Le 6 octobre 2018, Abhilash Tomy à bord du Satpura, arrive en Inde. © Photo: DR

Golden Globe Race – Naufrage: McGuckin sauvé par un ange !

Golden Globe Race – Naufrage: McGuckin sauvé par un ange !




ECHOS DU BOUT DU MONDE

Cent jours ! Cent jours que la Golden Globe Race est partie du ponton du Vendée Globe aux Sables d’Olonne, un 1er juillet 1018, éclatant, baigné par le soleil.
Cent jours qui ont filé à vive allure pour les estivants et baigneurs, essayant par tous les moyens de ralentir le cours du temps. Mais l’heure du dernier bain venu, il fallut renouer avec les méandres des rentrées scolaire et professionnelle.

Cent jours qui parurent pour d’autres une éternité.
A l’autre bout du monde et bien avant les cent jours, dans l’Océan indien, les navigateurs de la Golden Globe Race 2018, comme un long ruban de procession, s’écartaient les uns des autres pour mieux se rejoindre comme les grains d’un chapelet.
Et si la plupart d’entre eux furent protégés par une bénédiction divine, quelques-uns de ces grains succombèrent aux foudres de l’enfer.
Un déluge s’abattit sur Abhilash Tomy – sur Thuriya – et Gregor McGuckin – sur Hanley Energy Endurance -, le monde aquatique se renversant sur eux par vagues successives.
Comme des gifles, les masses d’eau venaient fouetter leur frêle esquif qui tentait, entre chaque submersion, de reprendre sa respiration.
Sentant leur dernière heure venir, Abhilash et Gregor s’ingéniaient à conserver le contrôle de leur bateau respectif au milieu de l’Océan indien.
Mais au plus fort de la tempête, un bruit assourdissant dépassa celui des rafales de vent et des chocs des paquets de mer, comme le cri d’un arbre que l’on déracine. Le bruit reconnaissable, pour tous les marins, d’un mât qui se brise! Le signal que le véritable enfer va commencer.
Sans mât, le bateau devint une coque de noix à la dérive, sans direction, sans prise au vent, un jouet à la disposition des éléments. Les navigateurs savent alors à cet instant précis qu’ils ne sont plus les pilotes de leur destin.

Au milieu d’une cabine où volent les objets les plus divers – bagages, nourriture, matériel, planchers… -, les skippers – balancés d’un côté à l’autre de la coque – tentent de se protéger du mieux possible en essayant de rester sur leur couchette. Chaque seconde est une éternité qui va durer un jour peut-être, deux jours sans doute, jusqu’à ce que la mer veuille bien se calmer.
La vie de ces marins d’exception, perdus au milieu de l’Océan indien à des milliers de milles de toute organisation humaine, ne tient alors qu’à peu de chose. Leur destin est alors lié à des équipes de secours civiles et militaires qui, au plus profond de la nuit, mettent en branle des navires et des avions, depuis l’Australie, l’Inde ou La Réunion. Des avions de reconnaissance P-8i Orion à longue portée australiens et indiens tournèrent au-dessus de la zone de sauvetage et furent chargés de la coordination.
Parallèlement, les bateaux les plus proches, quelles que soient leurs fonctions, détournèrent leur route, assignés d’une seule nouvelle mission: secourir un marin en détresse.

 

On apprit ainsi, que le 24 septembre 2018 au petit matin le patrouilleur des Affaires maritimes « Osiris » – chargé de la surveillance des pêches des îles Kerguelen et Océan-indien sud – était arrivé sur les lieux, à 3500 km de l’Australie.
Nous indiquions peu auparavant: « Le patrouilleur français, Osiris, situé à 123 milles au sud-sud ouest, se déplace sur zone, avec une assistance médicalisée à bord. Il subit des conditions météorologiques défavorables et n’avance qu’à 4,1 nœuds. Il devrait atteindre la zone Lundi: ETA 24/09 10.00 UTC. »
Dans le même temps, la Préfecture de la Réunion avait précisé:Le patrouilleur des affaires maritimes OSIRIS, qui fait route vers la position du « Thuriya », rencontre actuellement des conditions de mer difficiles (vitesse de 7 nœuds) et rejoindra le voilier naufragé demain lundi dans la matinée. »

Une fois arrivé sur les lieux où se trouvait le bateau d’Abhilash, deux Zodiac quittèrent l’Osiris pour rejoindre le bateau d’Abhilash Tomy, lui apporter les premiers soins et le faire boire avant d’effectuer l’évacuation. Puis, il fut pris en charge médicalement en raison de ses blessures sévères au dos.

Dans l’après-midi, c’est  Gregor McGuckin – qui était à 50 kms de Abhilash – qui fut récupéré par le patrouilleur Osiris. Il a ainsi rejoint Abilash Tomy sur le patrouilleur.
Les deux marins solitaires en sécurité à bord de l’Osiris, le patrouilleur s’est rendu à l’île d’Amsterdam (Terres australes et antarctiques françaises) où les marins secourus ont reçu un examen médical complet, l’hôpital de l’île d’Amsterdam étant équipé en appareils à rayons X et à ultrasons.

Abhilash Tomy prit en charge à l’Ile d’Amsterdam

Cliquez sur les photos pour agrandir

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Le 6 octobre 2018,
Abhilash Tomy, à bord du navire indien Satpura, arrive en Inde

L’Osiris à son retour à La Réunion
A l’autre bout du monde,  notre excellent confrère de La 1ère Réunion, Jean-Marc Seguin, a raconté l’arrivée de l’Osiris à La Réunion
Il a interrogé Anthony Robert, mécanicien à bord de l’Osiris, Lucas Jocou, second capitaine, et le Capitaine Ronan Coïc.

Lucas Jocou raconte que Gregor McGuckin était sur sa couchette dans ses habits complètement mouillés, depuis environ 4 jours (sans doute comme prostré.)
Depuis le début de la tempête, il était la première personne que voyait McGuckin.
Quand ce dernier l’a vu, il lui a dit « Tu es un ange! »

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Voir la vidéo de l’arrivée à La Réunion:

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Pour l’Osiris, – un ancien palangrier espagnol – c’est une belle fin d’aventure car c’est sa dernière mission de surveillance des pêches avant d’être désarmé. Construit en 1968, il devait être désarmé en 2016 mais sa « carrière » a été prolongé jusqu’à la fin 2018.
Le bateau d’une longueur de 53 mètres avait été arraisonné par la Marine française en raison de ses activités de pêche illégale dans les eaux territoriales françaises. Il avait été confisqué et reconverti en patrouilleur des surveillance des pêches.
Un autre navire prendra le relais en 2019. Pour d’autres aventures….

Remerciements / Courtesy: Indian Navy, Jean-Marc Seguin, La 1ère Réunion.
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais
Lire l’article de La 1ère Réunion: https://m.la1ere.francetvinfo.fr/reunion/retour-reunion-equipage-osiris-raconte-sauvetages-skippers-golden-globe-race-635842.html

 

 




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