Le Suhaili de Sir Robin Knox-Johnston

Golden Globe Race – L’histoire du mythique Suhaili de Robin Knox-Johnston

Golden Globe Race – L’histoire du mythique Suhaili de Robin Knox-Johnston






Suhaili et Joshua sur les pontons à l’occasion de la GGR 2018
Le Suhaili de Robin Knox-Johnston et le Joshua de Bernard Moitessier se sont retrouvés à l’occasion de la nouvelle course autour du monde sans escale et sans assistance au départ des Sables d’Olonne, la Golden Globe Race 2018.
Ces deux voiliers, désormais mythiques, participèrent au Golden Globe Challenge de 1968/69, le premier tour du monde en compétition sans escale et sans assistance. Neuf navigateurs seulement prirent part à la course, Robin Knox-Johnston étant le seul à avoir fini le tour du monde (avec l’un des bateaux les plus petits de la course). Quant à Bernard Moitessier, il fit demi-tour avant d’achever la boucle afin de « sauver son âme » c’est-à-dire afin de ne pas rejoindre un monde trop « commercial » à son goût.

Cliquez sur les photos pour agrandir

Le Suhaili et le Joshua se côtoient sur les pontons du Vendée Globe
C’est la deuxième fois seulement que ces deux voiliers se croisent. Et ils ouvriront la route le dimanche 1er juillet 2018 avant de s’écarter pour laisser passer la flottille des 17 participants à la GGR 2018.
Sur le Suhaili, Sir Robin tirera à midi un coup de feu pour annoncer les 5 minutes précédant le départ de cette nouvelle course commémorant l’âge d’or de la navigation – avec sextant et cartes papier – et les 50 ans de la course pionnière.


Les rencontres improbables de Robin Knox-Johnston et Bernard Moitessier

Robin Knox-Johnston et Bernard Moitessier ne se sont en fait jamais rencontrés à l’occasion du Golden Globe Challenge de 1968/69! La raison en est simple: ils ont démarré leur navigation à partir de ports différents.
Ce que l’on sait moins c’est qu’ils sont partis à des dates différentes: pour Robin Knox-Johnston ce fut le 14 juin 1968 depuis Falmouth et pour Bernard Moitessier le 22 août 1968 à Plymouth.
Lorsque certains indiquent que Bernard Moitessier a passé le Cap Horn le 5 février 1969 avec 19 jours de retard sur Robin Knox-Johnston (le 17 janvier 1969), ils oublient donc l’essentiel: Bernard Moitessier, parti 69 jours après Robin, avait rattrapé 50 jours de mer, l’écart au Cap Horn n’étant plus que de 19 jours !
Ne s’étant pas croisés, ils auraient pu communiquer par radio mais Bernard Moitessier n’en avait pas emporté afin de conserver un isolement total notamment vis-à-vis d’un monde trop commercial à ses yeux et comme une condamnation du marketing autour de la course lancée par le Sunday Times.

Premier dans l’histoire…
Selon les dires de Robin Knox-Johnston, si Bernard Moitessier avait continué sur sa lancée, il aurait sans doute battu le record de vitesse pour un tour du monde à la voile sans escale et sans assistance, mais c’est bien lui Robin qui aurait été le premier à boucler le tour du monde en arrivant en Angleterre, avant que Moitessier n’y parvienne. Nuances…
Le 22 avril 1969, 312 jours après son départ, Robin Knox-Johnston arriva donc le premier à Falmouth et devint ainsi le premier homme à avoir effectué un tour du monde en solitaire et sans escale. Les 7 autres navigateurs ne finirent jamais la course et ne bouclèrent donc pas le tour du monde. Robin Knox-Johnston fit don de sa prime de compétiteur le plus rapide à la famille de Donald Crowhurst, l’un des navigateurs au départ de la course, qui se suicida après avoir essayé de tromper le public et les médias sur la réalité de son parcours autour du monde.

Robin Knox-Johnston et Bernard Moitessier se sont rencontrés des années plus tard lors d’une conférence de presse à Paris et ont bien sûr parlé de leur tour du monde respectif. Le refus de retour à la vie « commerciale » de Bernard Moitessier fut évoqué entre eux.
Réarmé, le Suhaili est au mouillage au Musée national de la marine des Cornouailles à Falmouth; malgré son rôle mythique dans l’histoire de la course en solitaire, le Suhaili (32 pieds) n’est pas enregistré en tant que monument historique en Angleterre car il est trop court de 18 cm par rapport aux critères nécessaires.
Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

(avec Sources GGR)





 

 

À propos Le Reporter sablais

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Vendée – Parution du n°2 « Le Reporter sablais »

Le Reporter sablais en numérique Le Reporter sablais est passé en numérique et est disponible sur la plate-forme Issuu, la plus grande ...