Sion - ancien Casino dans les années 60 - © Photo: DR

Vendée – Permis de démolir pour l’ancien Casino de Sion

Vendée – Permis de démolir pour l’ancien Casino de Sion




Le sort de l’ancien Casino de Sion paraît désormais scellé. Ce sera la destruction. Une destruction programmée, d’autant que les services culturels de la DRAC n’ont pas jugé utile de défendre son maintien au sein d’îlots caractéristiques de l’image de station balnéaire de Sion (hôtel Frédéric, l’îlot Jeanne d’Arc et quelques villas du bord de mer.)
Déjà en 1963, le Casino avait failli disparaître: lors de la séance du Conseil municipal du 10 avril 1963, les débats s’étaient envenimés et après le dépouillement d’un vote à bulletins secrets, plusieurs conseillers avaient quitté la salle ! D’un côté certains souhaitaient alors détruire le bâtiment – dont l’état s’était dégradé – et de l’autre ceux qui veulaient le maintenir avec la location du rez-de-chaussée à M. Bazouin qui souhaitait alors y installer un café dancing.
Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant: POUR la conservation : 8 – POUR la démolition: 7 – Bulletin blanc: 1
Ainsi à une voix près, l’ancien Casino de Sion aurait pu être détruit en 1963!

Des débats similaires ont eu lieu depuis plusieurs années à Sion, avec une association de défense du Casino qui argumentait pour le maintien du patrimoine balnéaire de Sion et qui avançait l’intérêt historique du maintien du Casino et de son riche passé (Hôtel, Casino, colonies de vacances et Maison pour Tous/Salle communale). Ce Collectif de défense du Patrimoine balnéaire de Sion-sur-l’Océan estimait qu’il y avait d’autres alternatives possibles à la destruction et se demandait pourquoi celles-ci n’étaient pas étudiées.
Le Collectif de citoyens regrettait la «disparition du patrimoine balnéaire de Sion» et considèrait que la décision d’une éventuelle destruction, si elle se concrétisait, serait bien sûr désastreuse et irréversible.

En face, le maire Laurent Boudelier convaincu que ses projets sont à même de redonner vie à une station qui a tendance à s’engourdir.  Pour lui, cet ancien Casino n’a qu’environ 120 ans et ne relève pas d’un patrimoine architectural exceptionnel et ne témoigne pas d’une histoire singulière.
Il mettait aussi en avant les problèmes financiers liés à une éventuelle modernisation du bâtiment existant: en effet, les fondations ne seraient pas assez stables et la reprise, la mise aux normes, le soutien des fondations et de l’ossature etc… seraient très coûteux. Au surplus, il est vrai que le bâtiment a subi une dégradation architecturale par les différentes municipalités qui se sont succédées, la Ville en devenant propriétaire le 26 avril 1960 (Les deux ailes arrières qui lui donnaient son plan en H ont été supprimées pour agrandir le parking, en 1975 le pignon avec sa charpente en plein cintre a été supprimé et les épis aux extrémités des faîtages ont disparu. Quant au préau de bois, il a été remplacé par une surface couverte servant de bar au dancing La Sangria créé en 1963, sans doute plus pratique mais à l’architecture contestable, sans parler des quatre ouvertures qui ressemblent à des fenêtres de cagibis. Quant aux jardins et arbustes, ils ont laissé place à une dalle inesthétique dont une partie sert de parking.!)
L’objectif était donc de plutôt s’orienter vers une nouvelle salle moderne de 300 places pouvant servir aussi de salle de mariages et un lieu de vie qui comprendrait l’Office de Tourisme. Pour établir des projets, des Ateliers participatifs (oct-nov. 2016) sur l’avenir du site avaient été organisés.

Le 15 décembre 2017 s’est réuni le Conseil municipal de Saint-Hilaire de Riez dont dépend Sion.
A été présenté un rapport de salinité dont voici les éléments.

 

D’autre part le CAUE et la Drac avaient été sollicités par l’Association de défense. Voici quelles furent les réponses, telles que présentées lors du Conseil municipal.

En conséquence, compte tenu de ces deux avis consultatifs et en raison, selon lui, d’impératifs de sécurité, le maire Laurent Boudelier a proposé de mettre aux voix une demande de permis de démolir et à engager les travaux relatifs au projet communal.
Cette délibération a obtenu 24 VOIX POUR et 9 VOIX CONTRE.
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

Lire aussi: http://www.lereportersablais.com/vendee-lavenir-de-sion-sur-locean-a-la-croisee-des-chemins/

Histoire du Casino de Sion:
En 1903, Eugène Guiltat – un maître d’hôtel parisien – et son épouse font construire le Grand Hôtel des Pins et de l’Océan après avoir acheté quatre parcelles à Sion en décembre 1902. Ils s’étaient installés auparavant à Saint-Hilaire-de-Riez pour y exercer une activité hôtelière où ils firent construire la villa « Notre-Dame des Pins ».
La surface du Grand Hôtel, face à la mer, était de 744 m2. Le corps principal du bâtiment et ses deux extrémités formaient un H et comprenaient deux niveaux. A l’arrière, deux ailes complétaient l’ensemble mais avec un seul rez-de-chaussée. La toiture était couverte de tuiles avec des arêtes et chaque extrémité des faîtages était prononcé par la mise en place d’épis. Côté mer, le toit du corps principal comprend un pignon décoré par une charpente apparente en plein cintre mettant en relief le nom de l’hôtel. Les nombreuses fenêtres comprennent un entourage de briques apparentes. A l’avant du bâtiment central se trouve une terrasse – préau sur toute la largeur et dont la couverture est soutenue par des poteaux de bois avec des supports en croisillons.
Le rez-de-chaussée de l’hôtel comprenait une « vaste salle à manger, salle de café, salons, cuisine, arrière-cuisine, cave, salle de bain et vestibule » tandis que l’étage comportait « quatorze chambres à coucher et water-closets. » Dans les deux ailes à l’arrière se trouvaient « écurie, remise et dépendances. »
La saison 1904 n’aura pas suffit à payer les emprunts. Le 27 mars 1905, l’hôtel est déclaré en faillite et les biens des Guiltat sont mis aux enchères à la mairie de Croix-de-Vie le dimanche 27 août 1905 par Maître Graveleau, notaire. L’hôtel et son mobilier sont acquis pour le prix de 32.200 francs par l’avocat et historien Maître Henri Renaud, fort connu aux Sables d’Olonne. Il acheta également le premier établissement d’hôtellerie des Guiltat, la villa « Notre-Dame des Pins ». Après un début d’exploitation – sans doute par le maître d’hôtel Alphonse Bertin qui avait enchéri pour le compte d’Henri Renaud – l’établissement cessa son activité. Le 4 juillet 1936, Me Henri Renaud et ses deux filles, Anne Renaud et Alice Renaud épouse Lindemann, vendirent l’hôtel à des restaurateurs, Maurice Déséchaliers et son épouse Célanie Jaulin (étude de Me Maurice Puiroux, notaire à Croix-de-Vie).
Du 1er octobre 1936 au 30 juin 1939 (hors période de la saison d’été), le maire Louis Morineau loua des pièces et chambres du rez-de-chaussée afin d’y organiser deux puis trois classes scolaires, pour un total de 80 à 100 enfants, jusqu’à la création d’un groupe scolaire prévu pour septembre 1939.
Durant les vacances scolaires, l’hôtel accueille également des colonies de vacances provenant de Montmorillon.
De 1940 à 44, comme pratiquement partout sur le littoral vendéen, l’hôtel est réquisitionné par les troupes allemandes.
Pierre Burgaud, maire de St-Hilaire achète l’hôtel-casino à la mère de Maurice Déséchaliers, divorcé et décédé le 10 décembre 1952. L’achat s’effectue le 26 avril 1960, le conseil municipal souhaitant y faire une place du marché et considérant que la place du marché de Sion est nettement trop petite et que le parc à voitures est insignifiant. La Ville loue le bâtiment pendant la saison d’été pour les colonies de vacances de Chauvigny, Montmorillon et Lussac-les-Châteaux.




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