Vendée - Extension de la Criée des Sables d'Olonne - © Photo: Archidici

Les Sables-d’Olonne Vendée. Pêche: l’extension de la criée en voie d’achèvement

 





Les Sables-d’Olonne Vendée. Pêche: l’extension de la criée en voie d’achèvement

Vidéo pour vous mettre dans l’ambiance…

 

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Vendée Pêche

L’extension en cours de la criée est un projet ambitieux qui fut décidé en raison d’une hausse constante de la filière pêche et de prévisions toujours à la hausse.
En 2016, le tonnage de la pêche vendéenne avait crû de 80% par rapport au tonnage dix ans auparavant ! Depuis 2016, on constate quand même une baisse de 11 à 12% en 3 ans, normale après la forte hausse précédente.
En valeur financière, la criée des Sables d’Olonne est la 3ème française avec 42.371.000 €.

 

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Le projet « Vendée Pêche » (développement et exploitation du port des Sables d’Olonne) a consisté à lancer un vaste programme d’investissement en faveur de la filière pêche avec notamment le doublement de la surface de la criée existante – construite en 1962 – afin de coller aux nouveaux besoins, en construisant de nouveaux bâtiments d’une superficie de 7248 m2 (+ 8300 m2 en extérieur). Grâce à cette extension, les lieux seront plus fonctionnels et adaptés aux besoins des mareyeurs, et conserveront une zone pour les achats à distance (lancée en 2010). Une zone « zéro rejet » est prévue (directive européenne).
(Architecte mandataire: Atelier de l’Ile à Brest – Architecte associé: Archidici à La Roche-sur-Yon).

 

 

L’architecte Archidici présente ainsi le projet:
« Le projet vise à remettre en avant la criée en pièce historiquement maitresse du port des Sables d’Olonne.
Le projet s’inscrit en prolongation de l’architecture existante de la Criée pour, unifiée, lui redonner une stature imposante vis-à-vis des chantiers navals massifs récemment construits. »

« L’enjeu énergétique est tout aussi important, avec la nécessité de conservation des poissons, même pendant leur transformation, avec une production de froid optimisée, l’organisation des espaces pour leur utilisation en zones tampons thermiques, flux repensés.
Fluidité, sécu-rité, efficacité sont au cœur de l’organisation de l’édifice et de ses accès, avec une préoccupation de confort de travail, notamment assurée par des éclairages naturels zénithal double hauteur, jusque dans les case des mareyeurs ».

 

Projet d’extension criée des Sables d’Olonne © Photo Maquette: Archidici et Atelier de l’Ile

 

 

C’est la Chambre de Commerce et d’Industrie – CCI qui est commanditaire de ces travaux d’un montant de 10,375 millions d’€ HT qui comprendront, nec plus ultra, des quais d’expédition réfrigérés pour une stabilité de la température durant la chaîne d’expédition. La CCI participera à hauteur de 8 millions d’€, le département de la Vendée à 1,7 million d’€, la Région des Pays de la Loire à 0,2 million d’€, l’Etat à 0,1 million d’€, et le Fonds européen Affaire maritimes et Pêche – FEAMP à 1,5 millions d’€.
(La gestion de la criée relève – en tant qu’équipement et infrastrucure économique – des prérogatives de la CCI de Vendée par délégation du Conseil départemental. Elle gère la criée, le port de pêche, le port de commerce et une partie du port de plaisance, et donc toutes les infrastuctures qui se trouvent sur site: élévateur à bateau (400 bateaux manoeuvrés par an), bassin à flot, porte-écluse etc…).

Démarrés au milieu de l’année 2018, après destruction des anciens bâtiments frigorifiques Tesson, les travaux sont en voie d’achèvement.
La date de début d’exploitation est fixée à la mi-juillet 2021, soit dans trois mois à peine.

 


Les ports et criées de Vendée
Ils sont au 3ème rang français en valeur avec 63 millions d’€.
13.000 tonnes environ sont débarquées par an sur les ports vendéens. Il y a en général trois types de pêche: au large (3 à 5 jours), côtière (1 à 3 jours), petite pêche (à la journée).

Criées 2019 (par rapport à 2018)
– Les Sables d’Olonne : 8224 tonnes (-3,09%) – valeur 45,12 millions d’€ (-5,03%) – Prix moyen au kg: 5,48 € (-2,14%)
– St-Gilles-Croix de Vie: 3121 tonnes (-28,99%) – valeur 7,70 millions d’€ (-14,63%) – Prix moyen au kg: 2,47 € (+20,49%)
– Noirmoutier: 1689 tonnes (-0,73%) – valeur 13,32 millions d’€ (+5,77%) – Prix moyen au kg: 7,89 € (+6,58%)

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Après une forte hausse entre 2006 et 2016, la situation est nettement à l’accalmie.
En 2019, les mauvaises conditions météorologiques et l’absence de certaines espèces ont fait chuté les volumes et les valeurs.

Note: Nos sources pour les chiffres de tonnage des quantités vendues sont France AgriMer et CCI Vendée.
Important: moins de 50% des volumes pêchés est vendu dans les criées de l’interégional Nord-Atlantique Manche Ouest (NAMO). Le hors-criée est estimé à 95.000 tonnes pour un montant d’au moins 150 millions d’€.

2 criées gérées par la CCI

– Les Sables d’Olonne (3ème rang national en valeur): tonnage de 7194 t en 2013 pour une valeur de 36.728.000 €.
tonnage de 8735 t en 2016 pour une valeur de 44.642.000 €.
Pêche diversifiée avec une dominance de poissons de chalut de fond.
La valeur et le volume baisse légèrement après la hausse interrompu depuis au moins 2006.
La baisse en valeur s’explique aussi par une chute en 2019 du prix moyen de la seiche et du calmar, et parce que le merlu et le bar ont fait défaut.
A l’inverse, la pêche de thon blanc et de rouget-barbet a été positive.
177 bateaux on vendu à la criée des Sables d’Olonne dont 60 bateaux originaires des Sables d’Olonne, les autres en provenance de Dieppe (Normandie, Honfleur, Fécamp), Lorient, Morlaix, Concarneau (Bretagne), et St-Jean-de-Luz (Pays Basque). Ces bateaux en provenance d’autres ports amènent leur pêche à la criée des Sables d’Olonne car ils pêchent souvent aux environs dans des zones poissonneuses.
– Les Sables d’Olonne 2019 : 8224 tonnes (-3,09%) – valeur 45,12 millions d’€ (-5,03%) – Prix moyen au kg: 5,48 € (-2,14%)
La Criée comprend 176 acheteurs plus 78 en achats à distance. L’achat à distance équivaut désormais à 18% de la criée en valeur.

Actuellement, le Centre de marée comprend:
– 150 m de quai de débarquement avec 8 grues, 1 élévateur à bateaux de 500 tonnes.
– une surface de vente de 1700 m2 avec 2 ventes informatisées dès 4h15 du matin.
– des calibreuses électroniques, 1 chambre froide tampon, et 21 cases de marées (de 105 à 340 m2).
– 7 viviers à crustacées, un tunnel de lavage de bacs.
– un équipement d’eau de mer traitée U.V, et un service de livraison du poisson.

Espèces Criée des Sables d’Olonne en 2019

* Le cas de l’Ile d’Yeu / Port Joinville: tonnage de 2233 t en 2016 pour une valeur de 11.060.000 €: port d’expèces dites nobles: sole, bar, merlu, lotte, dorade.
Il y avait auparavant une criée à l’Ile d’Yeu. Mais ce n’est désormais qu’un point de débarquement. Des ventes de gré à gré sont effectués sur l’île. « Il y a quelques années, la criée était déficitaire et il a été considéré qu’il était compliqué de poursuivre ainsi » nous indique un acteur de la filière. Le poisson est donc vendu à la criée des Sables d’Olonne, et c’est le bateau Maxiplon basé aux Sables et équipé de caissons réfrigérés qui fait la navette toutes les nuits entre Port-Joinville et Les Sables d’Olonne pour amener le poisson sous le nom d’une société créée à cet effet par le dirigeant d’Atlantique scaphandre: A2TMI.
Celle-ci indique: « L’objectif premier de cette navette est de permettre aux navires de pêche d’optimiser leurs déplacements, de favoriser une économie de gasoil, de réduire leur empreinte carbone, et d’améliorer les conditions de vie et de travail des équipages de marins pêcheurs en réduisant le temps de route, tout en gardant la vente du jour ».
En 2019, ce sont 56 tonnes qui ont été ainsi prises en charge et transférées pour une valeur de 254.000 €, chiffres en baisse de près de 60% par rapport à 2018 !

** Il existe 9 points de débarquement du poisson en Vendée en des lieux où il n’existe pas ou plus de criée: Ile d’Yeu, Bouin, Beauvoir-sur-Mer (2 points), L’Epine, La Barre de Monts, La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon-sur-Mer (2 points). Ces points de vente sont nécessaires pour les contrôles et la traçabilité.

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– Noirmoutier – Port de l’Herbaudière (10ème rang national en valeur): tonnage de 1682 t en 2016 pour une valeur de 11.814.000 € – 1709 tonnes en 2017 – 1684 tonnes en 2019. Ventes de poissons dits nobles. L’un des premiers producteurs de sole sur la côte atlantique.
69 bateaux exploités à partir de Noirmoutier et 30 bateaux de l’Epoids vendent régulièrement à la criée de l’Herbaudière. Sont également présents des bateaux en provenance de Bretagne et de Nouvelle-Aquitaine. La Criée ne décroche pas, conservant un tonnage similaire et des prix en hausse grâce à la sole. Sole, congre et bar font l’essentiel du tonnage.
– Noirmoutier 2019: 1689 tonnes (-0,73%) – valeur 13,32 millions d’€ (+5,77%) – Prix moyen au kg: 7,89 € (+6,58%)
La Criée comprend 64 acheteurs plus 34 en achats à distance. L’achat à distance équivaut désormais à 17% de la criée en valeur.

Espèces Criée de Noirmoutier en 2019

1 criée gérée par la SEM des Ports / Communauté de Communes du Pays de Saint-Gilles-Croix de Vie
– Saint-Gilles-Croix-de-Vie (15ème rang national en valeur): 
Tonnage de 1879 t en 2017.
– 1529 tonnes en 2019 auxquels il faut ajouter près de 2300 tonnes environ de sardines (soit environ 60% du tonnage total de St-Gilles) qui sont vendus hors criée directement aux usines Gendreau avec des prix négociés à l’année, soit un total de 3829 tonnes (Note: chiffres AGriMer auxquels on ajoute les 2500 t achetés par Gendreau – Les chiffres de la CCI Vendée sont de 3121 tonnes au total). Cet achat direct par Gendreau équivaut à environ 0,7 million d’€ à raison de 0,33 €/kg (contre 1,60 €/kg pour la sardine fraîche).
En 2019, la saison de la sardine a été moyenne ce qui a pénalisé la criée de St-Gilles même si le prix moyen a compensé un peu la chute du tonnage.
On le voit dans les chiffres établis:
– St-Gilles-Croix de Vie 2019: 3121 tonnes (-28,99%) – valeur 7,70 millions d’€ (-14,63%) – Prix moyen au kg: 2,47 € (+20,49%)
En 2019, il y avait une flottille de 44 unités et au total une soixantaine de bateaux ont vendiu à la criée de St-Gilles.

Le cas de la criée de St-Gilles est particulier.
En 2014, une crise survient. La rentabilité des installations étant jugées insuffisantes – les tonnages sont en baisse, et l’anchois est fermé – l’avenir de la criée (200 emplois directs et indirects) est en jeu, certaines sources faisant part d’une possible fermeture de la criée au 1er janvier 2017. Les élus locaux contestent cette vision considérant que tant le port que la criée jouent un rôle moteur en matière économique, social et touristique, et ils annoncent s’engager aux côtés des marins-pêcheurs.
Depuis avril 2015, la criée n’est donc plus gérée par la CCI mais par la Communauté de Communes, date à laquelle la Communauté prend la compétence maritime et portuaire.
Un label « Poisson du Pays de St-Gilles » est alors créé avec la volonté de modifier les habitudes puisque jusqu’ici « la plupart des grossistes et poissonniers du territoire ne s’approvisionnent pas à la criée de St-Gilles » mais aux Sables d’Olonne ou même parfois via Rungis… Tout est affaire de prix, mais aussi d’espèce puisque si la sardine a pignon sur rue à St-Gilles, le choix en terme de gamme d’espèces est plus étroit.

La Criée comprend une centaine d’acheteurs plus une soixantaine à distance. L’achat à distance équivaut désormais à 18% de la criée en valeur.
La pêche à la sardine de Sat-Gilles-Croix de Vie est inscrite à l’inventaire national du Patrimoine culturel immatériel français.

Espèces Criée de St-Gilles-Croix-de-Vie en 2019

 

 

Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

Rappel: pour St-Gilles-Croix de Vie, il faut ajouter au tableau Agrimer ci-dessous, 2500 tonnes de sardines qui sont transférées directement aux usines Gendreau.
Les chiffres pour les autres criées diffèrent légèrement par rapport à ceux de la CCI.

Criées inter-région NAMO 2019

 

 




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