Le Mystère de La Pérouse au Puy du Fou

Vendée – Le nouveau challenge à 10 millions d’euros du Puy du Fou

Vendée – Le nouveau challenge à 10 millions d’euros du Puy du Fou




Le 7 avril 2018, Le Puy du Fou présentera un nouveau spectacle. Sur les 27 millions d’euros consacrés par le célèbre Parc vendéen aux investissements pour l’année 2018, ce spectacle aura nécessité pas moins de 10 millions d’euros.
Ainsi que cinq ans de réflexion et une année de travail qui vont s’achever par des travaux menés tambour battant avant l’ouverture, grâce à 200 ouvriers et techniciens qui sont sur le pont – c’est le cas de le dire puisqu’il s’agit de la construction d’un bateau – nuit et jour, par rotation. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, et Laurent Albert, Directeur Général, bien que légèrement stressés, restent optimistes; ce n’est pas la première fois que les chantiers du Puy du Fou doivent jongler avec le temps qui passe, inexorablement. L’histoire n’attend pas.

L’impératif des investissements
Les Parcs d’attractions ont une obligation: s’ils veulent conserver leur attrait, ils doivent impérativement investir et investir, sans cesse, afin de conquérir de nouveaux clients mais aussi faire revenir ceux qui ont déjà effectué une visite. Il est intéressant à ce sujet de savoir que le taux de revisite est de 65% au Puy du Fou.
Sans investissement conséquent, c’est la mort économique assurée. Et le Puy du Fou – créé en 1977 – l’a bien compris: de 5,1 millions d’euros d’investissements en 2003, il est passé à 30 millions d’euros en 2017. Et 2018 n’est pas en reste avec 27 millions d’euros prévus. « On accélère la création pour proposer à nos visiteurs toujours plus de nouveautés » déclare Nicolas de Villiers.
C’est la course à la fréquentation pour tous les Parcs. Dans le même temps, la fréquentation du Puy du Fou reste assez remarquable; elle est passée de 1.105.000 visiteurs en 2002 à 2.260.000 en 2017.

Les ratios Investissements / Chiffre d’affaires pour le Puy du Fou restent cependant assez élevés. On est très loin des 10% prônés par certains spécialistes il y a une dizaine d’années.
2005: 11,8% du CA (3,5 millions d’euros d’investissements pour 29,6 millions d’euros de CA) – 2007: 31,21% (10,8 pour 34,6) – 2011: 18,20% (9,3 pour 51,1) – 2012: 16% (8,9 pour 55,7) – 2013: 16,95% (10,8 pour 63,7) – 2014: 32,11% (23,7 pour 73,8) – 2015: 12% (10 pour 83) – 2016: 26,78% (27 pour 100,8) – 2017: 27,88% (30 pour 107,6). Depuis sa création, le Puy du Fou a ainsi réinvesti 500 millions d’euros!
Mais tous les Parcs sont à la même enseigne: chaque nouvelle attraction est payée entre 7 et 15 millions d’euros et pour Disneyland-Paris on atteint des sommes faramineuses: 100 à 150 millions d’euros.
Gare au surendettement pour ceux qui n’ont pas les reins solides! Financièrement, il y a désormais des règles absolues pour tous les parcs concernant les ratios investissements/CA ou masse salariale/CA, les revisites ou les coûts d’acquisition de la clientèle (publicité, partenariats et promotions). On rappellera qu’exercent au Puy du Fou 233 permanents et 1950 saisonniers (et plus de 3600 bénévoles notamment pour la Cinéscénie).

Laurent Albert et Nicolas de Villiers expliquent le projet Le Mystère de La Pérouse

Les investissements servent aussi des stratégies: on notera par exemple l’internationalisation souhaitée par le Puy du Fou avec des accords pour des spectacles aux Pays-Bas (Raveleijn), ou la Cinéscénie Kynren en Angleterre depuis 2016.
A Tolède en Espagne, un Parc est programmé pour 2021 mais c’est dès 2019 qu’un premier spectacle sera monté sur ce même site. Des projets sont aussi en cours en Russie et il se dit que la Chine serait intéressée. Dans des pays où le potentiel historique et artistique n’est plus à démontrer.
L’ouverture en 2017 au Puy du Fou d’un 5ème hôtel, La Citadelle avec 100 chambres et 448 lits (investissement de plus de 15 millions d’euros), n’est pas anodine: cela peut inciter à allonger la durée de visite et donc à vendre davantage de billets d’entrée et à accroître la consommation: nuits d’hôtels, repas et produits dérivés. Le Puy du Fou propose désormais avec sa « Cité nocturne » environ 400 chambres et 2000 lits.
Mais, à l’inverse, cette logique implique de pouvoir proposer suffisamment de spectacles et d’animations – ou d’améliorations – pour justifier une présence sur deux ou plusieurs jours. La scène de la Cinéscènie est régulièrement agrandie ou améliorée et un projet de développement du Grand Parc serait sur les rails. Sans doute l’un des pans des futurs investissements qui atteindront plus de 200 millions d’euros d’ici 2025! La place est disponible, environ 130 ha utilisés aujourd’hui sur un potentiel de près de 500 hectares.
Parallèlement, la saison du Puy du Fou est élargie de début avril au 4 novembre 2018 (au lieu de fin septembre).

Originalité et innovation
Mais l’investissement ne suffit pas, ou plus, car la concurrence entre les Parcs d’attractions mais aussi avec les différents Centres de loisirs (sports, parcs aquatiques, parcs zoologiques, aquariums, parcs à thème comme le Futusroscope ou Vulcania etc…) – qui cherchent tous à capter peu ou prou la même clientèle – est rude. Il faut donc investir mais dans des créations innovantes et originales qui attireront le grand public.
Les prix obtenus par le Parc du puy du Fou montrent que le résultat culturel est là:
– en 2012, il est élu « Meilleur Parc du Monde » à Los Angeles (Thea Classic Award);
– en 2014, il est à nouveau élu « Meilleur Parc du Monde » à Orlando (Applause Award);
– en 2016, il reçoit le Thea Award de la « Meilleure création » pour « Les Amoureux de Verdun » à Los Angeles;
– et en 2017, il obtient le Thea Award de la « Meilleure création » pour « Le Dernier Panache » à Los Angeles.
– en 2017 également, Philippe de Villiers reçoit le « Hall of Fame Award » de l’IAAPA en tant que fondateur du Puy du Fou et pour sa contribution dans le développement des Parcs à thème (Orlando 2017)

Le résultat culturel et les résultats financiers aussi : entre 2004 et 2017, le chiffre d’affaires est passé de 27,4 millions d’euros à 107,6 millions d’euros.

Retombées économiques pour la Vendée
Selon une étude réalisée en janvier 2017 par le cabinet ProTourime « le parc génère 277 millions d’euros de retombées économiques chaque année (+40% en 3 ans) et engendre 4 700 emplois directs et indirects. Chaque euro dépensé par le Puy du Fou entraine 3,5 euros de retombées économiques et chaque visiteur du Puy du Fou dépense 3,2 euros sur le territoire environnant lorsqu’il dépense 1 euro au Puy du Fou. »

Jean-François de La Pérouse (©Wikipedia)

Le Mystère de La Pérouse
Le 7 avril 2018, Le Puy du Fou présentera donc un nouveau spectacle ayant nécessité 10 millions d’euros: le Mystère de La Pérouse.
Le navigateur Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, est parti de Brest le 1er août 1785 pour un voyage maritime autour du monde à bord de « La Boussole » accompagnée de « L’Astrolabe » , des gabares transformées en frégates.

Les spectateurs seront en immersion totale, à bord du navire recréé par les équipes du Puy du Fou, et auront l’impression de revivre pleinement la folle expédition de La Pérouse. Et on comprend que les équipes du Puy du Fou aient voulu faire revivre cette expédition car le naufrage des deux navires, la disparition de La Pérouse et de ses 226 compagnons en 1788, ont toujours fasciné les passionnés d’aventures maritimes (le 10 mars 1788, les deux vaisseaux appareillent. On n’aura dès lors plus de nouvelles. Le dernier courrier envoyé depuis l’Australie par La Pérouse date du 7 février 1788.)
Lien supplémentaire, le second de La Pérouse*, le Chevalier Anne-Georges-Augustin de Monti, Lieutenant de Vaisseau, est né à 10km du Puy du Fou, dans la commune du Boupère, dans le château du Fief Milon.

(* Monti fut d’abord lieutenant et second du Cdt Paul de Langle sur l’Astrolabe. Mais ce dernier fut massacré en décembre 1787 par des habitants de l’île de Maouna. Monti prit le relais en tant que Capitaine de l’Astrolabe puis devint second de La Pérouse sur La Boussole.)

Château du Fief Milon (© DR – Droits Réservés)

 

Louis XVI donnant ses instructions à La Pérouse
Copie du tableau de Nicolas Monsiau, 1817, Musée de Versailles, réalisée par le peintre albigeois Daniel Roustit en 1988. (Wikipedia – Auteur Photo: ClaireM1FLEUnivRéunio)

L’expédition La Pérouse, avec ses deux vaisseaux et ses 226 marins et embarqués, avait été souhaitée par le roi Louis XVI afin de découvrir des terres inconnues et inexplorées et par là-même compléter les informations géographiques et scientifiques sur le Pacifique. C’est pourquoi l’expédition comportait des dessinateurs, des botanistes, des astronomes et autres savants…
Mais celle-ci comportait des risques et les vaisseaux se fracassèrent sur les récifs de l’île de Vanikoro / ex-Ile de la Recherche (Iles Salomon).
On sait, par la transmission orale, qu’il y eut des marins français survivants: l’un des vaisseaux aurait coulé et l’autre se serait échoué durant une forte tempête. La cloche, des canons, des ancres de l’Astrolabe sont retrouvés mais rien concernant la Boussole. Ce n’est qu’en 1964 que l’épave de La Boussole est retrouvée. A partir de 1981, une association lance des fouilles avec l’aide de différents ministères. Et en 1999, le camp Païou situé sur l’île de Vanikoro* où ont séjourné les naufragés est découvert. Mais on ne sait s’ils sont morts sur place ou s’ils ont quitté l’île pour d’autres horizons…. aucune sépulture n’ayant été retrouvée.
(*Ile de Vanikoro: 1200 habitants actuellement).

Expédition La Pérouse / L’Astrolabe et la Boussole ©Musée national de la Marine

 

Partie de Brest, l’expédition traverse l’Atlantique, passe le Cap Horn, fait escale aux îles de Pâques et à Hawaii. Après l’Alaska, c’est la traversée du Pacifique, La Chine / Macao, Les Philippines / Manille, la Corée, St-Pierre et St-Paul puis les îles Samoa et Tonga, et enfin Botany Bay en Australie en janvier 1788.

Expédition La Pérouse (©Wikipedia)

 

C’est donc cette aventure extraordinaire que va faire revivre Le Puy du Fou au sein d’un navire dont la construction a nécessité l’action de 35 entreprises et de 280 personnes. Cinq ans d’études sur le projet et une année de construction ont été nécessaires.
La visite – d’une durée d’environ 20mn – permettra le franchissement simulé du Cap Horn, de l’Alaska etc…: tangage, ambiance sonore, cris et ordres de commandement, combats, paquets d’eau, marins en action, cabinet des savants, mise en lumière… tout a été imaginé pour que le visiteur soit plongé dans l’univers du navire, tout au long de son parcours.
« On aurait pu raconter cette histoire de manière très différente en la mettant en scène à la façon du Dernier Panache, mais finalement on a choisi d’inviter nos visiteurs à monter à bord! » précise Nicolas de Villiers pour expliciter le choix d’un parcours plutôt qu’un spectacle traditionnel. « D’une manière vivante, en rentrant dans un spectacle vivant et non en proposant un film sur La Pérouse » ajoute Laurent Albert.
« Nous voulons créer des choses inédites et originales, le spectacle de La Pérouse est ainsi très différent de ce que nous avons fait auparavant et on ne retrouve pas de spectacle de ce genre ailleurs dans le monde » complète Nicolas de Villiers.
Première découverte le 7 avril 2018!  CI-DESSOUS 2 VIDEOS

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Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

Vidéo avec quelques extraits du spectacle non finalisé et les explications de Nicolas de Villiers et de Laurent Albert:




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