Anne-Cécile Staub et Anne-Sophie Fagot - Elues Mairie de La Roche-sur-Yon

Rythmes scolaires à La Roche-sur-Yon : la déchirure !

Une vraie déchirure entre la Mairie de La Roche-sur-Yon représentée par son adjointe à l’Education, Anne-Sophie Fagot, et la Directrice académique Anne-Marie Bazzo ! Motif : les rythmes scolaires. C’est incidemment – une note complémentaire à un Sms reçu par le maire et, pour les détails, par la presse – que la première aurait appris que la grande majorité des horaires des rythmes scolaires* étaient maintenus en l’état. Une grande déception pour Anne-Sophie Fagot qui explicite les raisons des choix qui avaient été faits. Anne-Marie Bazzo apporte également son éclairage.

La Mairie de La Roche-sur-Yon était partie d’un constat : une trop grande disparité existait concernant les Activités Péri-éducatives (APE) entre les établissements, avec par exemple des écarts horaires dans le même groupe scolaire ou d’un établissement à l’autre. L’objectif était donc d’assurer une harmonisation pour l’ensemble des jeunes Yonnais en choisissant pour les temps d’enseignement les horaires durant lesquels les enfants sont les plus performants, et de fixer les activités APE sur les tranches horaires où leur attention est émoussée. En somme, des parcours éducatifs complétés par des activités favorables à l’épanouissement des enfants (2h15 d’APE prévues).
Pour travailler à cette harmonisation des contenus et des horaires, Anne -Sophie Fagot indique qu’une année supplémentaire a été mise à profit afin de procéder à une concertation pleine et entière et « bien faire les choses. » Pour cela, des groupes composés de personnes du monde éducatif et de parents sont créés qui conduisent à la création de quatre scénarios possibles en matière de rythmes scolaires « ce qui permettait malgré tout de nombreuses alternatives » ajoute-t-elle. Ces scénarios devaient être avalisés par les « Conseil d’école » et ensuite validés par la Directrice académique Anne-Marie Bazzo.

Nouveau vote à la demande de la Directrice académique
« Des débats ont eu lieu dans les Conseils d’école, les votes ont ainsi été éclairés par ces échanges et à part deux écoles les Conseils étaient globalement favorables à l’un des scénarios » précise Anne-Sophie Fagot.
Malgré ces votes, la Direction académique semble vouloir les maintiens horaires de l’année précédente ruinant ainsi tous les espoirs d’harmonisation voulue par la Mairie « dans l’intérêt des enfants. » Entre temps l’Unsa se serait manifestée contre les modifications voulues et une pétition aurait réuni quelques dizaines de parents. La Direction académique se serait-elle laissée imposer ses choix par ce syndicat enseignant ? La question est posée…
Toujours est-il que Anne-Marie Bazzo ne valide alors les changements de rythmes scolaires que pour les écoles où il y a eu unanimité des votes en faveur de ces changements, et pour les autres établissements « elle fait organiser un nouveau vote en envoyant un courrier aux directeurs d’établissements, et cela même lorsqu’il y a eu un vote majoritaire » s’étonne Anne-Sophie Fagot.
Cette dernière est très étonnée par cette démarche, d’autant plus dit-elle, que même pour le cas où certains s’opposaient à un positionnement des APE en début d’après-midi en raison des temps de sieste (limitant donc l’accès aux APE), le scénario 2 proposé ne prévoyait pas ces APE tous les jours de la semaine sur ces créneaux de début d’après-midi.
« C’est irresponsable car l’application de ces réformes des rythmes scolaires repose sur la Mairie. C’est alarmant et inquiétant s’offusque-t-elle ! Cela va avoir des impacts sur l’enfant! »
« Le Maire, Luc Bouard, n’entend pas faire des économies sur cette réforme dans l’intérêt de l’enfant, tient à ajouter Anne-Sophie Fagot. Et le problème c’est que puisque rien ne bouge depuis deux ans – sauf pour les écoles où il y a unanimité – il va nous manquer des animateurs pour ces APE, sans doute une trentaine. » La solution de la « garderie » est évoquée. Plus sérieusement, le statu-quo maintiendrait les horaires de certains animateurs à 20% d’un temps plein, ce qui accentue la difficulté pour en recruter. En remontant certaines APE en début d’après-midi cela aurait permis aux animateurs d’assurer ensuite une deuxième tranche d’activités. Cela ne sera donc pas possible.
« Anne-Marie Bazzo a pris des décisions très tardives » regrette Anne-Sophie Fagot, « notre urgence désormais est de préparer la rentrée« , avec 6 écoles dont les rythmes scolaires vont changer puisque les Conseils d’écoles les ont voté à l’unanimité, mais pour les 24 autres c’est le statu-quo ante.

Anne-Marie Bazzo, Directrice académique

Anne-Marie Bazzo, Directrice académique

La réponse et les arguments d’Anne-Marie Bazzo
La Directrice académique Anne-Marie Bazzo a bien voulu nous préciser sa démarche lors d’un entretien le vendredi 1er juillet 2016.
« Les décisions concernant les rythmes scolaires relèvent de mes prérogatives » a-t-elle déclaré, ajoutant « les conseils d’école n’étaient pas favorables dans 24 écoles sur 30. J’ai fait refaire un vote mais sans commentaires, insiste-t-elle, car les premiers votes étaient accompagnés de commentaires. » (NDLR: Anne-Sophie Fagot parle de « débats, ce qui est parfaitement légitime. » ) Concernant les éventuelles pressions de l’Unsa, Anne-Marie Bazzo rejette cette argumentation, indiquant que les pressions ne viennent pas du tout de là, mais confirme malgré tout qu’elle a subi des pressions et même des intimidations : « Je n’ai pas à rentrer dans des considérations politiques. »
Elle justifie par ailleurs son choix de statu quo par le fait qu’elle « se doit d’avoir un consensus sur ces changements de rythmes scolaires. Ça aurait été bien plus facile pour moi de faire un changement global, mais je me dois de ne faire ces changements que s’il y a consensus » répète-t-elle.
Elle évoque aussi des membres des Conseil d’école qui veulent avoir de la stabilité et qui refusent donc des changements perpétuels qui empêchent de mettre en place des processus éducatifs sur du moyen terme.
Enfin, Anne-Marie Bazzo tient à relativiser ces polémiques en soutenant que ce qui est important c’est l’ensemble du volume horaire, les 24 heures, et non pas seulement les activités complémentaires, et « elle tient, dit-elle, à continuer à avoir des contacts constructifs avec la Mairie. »

Une démarche promise lors de la campagne des Municipales mais non aboutie
Lors de la campagne municipale, en 2013, Luc Bouard écrivait que « la réussite et l’épanouissement scolaires passent par le dialogue entre les élus, les parents et les enseignants. » Il ajoutait que, malgré l’expérimentation depuis une douzaine d’années de la semaine de 4,5 jours dans 4 écoles yonnaises, la précipitation du Maire sortant avait provoqué la grogne tant des parents d’élèves que du personnel territorial de la ville avec un mouvement de grève de ces personnels territoriaux.
« Cela témoigne d’une absence de concertation réelle en amont, avec les parents, ainsi qu’un manque de préparation avec les personnels concernés. Une autre méthode existe, plus attentive aux demandes des familles et du personnel , et donc plus respectueuse de l’intérêt des enfants » ajoutait-il. « Nous voulons la réussite des élèves, elle passe par la découverte de la culture et des sports, elle doit se faire dans le dialogue, avec un vrai projet pédagogique. Si réforme il y a, elle doit être mise en place à travers l’écoute des familles et des personnels municipaux chargés de la mise en œuvre. »
C’est pourquoi, dans le camp de la Municipalité, la déchirure ne semble pas prête à se refermer avec la Direction académique qui à ses yeux a ruiné tous les efforts consentis.
« C’est très décevant et la confiance est rompue » souligne Anne-Sophie Fagot, appuyée dans cet avis par Anne-Cécile Staub, déléguée au Soutien et à la réussite scolaire. « On a été transparent, on a effectué toutes les concertations, on a même fait des concessions pour aboutir aux quatre scénarios notamment pour l’horaire de fin de journée » argumente, dépitée, Anne-Sophie Fagot.
Une vraie déchirure !
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
lereportersablais@gmail.com

*Mise en œuvre à compter de la rentrée scolaire 2013, cette nouvelle organisation du temps scolaire à l’école primaire implique la concertation entre les services de l’éducation nationale et les collectivités territoriales à chaque niveau. En application du décret du 24 janvier 2013 relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, le directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN), agissant sur délégation du recteur d’académie, arrêtera l’organisation du temps scolaire des écoles, à l’issue d’un travail commun avec le conseil d’école, la commune ou  l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) qui peuvent élaborer des projets d’organisation du temps scolaire. L’objectif est d’articuler au mieux les temps scolaire et périscolaire, en visant la complémentarité entre les différentes activités proposées aux élèves au cours de la journée, et de permettre une adaptation aux situations locales (offre périscolaire, ressources culturelles et associatives, transports scolaires).

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