installer à ses frais des enrochements devant sa maison pour la protéger de l’érosion.
– 2 conseils municipaux ont assorti leur avis d’une réserve concernant les campings. Ils regrettent que si une petite partie du camping est impactée par le PPRL les prescriptions les plus contraignantes s’appliquent à tout le camping.
– La Chambre d’Agriculture demande : À ce qu’il soit possible de construire des logements de fonction en zone rouge. À ce que les espaces de fonction en zone rouge puissent être supérieurs à 20m2. À pouvoir construire en zone bleue logements de fonctions, serres, tunnels. À autoriser les exhaussements et affouillements liés à l’exploitation agricole.
– Le coût très élevé des travaux imposés aux immeubles du remblai est évoqué dans de nombreux courriers, notamment par les syndics de copropriétaires. (Remplacement obligatoire des baies vitrées par exemple). Est-ce que des travaux de renforcement des bâtiments sont vraiment imposés ?
– Monsieur le Maire de l’Île d’Olonne demande s’il faut mener une étude de vulnérabilité pour les biens autres que d’habitation. Il pense aux nombreuses cabanes des marais.
– La DREAL, en rappelant la doctrine nationale, demande que les zones à urbaniser dans le futur soient traitées comme des zones non urbanisées. Pourquoi les avoir étudiées en les rapprochant des zones urbanisées.
– En zone bleue, la commune des Sables d’Olonne souhaite que l’on tienne compte de l’aspect patrimonial. Elle voudrait que lors d’une reconstruction, on puisse conserver la cote de premier plancher habitable des bâtiments. Elle propose aussi une alternative au verrouillage de tous les tampons. En les remplaçant avec des tampons en fonte ductile articulés avec des clavettes.
– La nécessité de l’entretien des ouvrages et des dunes est souvent rapportée. Le mauvais état de l’écluse de la Gachère est signalé à de multiples reprises. Quel est l’influence du PPRL sur ces points ? Le niveau dans le marais des Olonnes est contrôlé par les écluses. Une inquiétude existe toutefois : La concomitance entre des pluies très abondantes sur le bassin versant et un niveau élevé de l’eau des marais pourrait entrainer une inondation. Le réseau des eaux pluviales s’écoule dans la Vertonne. Le niveau est régulé par les ouvertures de l’écluse de la Gachère et celle de la rocade. Le syndicat des marais d’Olonne fait un bon travail. Mais un défaut dans la gestion des ouvrages aurait de lourdes conséquences. Dans une observation écrite, il est proposé d’utiliser une technique hollandaise de vanne à deux niveaux.
– La chambre d’agriculture demande à ce que tous les terrains ayant une vocation agricole soient zonés A dans le PLU et non A ou N. Est-ce du ressort du PPRL ?
– 
La Chambre de Commerce et d’Industrie demande de laisser la possibilité aux entreprises en zone rouge ou bleue de se développer en limitant les contraintes.
– Monsieur le Maire de l’Île d’Olonne évoque un courrier envoyé le 28 septembre 2015 à Monsieur le Préfet de la Vendée. Ce courrier pose le problème d’installations publiques en zone Rn : La station d’épuration actuelle, Le projet de future Station d’épuration partiellement en Rn, Le parking du cimetière, Le projet touristique sans hébergement autour de la Maison de la Jarrie et du Moulin Gueffard, or tous deux sont en zone rouge. Quelles sont les conséquences du PPRL pour ces projets ?

 

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