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Vendée – L’intrigue qui met en haleine toute la Vendée scientifique et historique

Vendée – L’intrigue qui met en haleine toute la Vendée scientifique et historique




Dans une semaine, le 14 octobre 2018, les Vendéens sauront. Mais, en attendant, c’est un suspens intenable qui tenaille toute la Vendée.
Il y a eu le mystère de Fatima, il y a aujourd’hui le mystère du Docteur Marcel Baudouin.

Marcel Baudouin

Le scientifique et le journaliste
Le Docteur Baudouin – Edmond Fidèle Marcelin Baudouin dit Marcel Baudouin – n’est pas un charlatan. C’est un homme de science, un savant – archéologue, ethnographe – qui fut réputé en Vendée et qui fut l’un des membres-fondateurs de la Société préhistorique française dont il deviendra le Secrétaire-Général.
Il est né à Croix-de-Vie (Vendée) le 15 novembre 1860 et y décède le 29 janvier 1941 à 81 ans.
Son père fut entrepreneur de travaux publics, son grand-père fut chirurgien sous le Premier Empire et l’un de ses aïeuls fut maire de Croix-de-Vie sous la Révolution.

Il sera élève de l’Ecole de Garçons de Saint-Gilles, puis élève du Lycée de La Roche-sur-Yon (1871-1880). En 1879-80, il devient Bachelier es-lettres de Poitiers, et à quinze jours d’intervalle, Bachelier es-sciences-mathématiques à Rennes.
Il poursuivra des études de médecine en 1880 à Nantes. En 1881, il sera externe des Hôpitaux et en 1883 interne. Il sera l’élève du réputé Professeur A. Viaud-Grand-Marais, du professeur de botanique Ménier ainsi que du Professeur Louis Bureau. Passionné d’histoire naturelle, c’est par Viaud-Grand-Marais qu’il fut initié à la biologie des animaux et des plantes de la Vendée et de Noirmoutier.
Il ne restera interne à Nantes qu’une seule année avant de partir à Paris où il devient externe en 1884 et interne en 1886.
En 1883, il devient externe des Hôpitaux de Paris et en 1885 Interne Des Hôpitaux de Paris. Il sera à trois reprises Lauréat de l’Académie de Médecine.

On lui prête bien des métiers et activités: archéologie et ethnographie donc, mais aussi médecin, naturaliste, anthropologue, homme politique. Et des passions avec, parmi elles, l’art et même le tourisme (il sera Président du syndicat d’initiative du Hâvre-de-Vie.)
Il abandonne très rapidement son activité de praticien pour s’intéresser à la presse scientifique.
Journaliste scientifique, il était très prolifique. Il a ainsi rédigé plus de 600 articles et textes, essentiellement scientifiques, parfois historiques sur des thèmes très variés, dont beaucoup pour les revues de l’Ass. française pour l’avancement des sciences, de la Société préhistorique française, de  La Presse dentaire, de la Presse médicale, et pour Le Progrès médical (dont il fut le Secrétaire de rédaction) ou La Revue du Bas-Poitou:
néolithique, anatomie, thérapie, mégalithes, antiseptie à l’hôpital Bichat, Assistance chirurgicale instantanée, Nouveau Projet d’organisation pour la Ville de Paris du service des prompts secours en cas d’accidents, Bassin et polissoirs du menhir de Pierre-Levée, Stratigraphie de quatre oeuvres humaines néolithiques superposées, Blasons de Vendée extraordinaires, La Croix blanche des fermes du Bocage vendéen, Le coeur vendéen, Les Côtes de Vendée des Sables-d’Olonne à Bourgneuf, de la période néolithique au moyen-âge etc…..Il fut Secrétaire-Général de l’Association de la Presse médicale française, Secrétaire-général de la Presse scientifique, rédacteur en chef-fondateur des Archives provinciales de Chirurgie. Egalement Directeur technique de l’Institut de Bibliographie scientifique (une bibliothèque documentaire mobile avec des ouvrages de médecine et des fiches bibliographiques) et Secrétaire du Congrès français de Chirurgie.
Il a créé et dirigé la revue L’Homme préhistorique ainsi que La Revue des Sciences naturelles de l’Ouest, et a aussi créé les Congrès préhistoriques de France.
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Une tentative politique sans grande réusssite
Il fut aussi maire de La Barre-de-Monts pendant deux ans, de 1896 à 1898. Anticlérical, il est aussi positionné comme « Républicain radical. »  Il se présente aux élections législatives en 1906 et 1910 au nom de la Fédération républicaine du Pays de Monts afin d’être élu à la Chambre des députés. Sans succès!
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Marcel Baudouin, avec ses amis collègues médecins (assis, 2ème à partir de la gauche).

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Une passion pour le folklore, les moeurs et coutumes de Vendée

S’il se passionne pour l’ethnographie, l’archéologie et la science médicale, il s’intéresse aussi aux moeurs et coutumes, aux légendes et d’une manière générale au folklore, organisant fêtes folkloriques et élections en costumes.
Il est ainsi l’auteur d’un texte sur l’origine du double cœur vendéen ainsi que d’ouvrages sur le maraichinage, le jeu d’aluette, les tasses à vin, les sources guérisseuses, les pierres à légende, sur l’industrie de la sardine en Vendée, les échouages des cétacées en Vendée, la géologie vendéenne…
Dans un texte édité par la Société d’émulation en 1933, il indique « qu’au départ, il excursionne à Noirmoutier pour récolter (et analyser) lichens et algues » puis il précise: « Depuis, je suis devenu un professionnel préhistorien et folkloriste, ce qui me permettra de traiter avec autant de compétence qu’en botanique des questions relatives aux traditions populaires. »
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Il fut président de La Société d’Emulation de la Vendée, Président des Amis des Vieux Moulins de l’Ouest, membre d’honneur de la société Olona.
Au sein de sa maison située à Croix-de-Vie, il rassembla une grande documentation relative à la Vendée ainsi que différentes pièces historiques et scientifiques, sous le nom de Musée de Plein Air.
Un sujet qu’il connaissait bien puisqu’il avait été mandaté par la Direction générale des Beaux-Arts du ministère de l’Instruction publique, le Conseil général de la Vendée ainsi que par des sociétés savantes pour effectuer, à partir de 1903, des fouilles archéologiques en Vendée. Des travaux qui l’amenèrent à publier – durant les années 1902-03 à 38 – pas moins de 104 articles consacrés à la préhistoire dans le Poitou.

Le Maraichinage – Coutume du Pays de Mont (Vendée) qui décrit les modes permissifs de fréquentation entre jeunes des deux sexes dans le Marais Breton – Vendéen a connu un grand succès.
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Une étude sur le cerveau de Gambetta
Ses différentes recherches et ses postes au sein de nombreuses associations scientifiques et ses parutions nombreuses lui apportent une notoriété certaine. Il fut aussi Délégué du Gouvernement Français au Congrès International de la Médecine à Berlin en 1890, à Rome en 1898 et Commissaire à l’exposition de Chicago en 1893.

Son étude sur le cerveau de Gambetta (in le Progrès médical – 1886 – ci-dessous en trois feuillets) ainsi que son Guide médical à l’Exposition universelle de 1889 participèrent à sa renommée. Il sera d’ailleurs membre du Jury de l’Exposition universelle de 1900.


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Ci-dessous l’étude sur le cerveau de Gambetta

 

Guide médical à l’Exposition universelle 1889

 

 

Marcel Baudouin par Nade – © Photo: Wikipedia

 

La tombe de Marcel Baudouin
En 1940, il a 80 ans. Depuis une vingtaine d’années il est atteint d’asthme.
Mais, « En octobre 1940, sa santé s’est gravement ébranlée. les évènements tragiques de mai et de juin (prémices de la seconde guerre mondiale) l’avaient profondément affecté, car il aimait son pays. A plusieurs reprises, il m’avait dit combien il était déchiré et combien il en souffrait. Il faut l’avoir vu alors, le teint pâle, les yeux fiévreux et caves, les traits creusés et comme sculptés par le malheur, la voix éteinte, pour comprendre combien l’émotion avait ravagé ce robuste vieillard et quelle douleur silencieuse mais déchirante, allait s’établir en lui, sans recours jusqu’au terme suprême. (…) C’était en vain, un ressort était définitivement brisé en lui. Au début de janvier, ses forces déclinèrent rapidement, un affaiblissement du coeur et une congestion pulmonaire devait l’emporter. » (Société d’émulation de Vendée)

Le Docteur Marcel Baudouin s’est éteint dans sa maison de Croix-de-Vie, le 25 janvier 1941. Ses obsèques ont eu lieu le 27 janvier à 13h30. Il repose au cimetière de Croix-de-Vie au pied du haut menhir de granit. Une marque de son intérêt pour les mégalithes! En 1903, son mémoire portait le titre de « Les Mégalithes submergés de la Baie de Bourgneuf. »
Au-dessus de sa tombe, un buste reconstitué dès 1931 par les fameux artistes, les frères Joël et Jan Martel et une inscription « Le savant, mouleur, cimentier. »
Le menhir couché a une histoire: provenant du quartier de la Tonnelle de St-Hilaire-de-Riez, il l’avait découvert en 1906 et tentait de le faire classer. Sans y parvenir, et afin qu’il ne soit pas détruit, il l’acheta et le fit installer derrière le caveau familial à Croix-de-Vie.

 

 

 

 

L’intrigue qui met en haleine toute la Vendée scientifique et historique
Les 11 ou 12 octobre 2018, soit dans quelques jours, l’Académie des sciences ouvrira un pli cacheté de Marcel Baudouin qu’elle conserve depuis un siècle, soit depuis la mi-octobre 1918.
Voici ce qu’indique l’Académie des Sciences: « La procédure de dépôt de plis cachetés à l’Académie remonte à la fin du XVIIe siècle. Elle permet à un chercheur ou à un inventeur de prendre date quant à une découverte scientifique ou l’invention d’un procédé. Cette démarche n’assure aucun droit commercial ou financier et se distingue du dépôt d’un brevet. Des listes et des registres d’enregistrement des plis parvenus à l’Académie sont disponibles dans la salle de lecture. »
Les plis demeurent à tout moment à la disposition de leurs auteurs ou sont ouverts par les académiciens cent ans après leur dépôt. Seuls les Académiciens peuvent assister à l’ouverture des plis.

Accompagnant ce pli cacheté, deux lettres de présentation et d’intitulé écrites par Marcel Baudouin, datées du 11 octobre 1918 – alors qu’il a 58 ans – et adressées au Président de l’Académie des Sciences.
Les Archives de Vendée indiquent que l’une des lettres est à en-tête de la Société préhistorique française, l’autre à en-tête d’un papier d’ordonnance de médecine au nom du Docteur Baudouin, ancien interne des Hôpitaux de Paris.

On apprend – toujours par les Archives de Vendée – que les plis mentionnent que le contenu est « relatif à une découverte préhistorique réalisée en août 1918 sur les côtes de Vendée, dans un gisement sous-marin. »
Ce qui est certain, c’est que l’on utilisait ce système de plis cachetés uniquement pour des découvertes d’intérêt et importantes.
Le scellé brisé, le 11 ou le 12 octobre 2018, les Vendéens du monde scientifique et historique en sauront davantage. En attendant, toutes les supputations sont de mise!
Mise à jour: On sait, par ses écrits, qu’il s’intéressait beaucoup au Gois de Noirmoutier et à des mégalithes submergés dans la baie de Bourgneuf.

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
(Sources: Société d’Emulation de la Vendée, Archives départementales de Vendée, Le Reporter sablais, diverses documentations historiques.)
Note: Les Archives départementales disposent de 50m linéaires de ses archives, et le Musée de l’Abbaye Ste-Croix aux Sables d’Olonne conserve son fonds photographique (3000 plaques de verre sur l’archéologie, l’ethnographie, la médecine ou la botanique.)

À propos Le Reporter sablais

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