Exposition 150 ans du train aux Sables d'Olonne

L’exposition des 150 ans du Train aux Sables d’Olonne

Plus que quelques jours pour visiter cette exposition sur les 150 ans de l’arrivée du Train aux Sables d’Olonne (Hall de l’Hôtel de Ville – du 12 décembre 2016 au 9 janvier 2017). Après le Vendée Globe qui a mobilisé pendant longtemps, les services avec l’aide de collectionneurs et spécialistes ont réussi à mettre en place cette exposition qui ravira tous les passionnés de train et d’histoire des Sables d’Olonne.

Jean-Luc Tesson, Didier Gallot et Gérard Faugeron

En présence de plusieurs élus de la Ville des Sables d’Olonne, de passionnés nantais de trains, de la sénatrice Annick Billon, eût lieu ce mardi 3 janvier 2017 l’inauguration officielle de l’exposition. “Nous voulions rendre hommage au chemin de fer, ce chemin de fer qui était quelque chose pour nos générations” déclara le maire des Sables d’Olonne, Didier Gallot, ajoutant “C’est aussi notre enfance et toute une histoire, la bataille du rail, ou l’irrigation économique des régions.
L’arrivée du train aux Sables d’Olonne a été réalisée en 1866, à un moment assez extraordinaire pour la ville des Sables d’Olonne : la ville est en plein expansion avec la construction des quais du port, des bassins, des jetées, de la Cabaude et même des premiers tronçons du Remblai… La plupart de ces travaux se situent vers 1850 / 1860 – c’est aussi le développement des conserveries de sardines – et c’est donc peu après que le train arrive aux Sables d’Olonne favorisant ainsi encore plus le développement de la ville. L’irrigation ferroviaire de la ville, les trains de plaisir, le développement du tourisme, tout cela est mêlé et fait partie intégrante de l’histoire des Sables d’Olonne. “Ah, les machines à vapeur, ça avait une sacrée gueule, c’était un monde” précise Didier Gallot.
Maintenant, c’est le TGV, c’est autre chose… “Lorsque je demande aux uns et autres qui a été à l’origine de l’arrivée du TGV, chacun répond que c’est lui” , ajoute, amusé, Didier Gallot…! Alors, pour ne fâcher personne il souligne que c’est “une synergie entre Philippe de Villiers, Jacques Auxiette et Louis Guédon qui a permis d’obtenir le TGV.”
Quant c’était la droite certains ont agi, et quand c’était la gauche, ils ont agi aussi afin de servir l’intérêt de la Vendée. Et puis, ajoute-t-il, le monde économique de Vendée a sans doute jouer son rôle aussi.
En conclusion Didier Gallot a remercié Anton Lavigne et le services des Archives pour le travail effectué.

Construction de la gare des Sables d’Olonne en 1876 – © Collection particulière

Jean-Luc Tesson, un expert en train, prit ensuite la parole et expliqua ce que les visiteurs allaient découvrir avec cette exposition et ses quatre périodes représentées:
– des Affiches de la Belle Epoque ainsi que les cartes postales les plus significatives prêtées par Gérard Faugeron qui en possède 12.000 ! Certaines représentent le chemin de fer national mais aussi le tramway de Vendée qui venait de St-Jean-de-Monts (en fait la ligne provenait de Bourgneuf-en-Retz), pour arriver aux Sables d’Olonne. Une autre ligne partait des Sables d’Olonne pour Le Champ-St-Père en passant par Talmont (38km). (NDLR: d’après nos documents la ligne a fonctionné de 1902 à 1949).
– la collection de cartes postales de l’allemand Fintzel, qui avait séjourné plusieurs années aux Sables d’Olonne durant la seconde guerre mondiale. Passionné par les trains, il avait sympathisé avec quelques cheminots et avait pris de nombreuses photos qu’il a transmises aux services des Archives et qui représentent des documents inédits de cette époque ferroviaire.
– des passionnés faisaient le tour de France en photographiant les dernières locomotives à vapeur. A l’été 1968, ils se sont arrêtés aux Sables d’Olonne et ont photographié celles des Sables d’Olonne, la plupart du temps au sein de l’annexe-traction.
– il s’agit de photos prises par Jean-Luc Tesson de la dernière locomotive alors basée à Nantes, classée monument historique et restaurée dans les règles de l’art, et qui était venue aux Sables d’Olonne à l’occasion du festival de Simenon.
A noter également, dans l’exposition, une photo de la gare des Sables d’Olonne prise en 2006 sous la neige.

Inauguration relatée par le Journal des Sables et de la Vendée le 30 décembre 1866 – © Journal des Sables

Gérard Faugeron rappela que la ligne de chemin de fer des Sables d’Olonne fut inaugurée en 1866 ; à l’époque, la gare n’était pas en dur, il n’y avait que des baraques en bois. C’est en 1876, que la gare actuelle fut construite. “Certaines gares avaient une élégance architecturale” dit-il, citant par exemple la magnifique gare d’Orsay à Paris . La gare des Sables d’Olonne “est modeste, mais elle a une certaine élégance” précise-t-il. Pour lui, la gare a été photographiée sur une plaque photographique et c’est plus tard qu’elle a été imprimée sur carte postale (NDLR: les illustrations sur cartes existent depuis 1891 et le grand développement de la carte postale illustrée date de 1898).

Gérard Faugeron rappelle aussi qu’à côté de la gare d’Etat il y avait la gare du tramway, et que la gare vivait intensément lorsque des personnalités débarquaient ; ainsi la troupe à cheval était présente!
Armand Behic, Ministre de l’Agriculture et des Travaux publics (représentant de l’Empereur Napoléon III), était venu pour l’inauguration de la ligne de chemin de fer Nantes / Les Sables d’Olonne, après des travaux ayant duré trois ans, le 29 décembre 1866:
Son Excellence est arrivée par un train spécial, dont la locomotive était décorée aux armes de la ville des Sables-d’Olonne. A ce moment, les tambours ont battu aux champs, les clairons ont sonné, un immense cri de Vive l’Empereur s’est fait entendre, et le canon a salué le ministre du souverain. M. le ministre s’est immédiatement rendu en ville, à pied.
“L’escorte était ouverte par un piquet de gendarmerie à cheval. (…) Aux portes de la ville était dressé un arc de triomphe, avec un immense aigle aux ailes déployées au sommet, et plus bas la devise de la ville. (…) M. le Ministre s’est dirigé, toujours à pied, au pont de l’écluse de chasse du fond du port, d’où la vue embrasse d’un coup d’oeil toute l’étendue de l’avant-port; il y est demeuré un moment.
“De là, (…) Son Ex. a traversé la ville par les deux rues étroites qui conduisent directement au point où la rue du Centre s’embranche à la rue de l’Hôtel de Ville, a traversé le parvis de l’église paroissiale, et a gagné le Remblai. Son Ex. est entrée au salon du Casino ou une collation lui avait été préparée. Ensuite, par le nouveau quai qui joint le Remblai à la grande jetée, elle s’est portée sur les travaux en cours d’exécution pour l’établissement d’un brise-lames; prenant par la jetée et venant vers la calle embarcadère de la Chaume, est est passée en bateau.
“Son Ex. a visité en détail le bel atelier de ….. des bois, établi à La Chaume sous la direction immédiate des Ponts-et-Chaussées. Puis, continuant sa route vers les chantiers de construction, est revenue par le même …. point de sa première station. Là seulement, prenant l’une des voitures qui avaient constamment été à proximité de le recevoir, M. le ministre est retourné à la gare, où il est monté en wagon vers 4 heures et demie
” (in Journal des Sables et de la Vendée du 30 décembre 1866).

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Sablaises à la gare – © Collection particulière

Ces 150 ans de l’arrivée du train (1866 – 2016), c’est l’occasion de sortir ces clichés de la naphtaline…” ajouta également Gérard Faugeron.
Et l’occasion de rapprocher les deux vecteurs du tourisme ; car le train n’a pas été le seul à développer le tourisme ; la carte postale a joué aussi un rôle considérable en donnant envie aux gens d’aller visiter les lieux qu’ils avaient découvert sur une carte postale. Des cartes postales envoyées par des voyageurs arrivés par… le train !
Ci-dessous, diaporama
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

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