Marché Arago

La bataille des Aragouins – Origine et Histoire du marché Arago aux Sables d’Olonne

La bataille des Aragouins et des Castelnautistes – Histoire du marché Arago aux Sables d’Olonne




Deux dates ont marqué le quartier de l’Est des Sables d’Olonne, en matière de marchés.
– 9 février 1920 est la date à partir de laquelle a été projetée la construction d’un marché public sur le Boulevard Castelnau. Il ouvrira en août 1920.
– le 17 février 1934 est la date à laquelle le Conseil municipal a décidé la construction du marché Arago (la première référence que l’on ait à propos d’un nouveau marché date du 27 janvier 1932).

Note: au risque d’alourdir l’article, nous avons intégré in extenso le contenu des interventions, articles de presse d’époque, délibérations municipales, afin de faire de cet article une source documentaire.


– 1ère PARTIE –

LE MARCHÉ CASTELNAU

1920 – Le projet de marché Castelnau
Le marché se situait – à l’angle de la rue du Bastion (partie prolongée devenue rue Saint-Pierre) et du Boulevard Castelnau (ex-Bd de l’Est) – et l’ouverture au public fut programmée pour le 3 août 1920. Les horaires prévus étaient de 7h à Midi.
Tout partit d’une pétition – comprenant de nombreuses signatures – lancée en février 1920 par des habitants des quartiers Est de la Ville et du quartier neuf dit « Bout de Ville » (population estimée au tiers des habitants de la Ville des Sables d’Olonne). Ceux-ci indiquaient dans leur pétition qu’ils étaient « très éloignés du centre commercial ainsi que des marchés, dont un tramway mythe ne dessert – lorsqu’il marche – que la partie sud. »

Les Halles, à côté de l’église, furent construites en 1889 par l’entreprise Michelin, d’après les plans de l’architecte Charles Smolski (Avant les grandes Halles existait un petit marché construit par l’ingénieur Prépetit qui fut inauguré le 1er mars 1810). Ces Grandes Halles s’appelaient alors « Halles Léandre Giret » – nom qu’il faudrait leur redonner – car c’est Léandre Giret, maire des Sables d’Olonne de 1884 à 1888 et de 1891 à 96, qui en fut à l’origine.
Mais ces Halles étaient donc trop éloignées pour les habitants du « Bout de Ville ».
Ils demandaient donc au Conseil municipal que « pendant les 3 mois de la saison balnéaire (…) un marché volant, situé par exemple Boulevard de Castelnau, ait lieu les mardi et vendredi de chaque semaine, jours où n’existe pas celui des Halles. »

Dès le 9 février 1920, juste après les pétitions, les travaux furent autorisés par délibération municipale.
Le 31 mars 1920, l’interprète des signataires, L. Moisset, informait le Maire que « jusqu’à présent rien ne fait prévoir que les travaux (…) sont sur le point de commencer, tout le contraire existe, par l’encombrement de quantités de matériaux qui doivent disparaître pour faire place aux réparations qui s’imposent. (…) La rumeur publique de tous les habitants de ces quartiers, craignent ne pas avoir le marché pour la saison qui est dans 90 jours (…) »

Le 8 juin 1920, alors que les travaux pour le marché du Bd Castelnau sont en cours, le Maire Louis Poiraud a réuni le Conseil municipal pour une session extraordinaire afin d’obtenir de celui-ci l’autorisation de signer le contrat d’exploitation avec Jean Revouy, fermier des droits de place, concessionnaire des droits de place de la Ville des Sables d’Olonne (marchés, Halles). Le Traité d’exploitation du nouveau marché Castelnau fut ensuite transmis pour signature à Jean Revouy, résident au 1 quai Jules-Courmont à Lyon (M. Maury, régisseur).
La durée du contrat allait du 1er juillet 1920 au 31 décembre 1923, et prévoyait la gérance et la perception des droits de place au nouveau marché Bd de Castelnau.
Il était prévu que M. Ravouy prenne à sa charge tous les frais de gestion et de perception, la Ville des Sables d’Olonne assurant l’entretien et le balayage.

(Les droits prévus pour les boutiques diverses étaient de 0,75f par jour ou 6f au mois. Pour les bancs de 80cm de profondeur sur 50cm de largeur, le prix par place occupée était de 0,15f, chaque panier superposé étant taxé en supplément moyennant 0,15f. Les boutiques n’avaient pas l’obligation d’être disposées par « catégories » sauf pour celles affectées à la vente du poisson.
A la fin de chaque année, les recettes du marché étaient totalisées par M. le Receveur municipal, et il était alloué à M. Ravouy pour l’indemniser de ses frais et soins de gestion 25%. Le surplus, soit 75%, demeurant acquis à la Ville.
Le marché étant réservé pour l’approvisionnement direct de la population, le commerce des revendeurs était interdit.
Les heures d’ouverture du marché étaient retardées d’une heure sur celles du marché Léandre Giret (Halles). L’heure de fermeture était fixée à 14h à toute époque de l’année.
Les dispositions du règlement sur la police des Halles et de leurs annexes, approuvé le 19 janvier 1914, restaient en vigueur (…).)


Le Rapport de l’architecte apporte des éléments très intéressants
Le Rapport de l’architecte de la Ville, Charles Smolski, fut signé le 20 avril 1920 et il fut envoyé – avec les plans – à la Mairie le 16 octobre 1920 et transmis à la Préfecture à La Roche-sur-Yon.
Le Projet se situait au n°52 du Boulevard de Castelnau sur l’emplacement d’un ancien Haras.
Le rapport précise qu’en 1890, la limite de la ville se situait au Fort de l’Estacade*
En 1920, la ville s’est étendue de 500m et les projets d’alors – lotissement de la Rudelière – permettait d’envisager une extension sur 1 km depuis le site de l’ancien Fort de l’Estacade, dit le rapport.
(*NDLR: appelé aussi Fort aux Anglais, il fut acheté par la Ville – sans doute à l’armée – et ses murs furent arasés – nivelés ou rasés? – entre 1894 et 1896. Il fut détruit en avril 1899. On le voit ci-dessous – entouré en rouge, dans une zone qui semble correspondre à l’actuelle Place de Strasbourg, dominé par un moulin. Aux alentours se trouvait la carrière de l’estacade).

Fort de l’Estacade aux Sables d’Olonne, avant 1894

Le marché se situait – à l’angle de la rue du Bastion (partie prolongée devenue rue Saint-Pierre) et du Boulevard Castelnau (ex-Bd de l’Est) – (voir plan ci-dessous).

Projet de Marché public Bd Castelnau (1920)

 

Toujours dans le rapport d’architecte, on apprend que les habitants de ces nouveaux quartiers se plaignaient d’avoir à parcourir quotidiennement de grandes distances pour aller chercher leur alimentation dans le centre ville où est établi le marché couvert (les Halles.) C’est ainsi que, depuis un certain temps, l’idée de création d’un marché public dans ce « quartier excentrique » (NDLR: =excentré) a été mise en avant.
La municipalité reconnaissant l’opportunité de ce projet a chargé l’architecte de la Ville d’en étudier les dispositions sur un programme déterminé.
Le choix de l’emplacement par le Conseil municipal s’est porté sur le terrain de l’ancien Haras, supprimé, et désormais utilisé provisoirement par les ateliers du service d’eau, d’une superficie de 547 m2.
Accessible aux voies publiques, il est situé vers le milieu du Bd Castelnau, à environ 1km du marché couvert actuel et à 500m de l’extrémité de la Ville.

Le programme de Charles Smolski, architecte de la Ville
La propriété se composait:
– d’un terrain clos de murs (de forme de pentagone allongé);
– d’un hangar couvert de 12 m x 6 m à l’angle formé par le Bd Castelnau et la rue du Château d’eau;
– un pavillon d’écurie avec logement du palefrenier.

D’après le programme de Charles Smolski*, le hangar devait être conservé tandis que le pavillon d’écurie serait détruit (moellons, pierre de taille et bois de charpente devant servir pour le projet de construction des abris).
Ces abris pour l’emplacement des marchands devaient être disposés au pourtour des murs de clôture, avec entrées principales sur les trois façades. Le projet prévoyait 130 à 150 places, d’une largeur de 1m à 1m20, sur le terrain aménagé pour les marchands tandis que les abris devaient avoir 2m50 de largeur sur plus de 62m de développement sur le pourtour des murs.
* Charles Smolski habita rue de la Cure devenue rue Charles Smolski. Né en Pologne (à Kalisz) le 28 mai 1848, décédé aux Sables d’Olonne le 31 mars 1922. Il fut architecte de la Ville des Sables d’Olonne de 1886 à 1922, après avoir été celui de Luçon. Il aménagea tout le quartier dit du « bout de Ville » et c’est donc naturellement qu’on lui confia le projet de marché public sur le Bd Castelnau. On lui doit aussi des écoles, l’Hôpital et l’ancien bâtiment des PTT, mais surtout les grandes Halles qui furent inaugurées le 8 février 1890. Il fut naturalisé en 1881.
Avant les grandes Halles existait un petit marché construit par l’ingénieur Prépetit qui fut inauguré le 1er mars 1810. Il fut transféré vers la Place de la Liberté par décision du Maire Marcel Garnier en 1888.
Les grandes Halles furent appelées très longtemps – au moins de 1890 aux années 20 dont des documents de 1922 – Marché Léandre Giret (un ancien boucher) car leurs constructions furent décidées sous son mandat de Maire (1884-1888 et 1891-96); c’est Marcel Garnier qui fut maire entre 1888 et 1891.

Du retard dans la construction du marché Castelnau
Le Conseil municipal parut très déçu de l’avancée des travaux, en raison de la proche saison balnéaire puisque le Maire des Sables d’Olonne, Louis Poiraud, adressa un courrier sévère, daté du 25 juin 1920, à Charles Smolski, avec un compte-rendu du Conseil municipal du 24 juin 1920 dont les termes sont les suivants:
« Le Conseil municipal invite Monsieur l’Architecte à faire tout le nécessaire pour accélérer les travaux du marché du Boulevard de l’Est. Il exprime le désir que ce marché soit ouvert et livré à l’exploitation à la date du 14 juillet au plus tard. Le Conseil municipal se réserve de prendre les sanctions nécessaires si à cette date les travaux ne sont pas terminés. »
Le Maire, Louis Poiraud, ajouta au texte de cet ordre du jour la phrase suivante: « J’attire d’une façon particulière votre attention sur les termes formels de cette ordre du jour en vous priant de vouloir bien faire le nécessaire pour que les travaux soient terminés pour la date indiquée. »
D’après des informations croisées, il semble que le marché n’ait ouvert qu’en août 1920.

Le marché prit son allure de croisière
Ainsi, on peut constater une hausse des recettes perçues par la Mairie:  Recettes Août 1920: Marchés 103,50f   Abonnés Halles: 150f   Total août 1920: 253,50f – Recettes septembre 1920:  Marchés 163,65f   Abonnés Halles: 216f  Total septembre 1920: 379,65f – Recettes officielles août/sept. 1920: 379,65f – Recettes officielles 1922: 1915,65f – Recettes officielles du 1er janvier au 29 février 1924: 516,75f.

D’autre part, le 10 août 1920, le garde du Marché Castelnau, dénommé Boucher, fit un rapport au Maire indiquant que:  le 3 août 1920, seulement environ dix marchandes de légumes s’étaient présentées; le 10 août 1920, elles étaient environ soixante, indépendamment d’un certain nombre de revendeurs et d’abonnés.
Il considère donc que ce marché « paraît être appelé à prendre une certaine extension » et indique qu’une quinzaine de bancs supplémentaires deviennent indispensables pour le bon fonctionnement et qu’à défaut d’autre installation plus confortable le numérotage des places ainsi que leur délimitation (…) s’imposent dans le plus bref délai.




Le développement du marché nécessitait des travaux
Par décisions du Conseil municipal au début de l’année 1921, l’entrepreneur cimentier Dupeyroux (Les Sables d’Olonne) fut chargé de la construction d’un plancher en béton armé, tandis que l’entrepreneur de charpente, Michel Boré, sis rue Nationale aux Sables d’Olonne, fut chargé de la construction d’un portail en sapin rouge, à 2 vantaux, de 3,04m de longueur, 2,50m de hauteur et 0,08m d’épaisseur  (délibérations 4 mai 1920 et 23 février 1921). L’entrepreneur Massiot fut chargé du ravalement de la pierre de taille pour les 4 piliers des portes d’entrée. Le commerçant Rignault a fourni des bois et matériaux.

1921 – Heures et dates d’ouverture: la guerre des pétitions
En 1920, le marché semble n’avoir ouvert qu’en août, en retard d’un mois sur les souhaits. Il resta ouvert en septembre, la fermeture étant programmée le 1er octobre 1920.
Pour 1921, il fut décidé que le marché ouvrirait à partir du vendredi 8 juillet 1921, tous les mardis et vendredis, de 7h à midi.
En septembre 1921, des habitants du quartier de l’Estacade (quartier actuel de la Place de Strasbourg / nouveaux quartiers du « bout de Ville ») firent une pétition afin que le marché soit ouvert toute l’année. Leur représentant était Ferdinand Mathé qui habitait au 63 rue Félix-Faure (non loin de l’Eglise St-Pierre). La pétition demandait une ouverture à l’année et l’aménagement d’un étal de boucher et d’un autre de charcutier. Les jours devaient, de préférence, être fixés les lundi et jeudi.
Le 27 septembre 1921, la Municipalité proposa donc une ouverture les lundi et jeudi de chaque semaine durant l’année et fit un appel pour que des bouchers et charcutiers viennent s’y installer.

Mais, ces propositions ne convenaient pas à un groupe de commerçants qui, dès le 1er novembre 1921, se plaignirent auprès du Maire de ce changement de jours, les ouvertures étant précédemment les mardi et vendredi: « les vendeurs aussi bien que les acheteurs subiraient un certain préjudice: le lundi, aucun achat n’ayant pu être effectué la veille dans les foires, et le jeudi – lendemain du grand marché aux halles -, sont des jours qui ne se prêtent pas à la vente (…). »
Le 3 novembre 1921, la Mairie indiquait qu’elle n’avait pu trouver de bouchers ou charcutiers, seul un boucher de Talmont consentant à titre d’essai à prendre un étal durant la prochaine saison balnéaire. La Mairie annonça qu’elle maintenait – sur la demande de certains commerçants – les mardi et vendredis comme jours d’ouverture. Et « dans le but de favoriser l’activité du marché de Castelnau, nous avons décidé de ne pas réclamer de droits de place pour les vendeurs. »

1922 – L’ouverture quotidienne contestée: une nouvelle bataille de pétitions
Le 29 mai 1922, le Maire indique que le marché du Bd Castelnau sera ouvert tous les jours à partir du jeudi 1er juin 1922, de 7h à midi. A titre d’essai, le prix des places ou des abonnements restera provisoirement le même que celui qui était fixé lorsque le marché n’ouvrait que 2 jours par semaine.

Le 6 juin 1922,  les marchands du marché Castelnau (23 signatures dont la première par M. Lucas, propriétaire de la Villa « Ma Campagne ») s’étaient émus de la décision de la Mairie d’ouvrir tous les jours de la semaine:
« Les marchands du marché du Bd Castelnau, émus par l’arrêté municipal fixant une ouverture journalière de ce marché, et considérant que cette mesure ne peut que nuire à sa réussite, au lieu de la favoriser, ont l’honneur de demander l’annulation de cette décision pour les raisons suivantes:
– beaucoup d’entre eux vendent, également, certains jours, aux Halles Léandre Giret (grandes Halles) et ne pourront, de ce fait, assurer la vente journalière au marché de Castelnau;
– le maintien de l’arrêté en question les obligerait à choisir l’un ou l’autre de ces marchés; inutile de dire que le choix du premier s’imposerait à eux puisqu’ils sont obligés d’y aller plusieurs fois par semaine pour assurer un écoulement régulier de leurs marchandises;
– seule, l’affluence des marchands attire la foule. La plus grande partie des marchands désertant (le marché Castelnau), il n’y aurait plus qu’un approvisionnement insuffisant certains jours qui n’attirerait plus autant les acheteurs;
– il faut, pour qu’un marché réussisse, que l’acheteur ait l’assurance d’y trouver tous les produits qu’il désire. »

Le courrier poursuivait en indiquant que la réussite du marché du Bd Castelnau n’était devenue certaine que lorsque les bouchers et charcutiers étaient venus s’y installer mais que « devant l’impossibilité d’assurer tous les jours leur vente dans les deux marchés, ceux-ci sont décidés à abandonner le marché de Castelnau. »
Ainsi la mesure adoptée – qui a pu paraître utile à certains – va, disait-il, à l’encontre du but visé mais que, par contre,
les marchands étaient favorables, afin de donner satisfaction à tous, à une ouverture supplémentaire du marché le dimanche matin.
Le 9 juin 1922, après demandes des consommateurs et vendeurs, il est décidé de réduire, à partir du dimanche 18 juin 1922, le nombre de jours avec une ouverture 3 fois par semaine, les mardi, vendredi et dimanche, de 7h à midi.
Le Maire répondit au pétitionnaire Lucas que le marché Castelnau avait été ouvert tous les jours sur la demande parvenue par la voie de presse par les habitants du quartier; que ces dispositions n’avaient été prise qu’à titre d’essai et provisoire et que, dès le 8 juin 1922, avant d’avoir reçu la pétition, suivant les renseignements recueillis, avait été publié un avis faisant connaître que le marché ne serait plus ouvert que trois jours par semaine.

Nouvelle contestation et tambour de ville
Mais dès le 11 juin 1922, la Droguerie industrielle Gaultier, située au 112 Bd Castelnau, écrivait au Maire au nom de plusieurs commerçants et d’habitants du quartier (23 signatures), pour protester (contre ces fermetures) et le manque de marchands provoqués certainement par certains vendeurs à ce marché qui faisaient signer samedi une pétition.:
« Je ne pensais pas qu’il y aurait été donnée suite (…) Certaines personne ont sans doute aussi intérêt ou en tous cas ne verraient pas mal cette fermeture; il semble que l’on fait tout ce qu’il faut pour que ce marché ne prenne pas. »
Il poursuit: « Les habitants du quartier de l’Est sont contribuables comme les autres et on a le devoir de les consulter  ou tout au moins de les entendre sur les choses les intéressants. »
Les signataires demandent alors que le marché soit ouvert tous les jours du 15 juin à fin septembre au moins, et 3 jours par semaine le reste de l’année. (…) D’autre part, « la décision d’ouverture quotidienne devrait être affichée en assez gros caractères à la porte du marché et annoncée par le tambour de ville dans tout le périmètre du quartier. »

Ponce Pilate: aux pétitionnaires de se mettre d’accord!
Le 15 juin 1922, le Maire répondait. Après avoir expliqué que le choix des 3 jours avait été fait à la suite d’une première pétition des marchands, il écrivait: « En présence de ces deux pétitions contradictoires, une solution n’est possible que par un accord entre les vendeurs et les acheteurs. C’est cet accord que nous demandons aux pétitionnaires de réaliser entre eux par l’intermédiaire de leurs représentants. 
En effet, après avoir pris déjà deux mesures différentes qui ne paraissent donner satisfaction ni aux uns ni aux autres, la Municipalité ne saurait en prendre une troisième qui serait combattue par les deux parties intéressées. »
Ajoutant, dans un autre courrier daté du 19 juin 1922: « Les raisons exposées par les marchands, et d’ailleurs reconnues justes par certains acheteurs, nous ont paru assez sérieuses pour que soit maintenu la dernière mesure que nous avons prise d’ouvrir le marché (seulement) 3 jours par semaine. »

La vie du marché Castelnau se poursuit avec même une enquête de police…
Le 18 février 1924, l’exploitation fut à nouveau consentie à MM. Revouy et Servat pour 3 ans à compter du 1er mars 1924 (29 février 1924 étant la date d’expiration du contrat précédent).
Le 31 mai 1924, le Conseil municipal averti qu’un boucher serait possesseur d’une clef du marché qui « lui permettait de pénétrer à toute heure au marché et d’y puiser l’eau nécessaire, aux frais de la Ville » et qu’il en ferait même profiter d’autres personnes, demanda une enquête à ce sujet.
En juin 1924, une enquête de Police fut donc lancée à propos de « prises d’eau potable au Marché Castelnau« , certains profitant des portes du marché laissées ouvertes soit par des ouvriers soit par des bouilleurs de cru pour y « prendre l’eau de la Ville. »
– Le 8 mai 1935, M. Peyrard, propriétaire-fondateur de l’Hôtel « A Tout Va Bien » situé 45 / 47 Bd Castelnau, sollicita le Maire afin d’utiliser l’ancien marché Castelnau, inoccupé, « pour y déposer provisoirement quelques futs vides, étendre du linge et garer une voiture à bras (…) pour le prix de deux cents francs pour la saison. » Le Maire accepta de louer la cour à 100f par mois jusqu’au 30 septembre au plus tard à la condition de ne pas garer d’automobiles ou d’en faire tout autre usage, et précisant que c’était à titre exceptionnel (délibération du 12 juin 1935). Finalement Peyrard refusa ces conditions (NDLR: sans doute parce que la proposition ne concernait que la cour)..
– Alors que le marché Castelnau a été finalement abandonné, en février 1937, Sylvain Poiraud, entrepreneur en distillation sis à La Pironnière, faisait une requête avec ses collègues auprès du Maire afin de pouvoir s’installer dans l’ancien Marché du Bd Castelnau, afin de « se trouver un peu à l’abri en cette période d’hiver et éviter d’avoir à faire un entourage Cours Dupont » (la réponse du maire, datée du 1er mars 1937, fut négative sans en exposer les raisons.)
– Conseil municipal du mardi 21 décembre 1937:
(Paul Lecomte)(La Vendée Républicaine du jeudi 6 janvier 1938):
« Aliénation de l’immeuble de l’ancien marché du boulevard de Castelnau »
L’assemblée est d’avis d’aliéner, soit en totalité, soit par lots, l’immeuble de l’ancien marché du boulevard de Castelnau, mais décide que cette question fera l’objet, préalablement à sa mise en adjudication, d’une nouvelle délibération du Conseil Municipal, après qu’une publicité aura été faite pour obtenir des promesses d’enchères des futurs acquéreurs; Convient que la question de l’enlèvement des hangars existants sera examinée au moment de l’établissement du cahier des charges.

Note: De 1924 à 32, aucune information particulière (il reste à éplucher toutes les délibérations du Conseil municipal durant ces années). Nous sommes passés directement à 1932, date où apparaît la première référence relative à un nouveau marché.

– 2ème PARTIE –
A PROPOS DU FUTUR MARCHÉ ARAGO

Le 27 janvier 1932, l’Agence centrale (située 11 quai du Président Wilson et Place Navarin – J. Perrin & E. Guérin, directeurs) proposa au Maire des Sables d’Olonne le garage Burgaud, Bd Castelnau, « qui conviendrait parfaitement à l’installation d’un marché couvert »  au prix de 350.000f. Il est d’une superfice de 1340m2, comprend un logement de 4 pièces, un bureau de contrôle et l’outillage nécessaire à l’exploitation.
(Note: à ce jour, nous ne savons pas où se situait ce garage Burgaud. A priori, pas sur le site actuel du Marché Arago qui était décrit comme un lieu peu ragoûtant avec de nombreuses ordures! et qui devait servir à une extension du cimetière.)

1933 – Les habitants du « Bout de Ville » apprennent le projet de nouveau Marché
La Vendée Républicaine 9 décembre 1933.
« PROTESTATION DES HABITANTS DU « BOUT DE VILLE »
La lettre suivante signée de tout le quartier du boulevard de Castelnau fut adressée à la Municipalité et à MM. les Conseillers municipaux de la ville des Sables d’Olonne:

« Messieurs,
Nous sommes très émus d’apprendre par hasard que les Services municipaux envisagent pour un avenir très proche le transfert du marché du boulevard de Castelnau (vers un lieu) près du Cimetière.
Nous, habitants du quartier, avons été péniblement surpris qu’une telle solution ait été envisagée sans qu’une enquête très sérieuse et très approfondie ait été faite et sans qu’on ait pris avis des très nombreux intéressés que ce nouvel état de choses léserait profondément.
Certes, ces dernières années, de temps en temps, nous parvenait l’écho de quelques conversations au sujet du déplacement du marché du boulevard Castelnau. Jamais, jusqu’à maintenant, nous n’avions pu prendre la chose au sérieux, tellement elle nous paraissait monstrueuse, ne pensant pas qu’une Municipalité puisse envisager froidement la ruine de tout un quartier, l’écroulement de situations que l’on croyait assises.
Alors qu’il est encore temps, permettez-nous de venir vous exposer tout le tragique de notre situation.

Messieurs, si le marché Castelnau est supprimé et transporté boulevard Arago, c’est la ruine ou presque pour tout le commerce, non seulement pour celui qui entoure immédiatement le marché actuel mais aussi pour celui situé jusqu’à la place de Strasbourg ou rue du Château d’Eau, rue Saint-Pierre, les rues adjacentes, pour le commerce situé rue du Bastion et sur une bonne partie de la rue Guynemer. Certes, tous ne seront pas ruinés, mais tous seront très atteints.
Car vous ne pouvez pas ne pas prévoir qu’une ruée de spéculateurs, de commerçants nouveaux (venant de l’extérieur), va s’abattre tout autour de ce nouveau marché et évidemment pour la ruine de ceux existant déjà un peu plus loin. De par la situation de ce nouveau marché (boulevard Arago), le boulevard Castelnau, la rue du Château d’Eau, la rue Saint-Pierre qui sont actuellement des rues très passagères, verront leur trafic très sensiblement diminué au profit de boulevards et de rues qui ne sont même pas encore toutes percées !
La crise sévit déjà assez durement (NDLR: on est en pleine crise, propagation de la crise américaine de 1929), Messieurs, et il est inutile d’aggraver les difficultés de l’existence à toute une population sympathique et cela au profit de tout un nouveau quartier à créer et de toute une population nouvelle à venir.
Il est très beau d’envisager l’agrandissement de la ville, l’accroissement ininterrompu de la cité; mais ce qu’il faut à l’heure actuelle, à l’heure de la crise, ce n’est pas favoriser la vie à de futurs Sablais, c’est permettre à des Sablais, déjà à la peine, de vivre.
Messieurs, si le marché du boulevard de Castelnau est ce qu’il est (s’il est devenu trop petit aux yeux de certains, ce qui reste entièrement à prouver), s’il est plus fréquenté qu’il était, c’est à cause du noyau de commerçants qui l’entourent, qui donnent la vie à tout ce quartier.
Le marché du boulevard de Castelnau a été lancé par les commerçants. De ces commerçants arrivés il y a dix ans, beaucoup ont eu des débuts pénibles, il leur a fallu du courage pour « lancer » le quartier et le marché, et la ville des Sables leur exprimerait sa reconnaissance en (ne) détruisant (pas) le point d’attraction qu’ils ont créé et qui est maintenant nécessaire et indispensable à la bonne marche de leurs affaires.




On dit: « Le marché Castelnau est trop petit et inconfortable. »
Dans l’état actuel des choses: ouvert à tous les vents, mal pavé, certes, il est inconfortable. La pagaïe qui y règne, les voitures à âne qui y stationnent quand ce ne sont pas des autos, le font paraître évidemment petit.
Mais qu’il soit couvert, bien aménagé, que l’ordre y règne et notre marché sera largement suffisant, ça, nous l’assurons.
Si néanmoins, la ville veut aménager un autre emplacement pour recevoir d’autres marchands (qui ne viennent que l’été), il est facile d’envisager, d’étudier la création d’un marché volant, soit le long du boulevard Castelnau, soit à côté du cimetière.
Nous serions heureux de savoir si tous ces projets ont été étudiés et si le montant des dépenses à envisager pour ces travaux a été calculé exactement.
Dans le projet à l’étude, en ce moment, par la Commission de la Municipalité, les conditions peuvent pour certains paraître intéressantes et avantageuses à première vue.

Permettez-nous, Messieurs, quelques observations:
Le prix de revient du nouveau marché à construire près du cimetière a été estimé à 200.000 francs pour les premiers travaux. Est-ce une approximation ou ce chiffre donné est-il le résultats d’un devis très étudié et très précis ?
Qui vous dit, de plus, que vous pourrez vendre facilement à un prix intéressant l’emplacement de l’ancien marché? Qui vous dit que vous n’aurez aucune surprise d’aucune sorte?
En admettant même que pécuniairement le transfert du marché soit – pour l’instant en projet – une affaire intéressante pour la Ville, ne croyez-vous pas, Messieurs, que dans la gestion d’une ville tout ne se réduit pas à une simple question de sous. Il faut envisager quelquefois l’intérêt public.
Contrairement à la thèse que d’autres pourront soutenir, nous, habitants du quartier du boulevard de Castelnau, soutiendrons que l’intérêt public impose le maintien du marché là où il est, et cela pour les raisons que nous avons déjà données. Cela n’empêchera pas la Ville des Sables de créer ailleurs, si elle veut, un marché volant ou une place de marché.
Demandez à un Sablais du centre son opinion à ce sujet, il vous répondra que le marché, soit boulevard Castelnau ou boulevard Arago, il s’en moque: ça ne l’intéresse pas. Demandez aux Sablais du « bout de Ville »: pour 15 spéculateurs qui souhaiteraient voir le marché devant chez eux, tous les autres vous demanderont de le maintenir où il est: voilà l’intérêt public.
D’un autre côté, pour certains, l’intérêt public ne joue que sur les quelques économies aléatoires que la ville ferait en vendant l’emplacement de l’ancien marché et cela pour payer le nouveau.
En admettant même qu’il n’y ait aucune surprise, aucun imprévu, et que même le nouveau marché ne coûterait rien, à la vérité, l’intérêt public, l’intérêt du plus grand nombre, l’intérêt par conséquent de la Ville des Sables devrait vous faire estimer davantage l’existence et la prospérité de centaines d’affaires, de commerces, de foyers, de familles, que quelques milliers de francs d’économie sur un budget très important.
Cet intérêt public devrait enfin, Messieurs, vous dicter de réparer et d’aménager le marché du boulevard de Castelnau, en le laissant là où il est, et cela pour le bien et l’avenir du quartier et de la ville, vous donnant droit ainsi à la reconnaissance générale.
Pour terminer, Messieurs, nous nous permettons de vous rappeler que depuis bien longtemps, on a constaté que le grand marché du Centre était trop petit, plus petit, toutes proportions gardées, que le marché du boulevard Castelnau.
Tous les Conseils municipaux qui se sont succédés ont tous hésité à désaffecter ce marché pour en créer un ailleurs et cela pour ne pas léser tout le commerce d’un quartier. Qu’a-t-on fait alors? On a utilisé la place des Galeries, la place Bellevue, le cours Dupont et l’on a gardé le grand marché.
Pourquoi pour le marché du boulevard Castelnau n’agirait-on pas de même?
Pourquoi n’a-t-on pas envisagé la perte énorme qui serait causée aux commerçants par le départ du petit marché?
M. le Maire, MM. les Conseillers Municipaux, nous sommes persuadés que vous voudrez bien prendre en considération les voeux que nous formulons et nous prions la Commission spéciale de bien vouloir étudier nos suggestions avant que toute décision définitive soit prise et de vouloir bien entendre à l’occasion l’avis des intéressés.
(Suivent 30 signatures). » 

Dans le même numéro de La Vendée républicaine, 9 décembre 1933, un journaliste s’exprimait:
« Une pétition circulant dans le quartier, seulement depuis une demi-journée, a recueilli déjà plus de cent adhésions.
La protestation des habitants de l’important quartier du « Bout de Ville » nous paraît des plus justifiées.
Il est incontestable que le transfert du marché actuel du boulevard de Castelnau, auprès du cimetière, serait de nature à causer aux commerçants du quartier les plus sérieux préjudices.
Nous espérons que le désir manifesté par les pétitionnaires sera exaucé: c’est-à-dire qu’avant de prendre une aussi grave décision, nos édiles feront auprès des intéressés l’enquête qui s’impose.
Nous croyons savoir, d’autre part, que le Syndicat des Commerçants qui doit, lundi prochain, tenir sa réunion annuelle, joindra ses protestations à celles des habitants du quartier du « Bout-de-Ville ». »


Puis, il complétait dans le numéro de La Vendée Républicaine du 16 décembre 1933

« Le Transfert du Marché Castelnau – Les deux sons de cloche »

« Nous avons publié la pétition de protestation contre le projet de transfert du marché Castelnau.
C’est un son de cloche. On nous demande maintenant d’exposer la thèse différente des usagers, vendeurs et consommateurs et aussi celle de l’intérêt général.
De même qu’à La Chaume, la création d’un marché dans la partie Est de la Ville, répondait à un besoin, le bâtiment du Haras, appartenant à la Ville, étant disponible, fut aménagé à peu de frais. Le succès couronna cet essai. Aujourd’hui, ce nouveau marché est trop petit. Nul, sauf les commerçants voisins, ne le conteste. Toutes les places sont occupées; des demandes nouvelles ne peuvent être satisfaites; la circulation des acheteurs devient difficile; les plaintes, les récriminations bien connues des Halles centrales, se renouvellent ici. Elles s’accroissent du fait que la demande dépasse l’offre, d’où parfois une hausse des prix préjudiciable au consommateur. Il faut favoriser l’approvisionnement de tout un quartier, et faire face, l’été, aux besoins de toute une population estivale supplémentaire. Plus il y a de produits à vendre, meilleurs sont les prix: voilà l’intérêt du consommateur, dont il n’a pas été question, jusqu’à présent.
En passant, il est bon de faire remarquer que de nombreuses plages rivales jalousent fort l’approvisionnement vraiment remarquable de nos marchés, qui sont un objet d’envie, et surtout un élément de publicité de premier ordre pour notre station. Nos édiles se doivent d’en favoriser le développement dans l’intérêt de la collectivité, et partant, d’y apporter toutes les améliorations possibles.
L’agrandissement du marché Castelnau ne peut se faire que par deux moyens: expropriation des immeubles contigus, ou bien élévation d’un étage. Ni l’un, ni l’autre ne résistent à une étude approfondie. Il reste une autre solution: le transfert dans un autre emplacement.
Celui-ci fut envisagé ces dernières années; mais l’affaire proposée, à 200 mètres seulement de distance, comportait des inconvénients majeurs: une seule entrée, pas de dégagements autour, agrandissement futur à peu près impossible; coût trop élevé. Cette dernière raison fut surtout décisive, et fit abandonner le projet.
Cette année, M. Félix Poiraud, maire, étudia l’affaire sur des bases nouvelles ne comportant pas de dépense. En voici le principe: la Ville possède heureusement, boulevard Arago, un vaste terrain, destiné autrefois à l’agrandissement du cimetière, mais qui ne peut, par suite de règlements, ni servir à ce but, ni être vendu pour construire des habitations. Le transfert sur ce terrain – à moins de 100 mètres de distance du marché Castelnau – peut donner, semble-t-il, satisfaction à des désirs légitimes. Une rue longeant le cimetière le séparerait du marché. Cet emplacement permet tous les dégagements utiles, ainsi que l’agrandissement futur en cas de besoin. Quant à la dépense, il semble possible de récupérer une somme approximative de 200.000 francs de la vente des terrains du marché actuel. L’importance de la construction et l’aménagement projeté, seraient basés sur un chiffre sensiblement équivalent, afin de ne pas grever le budget communal. Mais comme le transfert doit forcément être précédé de l’édification du nouvel immeuble, il s’agit de trouver, en attendant la vente des terrains, des ressources pour solder la construction envisagée, ressources qui n’existent pas dans le budget communal.
Après M. Félix Poiraud, son successeur, M. Perrin reçut missions des Commissions des Marchés, des Finances et des Travaux, de continuer les pourparlers avec le Concessionnaire des droits de place, pour obtenir ces ressources sans bourse délier.
L’affaire en est là.
A ce moment, sous forme de pétition, se firent entendre les protestations dont nous nous sommes fait l’écho. Elles se résument en la phrase suivante que nous rappelons:
« Si le marché Castelnau est supprimé ou transporté boulevard Arago, c’est la ruine ou presque, pour tout le commerce, non seulement pour celui qui entoure immédiatement le marché actuel, mais aussi pour celui situé jusqu’à la place de Strasbourg ou rue du Château d’Eau, rue Saint-Pierre, les rues adjacentes, pour le commerce situé rue du Bastion et sur une bonne partie de la rue Guynemer. Certes, tous ne seront pas ruinés, mais tous seront atteints. »

Il est difficile d’admettre que la ruine ou la prospérité ne sont qu’à 100 mètres l’une de l’autre
A cela, les partisans du transfert répondent que c’est, non seulement une exagération, mais une erreur absolue, et comme preuve, ils rappellent que la plupart des commerçants visés existaient bien avant la création dudit marché. Ce n’est pas niable.

D’autre part, le mot suppression est employé à tort par les protestataires; il n’en a jamais été question. Il faut aussi remarquer que le transfert n’a pas lieu dans un autre quartier. Il n’y a que 100 mètres seulement de distance d’un terrain à l’autre, et il n’existe pas d’autre emplacement plus proche.
Il est difficile d’admettre que la ruine ou la prospérité ne sont qu’à 100 mètres l’une de l’autre, disent-ils.
Ils font aussi ressortir les raisons suivantes plaidant en faveur du transfert: marché plus confortable, construit spécialement dans ce but. Circulation facile des acheteurs, ce qui est fort appréciable. Dégagements sur les quatre faces, commodité d’accès pour les producteurs. Suppression de l’encombrement, très dangereux du boulevard près le marché Castelnau, surtout au moment de la saison balnéaire, quand la circulation des autos est particulièrement intense.
Un avantage non moins évident, c’est que l’emplacement prévu permet tous les agrandissements que l’avenir pourrait exiger.
Les protestataires commettent une erreur quand ils craignaient la venue de nouveaux commerçants sur le boulevard Arago et les rues qui ne sont pas encore toutes perçées.
Il faut d’abord, pour cela, que les terrains libres soient mis en valeur par des constructions; ce qui serait tout à l’avantage de l’intérêt général pour deux raisons. La première c’est que ces terrains libres sont propriété communale, et qu’ils acquéreraient une plus value non négligeable pour nos finances, partant pour les contribuables. La deuxième raison s’explique seule: des constructions, c’est du travail pour beaucoup, ce qui est fort appréciable par ces durs temps de chômage. Quand le bâtiment va, tout va, dit-on….
L’on voit que les protestataires ont obéi à un mouvement de mauvaise humeur, qui doit s’effacer à la réflexion. Leurs clients auront 100 mètres de plus à parcourir, mais ils les feront bien volontiers dans l’intérêt général. »

Le recueillement qu’il faut assurer au champ de repos éternel

La Vendée Républicaine continue de traiter le sujet le 30 décembre 1933
La question du Marché Castelnau

« Nos précédents numéros, deux articles:
– point de vue des commerçants du quartier;
– l’intérêt général ou du moins ce que leurs auteurs jugeaient tel.
Nous avons impartialement exposé le différend qui met aux prises les habitants du quartier du Bout de Ville, laissant à ceux qui sont chargés de l’administration de la cité, le soin de le trancher.
Pour compléter les habitants de ce même quartier nous ont fait parvenir le texte d’une pétition adressée au Maire pour protester contre le déplacement éventuel du marché.

Les pétitionnaires s’étonnent d’abord que « toutes les tractations à l’égard du transfert du marché » soient restées mystérieuses. Ils auraient souhaité que cette question soit traitée au « grand jour comme toutes les autres questions. »
Ils soutiennent ensuite « plus fermement que jamais que le Marché du boulevard Castelnau, aménagé, couvert, sera confortable et largement suffisant. A cette affirmation, on ne leur oppose que « des dénégations vagues » ou s’appuyant « sur des témoignages intéressés à prouver le contraire. »

Pour agrandir le marché, il suffirait de lui incorporer la surface d’un bout de la rue du Château d’Eau « ne servant à rien » et « une partie du terre plein qui y fait suite » on récupérerait au moins 140 à 160 m2. Puis on aménagerait « à peu de frais un marché volant pour les forains allant jusqu’à la place Guynemer. » Le milieu du marché serait couvert.
L’encombrement des voitures, autour du marché doit être réglementé par des mesures de police. Les rues avoisinantes serviraient de lieu de stationnement. Grâce à ces améliorations, le marché « peut et doit rester où il est. »

Quelles raisons militent en faveur du maintien?
Le déplacement causerait non seulement aux commerçants – disent les pétitionnaires – mais à tous les habitants du quartier un tort considérable, parce qu’ils détournerait des voies actuellement suivies la clientèle qui fréquente le marché et par suite les magasins des commerçants établis sur son passage.
La création projetée boulevard Arago provoquerait autour d’elle l’établissement de nouveaux commerçants, au détriment des sablais déjà installés depuis de nombreuses années dans le quartier.
Les terrains avoisinants le nouveau marché augmenteraient de valeur, mais ce serait au détriment de ceux du boulevard de Castelnau, qui baisseraient.
En résumé, les pétitionnaires condensent leur argumentation dans cette phrase: « Or, Messieurs, pénétrez-vous bien de cette idée: que le marché boulevard Arago, ne fera plus partie topographiquement et rationnellement du quartier du Bout de Ville et son influence ne se fera plus sentir sur tout ce quartier encore actif aujourd’hui. »
Citons encore un argument qui, à notre avis, mérite d’être pris en considération. Est-il bien respectueux pour les morts d’établir un marché « bruyant, tapageur, trop plein de vie « à côté d’un cimetière. Le contraste ne serait-il pas choquant entre l’animation trop joyeuse d’un lieu public et le calme, le recueillement qu’il faut assurer au champ de repos éternel?
Il y a là un argument d’ordre moral qui a sa valeur.
Au point de vue hygiénique, n’y aurait-il pas aussi quelques inconvénients? Ce serait à examiner.
Les pétitionnaires protestent ensuite énergiquement contre les pressions exercées sur les commerçants, par une employée du concessionnaire actuel des droits de place, pour obtenir des signatures en faveur du déplacement du marché. »

 

Alors que les pétitions circulent, le 30 décembre 1933, Mme Duranton, représentant le Concessionnaire des droits de place des Sables d’Olonne pria les auteurs de l’affiche et des tracts récemment publiés sous la signature « Les commerçants du Bout de Ville » à l’occasion du projet de transfert de vouloir bien se faire connaître!
A. Mandon (sis à Puteaux) était alors Concessionnaire de Droits communaux des Marchés des Sables d’Olonne. Mme J. Duranton étant alors Régisseur (pour A. Mandon) des droits de Place aux Halles et marchés Le Petit Pré à la Rudelière (et bien sûr Castelnau).

 

Castelnau ou Arago ?
Histoire: deux marchés des Sables d’Olonne

 

La Vendée Républicaine du 6 janvier 1934
Castelnau ou Arago? C’est la question du jour.

« Elle passionne le quartier du Bout-de-Ville, qui n’est d’ailleurs plus le bout de la ville, depuis la création des nouveaux quartiers de l’Est et des Pins.
Il ne s’agit pas de choisir entre les mérites respectifs du vaillant général ou de l’illustre astronome. La question est beaucoup plus terre à terre. Il s’agit simplement d’une querelle de voisinage entre deux boulevards. Le premier, Castelnau, possède un marché; le deuxième, Arago, veut le lui ravir. Chacun d’eux a ses partisans: les Castelnautistes et les Aragouins. En guise de projectiles, ils échanges des pétitions.
Nous dirons, tout de suite, que l’importance d’une pétition ne se mesure pas en nombre de signatures recueillies, mais à la valeur des arguments qu’elle contient. On signe souvent pour des raisons diverses étrangères à l’objet même de la pétition et rarement par amour du bien public et de l’intérêt général. Ne voit-on pas, fréquemment les mêmes signatures figurer sur des pétitions soutenant des intérêts opposés? Une erreur appuyée par mille signataires est toujours une erreur.
Au contraire, un argument solide, une raison pertinente peut se passer de la caution de telles signatures.

Comment se pose la question?
Le marché Castelnau a été installé dans l’ancien Haras qui, évidemment, n’avait point été conçu pour un pareil usage. L’immeuble fut sommairement aménagé pour les besoins de sa nouvelle destination. Par suite de l’extension des quartiers de l’Est, l’importance de ce marché s’accroît continuellement. Il est devenu trop petit et ses installations insuffisantes. Un agrandissement et des aménagements nouveaux s’imposent. L’extension en surface est impossible; le marché étant limité par des rues ou des immeubles. La transformation de vieux bâtiments, la construction d’un étage, peuvent conduire à une dépense élevée, sans procurer des installations satisfaisantes et sans possibilité d’agrandissement pour l’avenir.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas constrire sur un terrain ou un marché neuf pour un prix équivalent? Le lieu choisi pour ce transfert serait un terrain communal placé entre le boulevard Arago, le cimetière et la rue du Repos, et situé à 70 mètres environ du marché actuel.

Ecoutons d’abord les partisans du boulevard Castelnau. Leur opposition au transfert se résume en ceci:
– en déplaçant le marché on dépossèdera le quartier d’un centre commercial important, près duquel sont établis des intérêts respectables. On causera un grave préjudice aux commerçant car les personnes allant au marché Arago ne suivront pas les mêmes voies et, par conséquent, le courant des affaires sera détourné. Les locations estivales même peuvent en souffrir. De nouveaux commerçants s’établiront près du nouveau marché et concurrenceront les anciens. Le transfert peut être évité en améliorant celui qui existe, en l’agrandissant au moyen d’une emprise sur la voie publique et en créant pour le compléter un marché volant annexe.

Cette argumentation ne nous paraît pas convaincante. Un marché est bien en effet un centre commercial important. Par son attraction, il détermine dans la zone qui l’entoure des courants d’affaires faciles et fructueuses. Mais, dans le cas qui nous occupe, que ce point d’attraction soit où il est actuellement ou 70 mètres plus loin, la zone commerciale reste la même. Elle est élargie. Le quartier n’est pas dépossédé.
Pour se rendre boulevard Arago, la clientèle sera bien obligée de suivre les mêmes parcours, puisque ce sont les mêmes voies qui desservent les deux emplacements. Le courant des affaires ne sera donc pas détourné. Les commerçants exagèrent donc singulièrement le préjudice éventuel.
Quant au préjudice qui pourrait atteindre les locations estivales, c’est une crainte chimérique. Cette question n’intéresse pas les baigneurs. Ils s’approvisionneront tout aussi bien boulevard Arago que boulevard Castelnau.
Quant à la concurrence future que redoutent les commerçants déjà établis, elle est inévitable, quelle que soit la solution adoptée. L’importance accrue du marché Castelnau suscitera des concurrents, tout aussi bien que la boulevard Arago. C’est une loi économique aux conséquences de laquelle on ne peut échapper. Personne ne peut prétendre à une sorte de monopole par droit d’ancienneté. D’ailleurs, les possibilités d’installations commerciales aux abords mêmes du marché Arago, sont et resteront fort restreintes.
Les moyens d’agrandissement proposés pour le marché Castelnau ont le grave inconvénient de faire disparaître une partie de la voie publique, déjà à peine suffisante dans un quartier où la circulation est active.
La transformation du vieil immeuble sera très coûteuse et, si bien faite soit-elle, elle ne donnera pas les commodités d’un marché neuf spécialement construit pour les besoins auxquels il doit faire face. Ce marché transformé serait d’ailleurs encore insuffisant puisqu’on propose de lui adjoindre un marché en plein air. Enfin, cette nouvelle installation ne serait plus susceptible d’extension: extension qui s’imposera peut-être plus tôt qu’on ne le pense. La question du transfert se poserait de nouveau et serait cette fois inéluctable. »

Que disent maintenant les partisans du boulevard Arago?
« Aux objections que nous venons de présenter, les partisans du transfert ajoutent:
L’intérêt général est de déplacer le marché parce que l’occasion se présente sous la forme d’une combinaison financière avantageuse. L’emplacement qu’il s’agit d’utiliser est un terrain vague, véritable dépotoir et propriété communale. Les règlements administratifs le rendent inutilisable aussi bien pour l’agrandissement du cimetière que pour la construction de maisons d’habitation. Il est donc destiné à rester dans son état actuel ou à être aménagé en place publique. De ce fait, sa valeur est nulle. La création d’un marché sur ce terrain constituerait une amélioration. Elle mettrait en valeur les autres terrains communaux situés à proximité.  Peu à peu ce quartier se construirait et perdrait son aspect désertique et malpropre.  Le nouveau marché modernement installé aurait des possibilités d’extension quasi illimitées. Au point de vue financier, l’opération serait avantageuse pour les deniers communaux. Si le marché Castelnau est maintenu, la Ville devra emprunter les 150.000 ou 200.000 francs nécessaires aux transformations. D’où des charges nouvelles.
Si le marché est transféré, les terrains du boulevard Castelnau deviennent libres. Ils peuvent être vendus et le produit couvrira la dépense. Donc pas de charges supplémentaires. A ce sujet, une affiche a parlé – pour élever une protestation – d’une combinaison financière à réaliser entre la Ville et le concessionnaire actuel des droits de place. Il est préférable de n’en point faire état avant qu’un accord officiellement connu soit interveni – si toutefois il se réalise.

Enfin, il existe en faveur du transfert du marché un argument des plus sérieux. En cette dure période de chômage, il est indispensable de créer du travail. Or, il s’élèvera certainement des immeubles plus modernes, en remplacement du bâtiment actuel, venant s’ajouter à la construction du nouveau marché, ce qui ne saurait déplaire à toute l’industrie du bâtiment, patrons, artisans et ouvriers.
Reste une objection. L’installation d’un marché dans le voisinage immédiat d’un cimetière peut-elle se concilier avec la tranquillité et l’isolement qu’on a coutume d’assurer aux champs de repos. Chacun appréciera suivant sa conscience et ses idées. Mais les exemples de cimetières, situés en plein centre d’activité, sont nombreux, surtout dans les grands villes.
Enfin, le transfert devra s’accompagner du prolongement de la rue de Bel-Air jusqu’au boulevard Arago, c’est-à-dire jusqu’au nouveau marché. C’est indispensable pour assurer complètement la liaison des commerçants actuellement établis boulevard Castelnau avec le marché Arago.
En résumé, cette affaire dont on se plait à grossir les conséquences, doit rester dans les limites d’une petite question d’édilité. Elle est le heurt – inévitable – de quelques intérêts privés exagérément inquiets et de l’intérêt général.  Le Conseil municipal doit, à notre avis, surtout s’inspirer de ce dernier. Administrer, a-t-on souvent dit, c’est prévoir. La prévoyance consiste principalement à découvrir la nécessité avant que celle-ci commande. Car lorsqu’elle commande on n’a plus la liberté du choix. Le transfert, sous les conditions indiquées précédemment, améliore le présent et assure l’avenir. « 

Affiches, Pétitions et contre-Pétitions se poursuivent….avec abus de…..signatures!

13 janvier 1934 Vendée Républicaine

« On nous prit d’insérer:
Monsieur le Maire: Un groupe de commerçants du « Bout de Ville » dont vous trouverez les noms ci-dessous, s’élèvent énergiquement contre la campagne menée sous la signature « Les Commerçants du Bout-de-Ville », au sujet du transfert, boulevard Arago, du marché actuel devenu absolument insuffisant pour les besoins du quartier, surtout pendant la saison balnéaire.
« Nous comprenons que notre quartier n’est plus un « Bout-de-Ville » mais un nouveau centre qui ne demande qu’à prospérer et qui doit, dans un avenir très proche, se suffire à lui-même. Il faut que l’habitant, aussi bien que les nombreux baigneurs qui affectionnent notre quartier, trouvent autour d’eux à des prix raisonnables tout ce dont ils ont besoin. Pour cela, un marché couvert, bien aménagé, avec de nombreux dégagements s’impose. Etant commerçants nous-mêmes, nous ne craignons pas que d’autres commerçants viennent s’installer près de nous, au contraire, plus il y a de commerçants dans un quartier plus le commerce y est actif. L’intérêt général doit passer avant l’intérêt de quelques particuliers qui croient bien à tort, que l’extension commerciale que donnerait au quartier l’édification d’un nouveau marché puisse leur porter préjudice. C’est pourquoi, M. le Maire, MM. les Conseillers municipaux, nous sommes partisans du transfert du marché Castelnau au boulevard Arago.

Un autre groupe:
Monsieur le Maire – Les commerçants du Bout de Ville dont les noms suivent, protestent énergiquement, contre l’abus fait de leurs signatures données dans un but de solidarité, et non pour servir à des attaques personnelles, aussi déplacées qu’injustifiées. Ils prient donc M. le Maire de considérer comme nulles et non avenues les signatures des soussignés apposées sur une protestation datée du 21 décembre 1933 et relative au marché de Castelnau.

Autre note: « Les Commerçants du Bout de Ville, dont les noms suivent déclarent qu’ils ne sont pour rien dans les affiches et réprouvent énergiquement les attaques personnelles faites sous cette signature.
Mollu et Belhomme, boulangerie St-Pierre – Souchet, garage du Remblai – Jouin, hôtel du Midi – Poucant, pâtisserie rue Félix-Faure – Messe, boucher rue des Deux-Phares – Robin, café rue du Château d’Eau – Mériau, menuisier, rue de la République – Palvadeau, menuisier, rue de Bel-Air – Boisard, électricien, rue de l’Estacade – Prouteau, Café Bd Castelnau – Bonnefond, serrurier, Bd Castelnau – Barron, épicier, Bd Castelnau – Bruneau, garage des Pins. »

Vous pouvez livrer ainsi toute une population à la merci d’une épidémie…!
Et à propos de l’eau des Sables qui donne la « sablaise »….. (NDLR: l’eau des Sables d’Olonne était réputée donner la diarrhée…)

Suite in La Vendée Républicaine – le 20 janvier 1934

« Monsieur le Directeur de La Vendée républicaine
Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt l’article paru dans votre numéro du 6 janvier 1934…

1- Nous maintenons avec conviction que le marché du Bd Castelnau, aménagé, couvert, doit être confortable, et doit être assez grand au minimum pendant 11 mois de l’année. Pour l’agrandir en vue du douzième mois (moi d’août), si c’est nécessaire, il nous semble qu’on pourrait fort bien l’agrandir comme nous l’avons suggéré sans envisager d’expropriation, ni de construction d’étage, et sans diminuer en quoique se soit les facilités de circulation (la rue empruntée pour la construction étant reportée un peu plus loin). Nous serions heureux de voir la Commission des travaux ne pas rejeter cette idée sans l’étudier sérieusement et nous donner son avis en toute indépendance.
Si vraiment cet agrandissement n’est pas réalisable, qu’on nous le prouve plans et chiffres en mains.

2- Dans notre lettre du 30 décembre, nous adressant à MM. les Conseillers municipaux nous leur disions au sujet de la construction du marché Arago, près du cimetière:
« …. au point de vue hygiène est-il permis avec votre assentiment, d’exposer la viande, les fruits, les légumes, le beurre, etc.. que nous mangeons, aux mouches, à la poussière, au sable que le vent chassera du cimetière sur le marché.
Quelle responsabilité!! Vous pouvez livrer ainsi toute une population à la merci d’une épidémie… Après l’eau des Sables que les baigneurs accusent de donner la « Sablaise » et quelque fois la typhoïde, nous aurons le marché près du cimetière, épée de Damoclès suspendue sur nos têtes, propagateur toujours possible de calamités pouvant atteindre d’un seul coup toute une population. »
Nous aurions aimé avoir l’avis officieux de votre rédacteur et de La Vendée républicaine au sujet de cette grave question. N’oublions pas que notre sol est du sable que le vent transporte très loin avec tous les miasmes et les débris de toutes sortes qui peuvent adhérer à chaque grain.

Tous les voeux, toutes les craintes que nous avons exprimés ont été et sont appuyés de nombreuses adhésions et signatures venues d’elles même, sans qu’il y ait eu insistance: plus de deux cents, déduction faite évidemment de celles de nos 12 courageux camarades que des influences extérieures ont dû faire réfléchir ces jours ci. »

La Vendée Républicaine – samedi 27 janvier 1934
Tribune publique:
Une protestation – « Si l’on en croit Un groupe d’habitants du Bout de Ville, les mouches et la poussière provenant du cimetière des Sables sont un fléau pour le quartier. Nous protestons énergiquement contre cette affirmation qui est complètement fausse et dont nous dénonçons l’allure calomnieuse car elle est de nature à effrayer certains de nos clients. Nous en appelons à tous les gens de bonne foi et nous déclarons hautement que nos denrées alimentaires n’ont rien à envier au point de vue propreté et hygiène à celles vendues par nos collègues d’autres quartiers.
« Un Groupe de Commerçants des alentours du cimetière »

De la part d’un « Second groupe d’Habitants du Bout de Ville »:  (NDLR: intervention teintée d’humour…)
« Un Four crématoire aux Sables » – Nous l’avons, en dormant, échappé belle…  A propos de l’invasion de mouches qui infesta, l’été dernier, un quartier de La Chaume, un de vos confrères préconisa la création d’une usine d’incinération des ordures ménagères. Ce n’est à notre humble avis qu’un palliatif; il faut un remède plus énergique qui détruise la cause du mal; la seule solution rationnelle, c’est le four crématoire. Comme nous comptons nous aussi au nombre des Bout-de-Villais, nous osons nous adresser à nos édiles. Nos voisins avaient écrit à ces édiles les phrases suivants que nous avons le devoir de rappeler tant elles méritent de passer à la postérité:
« Au point de vue hygiène, est-il permis avec votre assentiment d’exposer la viande, les fruits, les légumes, le beurre etc.. que nous mangeons aux mouches, à la poussière, au sable que le vent chassera du cimetière sur le marché? Quelle responsabilité! Vous pouvez livrer ainsi toute une population à la merci d’une épidémie… (…) « 

– Hein, Messieurs, avez-vous songé au danger terrible qui vient d’être dévoilé? Cette épidémie, ces calamités? Grâce à la clairvoyance de quelques-uns de nos concitoyens conscients et désintéressés, votre sollicitude doit être maintenant éveillée.
Oh! ces mouches du cimetière  (…) Par quel hasard pouvons-nous vivre encore ? C’est effroyable. La Providence nous a protégés, sans doute, car nos mouches ont dû naître avec un esprit de vagabondage qui fut notre sauveur…
Aidées par une bienfaisante brise du sud-ouest, aussitôt que nées, elles devaient s’envoler vers ce déshérité quartier de La Chaume qui fut infesté par ces indésirables hôtes natifs du cimetière du Bout de Ville… Quelle révélation: voilà l’explication naturelle, toute simple du point de départ de l’invasion de La Chaume. Que les édiles nous permettent de leur soumettre une suggestion: déplacement du cimetière, c’est vieux jeu. Il n’y a qu’une solution: la suppression pure et simple du cimetière, de tous les cimetières; d’où tout naturellement la création qui s’impose d’un four crématoire… Là seulement est le salut…

Arguments de la Vendée Républicaine:
« Même si le transfert devait être plus onéreux que l’agrandissement, nous persistons à penser que ce transfert est préférable. A notre avis, en effet, la question d’opportunité est pour le moins aussi importante que la question financière. Si habilement que soit réalisé son agrandissement, le marché Castelnau deviendra de nouveau insuffisant dans un petit nombre d’années. La topographie de la ville et son développement obligatoire vers l’Est exigeront, plus tôt qu’on ne le pense, la création d’un centre d’approvisionnement complet et important dans les nouveaux quartiers, dans la nouvelle ville pourrait-on dire. Il faudra alors déplacer le marché. Le préjudice aux intérêts privés sera alors beaucoup plus considérable qu’actuellement. La dépense faite aura été inutile. »

Le (mauvais) exemple des grandes Halles
« Nous avons sous les yeux l’exemple des Halles actuelles. Lorsque leur réfection et leur agrandissement s’imposèrent, quelques conseillers avaient suggéré l’idée d’exproprier quelques immeubles adjacents. L’opération, certes, eût été coûteuse. Mais quelles facilités! Quelles commodités! Quelle aisance de circulation n’aurait-on obtenues? L’avenir eût été sauvegardé.
Il suffit de voir l’encombrement qui règne dans les rues autour du marché actuel, l’envahissement des petites places situées à proximité par les marchands, pour se rendre compte que ces édiles avaient raison contre une majorité trop timide.
Quant à la question d’une épidémie possible déclenchée par le voisinage du cimetière, elle n’est point de notre compétence. Ce qu’on peut dire c’est que l’état sanitaire de ce quartier n’est pas plus mauvais que celui des autres parties de la ville. Le sable du cimetière ne vole pas en nuage épais ni même autrement, autour des habitations et cette prétendue épée de Damoclès n’est qu’un épouvantail qui ne fait peur à personne, par même au groupe habitants… Le nouveau marché peut d’ailleurs être disposé de manière à éviter cet inconvénient, s’il existe. »

LE TRANSFERT DU MARCHÉ EST VOTÉ: « Par 16 OUI contre 7 NON et 1 bulletin blanc, le transfert est accepté. »

Conseil municipaux
« Vendée Républicaine du 24 février 1934
Conseil municipal des Sables d’Olonne du 17 février 1934 – Maire: M. Perrin
« Déplacement du Marché du boulevard de Castelnau »:
Cette affaire, qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité bien des controverses, est aujourd’hui soumise à la délibération du Conseil. Une longue discussion s’engage sur ce chapitre: partisans et adversaires du déplacement présentent leurs arguments. M. Rousseau se déclare tout à fait opposé au déplacement, en raison dit-il, du préjudice que subirait par ce fait les commerçants du quartier. M. Bertrand partage également cette opinion tandis que MM. Rochier et Lucas estiment au contraire que l’intérêt de la ville est dans la construction d’un marché nouveau boulevard Arago.
Jusqu’ici la discussion, bien qu’animée, était restée courtoise. Mais M. Bertrand, avec cette violance de langage qui est dans ses habitudes, se montre particulièrement grossier vis-à-vis de trois de ses collègues, MM. Lucas, Rochier et Grieu: « Je vous em…. » dit-il en guise d’arguments, attitude d’ailleurs sévèrement jugée par les membres de l’Assemblée.
M. Grieu insiste pour que les paroles outrageantes que vient de prononcer M. Bertrand figurent au procès-verbal. Il en est ainsi décidé. Le calme étant revenu, M. le Maire met aux voix la question du déplacement du marché du boulevard de Castelnau. Le vote a lieu au scrutin secret. Par 16 OUI contre 7 NON et 1 bulletin blanc, le transfert est accepté.
Donnons quelques détails supplémentaires: le nouveau marché sera construit en ciment armé aux frais du concessionnaire dont le contrat avec la Ville sera prolongé de 12 ans avec autorisation d’appliquer, sur le marché Arago, les mêmes prix que sur le marché de La Chaume.
De plus, M. Mandin, concessionnaire, avancera à la Ville, pendant 10 ans et sans intérêt, une somme de 50.000 francs pour construire la voirie autour du nouveau marché. Cette somme sera remboursée par la Ville dans un délai de 10 ans, à raison de 5000 francs par année. »

Marché Arago construit en 1935

Le Marché Arago fut finalement construit en 1935
L’aspect architectural fut, nous dit-on, « d’avant-garde ». Il est l’œuvre de M. Casse, l’architecte-voyer de la ville et de l’entrepreneur Montegilardi (Sources: archives municipales des Sables d’Olonne).

Le marché Arago ne devait pas être bien équipé puisqu’en février 1937, la maison Calatayud (rue du Palais) demandait à la Mairie l’autorisation d’installer au marché Arago « le courant électrique et le service d’eau pour actionner une machine à éplucher les pommes de terre. »

Marché Arago – Les Sables d’Olonne – Boucherie et Huitres

Et la vie se poursuivit pour le Marché Arago avec les soubresauts de la guerre
NDLR: la déclaration de guerre a eu lieu le 3 septembre 1939 et entraîne l’arrivée de nombreux réfugiés ce qui amène les autorités municipales à demander une ouverture du marché quotidienne.

Le 29 septembre 1939, l’adjoint chargé des marchés, écrivit au régisseur, Madame Duranton:
« Considérant que la population des Sables d’Olonne sera la même pendant la période d »hiver que pendant la saison balnéaire, je vous serai reconnaissant de vouloir prendre vos dispositions pour que le marché Arago reste ouvert tous les jours de la semaine, au même titre que le marché central. »  
Le 6 octobre 1939, une pétition fut lancée pour que le marché Arago soit ouvert tous les jours, les pétitionnaires considérant que « l’ouverture journalière de ce marché permettrait non seulement aux Sablais et nombreux réfugiés qui résident dans le quartier de s’approvisionner à proximité de chez eux mais elle aurait également pour avantage de décongestionner les Halles Centrales. »
Le 21 octobre 1939, par délibération, le Conseil municipal décidé d’ouvrir le marché Arago tous les jours
Le 21 octobre 1939, c’est le Maire, Paul Lecomte (maire de 1935 à 1942) qui écrit à Mme Duranton: « J’ai l’honneur de vous faire connaître que je suis saisi d’une demande tenant à obtenir que le marché Arago soit ouvert tous les jours. Comme il y a actuellement un très grand nombre de réfugiés aux Sables d’Olonne, cette demande me paraît très justifiée. Je vous serais donc obligé de prendre toutes dispositions utiles pour que satisfaction soit donnée aux pétitionnaires. »
Mme Duranton protesta contre cette décision.

Le 9 novembre puis le 21 novembre 1939, le Syndicat des Propriétaires & Loueurs en meublés saisonniers (450 adhérents), d’abord se satisfaisait de la décision d’ouvrir journellement, puis s’inquiétait que la décision du Conseil municipal (vote unanime) d’ouverture tous les jours soit restée lettre morte (…). Estimant que des intérêts particuliers ne sauraient empêcher l’accomplissement d’une mesure prise dans l’intérêt général (….), proteste de la façon la plus formelle contre la remise en question d’une décision prise il y a un mois à peine (…) »

Mais entre temps, une pétition (non datée) ayant entre 50 et 60 signataires, fut lancée et envoyée au Maire. Voici la teneur de celle-ci:
« Nous apprenons avec surprise la décision du Conseil municipal ordonnant que le marché Arago soit ouvert tous les jours. Nous avons le regret de vous dire que nous protestons énergiquement contre cette décision. Le Marché Arago  fonctionne normalement trois jours par semaine; ce n’est pas au moment où les denrées vont se raréfier du fait de l’hiver qu’on doit en multiplier les jours d’ouverture. En outre cela nous porterait un préjudice considérable car personnels et moyens de transport étant très réduits du fait de la mobilisation, il nous serait impossible de faire ce marché tous les jours qui d’ailleurs déclinerait rapidement n’ayant plus de jours d’ouverture spéciaux.
Bien des villes beaucoup plus importantes que Les Sables, même avec sa population accrue, n’ont des marchés que 2 et 3 jours par semaine et ici nous avons déjà Les Halles qui sont ouvertes tous les jours.
Nous vous prions Monsieur le Maire et Messieurs les Conseillers de prendre notre lettre en considération et de revenir sur une décision qui léserait gravement nos intérêts et dont seuls pourraient bénéficier ceux qui n’ont pas été atteints dans leur personnel ou moyen de transport. Confiants en votre justice (….) « 

Le 20 novembre 1939, le Maire écrivait à l’un des membres du conseil qu’il était partisan du maintien de la décision municipale « qui me paraît suffisamment justifiée par l’intérêt des consommateurs » mais que ce point passerait à nouveau au prochain Conseil municipal auquel il ne pourrait assister, devant s’absenter.
La séance du Conseil municipal eut lieu le 22 novembre 1939, en l’absence du Maire, et en l’absence de MM. le Dr Destremont, L’Helias et Susset, mobilisés.
M.Halochet estima que l’insuccès ne pourrait être dû qu’au fait d’avoir trop attendu pour prendre une décision qui s’imposait dès la clôture de la saison estivale.  M. Laidet s’étonna que le Marché Arago, qui a été créé dans le but de décongestionner les Halles Centrales, soit fermé les mercredis et samedis, jours d’affluence aux Halles.
Le Conseil confirma sa délibération du 21 octobre 1939 par laquelle elle avait décidé d’ouvrir le marché Arago tous les jours. »

En 1944, le Régisseur des droits de place aux Halles et marchés était M. Lancelot.

Intérieur du Marché Arago

1946 – NDLR: Bien longtemps après la fin de la guerre, les approvisionnements restaient difficiles et conduisaient à des situations délicates. La nourriture était rationnée et l’usage des tickets perdurait.

Une lotte d’au moins 8 à 10 kg!

En mars 1946, le Commissaire de Police fut saisie par Mme le Maire, Odette Roux (maire de 1945 à 47), en raison de vente clandestine de poisson au Marché Arago, selon un témoignage:
« Alors que la vente du poisson était soi-disant terminé, j’entendais chuchoter par d’autres consommateurs, qui n’avaient pu être servis, que les marchandises attendaient le départ de l’agent de service, pour sortir de dessous les tables le poisson qui se trouvait camouflé. L’agent s’étant retiré (…) les poissonnières ont en effet sorti de dessous leurs tables une lotte pesant au moins 8 à 10 kg puis un panier contenant d’autres petits poissons destinés, paraît-il, à leur consommation personnelle (…) Après avoir débité un morceau de lotte de 2 kg, celui-ci fut remis à une dame qui l’aurait « retenu ». En ayant demandé un morceau, je me suis heurtée à un refus prétendant que le reste du poisson « était encore retenu. »
Madame X, le témoin, qui habitait au 12 rue des Buandières, très imaginative, poursuit dans sa lettre à Mme le Maire:
« Serait-il possible aux agents de regarder avec plus d’insistance sous les tables, et de simuler leur départ une fois la vente terminée, pour revenir quelques instants après. »

Le témoin, révoltée, précise alors:
« Après avoir fait la queue de longues heures, d’arriver chez soi aux heures des repas avec un panier vide, n’ayant à trouver à des jeunes gens et enfants – 18, 14, 8 ans – que des haricots, des pommes de terre presque sans beurre, pendant que des riches achetant au marché noir mangent à leur faim et varient leurs menus. »
Le Commissaire répondit à Mme le maire et indiqua qu’il avait donné toutes instructions utiles afin de renforcer la surveillance de la vente du poisson.
« Des contrôles inopinés ont fait apparaître qu’en effet il existe un certain coulage (…). Ces ventes illicites se produisent évidemment pendant l’absence des agents et après la fermeture du marché. (…) Je suis obligé de vous signaler que le renforcement du contrôle routier tendant à surveiller et à réprimer les fuites de poisson me prend la majeure partie de mon personnel tant au service de jour qu’en service de nuit. (…) Je me suis vu dans l’obligation de dégarnir certains services urbains (…). »

Protestation auprès du Préfet en raison d’une augmentation des prix!
Le 2 juillet 1946, 49 revendeuses du marché Arago, écrivirent au Préfet de Vendée (avec copie au Maire des Sables d’Olonne), suite à la parution d’un arrêté daté du 13 juin 1946.
Elles indiquèrent qu’il leurs apparaissaient « impossible matériellement de supporter une augmentation (du prix) des places au marché Arago.
« Si elle est encore acceptable pour le payment de 120f, elle ne l’est plus pour le payment au mètre. Les conditions actuelles de travail ne nous laissant qu’un bénéfice très réduit, nous ne pourrions faire face le cas échéant aux redevances demandées. En foi de quoi, nous signons toutes d’un commun accord cette protestation avec l’espoir qu’elle sera accueillie favorablement. »

Mais, par délibération du 16 août 1946, le Conseil municipal a rejeté à l’unanimité, la demande de diminution du tarif formulée par les usagers du Marché Arago, les Commissions des Finances et des Travaux n’étant pas d’avis d’accueillir favorablement cette demande.

Le 27 juillet 1948, un marchand, Ernest Guilbaud, écrivit au Maire pour avoir des précisions en raison d’une pétition de vendeurs et producteurs à la suite d’une augmentation des redevances:
« Vous avez dû recevoir une pétition (…) relative à l’augmentation très sensible de l’abonnement audit marché. Aujourd’hui, 27 juillet, la personne accréditée s’est présentée pour percevoir l’abonnement majoré de 2,60. Soit de 109f le mètre carré en juin, il est passé à 283f en juillet.
Cette augmentation brusquée a provoqué un mécontentement général très bruyant chez les intéressés. Les uns ont acquitté l’abonnement nouveau avec murmure, les autres se sont récusés alléguant qu’aucune décision de votre part ne leur était parvenue. (…) Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître si l’augmentation de l’abonnement nouveau a un caractère permanent ou une durée limitée (…). »

Charges fiscales croissantes et heures de travail du surveillant on payées…
Le 8 juin 1949
, des commerçants du Marché Arago, marchands de poissons, légumes, volaille ainsi que des producteurs et débitants de boissons du voisinage, ont demandé au Maire, Charles Rousseau, de:
« bien vouloir ordonner l’ouverture de ce Marché l’après-midi, tout au moins pendant la saison estivale, c’est-à-dire à partir du 15 juin jusqu’au 31 octobre prochain. »
« Ils attirent votre bienveillante attention sur leur pénible situation résultant des charges fiscales sans cesse croissante dont ils sont accablés et ils souhaitent étendre leur activité pour y faire face. Ils espèrent que vous comprendre facilement qu’il n’est pas possible de réaliser de profits sans travailler et que vous voudrez bien accueillir favorablement leur demande. »
La pétition était revêtue de 14 signatures (4 marchandes de poissons, 2 marchands de primeurs, 1 marchand de fromages, 4 cafetiers + 3 signatures illisibles).
Ce n’est que le 8 août 1949 que le point fut mis à l’ordre du jour du Conseil municipal qui renvoya cette question pour étude.
Durant même la même séance fut traitée la demande de M. Fougeras, surveillant du Marché Arago, qui fit connaître qu’il était payé 4 heures par jour pour un service qui commence à 6h30 pour se terminer à 14h et souvent plus tard (NDLR: soit 7h 30). Il demande donc d’être payé au minimum 5 heures. Le Conseil municipal charge M. le Maire de régler cette question, les Commissions des Finances et des Travaux étant d’avis de confier au Maire le soin de procéder à une vérification et de régler cette question.

1950 – Un toit-terrasse de 840m2 non isolé et des commerçants sans éclairage!
En janvier 1950, ou peu avant, le Maire (Charles Rousseau, maire de 1947 à 60) avait émis le souhait d’avoir un état de la toiture terrasse du marché Arago. Monsieur X…(Lesur ?)  lui répondit par courrier en date du 13 janvier 1950:
 » (…) Je suis allé avec mon chef de chantier me rendre compte de l’état dans lequel se trouve la toiture terrasse du marché Arago.
(…) Cette toiture terrasse n’a jamais reçu comme chape isolante autre chose que du brais ou autre matière de même genre, il n’y a pas trace de feutre asphalté, ce qui fait que le béton, spongieux, a pris l’eau; les fers du dessous composant l’armature du béton ont rouillé et ont occasionné de nombreuses fissures à la dalle. C’est par ces fissures que l’eau passe et tombe à l’intérieur du marché, principalement sur les deux ailes, le milieu paraissant en meilleur état.
Pour refaire la chape isolante d’une façon sérieuse, il y a une dépense assez considérable à envisager attendu que la surface de la toiture du marché Arago est de 840 m2 environ.
Je profite de cette lettre pour vous dire combien j’ai été étonné d’apprendre que certains commerçants ayant un banc ou une table dans ce marché, payaient jusqu’à 30.000f par an de droit de place aux concessionnaires, et que pour ce prix ils n’avaient même pas d’éclairage électrique pour installer leur banc chaque matin d’hiver. (…) »

Le 16 avril 1952, la Mairie confirmait qu’elle ferait des travaux aux Marché Arago qui auraient lieu avant la saison balnéaire.

Rénovation
Le marché Arago fut rénové en partie en 1994, il est entièrement restauré en 1999 par l’architecte sablais Roland Lesage et de nouveau ouvert au public le 14 avril 2000.
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Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
(avec documents du Reporter sablais et archives provenant du service des Archives municipales des Sables d’Olonne)
(Remerciement aux Archives municipales des Sables d’Olonne)

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