Fusion des Olonnes - Réunion publique du 4 mars 2016

Fusion des Olonnes : la porte de saloon est ouverte

La réunion de ce soir, vendredi 4 mars 2016, était organisée par la Caco, une association citoyenne existant depuis 15 ans et dont l’objectif est de travailler à la fusion des trois communes du Pays des Olonnes. 150 personnes s’étaient déplacées. Etaient présents Yannick Moreau, député et président de la Communauté de Communes et Armel Pécheul maire-adjoint des Sables d’Olonne chargé de la fusion. Par contre, Joël Mercier, maire du Château d’Olonne, avait averti Jacques Louis (Caco) qu’il ne participerait pas à la réunion en raison des déclarations de ce dernier qui affirme que Joël Mercier est contre la fusion, ce que celui-ci conteste formellement. Le maire d’Olonne, Florence Pineau, était également absente. Le sujet de la réunion portait exclusivement sur la fusion.

Yannick Moreau et Armel Pécheul ont tout d’abord tenu à préciser qu’ils venaient à l’invitation de la Caco afin de discuter de la fusion, mais qu’il n’était pas du tout dans leur intention de s’immiscer dans la vie démocratique interne du Château d’Olonne et que les différentes contestations, querelles ou dissonances ne les regardaient pas et qu’ils ne répondraient pas à tout ce qui pouvait concerner le débat interne entre la majorité du Château d’Olonne et son opposition.
C’est par un jeu de questions-réponses que les élus ont répondu aux différentes questions du public, puis ont mis en lumière les différents avantages et inconvénients d’une fusion.

Parmi les inconvénients, Yannick Moreau avança les éléments suivants :
– la nécessité d’harmoniser la fiscalité entre les communes à fusionner, et donc de remonter certains taux pour se rapprocher du taux moyen pondéré de la fiscalité entre les trois communes.
– un éventuel effacement des identités respectives des communes, inconvénient auquel ne croit pas Yannick Moreau qui estime que, comme pour La Chaume, chaque « quartier » gardera son identité, la fusion n’étant qu’administrative.
– la réduction du nombre d’élus et de maires (rires dans la salle) ainsi que du nombre des adjoints et élus qui perçoivent une indemnité. Mais l’Etat, conscient du problème a prévu la possibilité de conserver le même nombre d’élus jusqu’à l’échéance suivante des élections municipales. Quant aux problèmes d’égos des maires concernés, la loi prévoit  également que le nouveau maire puisse avoir à ses côtés des (super) maires adjoints.
– la nécessité de réorganiser les services pour optimiser les postes et en détacher certains sur d’autres fonctions (inconvénients et avantages liés) ; il faut éviter dans cette logique de réduire la proximité des services avec les citoyens. Concernant l’emploi, il n’y a pas de risque car lors des fusions l’Etat a prévu des garanties et d’autre part les fonctionnaires territoriaux sont protégés par leur statut.

S’étant répartis la tâche, c’est à Armel Pécheul qu’est revenue la tâche de détailler les avantages :
– les fusions permettront aux communes nouvelles de réduire la baisse des dotations de l’Etat qu’elles auraient subie si elles n’avaient pas fusionné.
– il faut mettre en accord la structure avec les faits ; nous sommes dans une même ville, on ne peut différencier les trois communes, elles font un tout et d’ailleurs les citoyens des trois villes partagent tout, les clubs, le Remblai, le Vendée Globe etc… Il s’agit de la grande famille du Pays des Olonnes.
– la fusion va permettre vis-à-vis de l’extérieur de donner l’image d’une grande ville de 30.000 puis près de 50.000 habitants. C’est un élément essentiel pour le tourisme et le développement économique des Olonnes. On doit unir notre image touristique.
– la politique de l’urbanisme sera regroupée, ce sera un avantage pour attirer les jeunes ménages.
– la région paraît lointaine, le département voit ses moyens diminuer. Le regroupement aura l’avantage de créer un nouveau territoire, essentiel.
– ce n’est pas décidé, mais la réduction du nombre d’élus sera bénéfique, pour réduire les égos et les budgets.

A LIRE  La Bretonnière-La-Claye Vendée - Deux personnes sauvées dans une voiture immergée sous un pont...

Yannick Moreau ajouta aussi que parmi les avantages, le passage en Communauté d’Agglomération et la fusion allaient réduire les temps de décision ce qui serait très bénéfique ; de 5 centres de décision (3 villes, 1 communauté de commune et 1 syndicat mixte) il n’en restera plus que deux (la Communauté d’Agglomération et la Grande Ville des Sables d’Olonne). Les élus auront les moyens d’agir plus vite.

En fin de réunion fut posée la question que tout le monde attendait : Les Sables d’Olonne et Olonne accepteraient-elles de repousser leur fusion d’une année si le Château d’Olonne en faisait la demande ? (voir notre précédent article: http://www.lereportersablais.com/fusion-des-olonnes-une-elue-du-chateau-dolonne-reclame-un-vote-dexpression/)

Avant de donner une réponse Yannick Moreau retrace l’historique du dossier : « Je ne suis plus maire d’Olonne. L’équipe municipale d’Olonne a pris une position. La proposition pour une fusion au 1er janvier 2018 a été lancée en juin 2015 sur la base d’un projet de 11 pages. Adopté par le Conseil municipal d’Olonne, il a été transmis aux deux autres communes avec la mention d’une date effective au 1er janvier 2018 ce qui laissait le temps au Château d’Olonne de s’organiser pendant deux ans et demi, entre juin 2015 et fin 2017. D’autre part, nous ne voulions pas aller plus loin que cette date du 1er janvier 2018 afin que la fusion ne devienne un enjeu électoral pour les municipales. Les Sables d’Olonne a répondu dès le mois de juillet 2015. Entre juillet et décembre 2015, Le Château d’Olonne n’a pris aucune décision. »

Puis il répond à la question posée : « On a dit au Château d’Olonne que s’ils voulaient venir c’était maintenant, sinon l’intégration du Château d’Olonne serait repoussée à 2020. On a engagé une fusion à deux qui a démarré, des études avec des cabinets qui nécessitent des coûts importants et des centaines d’heures ont été engagées afin de restructurer les services dans le cadre de la fusion à deux. On ne va pas recommencer tout le travail sur la fusion des services et changer à nouveau les projets d’organisation des services. C’est, je le répète la position de la majorité du Conseil municipal d’Olonne. »
Ajoutant, comme pour laisser une dernière chance, mais très sceptique sur la faisabilité : « Si véritablement on voit un empressement incroyable du Château d’Olonne, on se reposera la question. Mais de toute manière, il faudrait de nouvelles délibérations des Conseils municipaux des deux autres villes. »

Quant à Armel Pécheul, il déclara, sans aucune méchanceté, que la porte était ouverte mais qu’on ne pouvait la laisser ouverte à tous les vents, indiquant qu’il souhaitait véritablement que la fusion se fasse à trois et qu’il travaillait également au « mécano » de la Communauté d’Agglomération à sept.
Finalement, au gré des réunions ou des articles de presse, tous déclarent la même chose, que ce soit aux Sables d’Olonne, à Olonne ou au Château d’Olonne, un véritable leitmotiv : la porte est ouverte !
Mais c’est à se demander si cette porte n’est pas une porte de saloon, ces fameuses portes à rebond des westerns que l’on se prend dans la tronche si on n’y prend pas garde…
Ce qui est sûr, c’est que le temps passe, et d’une porte grande ouverte il ne reste – pour 2018 – qu’un maigre entrebâillement…!

Philippe Brossard-Lotz
Le Reporter sablais

À propos Le Reporter sablais

Un commentaire

Laisser une réponse

x

Check Also

Près de Montaigu-Vendée – Incendie dans une grange attenante à une maison à Montréverd

    Les Sapeurs-Pompiers ont été appelés le dimanche 15 décembre 2019 à 20h47 pour un Feu d’habitation sur la Commune de ...