Philippe Jeantot - Vendée Globe Challenge 1989-90 © Photo: Coll. Archives municipales des Sables-d'Olonne

Les Sables d’Olonne Vendée Globe – La folle histoire de la plaque émaillée de Philippe Jeantot et Philippe de Villiers


 

DANS 365 JOURS DEPART DU VENDEE GLOBE 2020-21

Les Sables d’Olonne Vendée Globe – La folle histoire de la plaque émaillée de Philippe Jeantot

Depuis 1989, le Vendée Globe magnifie la ville des Sables d’Olonne. D’une bourgade vendéenne, simple chef-lieu, l’Everest des Mers l’a rendu aussi fière qu’une ville épiscopale*… (*ville où siège l’évêque).
Sauf que sa religion principale est désormais la course au large pour laquelle se ruent de nombreux convertis.
La télévision a fait le reste, donnant à la capitale de la Côte de lumière une notoriété internationale en tant que ville de départ et d’arrivée du Vendée Globe.

Depuis, la ville est irriguée par les globules de cette course qui lui apportent, régulièrement, l’oxygène nécessaire à son développement, influant notamment sur le tourisme.
Le chenal des Sables d’Olonne, remarquable par sa longueur et la beauté de ses deux jetées, est désormais considéré comme un lieu marquant de l’histoire maritime et sportive.

Lorsque la fusion des trois villes du Pays des Olonnes en une grande ville des Sables d’Olonne fut réalisée, il fut nécessaire de modifier les noms des rues pour en supprimer les doublons et noms triples.
Au-delà des habituelles désignations de personnages historiques ou de noms de voies liées à leur environnement proche, il pouvait paraître impossible de ne pas faire référence à des personnalités liées au Vendée Globe, d’une manière ou d’une autre (le Vendée Globe a déjà été mis en avant par un grand boulevard périphérique autour des Sables d’Olonne.)


Plaques en bronze sur le Remblai

Tous les vainqueurs du Vendée Globe ont désormais des plaques commémoratives sur le sol du Remblai, un « parcours » constitué de plaques en bronze reprenant les empreintes des mains des vainqueurs du Vendée Globe.
Il y a donc à ce jour huit plaques (pour 7 skippers) insérées dans le sol à l’image de ce qui se fait depuis fort longtemps à Hollywood.
C’est en 2012, que la Ville des Sables d’Olonne avait décidé de rendre hommage aux vainqueurs du Vendée Globe en insérant dans le sol du Remblai les empreintes des mains des skippers vainqueurs.
Les plaques représentent l’empreinte des mains (et des pieds aussi pour Desjoyeaux car il a gagné l’épreuve deux fois) ainsi que la signature, l’édition, le temps de course, et bien sûr le bateau monocoque et son nom.
Pour Michel Desjoyeaux en 2000 il s’agit de PRB, pour Vincent Riou PRB aussi, pour Titouan Lamazou c’est Ecureuil d’Aquitaine II, Alain Gautier était sur Bagages Superior, Michel Desjoyeaux pour sa deuxième victoire sur Foncia, François Gabart skippait Macif et enfin Christophe Auguin naviguait sur Geodis.
Les plaques sont réalisées par une fonderie qui a fondu en 2013 neuf nouvelles cloches à l’occasion des 850 ans de Notre-Dame de Paris, la société Cornille Havard, fondeur depuis 1865.

Quatre rues sur sept…
Par contre, ils ne sont que quatre – les quatre premiers vainqueurs – à avoir une rue à leur nom au Pays des Olonnes:
Titouan Lamazou, Alain Gautier, Christophe Auguin et Michel Desjoyeaux ont été honorés par une rue à leur nom à Olonne-sur-Mer.
Palmarès: 1989-90: Titouan Lamazou – 1992-93: Alain Gautier – 1996-97: Christophe Auguin – 2000-01: Michel Desjoyeaux – 2004-05: Vincent Riou – 2008-09: Michel Desjoyeaux – 2012-13: François Gabart – 2016-17: Armel le Cléac’h.

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Trois vainqueurs manquent dans la liste des rues….
Mais manquent au bataillon de la renommée postale et gps-tale Vincent Riou, François Gabart et Armel Le Cléac’h.
En 2017, alors qu’Armel Le Cléac’h venait tout juste de remporter le Vendée Globe, malgré un agenda surchargé, il accepta de mettre les mains dans le plâtre…pour la réalisation de sa plaque désormais apposée sur le Remblai.
Des mains très abîmées, nous avait-il dit, par l’humidité et le froid.
Nous nous trouvions à quatre ou cinq dans une pièce réservée près du ponton du Vendée Globe, avec Fabien, le spécialiste des plâtres – pour le Vendée Globe – de la collectivité, une personne de la communication, un journaliste d’une chaîne nationale et le maire des Sables d’Olonne, Didier Gallot.
Ce dernier remit à Armel Le Cléac’h la médaille de la Ville.
Puis la conversation se poursuivit sur les noms de rues car Armel avait appris incidemment que les quatre premiers vainqueurs du Vendée Globe avaient une rue à leur nom à Olonne-sur-Mer.
Et il parut particulièrement intéressé d’avoir lui aussi une rue à son nom aux Sables d’Olonne.
Le maire lui avait laissé entendre que cela devrait pouvoir se faire car en raison de la fusion des trois communes du pays des Olonnes: certaines rues ayant des noms similaires allaient être débaptisées…
Depuis, la liste des nouveaux noms de rues a été finalisée. Mais aucune rue n’a pris le nom du dernier vainqueur du Vendée Globe, Armel Le Cléac’h…… Armel et les deux autres vainqueurs devront attendre encore un peu…

La nouvelle liste et l’omerta
Les trois conseils municipaux validèrent les nouveaux noms de rues. On savait que sur 1650 voies, 146 feraient l’objet d’un changement. Ce sont 2502 riverains qui étaient concernés ainsi que 89 entreprises.
101 rues, places, boulevard etc… étaient concernés par des doublons et 146 l’étaient avec les confusions possibles dont 41 aux Sables d’Olonne (43 avec les deux créations), 45 au Château d’Olonne et 60 à Olonne-sur-Mer.

Dès le début, le dossier des changements de rues a fait l’objet d’une véritable omerta !
Les principaux élus, ayant sans doute peur d’interminables polémiques et de tentatives de pression, avaient ordonné de maintenir l’instruction entre les seules mains d’une commission ad hoc.
Les élus des conseils municipaux et la Presse n’avaient officiellement aucun accès aux listes prévisionnelles.
Si des associations ou des habitants pouvaient, bien sûr, faire des propositions, il ne leur était pas possible d’aller plus avant et les réponses leur étaient transmises officiellement par courrier.
Une certaine logique afin de travailler à tête reposée, mais aussi l’impossibilité d’argumenter pour tel ou tel choix jugé pertinent.

A LIRE  Les Sables d'Olonne Vendée - L'affaire des dessous des Reines des Sables d'Olonne

La commission ad-hoc avait cependant, afin de limiter les problèmes, fait des choix impératifs:
– devait être pris en compte les désidérata des services de secours en premier,
– puis devaient être traités les doublons de manière à ce que les changements impactent le moins possible les entreprises.
Finalement, à la parution des listes, peu de problèmes se sont posés: une association historique a contesté fortement que l’un de ses choix ne soit pas validé, mais un square avec une consonance identique existait, et l’opposition à Olonne tenta d’empêcher que le nom de Charette, à l’idéologie royaliste selon cette opposition, ne soit validé.


A propos des propositions

Aucune liste officielle n’existe sur les différentes propositions qui ont été faites pour des noms de rues. On sait cependant que des propositions soit farfelues soit étonnantes sont parvenues.
Dans celles les plus étonnantes, on citera une demande visant le Maréchal Rommel, au motif qu’il serait venu aux Sables d’Olonne lorsqu’il fit une visite du Mur de l’Atlantique….
On est en janvier 1944. Rommel vient d’être nommé, par Hitler, inspecteur des défenses côtières, et celui-ci entreprend donc une visite systématique de tout le Mur de l’Atlantique.
Début février 1944, il visite la station de radar de La Jonchère. Puis, poursuit son inspection aux Sables-d’Olonne.
Le Journal Ouest-France avait diffusé un témoignage dans ses colonnes en août 2004:
« Je me trouvais à la hauteur du casino, sur le Remblai. J’ai soudain vu arriver Rommel. Il était assis dans une Mercedes, en compagnie de quelques officiers, raconte Gérard Rouvel. La voiture s’est arrêtée à proximité de la petite jetée, où un blockhaus avait été construit pour protéger le chenal. Ils sont descendus pour voir le fonctionnement des lance-flammes. J’ai alors vu deux gros nuages noirs s’élever au-dessus du blockhaus… sans aucune flamme. Sept à huit minutes après, les soldats ont répété la manoeuvre sans succès. Je n’ai encore vu… que deux nuages noirs. Rommel, qui tenait son bâton de maréchal dans la main, s’est mis en colère. Il y a eu une sacrée engueulade avec les officiers. Le maréchal a pris place dans un modèle décapotable et le cortège est reparti par le Remblai. »


La plaque émaillée de Philippe Jeantot

Secrètement, une proposition beaucoup plus pertinente fut élaborée par deux élus du Conseil municipal des Sables d’Olonne. Il s’agissait de profiter de ces changements de noms de rue liés à la fusion pour honorer Philippe Jeantot, l’un des fondateurs du Vendée Globe en 1989.
L’un des élus contacta Philippe Jeantot qui donna son accord pour que son nom soit donné à une place.
Il accepta même de venir spécialement – il habite en Asie – pour l’inauguration, à la condition que la cérémonie reste sobre et limitée.
La création du Vendée Globe étant due essentiellement à deux personnes, Philippe Jeantot et Philippe de Villiers, le deuxième élu prit langue avec Philippe de Villiers qui donna lui aussi son accord.

Finaliser la liste des nouveaux noms de rues des Sables d’Olonne avec une belle cérémonie en hommage aux deux fondateurs, cela aurait eu de la gueule !
Et la population sablaise aurait applaudi des deux mains, elle qui adore Philippe Jeantot, quels qu’aient été ses déboires.
Mais Le Reporter sablais a eu confirmation, par une source de première main, que le maire des Sables d’Olonne Didier Gallot n’avait pas voulu donner suite à cette proposition.
Ses raisons sont-elles liées aux erreurs passées de Philippe Jeantot et/ou la personnalité politique de Philippe de Villiers ?
Toujours est-il que Didier Gallot déclara refuser de donner le nom d’une rue sablaise à une personnalité n’étant pas décédée.
Impossible donc d’être honoré aux Sables d’Olonne pour les personnes encore vivantes, ce qui expliquerait peut-être….. l’oubli concernant Armel Le Cléac’h.

Un précédent projet tombé à l’eau
On sait qu’il y a quelques années un projet avait apparemment été initié par Olonne-sur-Mer, avant les discussions actuelles sur les noms de rues liés à la fusion, pour rendre hommage aux skippers vainqueurs du Vendée Globe.
Olonne ayant déjà donné un nom de rue à quatre skippers, elle souhaitait poursuivre avec un projet plus ambitieux: établir des rues au nom des skippers, celles-ci étant orientées vers le Boulevard du Vendée Globe (ou des ronds-points sur ce boulevard) afin de créer un ensemble harmonieux. Pour cela, Olonne-sur-Mer n’étant pas la Ville du départ du Vendée Globe, elle devait laisser la main à la ville phare Les Sables d’Olonne.
Des discussions avaient démarré à ce sujet, mais sans que les deux communes n’arrivent à s’entendre sur un projet commun.
C’est ce qui expliquerait donc qu’aucun nom n’ait été donné pour les trois derniers skippers vainqueurs, qui devront donc attendre des projets plus aboutis.

Quel avenir pour ces projets ?
Qu’ils soient élus ou au sein de la population, beaucoup en tout cas voudraient rendre un hommage mérité à Philippe Jeantot.
Et parmi eux, certains n’ont pas abandonné le projet de lui offrir cette plaque de rue, mais de son vivant.

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais


 

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