Vendée Globe Les Sables d'Olonne - Charlie Dalin © Photo: Vendée Globe

Les Sables-d’Olonne Vendée Globe. Charlie Dalin dort-il suffisamment ?




 

Les Sables-d’Olonne Vendée Globe. La difficile gestion du sommeil des skippers: un tour du cadran avec Charlie Dalin
A propos du Vendée Globe, on parle souvent de météo, de technologie, d’exploit, des mers du Sud, de sponsors….
Mais il est un sujet de la plus haute importance durant cette course autour du monde, c’est la gestion du sommeil par les skippers.

La physiologie de chacun n’étant pas la même, les composantes génétiques non plus, chaque skipper va réagir différemment face aux contraintes liées à une navigation 24h sur 24 !

Parmi les dossiers de Presse reçus sur lereportersablais@gmail.com – la plupart d’ailleurs d’un contenu passionnant – nous nous sommes intéressés à celui de Charlie Dalin et Apivia qui consacre quelques pages intéressantes au sommeil, et plus particulièrement aux occupations du skipper Charlie Dalin, 24 heures durant.

Un tour du cadran avec Charle Dalin

1er quart: de minuit à 6h du matin (voir rosace ci-dessous)
Minuit à 1h: Le skipper va effectuer des réglages (cap du bateau, voiles…).
Puis il procédera à la récupération de fichiers météo.
1h à 2h: Il va réaliser une analyse approfondie de la météo. Cette analyse sera effectuée 4 fois dans les 24 heures.
2h à 3h: Il effectue des rangements, va aussi éponger, et il se tient prêt à manoeuvrer.
3h à 4h ou 3 à 5h: Le skipper va commencer son sommeil fractionné. Sur sa rosace, sont mentionnés 2 x 1 heure de sommeil et 4 fois 10 minutes, ce qui fait un peu moins de 3 heures.
Mais la durée dépend des contingences et varie en réalité de 3 à 5 heures par jour.
4h à 5h: Le skipper va effectuer des réglages (cap du bateau, voiles…).
5h à 5h30: Il effectue des rangements, va aussi éponger, et il se tient prêt à manoeuvrer.
5h30 à 6h: Petit-déjeuner. A ce sujet, notons que 160 kg de nourriture sont embarqués à bord d’Apivia. Et que sur le plan diététique, Charlie Dalin a travaillé avec une diététicienne, Virginie Auffret, sur un suivi nutritionnel en mettant au point un mode alimentaire adapté à la course.
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2ème quart: de 6h du matin à midi (voir rosace ci-dessous)
De 6h à 6h30: le skipper effectue une sortie sur le pont et procède à une inspection du bateau, du matériel, des voiles etc…
De 6h30 à 7h: Il utilise, si nécessaire, les outils de communication autorisés.
Dans la tranche 7h à 7h30: le skipper va s’octroyer.. à peine 10 minutes de sommeil. On rappelle qu’en plus des 2 à 4h de sommeil, le skipper dormira en fractionné à raison de 4 périodes de 10 minutes étalées sur les 24 heures.
Entre 7h30 et 8h30: le skipper va effectuer des réglages (cap du bateau, voiles…).
De 8h30 à 9h: Il effectue des rangements, va aussi éponger, et il se tient prêt à manoeuvrer.
De 9h à 10h: Il va réaliser une analyse approfondie de la météo. Cette analyse sera effectuée 4 fois dans les 24 heures.
De 10h à 11h: le skipper effectue une sortie sur le pont et procède à une inspection du bateau, du matériel, des voiles etc… (la précédente a eu lieu à 6h du matin, et les suivantes auront lieu à 18h et 22h30).
De 11h à 11h30: Communication.
De 11h30 à Midi: Récupération des fichiers météo.
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3ème quart: de midi à 18h (voir rosace ci-dessous)
De midi à 13h: Analyse approfondie de la météo. Cette analyse sera effectuée 4 fois dans les 24 heures.
Entre 13h et 13h30: le skipper va s’octroyer à nouveau 10 minutes de sommeil. On rappelle qu’en plus des 2 à 4h de sommeil, le skipper dormira en fractionné à raison de 4 périodes de 10 minutes étalées sur les 24 heures.
De 13h30 à 14h: le skipper effectue des réglages (cap du bateau, voiles…).
De 14h à 15h: Il effectue des rangements, va aussi éponger, et il se tient prêt à manoeuvrer.
Entre 15h et 16h: Déjeuner.
Rappelons que 160 kg de nourriture ont été embarqués à bord d’Apivia. Et que sur le plan diététique, Charlie Dalin suit un mode alimentaire adapté à la course, mis au point en début d’année. Un soin est apporté aux apports de vitamines, d’antioxydants et minéraux. Et le skipper a même droit à du chocolat noir qui contient des antioxydants et du magnesium, et qui peu apaiser l’humeur…
De 16 à 17h ou de 16h à 18h: Sommeil fractionné. Deuxième tranche importante, entre 1 à 2 heures, durant ces 24 heures.
De 17h à 18h: le skipper effectue des réglages (cap du bateau, voiles…).
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4ème quart: de 18 à minuit (voir rosace ci-dessous)
De 18h à 18h30: nouvelle sortie sur le pont pour une inspection du bateau, du matériel, des voiles etc… (les précédentes ont eu lieu à 6h du matin et 10h, et la suivante aura lieu à 22h30).
Entre 18h30 et 19h30: le skipper va s’octroyer à nouveau 10 minutes de sommeil. On rappelle qu’en plus des 2 à 4h de sommeil, le skipper dormira en fractionné à raison de 4 périodes de 10 minutes étalées sur les 24 heures.
De 19h30 à 20h: le skipper effectue des réglages (cap du bateau, voiles…).
De 20h à 21h: Analyse approfondie de la météo. Cette analyse sera effectuée 4 fois dans les 24 heures.
Entre 21h et 22h: le skipper effectue des rangements, va aussi éponger, et il se tient prêt à manoeuvrer.
A 22h: Dîner. Rappelons que 160 kg de nourriture ont été embarqués à bord d’Apivia. Et que sur le plan diététique, Charlie Dalin suit un mode alimentaire adapté à la course, mis au point en début d’année. Les apports d’énergie sont importants par temps froid.
Entre 22h30 et 23h: nouvelle et dernière sortie sur le pont, pour cette tranche de 24h, pour une inspection du bateau, du matériel, des voiles etc… (la suivante aura lieu à 6h du matin).
De 23h à 23h30: Communication.
Entre 23h30 et Minuit: le skipper va s’octroyer à nouveau 10 minutes de sommeil. On rappelle qu’en plus des 2 à 4h de sommeil, le skipper dormira en fractionné à raison de 4 périodes de 10 minutes étalées sur les 24 heures.
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Les portes du sommeil
On l’a vu plus haut. Sont prévues 2 à 4h de sommeil, ainsi que 4 périodes de 10 minutes étalées sur les 24 heures.
Il s’agit des créneaux les plus favorables pour un sommeil réparateur. Mais ceux qui ont été choisis sont les plus bénéfiques pour Charlie Dalin. L’horaire peut être bien différent pour d’autres skippers.

 

Charlie Dalin
©JM.Liot – Alea / Disobey / Apivia

Le sommeil, une composante essentielle
Charlie Dalin a travaillé sur cette problématique avec le Dr François Duforez, directeur de l’Institut European Sleep Center, et « expert dans le domaine du sport et des conditions extrêmes ».
Tous les skippers savent qu’il est, bien sûr, important de bien dormir. La difficulté réside, en fait, dans le choix du bon moment pour dormir, le skipper restant malgré tout dépendant des circonstances, notamment la météo.
Une base est établie – comme celle mentionnée plus haut dans les rosaces – mais elle n’est que théorique. Le docteur Duforez explique qu’il faut donc « favoriser un sommeil réellement récupérateur: le sommeil profond. »
La nutrition joue là aussi son rôle: ainsi, certains aliments vont favoriser le sommeil, tandis que d’autres permettront de maintenir une vigilance accrue.

Les évolutions technologiques ont permis d’accroître la vitesse du bateau, mais l’arrivée des foils accentuant le « vol » au-dessus de l’eau favorise son instabilité.
Cela sous-entend davantage de risques et des problématiques de sécurité. La gestion du sommeil n’en est donc que plus importante afin que le skipper puisse conserver tous ses moyens.
Le docteur Duforez ne s’en inquiète pas pour autant: « Je suis préoccupé mais pas inquiet. Je fais confiance à la capacité d’adaptation de Charlie et des autres marins. leur métier et leurs expériences leurs permettent de se soumettre aux conditions et aux circonstances (…). »

 

Charlie Dalin
©MxHorlaville / disobey./ APIVIA

Un lit adapté
La literie qui a été choisie a été dessinée afin de « contrer les mouvements de l’Imoca. » Elle comprend des « mousses spéciales à résilience forte permettant d’absorber les chocs et les vibrations. »

Les 33 skippers vont donc devoir lutter contre les éléments mais aussi contre un épuisement qui va aller en augmentant s’ils ne gèrent pas comme il se doit leur sommeil.
Et les circonstances – tempête – vont entraîner un surcroît de vigilance nécessaire, augmentant parallèlement leur « dette » de sommeil.
Avec parfois des dérèglements: « un état de privation de sommeil entraîne des dérèglements physiologiques, métaboliques et psychologiques importants. 24 heures consécutives passées sans dormir provoquent les mêmes effets qu’un taux d’alcoolémie de 1 gramme par litre de sang. Très rapidement, la lumière et le bruit deviennent insupportables, puis l’appareil digestif se détraque, la perte de vigilance s’accentue et des hallucinations surgissent, conduisant à des actions dangereuses et des accidents. »

Heureusement, les skippers ont une expérience en la matière et savent gérer leur sommeil pour atteindre ce sommeil profond récupérateur.
Il n’empêche, au retour d’un Vendée Globe, il leur faut plusieurs mois pour récupérer de ce sommeil désynchronisé.

 

Philippe Brossard-Lotz

Le Reporter sablais

© Sources: Dossier de Presse Apivia / Charlie Dalin.
© Schéma rosace: Apivia / agence Disobey

Vendée Globe – Le Tour du cadran avec Charlie Dalin

 




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